La Sunnah
dans la langue: le mot sunnah avait été employé dans la langue
des Arabes du pré-islam dans le sens de conduite (sîrah) et façon ou
méthode (tarîqah).
Il est défini également
comme étant la méthode suivie.
Et selon al-Kisâ’î,
la Sunnah
signifie la pérennité, la continuité etc.
Mais après l’avènement du
Message de l’Islam, le Coran a employé le mot Sunnah pour désigner des
sens et des concepts techniques et particuliers.
Parmi ces emplois,
soulignons celui qui figure dans les Versets Coraniques suivants:
«Selon
la Sunnah
d’Allah à l’égard de ceux qui vécurent autrefois. Tu ne trouveras aucun
changement dans la Sunnah
d’Allah».
«Tu ne
trouveras ni changement ni déviation dans la Sunnah d’Allah».
Le Coran emploie le mot Sunnah
ici au sens de « Loi sociale« , loi selon laquelle cheminent
le mouvement de l’histoire et de la société ainsi que les événements de la vie
humaine.
Et de même que le Coran
enrichit le mot Sunnah par des notions et des sens divers, de
même le Prophète (SAWS) l’a employé pour désigner sa conduite et sa méthode
législative consistant en ses paroles, ses actes et ses approbations tacites.
Ainsi, alors que le Coran
emploie le mot Sunnah, suivi du complément de nom
« Allah » (la
Sunnah d’Allah), au sens de la loi naturelle
qui régit par la Volonté
d’Allah le mouvement des événements et de l’histoire, le prophète
(SAWS)), l’utilise, lorsqu’il est suivi du complément de nom de sa Sainte
personne, « la Sunnah
du Prophète« , pour exprimer sa conduite ou sa méthode législative.
Mais à cause de l’emploi courant et fréquent de l’expression « la Sunnah du
Prophète« , le mot « Sunnah » toute courte finit par devenir
synonyme de cette dernière expression et, désormais, qui dit Sunnah entend
la Sunnahdu
Prophète.
C’est dire que la signification
linguistique ou étymologique du mot Sunnah a cédé la place au terme technique
islamique.
Le Prophète (SAWS), outre
le fait d’avoir expliqué par la parole et les actes le contenu de la
législation islamique, il avait fixé les éléments de celle-ci par une 3ème
voie, l’approbation tacite.
En effet, il vivait dans
une société qui avait ses propres règles, normes et pratiques sociales, tels
l’achat et la vente, la location, l’héritage, le mariage, le divorce etc…
Qu’il lui fallait harmoniser
avec les exigences de la Loi
islamique. Aussi, interdit-il certaines de ces règles et pratiques et en
approuva-t-il certaines autres conformément aux fondements de la Charî`a
(Loi islamique) et à ses objectifs, visant le changement et la
reconstruction. De plus, certains de ses Compagnons, accomplissaient des actes
à propos desquels il ne disait rien ni ne désapprouvait, car ces actes ne
s’opposaient pas à l’esprit de la
Charî’a et ne se trouvaient
pas en contradiction avec elle.
Le bagage législatif
islamique s’enrichit donc de toutes ces données pour opérer une révolution
idéologique et un changement radical et total.
En bref, les éléments de
l’apport du Prophète (SAWS)) à la législation islamique, se manifestèrent sous
trois formes: Le prêche verbal à l’adresse de la nation et de la société
musulmane (ainsi qu’à l’adresse de l’humanité après sa disparition), ses actes
et sa conduite, son silence approbatif devant certains actes d’autrui.
Cet apport servit
d’instrument à l’interprétation du Noble Coran et à l’explication de son
contenu et des buts du Message divin. Il permit aussi à enseigner aux gens les
fondements de la pensée et les vérités de la législation qu’avait reçus le
Prophète d’Allah, sous forme de Révélation.
Cette richesse législative
qu’est la Sunnah
du Messager d’Allah, a été compilée et étudiée dans des corpus de Hadith, et
divisée en trois parties qui traduisent les trois formes sous lesquelles elle
avait été exprimée par le Prophète (SAWS) :
La Science des Rapporteurs de
Hadith est défini comme étant la science qui se charge d’étudier les conditions
et les personnalités de ces derniers, c’est-à-dire de vérifier: dans quelle
mesure ils sont dignes de foi ou capables de rapporter correctement le texte,
quelles sont leurs appartenances doctrinales, dans quelles époques ils ont vécu
etc…
Un débat scientifique s’est
engagé entre les ulémas sur la pertinence de cette science. Une partie d’entre
eux, les Akhbârites ont soutenu la thèse de l’inutilité d’un telle science en
alléguant que les hadith enregistrés dans les corpus de référence, tels
« Al-Kâfî »
d’al-Kulaynî, « Al-Tahthîb »,
‘al-Tûcî,
« Al-Istibçâr » et « Man Lâ Yahdhoroh-ol-Faqîh«
‘al-Çadûq sont des hadith sains (sahîh:
dignes de confiance), puisque les théologiens qui les avaient compilés
s’étaient appliqués à les vérifier, et à les épurer avant de les mettre à la
disposition des lecteurs, et que par conséquent il n’est nul besoin de les
réétudier ni de les vérifier à nouveau.
De même, ont-ils ajouté,
les Récits (Riwâyât) que les faqîh renommés avaient adoptés ou rejetés
ne nécessitent pas que l’on en réétudie ou en vérifie à nouveau, la chaîne de
transmission. Il faut donc, ont-ils conclu, les adopter en se fiant au travail
accompli par les faqîh renommés parmi nos prédécesseurs.
Ils ont émis le même avis
concernant les corpus de hadith « Al-Sihâh », tels que « Sahîh
al-Bokhârî », « Sahîh Muslim » etc.
Mais une autre partie des
ulémas ont rejeté cette thèse, en affirmant à l’appui de la méthodologie
inductive et de la recherche scientifique que les corpus de hadith en question
ne renferment pas que des hadiths sains, et ne constitue donc pas une référence
totalement crédible.
Ils pensent qu’il faut
étudier les personnalités des rapporteurs de hadith pour s’assurer de
l’authenticité de chaque hadith, soumettre ces hadiths à l’examen et à la
recherche, et qu’on ne doit pas se contenter de la recherche faite par les
auteurs des corpus en cours.
Il est à noter que cette
dernière thèse a été corroborée par la méthode inductive et par des preuves qui
démontrent que beaucoup de rapporteurs fréquemment cités dans les corpus
adoptés sont peu sûrs et ne méritent pas une confiance totale.
De plus, selon cette thèse,
les hadiths relatifs aux statuts (ahkâm) et à la doctrine se trouvent dans des
livres autres que les corpus dont on prétend que les hadiths qu’ils contiennent
sont authentiques.
Tout comme autre spécialité
ou science, la traduction ou l’interprétation (Tafsir) du
Coran et des Hadiths, est une Science soumise à des règles fixes et qui est du
seul ressort de spécialistes agrées par la Oumma.
La non-maitrise ou le
non-respect de ces règles n’est que, de bonne ou de mauvaise foi, une
transmission de l’ignorance et ses rebondissements négatifs sur l’intérêt
comportemental de tout Musulman sincère, qui espère adorer correctement Allah.

Laisser un commentaire