Catégorie : Algérie

Analyses consacrées à l’Algérie : politique, société, économie, diplomatie, relations internationales et enjeux régionaux.

  • L’épreuve de la bureaucratie : du citoyen de droit au sous-citoyen d’expérience :

    L’épreuve de la bureaucratie : du citoyen de droit au sous-citoyen d’expérience :

    Pour des besoins des documents administratifs, Il était à peine plus de neuf heures, lorsque j’ai franchi le seuil de cette administration publique. Dans la salle d’attente, la quasi-totalité des sièges était occupée. L’atmosphère, à la fois lourde et feutrée, n’était troublée que par le bercement monotone des téléphones intelligents, le bruissement des dossiers serrés contre les poitrines, le claquement régulier des portes et la scansion impersonnelle d’un récepteur appelant les numéros d’ordre.

    À mes côtés attendait un homme d’une soixantaine d’années. Il tenait sur ses genoux une chemise cartonnée, visiblement usée par les manipulations successives. Par intervalles réguliers, il l’ouvrait, vérifiait méthodiquement l’ordonnancement de ses pièces justificatives, puis la refermait avec une précaution quasi rituelle  démarche anxieuse de celui qui cherche à se prémunir contre l’impondérable bureaucratie.

    Après près de deux heures d’une attente passive, son identifiant s’est enfin affiché. Se levant pesamment, il s’est avancé vers le guichet : Bonjour monsieur. Je viens pour le suivi de mon dossier. On m’avait indiqué de fournir cette série de documents.

    Sans lui accorder un regard, l’agent administratif s’est emparé du pli. Il a feuilleté brièvement l’ensemble, inversé deux ou trois feuillets, avant de reposer le tout sur le comptoir d’un geste machinal : Il manque une pièce. L’usager manifesta un mouvement de surprise : Pourtant… lors de mon dernier passage, on m’avait assuré que le dossier était complet.  Il manque ce document. Il vous faudra revenir. Un silence pesant s’est installé.  Quand dois-je revenir ? L’agent a esquissé un simple haussement d’épaules : Demain. Ou la semaine prochaine.

    L’homme a baissé les yeux sur ses documents, a fixé l’agent, puis est revenu à son dossier. Il aurait pu légitimement s’indigner, exiger un traitement bienveillant, solliciter un recours ou rappeler l’asymétrie d’un échange ayant gaspillé deux heures de son existence. Il n’en a rien été. Il s’est exécuté dans la résignation, rangeant ses feuillets avec une lenteur accablée. Un unique mot, presque inaudible, est sorti de sa bouche : « D’accord… »

    Je l’ai observé traverser la salle, les épaules voûtées, la pochette sous le bras. Une interrogation s’impose alors : à partir de quel seuil d’usure institutionnelle un individu doté de la citoyenneté en vient-il à intégrer une posture de sous-citoyen, jusqu’à renoncer à l’exigence fondamentale de considération ?

    La citoyenneté comme expérience concrète et la domination symbolique

    Les théories politiques contemporaines appréhendent généralement la citoyenneté sous un angle strictement formel et juridique : un statut octroyé par l’État, assorti de titres d’identité, conférant un panier normatif de droits et de devoirs. Or, la citoyenneté ne saurait se réduire à une mention marginale sur un acte d’état civil. Elle doit s’analyser comme une expérience phénoménale et relationnelle. Elle se mesure à la nature des interactions sociales, à la possibilité d’exprimer une revendication ou de contester une décision sans s’exposer à l’humiliation ou à l’asymétrie de pouvoir.

    Le « sous-citoyen » ne se caractérise pas nécessairement par la privation légale de ses prérogatives politiques ou civiles. Il s’agit plus insidieusement de l’individu qui, bien que détenteur en droit de ces prérogatives, a intériorisé l’inutilité de leur exercice. La dérive la plus redoutable pour l’ordre démocratique réside moins dans l’injustice manifeste que dans l’accoutumance à l’arbitraire.

    Lorsque l’usager soumis à deux heures de vacuité perçoit comme une fatalité le fait d’être éconduit sans ménagement, lorsqu’il substitue la soumission de l’œil à la demande de redevabilité (accountability), la promesse démocratique s’effondre de l’intérieur. Son « d’accord » de façade masque une aliénation profonde : l’inhibition de l’affirmation légitime de sa propre dignité.

    Une structure sociale authentiquement équitable ne peut se borner à distribuer des droits formels ; il lui incombe de garantir les conditions psycho-sociales et institutionnelles de leur exercice effectif. Car la citoyenneté ne se résume pas à une assertion juridique passive. Elle réside dans la capacité garantie pour chaque individu de s’inscrire dans l’espace public la tête haute, fort de la certitude que sa dignité intrinsèque jouit d’une valeur inaliénable et strictement égale à celle de tout autre membre du corps administratif.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.

  • Histoire de poche et délire chérifien : Quand 1866 sert de kit de bricolage territorial

    Histoire de poche et délire chérifien : Quand 1866 sert de kit de bricolage territorial

    Le délire chérifien autour de l’histoire du Sahara algérien atteint parfois des sommets…

    Avis aux amateurs de spéléologie historiographique : les archéologues de la presse marocaine viennent encore de frapper un grand coup. Cette fois, la trouvaille du siècle ne vient ni des archives secrètes du Vatican, ni d’une carte oubliée par Ptolémée, mais d’un bouquin de 1866 signé Léon Plée, un journaliste français du XIXᵉ siècle qui devient soudainement le nouveau prophète géographe de la presse rabatise. Rien que ça !

    Le pitch de cet article mémorable ? « Regardez ! Un Français écrivait en 1866 que le Sahara n’était pas algérien, donc tout cela appartient historiquement au Maroc ! »

    Sortez le pop-corn. On tient là un cas d’école de bricolage mémoriel, où la mauvaise foi le dispute à l’ignorance historique la plus décomplexée.

    Le délire chérifien et la magie du saut temporel

    Pour comprendre le grotesque de la démonstration, il faut suivre la mécanique de nos apprentis historiens.

    L’illusionniste Plée : Léon Plée écrit son livre en 1866 pour raconter la conquête de l’Algérie de 1830 à… 1847.

    Le miracle logique : puisque l’armée coloniale française s’est arrêtée aux portes du désert en 1847 pour soumettre d’abord le Tell, la presse marocaine en conclut pompeusement que le Sahara « n’existait pas » dans l’ensemble algérien.

    C’est le fameux « principe du Polaroïd amnésique » : si le photographe s’arrête à la taille, les jambes n’ont jamais existé !

    À ce compte-là, rappelons à nos brillants chroniqueurs qu’en 1847, le Texas était à peine sorti de la tutelle mexicaine et que la Californie n’était pas encore un État américain. Doit-on réécrire la carte des États-Unis en se basant sur un fascicule de gare sous le Second Empire ?

    Le mythe magique de la « Bay’a » à géométrie variable

    Le délire chérifien tente également une petite pirouette théorique en invoquant la Bay’a — l’allégeance religieuse — pour revendiquer Tindouf, Béchar ou le Touat. Là encore, le rire devient difficile à contenir.

    Dans cette vision féodale de la géographie, dès qu’un chef de tribu nomade du désert recevait un présent, commerçait avec Oujda ou saluait un envoyé du Sultan, hop ! La terre entière était instantanément annexée à l’Empire chérifien. C’est la géopolitique du tampon encreur.

    Sauf que l’Histoire — la vraie, pas celle découpée aux ciseaux dans les rédactions de propagande — rappelle une réalité autrement plus complexe.

    Une souveraineté n’est pas un vœu pieux : si la Bay’a spirituelle valait frontière étatique, le Sultan du Maroc aurait dû exercer une autorité politique, fiscale, administrative et militaire effective sur les territoires concernés. Or l’allégeance religieuse, à elle seule, ne suffit pas à établir une souveraineté territoriale au sens moderne.

    Le mythe de la « terre vacante » : réduire la Régence d’Alger à la seule bande côtière sous prétexte que le pouvoir ottoman était décentralisé relève d’une profonde méconnaissance du système maghrébin. Le lien territorial des confédérations tribales sahariennes avec les Beyliks du Nord, notamment le Beylik de Mascara puis d’Oran, s’inscrivait dans des réseaux socio-économiques, commerciaux et sécuritaires anciens.

    Merci à l’armée coloniale ? Le comble du cynisme

    Le chef-d’œuvre d’ironie de cet article réside dans son hommage involontaire au colonialisme français. À les écouter, la France aurait généreusement offert le Sahara à l’Algérie sur un plateau d’argent !

    On croit rêver.

    Doit-on rappeler à ces spécialistes du révisionnisme de salon que l’armée française n’a pas « donné » le Sahara aux Algériens, mais qu’elle l’a conquis dans le cadre de l’expansion coloniale, au prix de violences considérables contre les populations locales, de Zaatcha aux oasis du Sud, qui se sont opposées à la conquête ?

    Prétendre que l’Algérie moderne ne serait qu’un « découpage administratif français » revient à effacer l’histoire politique et sociale antérieure à la colonisation, ainsi que les résistances locales à la conquête française. C’est aussi reprendre, paradoxalement, une partie du vieux raisonnement colonial selon lequel l’Algérie aurait été une création administrative sans histoire territoriale propre.

    Bilan de la farce

    En résumé, pour monter un dossier d’imposture territoriale, la méthode est désormais bien rodée :

    • Prenez un livre d’un pamphlétaire français de 1866.
    • Isolez des descriptions de campagnes militaires s’arrêtant en 1847.
    • Saupoudrez le tout d’un zeste d’allégeance religieuse fantasmée.
    • Oubliez volontairement le contexte politique du Maghreb, les réalités territoriales historiques et la complexité des relations entre pouvoirs, tribus et populations.
    • Puis présentez le tout comme une preuve définitive d’une souveraineté marocaine sur des territoires algériens.

    Voilà comment fonctionne le délire chérifien : transformer un document ancien, sorti de son contexte, en certificat de propriété territoriale.

    C’est ridicule, grinçant, et profondément triste pour le journalisme. À force de vouloir réécrire l’histoire des voisins dans des journaux aux ordres, on finit par transformer la géographie en pièce de théâtre de boulevard.

    Un conseil aux auteurs de ces perles : la prochaine fois, citez directement la bande dessinée Astérix ou les carnets de voyage de Jules Verne. Ce sera tout aussi crédible et nettement plus drôle !

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet

    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

  • Chronique d’un charognard du Makhzen : Rabat jubile, la Kabylie brûle

    Chronique d’un charognard du Makhzen : Rabat jubile, la Kabylie brûle

    Les récentes publications de la presse marocaine face aux épreuves traversées par l’Algérie révèlent le glissement d’une certaine ligne éditoriale vers l’opportunisme politique. Transformer la mort et la souffrance d’un peuple en argument de communication relève d’une abdication éthique majeure. En tirant profit des drames humains, ces médias ne pratiquent plus l’information, mais la dénigrement systématique.

    C’est pourtant dans cet exercice que la presse du Makhzen s’illustre avec une aisance déconcertante. Lorsqu’un média guette la tragédie d’un peuple voisin pour s’en nourrir, il abandonne le journalisme au profit du charognage médiatique. En fouillant les décombres et en instrumentalisant les victimes, ces officines orchestrent une véritable opération de désinformation. Derrière ces litanies répétées à satiété se cache une stratégie de manipulation grossière, visant à déformer la réalité et à exploiter la détresse des citoyens à des fins purement politiques.

    Il y a une espèce animale bien connue des naturalistes, mais que l’on retrouve avec un bonheur renouvelé dans les officines du Makhzen : le rapace de caniveau. Un incendie se déclare en Algérie ? La forêt brûle ? Des familles pleurent leurs morts ? Vite, vite ! L’éditorialiste de service à Rabat enfile son plus beau costume de vautour, aiguise sa plume et vient piétiner la cendre encore chaude pour nous vendre son petit catéchisme anti-algérien.

    Dernier exploit en date : la prose signée Aziz Daouda. Un chef-d’œuvre de cynisme d’État, où la tragédie humaine sert de prétexte à une indigestion de sarcasmes sur la « gouvernance », servie avec un sourire en coin qui pue la satisfaction mal dissimulée.

    Analyse critique des obsessions du Makhzen

    Le voyeurisme de préfecture : L’auteur nous avoue d’entrée de jeu consulter les vidéos de drames depuis sa petite fenêtre marocaine pour dénoncer la « com » d’Alger. Magnifique pudeur ! Utiliser des drames environnementaux et des pertes humaines non pas pour exprimer une solidarité fraternelle de voisinage, mais pour dérouler un pamphlet d’opportunisme politique, c’est la marque des grandes consciences.

    L’arroseur arrosé et la projection psychologique : Accuser l’Algérie de tout rejeter sur « l’ennemi extérieur » quand toute la politique étrangère du royaume repose sur la désignation d’un bouc émissaire à l’Est relève du génie comique. La propagande makhzénienne repère les failles chez le voisin avec une loupe, tout en oubliant opportunément ses propres zones d’ombre, de censure et d’alignements stratégiques contestables.

    La recette du « complotisme inversé » : Pour faire oublier le choc des victimes, la tribune transforme l’action sécuritaire et judiciaire algérienne en un sketch télévisé pré-écrit. C’est pratique : en prétendant anticiper l’enquête, on disqualifie d’avance tout fait réel, toute piste criminelle et toute souveraineté de l’État algérien sur son propre sol.

    Chronique satirique : « Allô le Makhzen ? Ici la fumée ! »

    Ah, la belle déontologie du royaume ! Un hectare de pinède brûle en Algérie, et voilà nos docteurs en pyrotechnie makhzénienne qui préparent et servent le thé. C’est plus fort qu’eux : chez ces professionnels du charognage, le malheur algérien est un plat qui se mange chaud, très chaud, de préférence fumant.

    Notre bon éditorialiste nous fait le coup de la larme à l’œil et du diagnostic d’expert. Pensez donc ! Il a regardé le JT d’Alger entre deux tasses de thé, et paf, le voilà devenu inspecteur général des forêts et spécialiste mondial du Canadair. D’un trait de plume triomphant, il nous livre sa grande révélation : l’État algérien est incompétent, ses hélicoptères sont de la décoration et son président joue les Mastroianni. On admire la hauteur de vue et le silence royal de ce fou du Roi, qui avait oublié que sa majesté le roi son Sidhoum est à Paris, faires des selfies, en état d’ivresse et surtout chaque le soir se trouve en bonnes mains sous de belles draps.  Quand la maison du voisin brûle, le vrai gentleman ne propose pas un seau d’eau ; il écrit une chronique pour se moquer du pompier.

    Mais le plus croustillant reste la leçon de morale sur le « complotisme ». Entendre les scribes d’un régime qui vend la souveraineté régionale aux plus offrants nous donner des cours de transparence, c’est un peu comme recevoir des leçons d’ascétisme de la part d’un prince en goguette à Marbella. Tout y passe : l’armée algérienne, les budgets de défense, la télévision d’État… À les entendre, si le soleil chauffe trop au Maghreb, c’est encore une manipulation du gouvernement algérien pour cacher le prix de la semoule.

    La réalité est beaucoup plus triviale, mes bons messieurs : pendant que vous comptez les points et que vous buvez votre petit nectar d’aigreurs géopolitiques sur le dos de nos morts, le peuple algérien, lui, fait face, lutte et reconstruit. Gardez vos diagnostics de comptoir et vos larmes de crocodile. L’Algérie n’a pas besoin de la compassion intéressée des gazettes de cour pour panser ses plaies et régler ses comptes avec elle-même.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.

  • Chronique d’une colonisation mentale : Marianne, le néo-protecteur et la bouillie « républicaine

    Chronique d’une colonisation mentale : Marianne, le néo-protecteur et la bouillie « républicaine

    Cette colonisation mentale de l’Algérie semble encore se manifester à Paris, chez Marianne, où l’on prend encore l’Algérie pour un département de l’Indre-et-Loire.Un certain Amar Ingrachen (Arabe de service) vient de publier une tribune d’une insondable tartufferie, réclamant rien de moins que l’officialisation de la langue française en Algérie. Rien que ça. Quand le ridicule ne tue plus, il prend la plume dans la presse parisienne pour dispenser des cours de patriotisme aux Algériens depuis les comptoirs de Saint-Germain-des-Prés.

    L’argumentaire est une prouesse d’acrobatie intellectuelle. Sa thèse ? Si vous refusez de faire du français votre langue nationale, vous êtes, au choix : un obscurantiste islamiste, un amnésique analphabète ou un traître à la cause panafricaine. Le sophisme est tellement gros qu’il faudrait une grue pour le soulever.

    Analyse critique d’une colonisation mentale : les mirages de la tribune :

    L’imposture du « bouclier antilumière » : L’auteur réduit le débat linguistique algérien à une guerre binaire entre la modernité francophone et le fondamentalisme religieux. « C’est l’escroquerie habituelle : instrumentaliser le traumatisme de la Décennie Noire pour imposer une forme de colonisation mentale et un privilège néocolonial. ». Refuser le statut d’officialité au français ne signifie pas adhérer au projet salafiste ; c’est simplement faire preuve de souveraineté élémentaire.

    La falsification historique et la symétrie barbare : Mettre sur un pied d’égalité l’arabisation progressive et l’islamisation du Maghreb au VIIe siècle avec la nuit coloniale de 132 ans relève de la pyromanie mémorielle. Mieux encore : prétendre que le français est l’« instrument de notre libération » sous prétexte que la Déclaration du 1er Novembre fut rédigée dans cette langue, c’est confondre le fusil volé à l’ennemi avec l’âme du combattant.

    La panique identitaire parisienne : Voir un auteur algérien supplier la France de lui accorder son brevet de « progressisme » en sacrifiant l’anglais, le tamazight et l’arabe sur l’autel de la Francophonie institutionnelle relève de la soumission psychologique. L’argument selon lequel le français garantit notre « rayonnement en Afrique » fait doucement rire à l’heure où l’Afrique francophone elle-même rejette massivement ce tutelle linguistique et politique.

    Tribune satirique : « S.O.S. Francophonie : Un indigène demande le retour du protecteur »

    Ah, le charme envoûtant du paternalisme de gauche en couverture de Marianne ! On en verserait presque une larme de nostalgie. Voilà qu’un éditorialiste éclairé se propose de sauver l’âme algérienne en lui réimposant la langue de Molière, de Jules Ferry et… des circulaires préfectorales.

    Selon notre bon docteur ès identités, le peuple algérien serait frappé d’amnésie généralisée. S’il parle arabe ? Un coup des sabres du VIIe siècle ! S’il apprend l’anglais ? Un complot des Frères musulmans ! La seule planche de salut pour ce peuple égaré serait de sanctuariser le français dans la Constitution. C’est vrai, quoi ! Comment imaginer un Algérien rêver, aimer ou acheter son pain sans la bénédiction de l’Académie française ?

    L’argument scientifique vaut son pesant de cacahuètes : le Japon utilise le japonais et ça marche, le Nigeria parle anglais et c’est le souk. Conclusion logique d’Amar Ingrachen : l’Algérie doit parler français. Une rigueur cartésienne qui ferait retourner Descartes dans sa tombe en faisant des toupies. Le génie de la démonstration réside dans cet art consommé de faire passer une aliénation culturelle pour un acte de résistance démocratique.

    Mieux encore ! L’auteur nous explique avec un aplomb rafraîchissant que les écrivains algériens n’existent que parce que les éditeurs parisiens ont bien voulu les imprimer. Sans la rive Nord, point de salut littéraire. C’est le retour de la mission civilisatrice, mais repeinte aux couleurs de la laïcité républicaine. Kateb Yacine parlait du français comme d’un « butin de guerre » ? Nos néo-assimilés en ont fait des menottes dorées.

    Qu’on se le dise : l’Algérie de 2026 n’a aucun problème avec la langue française comme outil de savoir, de culture ou d’échange international. Ce qu’elle refuse, c’est cette forme de colonisation mentale postcoloniale qui veut qu’une langue étrangère serve de test de pureté idéologique. Gardez vos médailles de la Francophonie et vos leçons de sérénité : l’identité algérienne s’écrit en arabe, se vit en tamazight, et s’ouvrira au monde entier, en anglais comme en français, sans demander de visa linguistique à Paris.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »          

  • Affaire Aïssiou : Quand la défense d’un fugitif financier tourne au numéro de victimisation généralisée

    Affaire Aïssiou : Quand la défense d’un fugitif financier tourne au numéro de victimisation généralisée

    Oh, les pauvres chéris ! Qu’ils sont touchants, nos intellectuels de salon, nos redresseurs de torts à temps partiel et nos spécialistes du sauvetage d’un fugitif financier…

    Mettez-vous deux minutes à leur place : vous signez gentiment une pétition dans le Journal du Dimanche (ce fameux havre de la pensée progressiste) pour sortir du pétrin un saint homme, un modèle de vertu nommé Ayoub Aïssiou. Vous pensiez sauver un courageux dissident politique étouffé par une affreuse dictature. Pas de chance : l’« opposant » en question est surtout réclamé par la justice de son pays pour des affaires très poétiques de faux, usage de faux, blanchiment de flouze et fuites de capitaux. Le genre de profil qui milite généralement depuis les salons VIP des aéroports ou les paradis fiscaux.

    Fugitif financier : voyons la séquence :

    Mais qu’à cela ne tienne ! Quand les faits dérangent, les professionnels du prêt-à-penser ont un joker magique : la posture du martyr offensé.

    La journaliste Sarah Cattan signe une tribune vibrante d’émotion, le trémolo dans la plume : « On avait signé pour un homme, ils ont répondu en comptant les Juifs ! » Sortez les mouchoirs, la batterie de violons est envoyée à plein volume.

    C’est le grand miracle de la bande à Daniel Salvatore Schiffer, Marek Halter et l’inévitable imam Hassen Chalghoumi  le seul imam au monde capable de représenter à lui seul 0,0001 % des musulmans tout en occupant 90 % du temps d’antenne plateau télé. Ces grands esprits s’engagent « à l’aveugle » pour défendre un homme d’affaires impliqué dans de sombres affaires financières, mais attention : si la presse d’en face s’étonne de voir la même claque médiatique pro-israélienne et néo-conservatrice accourir au galop au moindre sifflet, cela devient soudain un complot.

    Voyons la séquence :

    Étape 1 : On ne vérifie rien. On signe un texte les yeux fermés pour couvrir un individu poursuivi pour délits financiers, en le faisant passer pour un Jean Moulin algérien.

    Étape 2 : On se fait choper le nez dans le sac. La presse algérienne aligne les éléments du dossier judiciaire — mandats d’arrêt, procédures, banques détournées.

    Étape 3 : On crie au scandale moral. Au lieu d’admettre qu’ils se sont fait pigeonner (ou qu’ils ont sciemment servi de bouclier médiatique), nos pétitionnaires sortent l’esquive suprême : la généalogie et la Victimisation Absolue.

    Qu’un journal algérien maladroit ou poussif aille fouiller dans l’état civil de la maman de Schiffer est une sottise grotesque, certes. Mais de là à faire passer toute remise en cause d’un réseau de soutiens politiques bien identifié pour un complot ténébreux, il y a un pas que notre collectif franchit avec des bottes de sept lieues !

    Car enfin, qui retrouve-t-on sur la liste des signataires ? Pascal Bruckner, Arno Klarsfeld, Bernard Kouchner, Boualem Sansal, Céline Pina… Le ban et l’arrière-ban des partisans de la ligne dure, des abonnés aux plateaux CNews et des soutiens inconditionnels des politiques les plus à droite d’ici et d’ailleurs. Un hasard métaphysique, sans doute ! Une simple coïncidence statistique !

    À aucun moment la tribune de Mme Cattan ne s’interroge sur le fond : Pourquoi diable ce collectif d’« intellectuels » s’investit-il avec tant de ferveur pour empêcher l’extradition d’un homme poursuivi pour blanchiment d’argent ?

    De quelle liberté d’expression parlent-ils ?

    De celle de transférer des fonds illégalement ?

    Mais non, le fond, c’est assommant. Il est tellement plus commode de draper un problème de droit commun dans les habits de la grande cause morale. La méthode est rodée : on fait de la politique de réseaux, on monte au créneau pour les copains ou les utiles du moment, et dès qu’on vous demande des comptes sur l’escroquerie judiciaire sous-jacente, vous accusez la terre entière d’être habitée par une haine ancestrale.

    Bref, un spectacle comique si la manœuvre n’était pas si grossière. Quand la justice d’un pays réclame un homme pour des délits financiers, nos beaux esprits découvrent subitement les vertus du doute, mais uniquement pour l’accusé. Pour eux-mêmes, le doute n’existe pas : ils sont le Camp du Bien, incritiquables, intouchables, et surtout… affreusement victimes.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »          

  • Les docteurs en naïveté : quand les beaux esprits nous jouent la comédie du jacobinisme

    Les docteurs en naïveté : quand les beaux esprits nous jouent la comédie du jacobinisme

    Les docteurs en naïveté nous expliquent doctement que la France ou la Corée peuvent défendre leur langue et leur souveraineté culturelle, mais que lorsqu’un peuple colonisé veut changer d’horizon scientifique, il faudrait aussitôt crier à la « naïveté ». Quand la France ou la Corée défendent leur langue, on salue leur souveraineté ; quand un peuple colonisé veut changer d’horizon scientifique, les beaux esprits hurlent à la « naïveté ». Retour sur une posture d’intellectuel de salon qui prétend nous apprendre à penser l’État tout en justifiant le statu quo culturel.

    Ah ! Quelle bénédiction d’avoir parmi nous de si grands esprits pour éclairer la plèbe ! Il fallait au moins la hauteur de vue d’un penseur de salon pour nous extirper de notre crasse ignorance et nous asséner cette vérité fracassante : non, répéter « good morning » ne fera pas surgir la démocratie participative du jour au lendemain.

    Les docteurs en naïveté et le bonhomme de paille

    Quelle audace ! Quel génie visionnaire ! Merci mille fois pour cette illumination : nous étions tous convaincus qu’en changeant la langue des panneaux de signalisation, les maires de nos communes allaient soudainement se transformer en Périclès et nos institutions en modèles de vertu scandinave. Heureusement que le docteur en politologie appliquée est venu démolir avec perte et fracas ce bonhomme de paille géant qu’il a lui-même fabriqué de toutes pièces au fond de son bureau.

    Mais observons de plus près cette grande leçon de civisme. Sous le vernis d’une analyse « profonde », les docteurs en naïveté nous servent une démonstration d’une grossièreté comique.

    La fable du jacobinisme comme péché originel

    Pour fustiger ce qu’il nomme pompeusement un « fétichisme linguistique », notre pamphlétaire du dimanche s’enfonce la tête la première dans une fable autrement plus niaise : la diabolisation du « jacobinisme ». Réduire toute l’histoire politique et administrative d’une nation à un simple décalque de la France monarchique et républicaine, c’est au mieux de la paresse intellectuelle de classe terminale, au pire une falsification historique bien commode. L’hyper-centralisation et le dogme de l’État tout-puissant ne sont pas nés d’une soudaine passion pour la Convention nationale de 1793 ; ils se sont forgés dans le sang de la guerre de libération, la peur panique du morcellement et la gestion patrimoniale des ressources. Mais c’est tellement plus élégant de tout mettre sur le dos du « logiciel français », n’est-ce pas ?

    La schizophrénie des faux universels

    Et puis, admirez la splendide schizophrénie du propos.

    Quand la France défend sa langue à coups de lois Toubon, de circulaires ministérielles et de cris d’orfraie de l’Académie contre trois mots d’anglais, personne ne vient expliquer à ses élites qu’elles souffrent d’« enfantillages » ou d’un manque de maturité politique. Quand Tokyo, Séoul, Sofia ou Tel-Aviv font de leur langue le bouclier suprême de leur souveraineté, on applaudit la cohérence nationale. Mais dès qu’un peuple dominé tente de secouer le carcan d’un monopole linguistique colonial pour s’ouvrir directement au savoir mondial, voilà les beaux esprits qui s’étouffent : « Quelle naïveté ! Quel manque de hauteur ! »

    La langue n’est pas un tuyau neutre, c’est une géopolitique

    Accuser les gens de « se cacher derrière la langue » pour fuir les « vrais débats », ce n’est pas la parole d’un penseur. C’est le bégaiement frileux d’un clerc effrayé par le moindre mouvement de plaques tectoniques.

    La langue n’est pas un banal tuyau neutre dans lequel on injecte de la politique en poudre. Une langue, c’est une géopolitique, un marché, un horizon scientifique, un réseau d’alliances. Vouloir substituer l’anglais au français dans les universités n’a jamais été une promesse d’absolution démocratique instantanée : c’est un acte d’émancipation pragmatique, un choix de rupture face à un pré carré culturel asphyxiant.

    Ravalez vos sermons, nous changerons les deux

    Alors de grâce, ravalez vos métaphores informatiques sur le « changement de logiciel » et vos sermons de catéchisme institutionnel. On peut vouloir balayer la centralisation asphyxiante et refuser de payer ad vitam aeternam la rente symbolique de l’ancien colonisateur. L’un n’a jamais empêché l’autre sauf dans le cerveau de ceux qui cherchent désespérément de grands mots pour justifier le statu quo.

    La véritable souveraineté ne s’embarrasse ni de vos faux dilemmes, ni de votre paternalisme d’un autre âge. Elle s’arrache sur tous les fronts à la fois : dans la conquête de nos libertés politiques collectives comme dans le choix souverain des armes culturelles avec lesquelles nous parlons au monde.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 

     

  • Le voisin qui délire : quand le Makhzen fabrique un procès contre l’Algérie

    Il existe un vieux métier, aussi cynique qu’éprouvé, qui consiste à fabriquer de toutes pièces des épouvantails pour s’ériger ensuite en sauveur de la nation. Jadis, cela s’appelait de la propagande grossière. Aujourd’hui, cela se drape sous les oripeaux plus élégants d’une « chronique diplomatique ».

    Dans cette mise en scène, la Tunisie contemporaine est sommée de renoncer à son âme politique et à sa souveraineté pour devenir le théâtre d’un chantage à la terreur. Le script est rôdé : le Makhzen dépêche son monarque en chevalier blanc un Zorro de pacotille venant déjouer les plans machiavéliques d’un ennemi invisible. Ne craignez rien, semble-t-on dire au peuple : Hassan II et Mohamed V veillent toujours sur leurs sujets depuis leur position lunaire.

    La fabrique de l’ogre : anatomie d’une manipulation

    À lire une certaine presse aux ordres et ses précieux relais éditoriaux, l’Algérie serait devenue le monstre hégémonique du Maghreb.

    Chaque prise de parole d’Alger cacherait un agenda d’annexion. Chaque déclaration du président Algérien annoncerait une invasion imminente. Chaque coopération sécuritaire transfrontalière dissimulerait la mise sous tutelle d’un voisin.

    À ce niveau de paranoïa orchestrée, on s’étonne presque de ne pas encore voir des soucoupes volantes estampillées de l’ANP stationnées au-dessus de Tamanrasset.

    La mécanique d’abêtissement est pourtant d’une vulgarité sans nom. On commence par caricaturer le parler populaire du président algérien pour dénier toute stature d’État à la diplomatie d’Alger. Puis, on instrumentalise une mise en garde légitime pour la transformer en « menace existentielle ». On convoque ensuite une poignée d’opposants de salon, soigneusement sélectionnés pour fabriquer l’illusion d’un consensus. Enfin, le tour de passe-passe s’achève : on réinjecte subrepticement le dossier du Sahara occidental véritable névrose obsessionnelle du Makhzen et de ses parrains, sommés d’agiter le chiffon rouge dès qu’il s’agit d’attaquer l’Algérie.

    Ce n’est plus du journalisme, c’est un procès en sorcellerie.

    La géométrie très variable du « droit d’ingérence »

    L’hypocrisie atteint ici des sommets d’art contemporain. Les mêmes plumes qui célèbrent chaque matin le « droit sacré des puissances » à défendre leurs intérêts vitaux découvrent soudain les vertus virginales de la non-ingérence dès lors qu’Alger affirme une évidence : l’Algérie ne restera pas spectatrice devant la déstabilisation de sa frontière orientale.

    Depuis quand une puissance régionale renonce-t-elle à sécuriser son pré carré ?

    Washington s’octroie le droit de verrouiller tout le continent américain. Paris défend avec les dents les restes de son pré carré africain.

    Ankara projette sa puissance militaire de la Méditerranée jusqu’au Caucase. Rabat revendique sans vergogne une zone d’influence exclusive du Sahel à l’Atlantique.

    Mais que l’Algérie rappelle qu’une implosion de la Tunisie aurait des répercussions directes et dramatiques sur sa propre sécurité nationale, et la voilà immédiatement traînée dans la boue, taxée d’« empire menaçant ».

    Même comédie grotesque concernant la souveraineté tunisienne : voir des chroniqueurs habitués à justifier les guerres d’agression, les régimes d’exception, les sanctions et les ingérences occidentales se transformer subitement en vierges effarouchées et en gardiens du temple de la Convention de Vienne relève de la farce. La souveraineté est devenue un principe à géométrie variable : sainte et intouchable quand elle sert à frapper Alger, facultative et obsolète le reste du temps.

    La réalité du terrain face au théâtre du déni

    Puis vient le morceau de bravoure de la propagande, où l’on ose poser la question avec une naïveté feinte : « Mais enfin, qui menace la Tunisie ? »

    Comme si le Sahel était une station balnéaire pacifiée. Comme si la désintégration de la Libye  orchestrée par ces mêmes puissances n’avait jamais eu lieu. Comme si la peste terroriste, les trafics d’armes lourdes et les réseaux de criminalité transnationale relevaient de la science-fiction. Feindre l’ignorance stratégique pour tourner en dérision une urgence sécuritaire absolue ne relève plus de la naïveté : c’est une complicité idéologique.

    Et pourquoi cette fixation systémique sur le Sahara occidental dans un débat sur la sécurité tunisienne ? Quel est le rapport ? Aucun. Il s’agit purement et simplement de plaquer le logiciel anti-algérien du Makhzen sur n’importe quel sujet, d’imposer une grille de lecture unique et d’évacuer soigneusement les responsabilités de Rabat dans la déstabilisation régionale. La diplomatie n’est plus une analyse des faits : elle est devenue un tribunal fantoche où le verdict contre l’Algérie est rédigé avant même l’ouverture de l’audience.

    L’échec d’un logiciel périmé

    Le narratif d’une Algérie « isolée », pétrifiée dans la Guerre froide et incapable de lire le monde moderne ne tient plus debout. La réalité celle qu’on cherche désespérément à masquer  est tout autre :

    1. Redéploiement stratégique : L’Algérie multiplie et diversifie ses alliances globales, des BRICS aux puissances émergentes.
    2. Ancrage africain : Elle réaffirme sa doctrine de sécurité collective et de co-développement sans tutelle néocoloniale.
    3. Souveraineté décisionnelle : Elle s’impose comme un pivot incontournable dans un monde devenu multipolaire.

    On peut contester ces choix, on peut débattre de la méthode. Mais il faut le faire avec l’honnêteté des faits, pas avec des contes de fées pour diplomates aux abois. Au fond, ces attaques répétées en disent long sur l’impuissance de leurs auteurs. Elles révèlent la panique d’un système incapable d’accepter qu’un État souverain du Sud refuse de soumettre sa sécurité aux diktats d’un ordre ancien ou aux délires d’expansionnisme d’un voisin féodal. L’Algérie n’est pas irréprochable, et aucun État ne l’est. Mais réduire sa politique étrangère à des fantasmes impériaux relève de la psychiatrie politique. À force de fabriquer des ogres pour masquer leurs propres faillites, le Makhzen et ses scribes ne trompent plus personne : ce n’est pas l’Algérie qui menace le Maghreb, c’est leur propre propagande qui étouffe la vérité.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

  • Non, la colonisation de l’Algérie n’a pas « civilisé » : elle a détruit !

    Certains intellectuels français
    persistent à entretenir la fable d’une colonisation bienveillante,
    civilisatrice, presque nécessaire. Qu’il s’agisse des dithyrambes autour de la
    « conquête » de l’Algérie, ou des diatribes sur la supposée « névrose
    algérienne », un même mécanisme est à l’œuvre : blanchir l’histoire coloniale,
    inverser les responsabilités, et transformer les victimes en coupables.

    Je relève à mon tour que certains
    récits, comme ceux consacrés à l’ouvrage sur la conquête de l’Algérie, on
    croirait presque que la colonisation française aurait été une étape «nécessaire»,
    une aventure civilisatrice, voire un laboratoire social généreux. Une telle
    présentation est non seulement trompeuse, mais dangereuse : elle recycle les
    mythes coloniaux qui, depuis deux siècles, servent à maquiller une guerre de
    conquête en geste humanitaire.

    Des mots « appropriation », «
    cohabitation », « expérimentation sociale » sont des euphémismes indécents. La
    vérité est là : enfumades dans les grottes ((Les estimations oscillent entre
    700 et plus de 1 000 victimes humaines.), villages entiers rasés,
    terres volées, famines organisées, populations réduites à l’indigénat. Entre
    1830 et 1872, un tiers de la population algérienne a disparu. Est-ce cela,
    votre civilisation ?

    Ah, la rengaine est de retour. Chaque
    fois qu’on parle de colonisation, voilà qu’arrivent les défenseurs de «
    l’Algérie française », la larme à l’œil et le verbe docte, pour nous expliquer
    que, sans la France, les Algériens n’auraient jamais découvert ni la roue, ni la
    lumière, ni qui sait l’hygiène. On se demande encore comment ce peuple,
    supposément plongé dans l’obscurité totale, avait réussi à exister plusieurs
    millénaires avant 1830. Miracle ou magie noire, sans doute.

    Non, les
    infrastructures ne furent pas un cadeau

    Ils nous brandissent les routes, les
    ports, l’école comme preuves de modernisation. Mais ces routes servaient
    d’abord aux colonnes militaires ; ces ports exportaient le blé et le vin
    spoliés ; ces écoles formaient une élite docile, tout en maintenant la masse
    dans l’analphabétisme. La colonisation ne construisait pas pour les Algériens :
    elle construisait contre eux, pour enrichir la métropole et asseoir la
    domination.

    Oui, l’Algérie
    s’est forgée, mais dans la résistance

    Ah, celle-là, je
    l’adore. Donc avant les canons de Bugeaud, l’Algérie n’existait pas ? C’était
    un décor vide, avec des figurants qui attendaient sagement qu’un général
    français vienne leur donner un nom, un drapeau et un mode d’emploi ? Comme si
    les royaumes berbères, les dynasties musulmanes, la régence d’Alger étaient des
    hologrammes en attente d’une colonie. Sérieusement ? C’est comme dire qu’un
    incendiaire a « inventé » la maison qu’il vient de brûler.

    C’est Abd el-Kader, pas Bugeaud, qui a
    donné à ce pays son souffle politique. C’est la guerre de libération, pas le
    Code de l’indigénat, qui a forgé l’État moderne. L’Algérie est née du refus
    d’être soumise, pas du joug colonial. Voilà la vérité que vous cherchez à
    travestir.

    Cesser de se
    cacher derrière les échecs du FLN

    Enfin, à vous qui détournez le regard en
    pointant du doigt la corruption, la dictature ou la guerre civile
    post-indépendance : votre argument est fallacieux. Oui, l’Algérie indépendante
    a connu ses drames et ses trahisons. Mais ces échecs n’effacent pas les crimes
    coloniaux, pas plus que la misère actuelle d’un peuple ne justifie qu’il ait
    été autrefois asservi. Et n’oubliez pas : beaucoup des travers du pouvoir
    algérien sont l’héritage direct d’un État colonial militarisé et autoritaire.

    L’Algérie n’est
    pas une invention française

    On lit encore que « l’Algérie est une
    création française ». C’est une absurdité historique. L’Algérie existait bien
    avant 1830, dans sa profondeur humaine, culturelle et politique : royaumes
    berbères, dynasties musulmanes, régence ottomane. Ce que la France a inventé,
    ce n’est pas l’Algérie : c’est une colonie taillée pour servir ses intérêts
    militaires et économiques, construite sur la négation des peuples qui y
    vivaient.

    La mission
    civilisatrice : un alibi pour la spoliation

    L’idée que la colonisation aurait apporté
    l’école, les infrastructures, le progrès est un mensonge répété à l’envi. Les
    routes et les ports ? Ils servaient à déplacer les troupes et exporter les
    richesses vers la métropole.

    L’école ?

    Réservée aux colons et à une élite
    minoritaire, destinée à fabriquer des auxiliaires de l’administration
    coloniale. Pendant ce temps, la grande majorité des Algériens était maintenue
    dans l’analphabétisme et la misère.

    La « mission civilisatrice » fut un
    habillage idéologique. En réalité, la colonisation signifiait spoliation
    massive des terres, apartheid juridique du Code de l’indigénat, et dépossession
    culturelle systématique.

    L’Algérie s’est
    forgée contre, et non grâce à la colonisation

    Ce que la France a voulu étouffer, les
    résistances l’ont fait naître. Abd el-Kader incarne la première affirmation
    nationale, prolongée plus d’un siècle plus tard par la guerre de libération.
    C’est dans la lutte, pas dans l’assimilation forcée, que s’est forgée la
    conscience algérienne. L’Algérie moderne est fille de la résistance, pas de
    l’occupation.

     Mais enfin, regardez
    l’Algérie d’aujourd’hui !

    Certains, pour dédouaner la France,
    n’hésitent pas à pointer les dérives du régime algérien après 1962 :
    autoritarisme, corruption, guerre civile. Mais ce procédé est une diversion.
    Les erreurs des dirigeants algériens ne sauraient en rien justifier ou
    minimiser 132 ans d’apartheid colonial. D’autant que bien des travers de l’État
    algérien indépendant centralisation autoritaire, militarisation du pouvoir sont
    directement hérités de l’organisation coloniale.

    Argument préféré des nostalgiques.
    Traduction : puisque vous avez des problèmes politiques et économiques en
    2025, cela prouve qu’on aurait dû vous coloniser encore un siècle de plus
    .
    Génial. Avec ce raisonnement, on pourrait dire que puisque la France actuelle a
    ses crises sociales et ses scandales de corruption, elle aurait bien besoin de
    se faire recoloniser par qui ? L’Allemagne, pour parler enfin l’Allemand ou
    lieu du Français que l’Afrique presque entière vient de le refuser.

    La vérité ? Elle
    pique

    La colonisation n’a pas apporté la
    lumière, elle a imposé les ténèbres de l’apartheid. Elle n’a pas bâti une
    nation, elle a tenté d’en étouffer une. Elle n’a pas donné, elle a pris. Et
    ceux qui continuent de parler de « bienfaits » ressemblent à ces pickpockets
    qui, après vous avoir volé votre portefeuille, vous expliquent qu’ils vous ont
    « soulagé du poids ».

    Nostalgie
    coloniale : une maladie française

    À force, on se demande si ce n’est pas
    ça, la fameuse « névrose » : cette incapacité de certains Français à tourner la
    page de leur empire perdu, préférant se bercer de contes pour enfants plutôt
    que d’affronter la vérité. Eh bien non, désolé : l’Algérie n’était pas une page
    blanche. Et la France coloniale n’était pas une institutrice bienveillante,
    mais une armée d’occupation.

    Alors, amis nostalgiques, rangez vos
    violons. La civilisation ne sort pas du canon d’un fusil. L’histoire n’est pas
    un roman de cape et d’épée. Et votre empire, quoi que vous en disiez, n’a pas
    laissé des bienfaits mais des cicatrices.

    Assez de
    nostalgie coloniale

    Messieurs les nostalgiques, cessez de
    travestir l’histoire. La colonisation ne fut pas une mission civilisatrice : ce
    fut une spoliation, un apartheid et une guerre de destruction. Persister à la
    présenter comme un bienfait, c’est insulter la mémoire de millions de victimes
    et prolonger l’arrogance d’un empire disparu.

    La seule attitude digne aujourd’hui
    n’est pas la nostalgie, mais la lucidité. La France ne s’abaisse pas en
    reconnaissant ses crimes : elle s’honore. À continuer de se réfugier dans le
    mythe, elle ne fait que retarder le jour où les mémoires pourront, enfin, se
    réconcilier dans la vérité.

    La vérité est claire : la colonisation
    de l’Algérie fut une entreprise de domination violente, qui a détruit des vies,
    des structures sociales et des cultures entières pour enrichir la France et
    asseoir sa puissance. La présenter encore aujourd’hui comme une œuvre «
    civilisatrice » est une insulte à la mémoire des victimes et un obstacle à
    toute réconciliation sincère.

    Reconnaître cela ne signifie pas
    s’enfermer dans une « guerre mémorielle ». Cela signifie simplement dire la
    vérité. Car sans vérité, il ne peut y avoir ni paix des mémoires, ni avenir
    partagé.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

     

     

  • La colonisation de l’Algérie : la France doit reconnaître sa dette et réparer

     

    Je refuse le
    silence.
    Je refuse l’oubli.
    Je refuse l’hypocrisie d’un discours officiel qui reconnaît du bout des lèvres,
    mais qui se garde bien d’assumer.

    Oui, je le
    dis sans détour : la colonisation fut un crime.
    Un crime contre des peuples qui n’avaient rien demandé. Un crime contre des
    cultures que l’on a méprisées, brisées, parfois effacées. Un crime contre des
    générations entières condamnées à l’humiliation et à la misère au nom de la
    “mission civilisatrice”.


    L’histoire qu’on cache, l’histoire qu’on maquille

    On m’a
    longtemps appris que la colonisation avait “apporté des routes, des écoles, des
    hôpitaux”. Comme si une poignée de routes pouvait effacer les massacres, comme
    si quelques dispensaires pouvaient laver le sang versé.
    On a maquillé la violence derrière des mots technocratiques : “pacification”,
    “progrès”, “évangélisation”. Mais derrière les mots, il y a des réalités :
    pillages, déportations, répressions, exécutions, travail forcé.

    L’histoire
    coloniale de la France n’est pas une parenthèse. C’est un chapitre central de
    modernité. Et tant qu’on le travestira, tant qu’on le minimisera, ils vivent dans
    le mensonge.


    Des excuses claires, pas des formules creuses

    On a entendu
    tout et son contraire :
    – “Ni excuses ni repentance.”
    – “Regard apaisé.”
    – “Devoir de mémoire.”

    Mais la
    vérité, c’est qu’aucune excuse claire n’a été prononcée. Or, comment parler de
    réconciliation sans reconnaissance pleine et entière ?
    Les descendants des victimes n’attendent pas des pirouettes diplomatiques. Ils
    attendent une parole forte : oui, la France coloniale a commis des crimes.
    Oui, nous demandons pardon.


    Réparer, c’est possible

    On me dira :
    “Réparer est impossible, on ne peut pas payer pour l’éternité.”
    C’est un argument de mauvaise foi.

    Réparer, ce
    n’est pas se ruiner. C’est poser des gestes justes et ciblés. Le Royaume-Uni
    l’a fait pour les survivants Mau Mau au Kenya. L’Allemagne l’a fait en Namibie
    pour les Herero et les Nama. La France a commencé à le faire en restituant des
    trésors spoliés au Bénin et au Sénégal.

    Alors
    pourquoi s’arrêter là ?
    Réparer, c’est :
    – Restituer les biens pillés ;
    – Ouvrir complètement les archives ;
    – Indemniser, quand cela est juridiquement possible, les survivants et leurs
    descendants ;
    – Ériger des mémoriaux dignes ;
    – Enseigner, enfin, cette histoire sans fard, dans toutes nos écoles.


    Une dette morale, une dette politique

    La
    colonisation n’est pas un simple héritage abstrait. Ses effets se prolongent :
    inégalités économiques, discriminations, blessures identitaires. Fermer les
    yeux sur cette dette, c’est accepter que les fractures d’hier se reproduisent
    aujourd’hui.

    Je ne
    réclame pas la culpabilisation des générations présentes. Je réclame la
    justice. Je réclame la vérité. Je réclame la dignité rendue à ceux qui l’ont
    perdue par la faute d’un empire aveuglé par sa domination.


    Je dénonce
    la colonisation.
    Je dénonce le déni.
    Je dénonce les discours qui relativisent ou qui renvoient dos à dos toutes les
    violences de l’histoire pour mieux éviter leurs propres responsabilités.

    La France
    doit des excuses. La France doit des réparations.
    C’est la seule voie possible si nous voulons un jour refermer cette plaie
    ouverte.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Réponse au préjugé : « Les Algériens sont des délinquants »

     

    Nature du propos : un préjugé, pas un constat

    Actuellement, on entend encore ces phrases, ils passent avant
    tout le monde, ils remplissent les hôpitaux, les prisons, ce sont des délinquants.
    Ils ne pourront jamais s’intégrer, mais tout ceci n’est pas un constat, mais un
    préjugé.

    Ils n’ont pas d’identité !

    Il n’est pas facile d’afficher son identité, surtout si elle
    est vécue comme une honte, un reproche permanent.

    Les instigateurs d’opinion ne se désolent que les Français
    «aient du mal à se concevoir comme issus
    d’une
    immigration» (Benjamin Stora).

    On veut dire qu’il n’existe pas en France de pur «autochtone»,
    autrement dit de Français «de souche» tel que tous leurs aïeuls gaulois auraient
    vécu sur ce territoire.

    Par
    devoir de mémoire collective, ces immigrés n’ont pas seulement construit ou
    reconstruit la France, ils sont la France dans toute sa diversité et sa
    richesse, sans oublier que la France est le résultat de ces cultures venues
    d’ailleurs pour écrire son l’Histoire, notamment en ces périodes auxquels la
    légitimité même des immigrations semble être l’objet d’un débat polémique

    Qualifier l’ensemble d’une
    population par une étiquette négative relève d’un stéréotype globalisant.
    Un préjugé se définit comme un jugement porté avant d’examiner les faits,
    souvent fondé sur des idées reçues et des expériences partielles.
    Le droit français, à travers l’article 225-1 du Code pénal, qualifie ce type de
    propos de discriminatoire lorsqu’il vise une origine nationale réelle ou
    supposée.


    2. L’histoire
    et la présence des Algériens en F
    rance

    2.1 Une
    immigration ancienne et liée à l’histoire coloniale

    • L’Algérie a été colonisée par la France entre
      1830 et 1962.
    • Dès la Première Guerre mondiale, des travailleurs
      et soldats algériens sont recrutés en masse pour participer à l’effort de
      guerre.
    • Après 1945, la reconstruction de la France
      s’appuie sur une main-d’œuvre immigrée, notamment venue d’Algérie.

    2.2
    Contribution économique et sociale

    • Dans les années 1950-1970, les travailleurs
      algériens participent au développement de l’industrie, du bâtiment et des
      services publics.
    • Leur travail contribue directement à la
      croissance économique française des « Trente Glorieuses » (1945-1975).


    3.
    Les données actuelles sur la population d’origine algérienne

    Selon l’INSEE (2021) :

    • 7,0 millions d’immigrés vivent en France (10,3 %
      de la population totale).
    • Environ 850 000 sont nés en Algérie.
    • 2,5 millions d’immigrés ont acquis la nationalité
      française.
    • 30 % des Français sont issus de l’immigration sur
      trois générations (immigrés, enfants, petits-enfants).

    Ces chiffres montrent que
    les personnes d’origine algérienne sont une composante structurelle de la
    société française.


    4. La
    réalité socio-économique : inégalités mais pas homogénéité

    4.1
    Éducation

    • Le niveau de diplôme varie fortement :
      • 17 % des immigrés algériens arrivés jeunes ont
        un diplôme supérieur au baccalauréat (INSEE, 2020).
      • Les descendants d’immigrés maghrébins obtiennent
        de plus en plus de diplômes, notamment chez les femmes.

    4.2
    Emploi et revenus

    • Taux de chômage : 13 % pour les immigrés
      non-européens, contre 8 % pour l’ensemble de la population (INSEE, 2021).
    • Taux de pauvreté : 32 % chez les immigrés, contre
      15 % pour la population générale.
      Ces écarts reflètent des inégalités structurelles et non une tendance
      comportementale universelle.

    4.3
    Discriminations reconnues

    • Le Défenseur des droits et l’OIT (2017) montrent
      qu’un candidat avec un prénom à consonance maghrébine a 25 % de chances en
      moins d’être rappelé après un entretien téléphonique.
    • Les contrôles au faciès sont statistiquement plus
      fréquents sur les jeunes hommes perçus comme « arabes » ou « noirs »
      (Rapport Défenseur des droits, 2017).


    5.
    Délinquance : données objectives

    Il n’existe pas de
    statistiques officielles par nationalité sur la délinquance, en raison du
    principe républicain d’égalité et de non-discrimination.
    Les études disponibles montrent :

    • La surreprésentation de jeunes hommes dans
      certains délits est liée à l’âge, au contexte socio-économique et à
      l’environnement urbain, pas à l’origine ethnique.
    • Le CNRS (2018) rappelle que la criminalité est
      corrélée aux inégalités sociales, au chômage et à la précarité,
      indépendamment de l’origine.


    6.
    Rôle des médias et perception

    • L’INA (2019) montre que les médias français
      associent plus fréquemment les mots « banlieue » ou « immigration » à des
      faits divers négatifs, renforçant une image biaisée.
    • Cette surmédiatisation crée une perception
      déformée de la réalité statistique.


    7.
    Intégration et réussites

    Malgré les obstacles, de
    nombreux Français d’origine algérienne occupent des postes de responsabilité :

    • Médecins, avocats, entrepreneurs, sportifs de
      haut niveau, artistes.
    • Exemple : Rachid Taha (musique), Karim Benzema
      (sport), Najat Vallaud-Belkacem (politique).

    Ces réussites montrent que
    l’intégration est une réalité, mais qu’elle est freinée par les discriminations
    structurelles.


    8.
    Conclusion factuelle

    L’affirmation « Les
    Algériens sont des délinquants » est fausse pour plusieurs raisons :

    1. Elle repose sur un stéréotype qui généralise à
      partir de cas isolés.
    2. Les données montrent que les difficultés
      rencontrées par une partie de la population d’origine algérienne sont
      d’ordre socio-économique et non culturel ou ethnique.
    3. L’histoire, les statistiques et les exemples de
      réussite démontrent que cette population est indissociable du tissu
      social, économique et culturel français.

    La seule manière de réduire
    les tensions et les inégalités est de s’attaquer aux causes réelles :
    éducation, emploi, logement, lutte contre les discriminations.
    Cibler un groupe entier sur la base de préjugés alimente la division et nuit à
    la cohésion nationale.

    La France avec une bureaucratie obèse, une compétitivité à la
    dérive, une éducation nationale gonflée et négative, un système de santé en
    déroute, une dette abyssale, un pays manœuvré par l’extrême gauche et l’extrême
    droite, sans aucune volonté de réduire l’horreur et la condamnation que
    provoque cette animosité, le désir de s’innocenter et de jeter l’opprobre sur
    l’étranger ici, c’est l’Algérien, tous ces facteurs conduisent à rejeter la
    faute du ressentiment sur les victimes. Le raciste est conscient de sa cruauté,
    mais il en place le blâme sur sa victime.

    Ainsi donc, je dois dire bravo aux Français de souche, ayant
    Vercingétorix comme ancêtre (comme Zemmour), mais presque tous issus de
    l’immigration. Dans les médias, certains se prennent pour Napoléon, mais ils
    sont plus nombreux à se croire de souche, de qui, de quoi et depuis
    quand
     ?

    La haine de l’immigré (qui le plus souvent est la haine de
    so
    i) est diffusée partout en France, à l’école, à l’université, surtout
    dans les médias.

    Il faut y mettre un terme d’une façon ou d’une autre. Sans
    quoi il ne restera plus rien ou presque de ce pays, avec son déclin avéré, un
    pays qui ne croit plus en lui, ne reconnaît pas sa spécificité et a honte de
    son histoire. Un pays au bord de l’implosion, une explosion dans tous les
    domaines, sur tout le territoire, et depuis des dizaines d’années, où tout est
    la faute aux immigrés et aux sans-papiers. À force de ronger l’os, il se
    brise.  Eric le polémiste fomente la guerre civile dans ses meetings.

    Après, on s’étonnera qu’il y ait des français Musulmans en
    colère, un peu trop et très gonflés, les castors pas trop bêtes que ça, mais
    des crapules manifestement.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/