Algérie : 60 ans d’indépendance sans rente mémorielle !

Écrit par

dans

Toutes les écoles
d’anthropologie sociale nous enseignent que le colonialisme d’exploitation    n’aurait du reste jamais perduré, tous les sociétés
humaines depuis l’aube des temps ont élaboré, sans s’être concertés, une norme
commune à l’Humanité : la proscription morale et religieuse absolue du fait
colonial et de l’exploitation humaine avec sa vision sauvant les colonies des
ténèbres par la colonisation en associant le colonisé au Barbare, un peu plus
encore du portrait surréaliste du colonisé. Je partage cette certitude sur
l’exclusivité de refuser, de dénoncer le colonialisme quel que soit sa forme
qui avait laisser dans la société algérienne une cicatrice jamais refermée, et
ceci s’explique par le fait qu’il n’y a pas une famille en Algérie qui n’a pas
un membre de sa famille assassiné par l’occupant français et en général tout
les gens qui avaient participé à la guerre d’Algérie en garde de grosses
séquelles psychologiques!

La France raciste et colonialiste avait pillé toutes les
richesses de l’Algérie et opérer un génocide de plus de 6 millions d’algériens,
ceci par évidence reste surtout un crime contre l’humanité perpétré en Algérie et
pire: La France Coloniale
à propos de son histoire, a la même honnêteté que la Turquie sur le génocide
des Arméniens. Ce n’est que ça. Rien d’autre qu’une décadence morale ?  

C’est exact. Il
est vraisemblable que l’armée coloniale Française avait cherché à atteindre un
objectif militaire, et que les chefs militaires ont cru dans l’imaginaire de
débiles d’exterminer la population indigène. Ce qui est certain, c’est qu’il y
avait un grand hachis de vies humaines, et que l’armée coloniale Française en
Algérie qui certainement ne pouvait être sure de son affaire, aurait pu
s’abstenir d’exterminer toute une population 
avec des conséquences prévisibles.

La guerre est
cruelle par nature et on ne peut pas la faire gentiment. L’armée coloniale
avait mené une guerre impitoyable et sanguinaire, contre le peuple Algérien
colonisé, uniquement par esprit de malfaisance. On voulait écraser et terrifier
l’ennemi, alors que la France
coloniale n’avait pas été menacée et ne luttait pas pour sa survie.

Sans refaire toute
l’histoire la population Algérienne dans la position actuelle a sans aucun
doute  l’avantage de pouvoir regarder mes
ennemis en face, l’Algérie  n’a rien à
voir avec un pays qui ne veut pas d’elle, ni de la France : C’est son droit.
L’Algérie ignore la France,
c’est son droit.

Un peu de culture
historique permettant de comprendre pourquoi, il est donc singulier de constater
que la France
se livre une véritable guerre des mémoires. Le contrôle de la mémoire est un
instrument entre les mains des officiels français et la presse pour imposer une
vision officiel de la France
fraternelle sur les événements de la guerre d’Algérie, l’exemple le plus
illustrant, le soi-disant massacre d’Oran du 5 Juillet 1962, alors qu’il
s’agissait d’une manifestation joyeuse de jeunes algériens descendus dans les
quartier européens qui jusqu’ici leur était interdit. Bien que non armés, ils aient
subis des tirs des snipers de l’OAS, à partir des balcons et des terrasses des
immeubles, plus d’une centaine de jeunes ont été assassinés sous les yeux de
l’Armée Française qui n’est pas intervenue pour protéger les victimes ?

Les chiffres
officiels, donnés le 9 juillet, font état de 101 morts, 76 Algériens et 25
Européens et de 145 blessés, 105 Algériens et 40 Européens. La lecture du
registre des actes de décès de la mairie d’Oran donne 36 décès Européens (dont
une femme) dont 9 non identifiés. Ce qui est certain c’est que la France dans son espace
colonial n’arriver pas à liquider son histoire avec l’Algérie, C’est fatigant
de lire sans arrêt ces assimilations qui fleurent la haine, le mépris par une
presse conventionnée en retournant la réalité pour se croire investi d’une
mission salvatrice. Les médias sont partisans et soutiennent une idéologie
impérialiste plus qu’ils informent. La fameuse parabole du mensonge répété
mille fois qui devient une vérité.

On peut imaginer
que la foule qui manifestait dans la joie, brusquement agressée, se soit
laissée probablement  à une chasse des
membres armés de l’OAS. Les terribles derniers mois vécus sous le feu de l’OAS
appelaient d’autant plus de vengeance. En tirant sur la foule les membres de
l’OAS avaient fait preuve d’action criminelle et alors la foule aurait répondu
comme mécaniquement à la peur qu’avait suscitée la tuerie de l’OAS.

Pour rappel, il
faudrait signaler que l’OAS créée par des officiers
français dissidents de l’armée coloniale, a transformé la ville d’Oran en bain
de sang pour les civils sans défense, notamment après la signature des accords
d’Evian et le début de son application, le 19 mars 1962.
Les
deux années précédant l’indépendance (1961-1962) sont la période la plus
sanguinaire dans l’histoire des crimes du colonialisme français dans la ville
d’Oran, en raison des actions de l’OAS refusant les négociations sur
l’indépendance de l’Algérie. L’OAS
a pris Oran comme point d’ancrage essentiel pour elle, la ville d’Oran est
devenue le théâtre d’opérations d’assassinat et de terrorisme, parfois
collectives et d’autres individuelles, menées par le sinistre général
Edmond
Jouhau
dirigeant une aventure criminelle.

Les opérations
terroristes collectives étaient nombreuses dans la ville d’Oran, notamment
celles ayant ciblé des algériens où des voitures avec des individus armés
sillonnaient les rues et tiraient sur les passants de manière anarchique,
ciblant les civils. Le cas du 11 mai 1962 où 15 femmes, des travailleuses des
services d’hygiène, ont été tuées en plein centre de la ville, Un événement
particulièrement traumatisant fut l’explosion simultanée de deux voitures
piégées, le 28 février 1962, un soir de ramadan, par les éléments de l’OAS sur
l’esplanade de M’dina Jdida (Tahtaha), qui s’est soldée par la mort de 80 Algériens
et des dizaines de blessés, laissant derrière eux des scènes horribles de
« lambeaux » de chair humaine disséminés sur les lieux du massacre, les
explosions des cuves d’hydrocarbures du port d’Oran, divers attentats ciblaient
les algériens même dans les cliniques et les hôpitaux,  l’empoisonnement des barrages d’eau, le
lynchage étant l’une des méthodes d’exécution de l’OAS, sans compter d’autres
attentats plus atroces les unes que les autres, tous restent l’écho sanglant de
ce que fut la terreur imposée par l’OAS ainsi que l’image d’une vengeance
sauvage des Pieds Noirs qui ne voulaient surtout pas laisser les Algériens
devenir indépendants.

Oran est l’une des
villes algériennes où les opérations de l’OAS furent les plus sanglantes ayant
laissé la région dans un état apocalyptique l’été 1962. Une mémoire bafouée et
niée dans une ville ravagée depuis des mois par les attentats de l’OAS,  désormais, plus que jamais plastiquages et
assassinats se succéderont à un rythme d’enfer. De son côté, la population
algérienne vivait la peur, au jour le jour, dans l’attente d’une délivrance
aussi proche que certaine. L’OAS dont ses éléments déguisés en Gendarmes, avait
employé contre la population algérienne toutes les formes d’extermination
individuelle et collective : lynchages, ratonnades, exécution des malades
à l’intérieur même des hôpitaux, enlèvements et exécutions des condamnés à mort
détenus à la prison d’Oran, tirs au mortier 81 et aux grenades à ailettes, tirs
de snipers à partir des immeubles.

Par cet attentat,
l’O.A.S. venait d’atteindre le seuil de l’intolérable et de franchir un nouveau
pas dans le crime génocidaire organisé qui a dépassé les limites jusque là
connues de l’horreur, En vérité, on était arrivé au point de non retour. Cet
attentat meurtrier constitue désormais le levain de haine qui séparera
irrémédiablement les deux communautés. Le nombre réel des victimes de ce
carnage ne sera jamais connu. En tout état de cause, les estimations
officielles avancent le chiffre de 80 morts et de 150 blessés.

tous ces attentats
meurtrières ont
en revanche été escamoté par les Français idéologiquement marqués par la
défense des pieds-noirs, considérés comme les éternelles victimes du Front de
libération nationale (FLN), des Arabes, cette mémoire criminelle est restée
méconnue ou indifférente du côté français.
Les massacres des
Algériens entre le 19 Mars et le  Juillet
1962, doivent assurément être reconnus et éclairés, sans être renvoyer à un
effacement qui entretient une mémoire meurtrie elle résonne comme un déni de
souffrance presque aussi terrible que d’être voué à l’indifférence par une
France qui a bâti son récit colonial en l’héroïsant, elle n’a aucunement
intérêt à en reparler des actions meurtrières de l’OAS et que dire du bilan
très lourd d’assassinats d’Algériens par l’OAS durant les années 1961 et 1962,
sans parler de la destruction  des
infrastructures techniques (Centrale
Electricté, station de Radio et Télévision
) de la ville de son aéroport et
de son port ?

Aucun Historien ou
journaliste ne semble avoir songé à se rendre en Algérie afin de confronter ses
sources aux témoignages des Algériens. Dans les travaux actuels des Français, en
résulte des études tronquées, pleines de fausses interprétations, et
systématiquement orientées vers la théorie d’après laquelle les pieds-noirs ont
été obligés de partir, selon la valise ou le cercueil. Or, après deux semaines
de fuite affolée, les départs des Français d’Oran ralentirent considérablement.
Dès août,  après la prise en main
sécuritaire des autorités algériennes, le sentiment de sécurité était
totalement revenu. En 1965, Oran comptait encore plus de vingt cinq mille
pieds-noirs.

Le peuple Algérien
dans sa globalité  ne pardonnons pas, et
ne pardonnerons jamais à tous ces ramassis de colons, de pieds noirs très
mélangée avec Espagnols, Portugais, Italiens, Maltais, même Allemands etc, que
nous tenons pour des crétins incultes, voleurs et spoliateurs, sans éducation,
vulgaires et gesticulants, venus en mercenaires pour les pillages passés de nos
terres de 1830 à 1962. Il faudra impérativement que la France ouvre les archives
de la guerre d’Algérie, toutes les archives, même les soient disant « secret
défense
 » qui sont uniquement destinées à cacher l’horreur des
actes perpétrés par les autorités françaises de l’époque. L’Algérie ne demande
que la vérité à la France,
il se trouve aussi que détruire les villes, terroriser massacrer déporter
n’avait pas rendu la France
meilleurs.

Pour le peuple
Français la connaissance des peuples lointains est limitée aux récits des
médias, écrits en général dans un contexte colonial et dans un esprit
d’adhésion au colonialisme, l’histoire du consul souffleté, elle n’est
qu’anecdotique et destinée aux livres d’images. Les représentations du colonisé
relayées par la culture populaire, sont imprégnées d’une série de préjugés à
même de justifier dans l’esprit populaire la présence française coloniale.
Même, dans leur discours polémique, on retrouve un certain attrait pour la
production d’images quasi mythiques, ou alors une totale méconnaissance de la
mentalité des Algériens.

En
France, l’anti-algérien trouve sa source dans cette vieille « blessure d’orgueil » dont certains
ne parviennent pas à se départir. Certains veulent se convaincre que l’Algérie
restera un valet à l’ancien colonisateur, mais l’Algérie dans le monde et dans
ses rapports avec d’autres pays   se
porte bien, après un soixante d’année d’indépendance, l’Algérie d’aujourd’hui
est en droit de condamner la colonisation Française et elle est en mesure de
revendiquer tous ses droits dans la restitution des richesses spoliés et
transférer en France.

Pourquoi la France traîne-t-elle une
sorte de mauvaise conscience qui n’est fondée sur rien  une mauvaise conscience qui entretient les
sales rancœurs d’une classe dirigeante Française incapable, profondément
nostalgique et cultivant cyniquement les rancoeurs pour s’exonérer de la
responsabilité des ses immenses spoliations des richesses Algériennes et les crimes
commis sur la peuples Algérien au nom d’une France fraternelle. Quant à
l’Algérie d’aujourd’hui, il est à se demander pourquoi continuer de maintenir,
avec la France,
cette relation malsaine et encore pour en finir avec ces vieilles citations,
par exemple France Pays des droits de l’homme qui avait réussi à occulter
l’infâme. Cela permet de faire oublier leur extraordinaire incurie.  Tout
est à revoir
?

La cicatrice des crimes est encore fraîche malheureusement, la guerre,
c’était hier, alors un grand respect et hommages pour tous ces pauvres gens
morts simplement parce qu’ils étaient des Algériens, des martyrs. Décidément,
le peuple Algérien, c’est plus que l’Algérie, c’est aussi et d’abord l’Algérie.
Après Soixante années, le peuple Algérien n’est pas mort, il est bien libre,
une liberté acquise chèrement et cela mérite d’être  fêté par un 5 Juillet bravement.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *