Juré, promis ! Comme si vous n’aviez jamais existé !

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Nos limites ont de la patience ! Compris, ya
les… Unis Arabes Émirats ?

Ay wallah
! On a accueilli, c’est pas bien. On a reconduit, c’est pas bien. On a été
médiateurs, c’est pas bien. On s’est retirés, c’est pas bien. Faut peut-être
nous dire ce qui vous convient le mieux, amis du Niger. Vous voulez tout
stopper avec notre pays. D’accord. Vous avez affirmé avec un fort accent
émirati être en mesure de tout régler seuls, comme des grands, d’accord. Vous avez
dénoncé le traitement par les Algériens de vos ressortissants présents
illégalement sur notre sol, d’accord. D’accord tout ça, et même d’autres
choses, comme le choix de la marque et de la couleur des bus climatisés
utilisés par l’Algérie pour ces longs courriers dans le Grand Sud. Alors, nous
allons vraiment arrêter. Oui ! Il est légitime de répondre favorablement à vos
demandes de plus en plus pressantes, de plus en plus éructantes, de plus en
plus insultantes et de plus en plus en plus enturbannées et babouchées de vous
laisser tranquilles, naviguer sans aide dans l’immensité du désert. Donc, plus
question de vous embêter avec ces cohortes interminables de convois d’aides
humanitaires, de containers de vivres et de médicaments à dos de camions arrivant
à Niamey et rendant le sourire à des enfants et à des vieillards affamés et
malades. Attention ! Faut pas se méprendre. Ce n’est pas que nous allons ranger
les camions et les aides dans les garages. Nooon ! Ça, nous ne le pouvons pas.
Il est dans notre nature d’aider les «frères du continent». Ceux qui le
souhaitent. Notre terre Afrique en compte. Mais jamais nous n’irons à
l’encontre de la volonté de ceux qui ne souhaitent pas que nous les aidions. Là
ça serait de la torture coupable de notre part. Comment vous dire, amis du
Niger ? Ça serait «assistance forcée à personnes en danger mais ne souhaitant
pas être secourues». Ce n’est pas encore un délit inscrit dans les livres de La
Haye, mais si les Émirats y mettent le prix, ça pourrait changer ! Voyons voir
encore ce que nous devons arrêter, stopper net, pour ne plus vous embêter.
Manquerait plus que «n’kalkoukom» ! Ah ! Les prêts et aussi et surtout leur
effacement. Oui ! Fini l’endettement d’un pays frère comme le Niger. Pas un sou
de prêté dorénavant. C’est pour votre bien. Vous verrez, vous finirez par nous
remercier pour vous avoir ainsi refusé toute rallonge de prêts ou d’avances sur
les dons à venir. Plus de prêts, plus de dettes, plus de remboursements, et
donc plus besoin pour nous d’en rajouter dans l’altruisme panafricaniste en
effaçant des dettes qui, de toutes les manières, n’existeront plus. Et puis,
même si cette liste des choses, trucs et machins que nous devons faire pour
votre quiétude et la paix de votre âme de junte putschiste n’est pas exhaustive,
nous rajoutons dans le pack le «raccompagnement» à nos frais, jusqu’à vos
postes frontières de tous vos ressortissants perdus en notre territoire. Les
ponts aériens et terrestres, ça nous connaît ! Considérez cela comme un bonus
offert généreusement par la RADP et une sorte de contribution au renforcement
de votre économie en y réinjectant, rapidement, très rapidement, à grosses
doses de la main-d’œuvre et de la force de travail trop longtemps mise en
hibernation sur nos routes, autoroutes et entrées et sorties de mosquées et de
cimetières dézédiens. Non, ne nous remerciez surtout pas, amis du Niger. Que ne
ferions-nous pas, nous les Dézédiens, pour venir en aide aux voisins, sans les
aider. Oui, je sais, le concept peut paraître un chouia bizarre, voire
complètement inédit. «Ne pas aider pour venir en aide». Ne vous inquiétez pas !
Mon petit doigt levé aux vents, en haut de la dune, me dit que ce concept-là va
connaître un avenir florissant. Florissant pour ceux qui ont l’habitude, comme
nous, de fumer du thé sans jamais se plaindre du cauchemar qui continue.
H. L.

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