Le Colonialisme refuse de regarder son passé en face. !

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Le Général de Gaulle avait dit  le 22 juillet 1964 : « En
Algérie, les Français n’étaient pas chez eux. […] on leur a fait croire
que l’Algérie, c’était la France. Ils ont voulu se bercer de cette
illusion. […] Jamais l’Algérie n’a été française. Elle l’était dans la
tête de colonels braillards et de la masse des Européens d’Algérie qui
avaient fini par s’en persuader. Elle l’était dans les slogans. Elle ne
l’était pas dans les faits. C’était une colonie
 ».


C’est en effet toujours affligeant de voir des déclarations comme ça,
reprises pour événement par les élites de la colonisation, mais
aujourd’hui les rapatriés d’Algérie, les plus nostalgiques à l’Algérie
française, qui y ont le plus perdu. Sinon, à quoi serviraient la presse
et les journalistes.


Combien d’entre eux seraient encore favorables à l’Algérie française ?


Combien d’entre eux estimaient que la France avait tort de ne pas exterminer toute la population indigène qui existe à l’époque.


Combien d’entre eux soutiendraient qu’il fallait rester en Algérie en
1962, en s’imposant à la majorité locale du pays, la maintenir
assujettie en mettant en place un régime d’apartheid comme en Afrique du
Sud, ou bien un régime d’oppression comme en Israël.


Combien d’entre eux étaient des colons de tous bord qui exploitaient
ou spoliaient les indigènes, ou au mieux, vivaient dans leur propre
monde avec l’entêtement à vouloir conserver l’Algérie Française, et ne
cessent de vibrer au rappel incessant de l’époque coloniale; la
rumination et le regret, jusqu’à la répugnance morbide, de la domination
française révolue depuis plus de 60 ans,  l’entretien malsain d’un
ressentiment qui devrait normalement s’atténuer et disparaître avec le
temps, sont pour ces Français nostalgiques, des modes pitoyables et
méprisables et cela s’aggrave constamment, toujours au détriment du
Peuple Algérien.

Donc plus de plusieurs décennies il n’y a rien de nouveau sous le soleil français, sauf quelques remords masochistes ?…


Quelques magouilles plus ou moins secrètes, quelques gestes d’illusions géostratégiques et surtout quelques menaces ?…


Décidément, et ce, les relations Franco-algériennes défient toute
logique apparente, elles restent illisibles, incompréhensibles, et
toujours nuisibles à l’Algérie, sur fonds d’illusions et de masochisme.
Comme si l’Algérie nourrisse elle-même ce cancer.

Formellement la colonisation était un crime en soi. C’est difficile
de le contester. Tout simplement parce que la colonisation avait créé
deux classes de citoyens : les Français de plein droit et les indigènes;
d’une part les Français ayant accès à l’administration, à l’éducation,
au pouvoir économique, d’autres part la majorité indigène silencieuse,
reléguée, sans droit social et politique. L’Algérie française, c’était
le malheur des Algériens, c’est-à-dire la dépersonnalisation de
l’individu colonisé, surtout que les populations originaires millénaires
et beaucoup plus nombreuses ont été appauvries, déculturées et
asservies pendant plus d’un siècle.


Marrant de parler d’une violation des principes d’égalité et de
liberté, des décideurs politiques français nostalgiques essaient de
justifier, à postériori, l’expédition coloniale par les aspects positifs
qu’elle aurait légués à l’Algérie, ainsi la colonisation du 19e siècle
était considérée largement comme une œuvre humanitaire visant à apporter
le progrès et les lumières aux peuples indigènes, mais en l’occurrence,
c’était une oeuvre d’évangélisation, religieuse, assorti d’une
spoliation et pillages des richesses.

Personne ne sait ce que sont devenues les justifications des Lois et
de la Réglementation coloniale du plus fort et de l’usage de la force
appliquée sur le peuple colonisé considéré comme primitif et inférieur.
Pour l’Algérie d’aujourd’hui, il ne s’agit nullement d’une rancune
constante mais d’un désir de vérité. Ce n’est pas en maquillant
l’histoire qu’elle devient l’Histoire. Il faut deux parties pour faire
l’Histoire, ainsi que deux volontés honnêtes et véridiques. Les Français
dans leur ensemble refusent toujours de reconnaître les excès et les
crimes que cette colonisation avait engendrés, ainsi de l’ampleur des
richesses spoliés. Sans faire du fondamentalisme exemplatif, j’estime à
juste titre que l’Histoire ne s’écrit pas à sens unique et c’est juste
un simple constat.

A la célébration du centenaire de la colonisation en 1930, il a été recensé que « 34000
propriétaires européens possédaient 2,3 millions d’hectares – une
moyenne de 70 hectares par propriétaire européen contre 5 hectares  pour
les musulmans 
».

C’est dire que la désorganisation de la base traditionnelle tribale
avait poussé inexorablement les Algériens à la déchéance, la famine et
les épidémies. C’est ce que révèlent des extraits de rapports officiels
français qui stipulaient clairement : « Notre système de
colonisation consiste à ruiner l’Arabe, à le dépouiller sans repos, à le
poursuivre sans merci et à le faire crever de misère »

Les stratèges de la colonisation projetaient de vider l’Algérie de sa
population pour y installer une autre, venue d’Europe, donc l’idée de
l’extermination de la population indigène avait eut cours pour les
autorités coloniales, par exemple, le bilan démographique désastreux est
édifiant à ce sujet. La population algérienne a diminué du tiers entre
1830 et 1870 sous le poids de la guerre, des spoliations, des famines et
épidémies et les autorités coloniales ont annoncé, voire souhaité, sa
disparition. C’est durant cette période que la population algérienne a
inauguré sa régression forcée vers le dénuement, l’ignorance, la maladie
et la surmortalité endémique. La première hécatombe qui s’apparente à
un génocide intervient en 1868: 500,000 autochtones avaient succombé,
ceux qui survivent étaient dans un état de dénuement le plus total.
C’est donc bien une bénédiction que les Algériens n’aient pas été
exterminée !

Un constat sans ambiguïté sur l’impact négatif de la colonisation
dans le premier rapport des travaux parlementaires d’Alexis de
Tocqueville sur l’Algérie en 1847. Il écrit :


« La société musulmane, en Afrique, n’était pas incivilisée ;
elle avait seulement une civilisation arriérée et imparfaite. Il
existait dans son sein un grand nombre de fondations pieuses, ayant pour
objet de pourvoir aux besoins de la charité ou de l’instruction
publique. Partout nous avons mis la main sur ces revenus en les
détournant en partie de leurs anciens usages ; nous avons réduit les
établissements charitables, laissé tomber les écoles, dispersé les
séminaires. Autour de nous les lumières se sont éteintes, le recrutement
des hommes de religion et des hommes de loi a cessé ; c’est-à-dire que
nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus
désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était avant de
nous connaître
 »

Après plus d’un siècle, le constat de Frantz Fanon et Jean Paul
Sartre confirme, on ne peut plus clairement, le résultat dévastateur
d’une politique coloniale aveugle. Sartre, J.-P., qui avait refusé le
prix Nobel en geste de solidarité avec la lutte des Algériens pour leur
indépendance, écrivait : « La violence coloniale ne se donne pas
seulement le but de tenir en respect ces hommes asservis, elle cherche à
les déshumaniser. Rien ne sera ménagé pour liquider leurs traditions,
pour substituer nos langues aux leurs, pour détruire leur culture sans
leur donner la nôtre ; on les abrutira de fatigue
 ».


De même qu’en 1830, des politiques français et les médias
colonialistes avaient justifié, à priori, l’expédition coloniale
française en Algérie par des représailles pour laver l’affront du coup de l’éventail,
vieux de quelques années si tant est qu’il advint, de même aujourd’hui,
des politiques et médias français nostalgiques essaient de justifier, à
postériori, cette même expédition par les bienfaits positifs  qu’elle
aurait concédés à l’Algérie.


Pendant 132 ans, alors que l’Algérie était française, il n’y a pas eu
un seul transfert technologique, aucun pole industriel n’avait été mis
en place, bien que la France métropolitaine ait été, en tête des nations
les plus industrialisées. Sans oublier que dans les autres domaines des
études et du savoir, l’agronomie, l’architecture et la médecine,
avaient été fermés aux Algériens


Ce qui est certain c’est que la France dans son espace colonial
n’arriver pas à liquider son histoire avec l’Algérie, C’est fatigant de
lire sans arrêt ces assimilations qui fleurent la haine, le mépris C’est
d’ailleurs cela qui rend probable que la colonisation qu’elle fût d’une
manière ou d’une autre  reste un crime contre l’humanité et un
génocide. La France est désormais absolument infréquentable car parjure
et indigne de confiance, comme si le fantôme de l’Algérie coloniale
hantait toujours son imaginaire passé de gloire que fut la conquête.
L’Algérie coloniale hantait toujours son
imaginaire passé de gloire que fut la conquête
. 

                         

P/S: La photo illustre la bravoure du soldat
Français qui avait tué froidement un paysan Algérien en lui tirant  dans
le dos.

A quelques mois de leur départs en 1962, des milliers d’hectares de
terres brûlé au napalm, 3 millions de bovins et d’ovins massacré à la
mitrailleuse et à coup de canons,  certains barrages ont  été  asséchés
afin que les populations avoisinantes ne puissent pas avoir de l’Eau,
dans les centres urbains les centrales électriques ont été sabotées,
pour une coupure générale de l’électricité. Même les hôpitaux ont été
privés de cette énergie pendant plusieurs jours. Les moyens de
transmissions de la Radio et Télévision ont été détruits, les moyens de
contrôle de l’Aviation au niveau des Aéroport d’Alger d’Oran et de
Constantine ont été également détruits, aucun Avion et Paquebot n’a cédé
par la France  et enfin pour l’apothéose l’incendie criminel de
l’université d’Alger et de la grande  bibliothèque avec ses milliers de
livres.


Voici ce que le colonialisme civilisateur a fait en Algérie juste en
quelques mois avant l’indépendance sans oublier la naissance d’une armée
secrète: O.A.S. composé de criminels  du désespoir, pour ainsi en
justifier la violence car en fait la majorité des Français d’Algérie ne
se sont jamais résolus à l’idée que c’est la guerre de Libération qui a
été faite au colonialisme qui a fini par triompher du système immérité
et vaincre les fondements de la domination coloniale. Dans leur
aveuglement égocentrique et leur refus de tout dialogue avec les
Algériens, depuis que leurs aïeux ont foulé la plage de Sidi Fredj, 132
années avant, ils se sont interdits de regarder en face le peuple réel
de ce pays, qui cherche tout simplement à retrouver sa liberté. Quoi de
plus Normal. !!!!!

On signale que les hordes OAS et Harkis, avaient entrepris des
opérations de nettoyage, l’uns brûlés tous sur leur passage et les
autres déguisés en Moudjahidine du FLN, semaient la terreur afin de les
imputés sur ce dernier. Massacrant sans distinction y compris des
Européens, en Algérie et en France, semant la confusion dans les
esprits, l’OAS a achevé de diviser irrémédiablement l’Algérie en
communautés distinctes, séparation largement entamée par la violence de
la guerre.

2200 vies ont été arrachées, chiffre officiel
communiqué par l’administration française encore en place entre le 19
mars et la veille de l’indépendance.


2200 morts en moins de trois mois ! 25 morts par jour!


Encore faut-il savoir si les chiffres qui ont été communiqués à l’époque étaient proches de traduire la réalité ?

L’Algérie parle toujours de la colonisation et pas seulement de la
Guerre de 1954-1962  pour évoquer les crimes et génocides, l‘exemple des
écrits du général de Saint-Arnaud, qui a, pendant toute sa carrière
militaire, de capitaine à général de division, rasé des villages,
massacré et torturé les indigènes par milliers, Il ne cache rien et
reste une preuve d’un cynisme total, et démontre l’aspect criminel de la
colonisation et n’a pas été moins inhumaine. Ainsi les Officiers les
plus représentatifs de l’Armée française sont trempé directement dans
tous ces actes criminels où culminent les aspects dominants de la
conquête de l’Algérie: la férocité, la Haine et la lâcheté.


Des crimes  et génocides ont-ils été commis? Très
certainement.                                           

Les statuts des
populations étaient-ils inégaux ? Sans aucun
doute.                                          

La colonisation a-t elle
été un pillage? Sûrement.


Dans tous les cas, la France l’a démontré par une presse
conventionnée en retournant la réalité pour se croire investi d’une
mission salvatrice d’une nation effectivement presque en déclin reste la
preuve d’une préservation coloniale. La fameuse parabole du mensonge répété mille fois qui devient une vérité.


Aujourd’hui pour l’ensemble des Algériens il est arrive qu’ici et là soit évoquée le «crime pour l’humanité»
pour en traiter, notamment la colonisation, il serait important que les
descendants des victimes devraient exiger l’ouverture de dossiers de
spoliation, réclamer par exemple des réparations, des indemnisations du
type de celles que l’Allemagne a apportées après le nazisme.


L’histoire la vraie retiendra que le Peuple Algérien soumis s’est
révolté et a vaincu un Colonisateur soutenu par l’Alliance Atlantique,
ces Algériens ont soufferts dans leur chair, dans leur mémoire et
surtout dans leur culture. La tristesse et les remords devant les
nombreux crimes perpétrés hier par l’armée française au nom des valeurs
républicaines, des droits de l’homme ne concernent en rien les
Algériens, la France officielle persiste à croire que massacrer les
peuples colonisés fut un bienfait pour la civilisation. Oser mettre en
symétrie le colonialisme et les bienfaits, c’est essayé de se faire une
virginité.


Le passé ne peut pas être changé, et les regrets peuvent être pris à
l’excès, la France a été militairement battue en Algérie, Le
colonisateur avec sa mission civilisatrice avait perdu moralement et
avait été chassé physiquement.  Au fond, c’est la seule chose qui
importe de retenir ici.  


En final, ce que je retiendrai en tant qu’Algérien, c’est que mes
grands-pères n’ont nullement cédés à la prétendue mission civilisatrice
du colonisateur, qu’ils sont arrivés à créer en dépit de la
colonisation, une nation de résistances, qu’ils sont arrivés en fin de
compte à vaincre militairement l’Armée Française dont ces stratèges bien
pensance n’ont jamais divulgués les pertes et les dégâts subies, que
les Colons ont été humiliés moralement, puisque tout comme leurs
précurseurs arrivés avec une simple valise et quelques effets
vestimentaires, sont repartis dans la précipitation avec une simple
valise et quelques effets vestimentaires, certains ont oublié leur pipe,
leur béret et leur chapeau, leur femmes sont partis sans maquillage,
donc la France a bel et bien été physiquement chassée de l’Algérie.


La repentance détourne de l’essentiel la France refuse de grandir
moralement, donc  on peut très bien s’en passer et pourquoi pas, tant
qu’on y est, demander aux Algériens  colonisés par la France de
remercier celle-ci pour leur avoir fait don des bienfaits d’une
prétendue civilisation. Faut-il encore rappeler que l’Algérie n’a jamais
été industrialisé, les colonisés n’ont jamais été modernes, la France a
juste volé leurs richesses.


La cicatrice est encore fraîche malheureusement, la guerre, c’était
hier, alors un peu de respect pour les martyrs. Décidément, le peuple
Algérien, c’est  plus que l’Algérie, c’est aussi et d’abord l’Algérie. Le peuple Algérien n’est pas mort, il est bien libre, une liberté acquise chèrement  et cela mérite d’être bravement salué.

 

Note: Article publié sur le site Mondialisation CA/

https://www.mondialisation.ca/le-colonialisme-refuse-de-regarder-son-passe-en-face/5668943

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