Catégorie : Algérie

Analyses consacrées à l’Algérie : politique, société, économie, diplomatie, relations internationales et enjeux régionaux.

  • Affaire Aïssiou : Quand la défense d’un fugitif financier tourne au numéro de victimisation généralisée

    Affaire Aïssiou : Quand la défense d’un fugitif financier tourne au numéro de victimisation généralisée

    Oh, les pauvres chéris ! Qu’ils sont touchants, nos intellectuels de salon, nos redresseurs de torts à temps partiel et nos spécialistes du sauvetage de millionnaires en fuite !

    Mettez-vous deux minutes à leur place : vous signez gentiment une pétition dans le Journal du Dimanche (ce fameux havre de la pensée progressiste) pour sortir du pétrin un saint homme, un modèle de vertu nommé Ayoub Aïssiou. Vous pensiez sauver un courageux dissident politique étouffé par une affreuse dictature. Pas de chance : l’« opposant » en question est surtout réclamé par la justice de son pays pour des affaires très poétiques de faux, usage de faux, blanchiment de flouze et fuites de capitaux. Le genre de profil qui milite généralement depuis les salons VIP des aéroports ou les paradis fiscaux.

    Mais qu’à cela ne tienne ! Quand les faits dérangent, les professionnels du prêt-à-penser ont un joker magique : la posture du martyr offensé.

    La journaliste Sarah Cattan signe une tribune vibrante d’émotion, le trémolo dans la plume : « On avait signé pour un homme, ils ont répondu en comptant les Juifs ! » Sortez les mouchoirs, la batterie de violons est envoyée à plein volume.

    C’est le grand miracle de la bande à Daniel Salvatore Schiffer, Marek Halter et l’inévitable imam Hassen Chalghoumi  le seul imam au monde capable de représenter à lui seul 0,0001 % des musulmans tout en occupant 90 % du temps d’antenne plateau télé. Ces grands esprits s’engagent « à l’aveugle » pour défendre un homme d’affaires impliqué dans de sombres affaires financières, mais attention : si la presse d’en face s’étonne de voir la même claque médiatique pro-israélienne et néo-conservatrice accourir au galop au moindre sifflet, cela devient soudain un complot.

    Voyons la séquence :

    Étape 1 : On ne vérifie rien. On signe un texte les yeux fermés pour couvrir un individu poursuivi pour délits financiers, en le faisant passer pour un Jean Moulin algérien.

    Étape 2 : On se fait choper le nez dans le sac. La presse algérienne aligne les éléments du dossier judiciaire — mandats d’arrêt, procédures, banques détournées.

    Étape 3 : On crie au scandale moral. Au lieu d’admettre qu’ils se sont fait pigeonner (ou qu’ils ont sciemment servi de bouclier médiatique), nos pétitionnaires sortent l’esquive suprême : la généalogie et la Victimisation Absolue.

    Qu’un journal algérien maladroit ou poussif aille fouiller dans l’état civil de la maman de Schiffer est une sottise grotesque, certes. Mais de là à faire passer toute remise en cause d’un réseau de soutiens politiques bien identifié pour un complot ténébreux, il y a un pas que notre collectif franchit avec des bottes de sept lieues !

    Car enfin, qui retrouve-t-on sur la liste des signataires ? Pascal Bruckner, Arno Klarsfeld, Bernard Kouchner, Boualem Sansal, Céline Pina… Le ban et l’arrière-ban des partisans de la ligne dure, des abonnés aux plateaux CNews et des soutiens inconditionnels des politiques les plus à droite d’ici et d’ailleurs. Un hasard métaphysique, sans doute ! Une simple coïncidence statistique !

    À aucun moment la tribune de Mme Cattan ne s’interroge sur le fond : Pourquoi diable ce collectif d’« intellectuels » s’investit-il avec tant de ferveur pour empêcher l’extradition d’un homme poursuivi pour blanchiment d’argent ?

    De quelle liberté d’expression parlent-ils ?

    De celle de transférer des fonds illégalement ?

    Mais non, le fond, c’est assommant. Il est tellement plus commode de draper un problème de droit commun dans les habits de la grande cause morale. La méthode est rodée : on fait de la politique de réseaux, on monte au créneau pour les copains ou les utiles du moment, et dès qu’on vous demande des comptes sur l’escroquerie judiciaire sous-jacente, vous accusez la terre entière d’être habitée par une haine ancestrale.

    Bref, un spectacle comique si la manœuvre n’était pas si grossière. Quand la justice d’un pays réclame un homme pour des délits financiers, nos beaux esprits découvrent subitement les vertus du doute, mais uniquement pour l’accusé. Pour eux-mêmes, le doute n’existe pas : ils sont le Camp du Bien, incritiquables, intouchables, et surtout… affreusement victimes.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »          

  • Le voisin qui délire : quand le Makhzen fabrique un procès contre l’Algérie

    Il existe un vieux métier, aussi cynique qu’éprouvé, qui consiste à fabriquer de toutes pièces des épouvantails pour s’ériger ensuite en sauveur de la nation. Jadis, cela s’appelait de la propagande grossière. Aujourd’hui, cela se drape sous les oripeaux plus élégants d’une « chronique diplomatique ».

    Dans cette mise en scène, la Tunisie contemporaine est sommée de renoncer à son âme politique et à sa souveraineté pour devenir le théâtre d’un chantage à la terreur. Le script est rôdé : le Makhzen dépêche son monarque en chevalier blanc un Zorro de pacotille venant déjouer les plans machiavéliques d’un ennemi invisible. Ne craignez rien, semble-t-on dire au peuple : Hassan II et Mohamed V veillent toujours sur leurs sujets depuis leur position lunaire.

    La fabrique de l’ogre : anatomie d’une manipulation

    À lire une certaine presse aux ordres et ses précieux relais éditoriaux, l’Algérie serait devenue le monstre hégémonique du Maghreb.

    Chaque prise de parole d’Alger cacherait un agenda d’annexion. Chaque déclaration du président Algérien annoncerait une invasion imminente. Chaque coopération sécuritaire transfrontalière dissimulerait la mise sous tutelle d’un voisin.

    À ce niveau de paranoïa orchestrée, on s’étonne presque de ne pas encore voir des soucoupes volantes estampillées de l’ANP stationnées au-dessus de Tamanrasset.

    La mécanique d’abêtissement est pourtant d’une vulgarité sans nom. On commence par caricaturer le parler populaire du président algérien pour dénier toute stature d’État à la diplomatie d’Alger. Puis, on instrumentalise une mise en garde légitime pour la transformer en « menace existentielle ». On convoque ensuite une poignée d’opposants de salon, soigneusement sélectionnés pour fabriquer l’illusion d’un consensus. Enfin, le tour de passe-passe s’achève : on réinjecte subrepticement le dossier du Sahara occidental véritable névrose obsessionnelle du Makhzen et de ses parrains, sommés d’agiter le chiffon rouge dès qu’il s’agit d’attaquer l’Algérie.

    Ce n’est plus du journalisme, c’est un procès en sorcellerie.

    La géométrie très variable du « droit d’ingérence »

    L’hypocrisie atteint ici des sommets d’art contemporain. Les mêmes plumes qui célèbrent chaque matin le « droit sacré des puissances » à défendre leurs intérêts vitaux découvrent soudain les vertus virginales de la non-ingérence dès lors qu’Alger affirme une évidence : l’Algérie ne restera pas spectatrice devant la déstabilisation de sa frontière orientale.

    Depuis quand une puissance régionale renonce-t-elle à sécuriser son pré carré ?

    Washington s’octroie le droit de verrouiller tout le continent américain. Paris défend avec les dents les restes de son pré carré africain.

    Ankara projette sa puissance militaire de la Méditerranée jusqu’au Caucase. Rabat revendique sans vergogne une zone d’influence exclusive du Sahel à l’Atlantique.

    Mais que l’Algérie rappelle qu’une implosion de la Tunisie aurait des répercussions directes et dramatiques sur sa propre sécurité nationale, et la voilà immédiatement traînée dans la boue, taxée d’« empire menaçant ».

    Même comédie grotesque concernant la souveraineté tunisienne : voir des chroniqueurs habitués à justifier les guerres d’agression, les régimes d’exception, les sanctions et les ingérences occidentales se transformer subitement en vierges effarouchées et en gardiens du temple de la Convention de Vienne relève de la farce. La souveraineté est devenue un principe à géométrie variable : sainte et intouchable quand elle sert à frapper Alger, facultative et obsolète le reste du temps.

    La réalité du terrain face au théâtre du déni

    Puis vient le morceau de bravoure de la propagande, où l’on ose poser la question avec une naïveté feinte : « Mais enfin, qui menace la Tunisie ? »

    Comme si le Sahel était une station balnéaire pacifiée. Comme si la désintégration de la Libye  orchestrée par ces mêmes puissances n’avait jamais eu lieu. Comme si la peste terroriste, les trafics d’armes lourdes et les réseaux de criminalité transnationale relevaient de la science-fiction. Feindre l’ignorance stratégique pour tourner en dérision une urgence sécuritaire absolue ne relève plus de la naïveté : c’est une complicité idéologique.

    Et pourquoi cette fixation systémique sur le Sahara occidental dans un débat sur la sécurité tunisienne ? Quel est le rapport ? Aucun. Il s’agit purement et simplement de plaquer le logiciel anti-algérien du Makhzen sur n’importe quel sujet, d’imposer une grille de lecture unique et d’évacuer soigneusement les responsabilités de Rabat dans la déstabilisation régionale. La diplomatie n’est plus une analyse des faits : elle est devenue un tribunal fantoche où le verdict contre l’Algérie est rédigé avant même l’ouverture de l’audience.

    L’échec d’un logiciel périmé

    Le narratif d’une Algérie « isolée », pétrifiée dans la Guerre froide et incapable de lire le monde moderne ne tient plus debout. La réalité celle qu’on cherche désespérément à masquer  est tout autre :

    1. Redéploiement stratégique : L’Algérie multiplie et diversifie ses alliances globales, des BRICS aux puissances émergentes.
    2. Ancrage africain : Elle réaffirme sa doctrine de sécurité collective et de co-développement sans tutelle néocoloniale.
    3. Souveraineté décisionnelle : Elle s’impose comme un pivot incontournable dans un monde devenu multipolaire.

    On peut contester ces choix, on peut débattre de la méthode. Mais il faut le faire avec l’honnêteté des faits, pas avec des contes de fées pour diplomates aux abois. Au fond, ces attaques répétées en disent long sur l’impuissance de leurs auteurs. Elles révèlent la panique d’un système incapable d’accepter qu’un État souverain du Sud refuse de soumettre sa sécurité aux diktats d’un ordre ancien ou aux délires d’expansionnisme d’un voisin féodal. L’Algérie n’est pas irréprochable, et aucun État ne l’est. Mais réduire sa politique étrangère à des fantasmes impériaux relève de la psychiatrie politique. À force de fabriquer des ogres pour masquer leurs propres faillites, le Makhzen et ses scribes ne trompent plus personne : ce n’est pas l’Algérie qui menace le Maghreb, c’est leur propre propagande qui étouffe la vérité.

    A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

  • Non, la colonisation de l’Algérie n’a pas « civilisé » : elle a détruit !

    Certains intellectuels français
    persistent à entretenir la fable d’une colonisation bienveillante,
    civilisatrice, presque nécessaire. Qu’il s’agisse des dithyrambes autour de la
    « conquête » de l’Algérie, ou des diatribes sur la supposée « névrose
    algérienne », un même mécanisme est à l’œuvre : blanchir l’histoire coloniale,
    inverser les responsabilités, et transformer les victimes en coupables.

    Je relève à mon tour que certains
    récits, comme ceux consacrés à l’ouvrage sur la conquête de l’Algérie, on
    croirait presque que la colonisation française aurait été une étape «nécessaire»,
    une aventure civilisatrice, voire un laboratoire social généreux. Une telle
    présentation est non seulement trompeuse, mais dangereuse : elle recycle les
    mythes coloniaux qui, depuis deux siècles, servent à maquiller une guerre de
    conquête en geste humanitaire.

    Des mots « appropriation », «
    cohabitation », « expérimentation sociale » sont des euphémismes indécents. La
    vérité est là : enfumades dans les grottes ((Les estimations oscillent entre
    700 et plus de 1 000 victimes humaines.), villages entiers rasés,
    terres volées, famines organisées, populations réduites à l’indigénat. Entre
    1830 et 1872, un tiers de la population algérienne a disparu. Est-ce cela,
    votre civilisation ?

    Ah, la rengaine est de retour. Chaque
    fois qu’on parle de colonisation, voilà qu’arrivent les défenseurs de «
    l’Algérie française », la larme à l’œil et le verbe docte, pour nous expliquer
    que, sans la France, les Algériens n’auraient jamais découvert ni la roue, ni la
    lumière, ni qui sait l’hygiène. On se demande encore comment ce peuple,
    supposément plongé dans l’obscurité totale, avait réussi à exister plusieurs
    millénaires avant 1830. Miracle ou magie noire, sans doute.

    Non, les
    infrastructures ne furent pas un cadeau

    Ils nous brandissent les routes, les
    ports, l’école comme preuves de modernisation. Mais ces routes servaient
    d’abord aux colonnes militaires ; ces ports exportaient le blé et le vin
    spoliés ; ces écoles formaient une élite docile, tout en maintenant la masse
    dans l’analphabétisme. La colonisation ne construisait pas pour les Algériens :
    elle construisait contre eux, pour enrichir la métropole et asseoir la
    domination.

    Oui, l’Algérie
    s’est forgée, mais dans la résistance

    Ah, celle-là, je
    l’adore. Donc avant les canons de Bugeaud, l’Algérie n’existait pas ? C’était
    un décor vide, avec des figurants qui attendaient sagement qu’un général
    français vienne leur donner un nom, un drapeau et un mode d’emploi ? Comme si
    les royaumes berbères, les dynasties musulmanes, la régence d’Alger étaient des
    hologrammes en attente d’une colonie. Sérieusement ? C’est comme dire qu’un
    incendiaire a « inventé » la maison qu’il vient de brûler.

    C’est Abd el-Kader, pas Bugeaud, qui a
    donné à ce pays son souffle politique. C’est la guerre de libération, pas le
    Code de l’indigénat, qui a forgé l’État moderne. L’Algérie est née du refus
    d’être soumise, pas du joug colonial. Voilà la vérité que vous cherchez à
    travestir.

    Cesser de se
    cacher derrière les échecs du FLN

    Enfin, à vous qui détournez le regard en
    pointant du doigt la corruption, la dictature ou la guerre civile
    post-indépendance : votre argument est fallacieux. Oui, l’Algérie indépendante
    a connu ses drames et ses trahisons. Mais ces échecs n’effacent pas les crimes
    coloniaux, pas plus que la misère actuelle d’un peuple ne justifie qu’il ait
    été autrefois asservi. Et n’oubliez pas : beaucoup des travers du pouvoir
    algérien sont l’héritage direct d’un État colonial militarisé et autoritaire.

    L’Algérie n’est
    pas une invention française

    On lit encore que « l’Algérie est une
    création française ». C’est une absurdité historique. L’Algérie existait bien
    avant 1830, dans sa profondeur humaine, culturelle et politique : royaumes
    berbères, dynasties musulmanes, régence ottomane. Ce que la France a inventé,
    ce n’est pas l’Algérie : c’est une colonie taillée pour servir ses intérêts
    militaires et économiques, construite sur la négation des peuples qui y
    vivaient.

    La mission
    civilisatrice : un alibi pour la spoliation

    L’idée que la colonisation aurait apporté
    l’école, les infrastructures, le progrès est un mensonge répété à l’envi. Les
    routes et les ports ? Ils servaient à déplacer les troupes et exporter les
    richesses vers la métropole.

    L’école ?

    Réservée aux colons et à une élite
    minoritaire, destinée à fabriquer des auxiliaires de l’administration
    coloniale. Pendant ce temps, la grande majorité des Algériens était maintenue
    dans l’analphabétisme et la misère.

    La « mission civilisatrice » fut un
    habillage idéologique. En réalité, la colonisation signifiait spoliation
    massive des terres, apartheid juridique du Code de l’indigénat, et dépossession
    culturelle systématique.

    L’Algérie s’est
    forgée contre, et non grâce à la colonisation

    Ce que la France a voulu étouffer, les
    résistances l’ont fait naître. Abd el-Kader incarne la première affirmation
    nationale, prolongée plus d’un siècle plus tard par la guerre de libération.
    C’est dans la lutte, pas dans l’assimilation forcée, que s’est forgée la
    conscience algérienne. L’Algérie moderne est fille de la résistance, pas de
    l’occupation.

     Mais enfin, regardez
    l’Algérie d’aujourd’hui !

    Certains, pour dédouaner la France,
    n’hésitent pas à pointer les dérives du régime algérien après 1962 :
    autoritarisme, corruption, guerre civile. Mais ce procédé est une diversion.
    Les erreurs des dirigeants algériens ne sauraient en rien justifier ou
    minimiser 132 ans d’apartheid colonial. D’autant que bien des travers de l’État
    algérien indépendant centralisation autoritaire, militarisation du pouvoir sont
    directement hérités de l’organisation coloniale.

    Argument préféré des nostalgiques.
    Traduction : puisque vous avez des problèmes politiques et économiques en
    2025, cela prouve qu’on aurait dû vous coloniser encore un siècle de plus
    .
    Génial. Avec ce raisonnement, on pourrait dire que puisque la France actuelle a
    ses crises sociales et ses scandales de corruption, elle aurait bien besoin de
    se faire recoloniser par qui ? L’Allemagne, pour parler enfin l’Allemand ou
    lieu du Français que l’Afrique presque entière vient de le refuser.

    La vérité ? Elle
    pique

    La colonisation n’a pas apporté la
    lumière, elle a imposé les ténèbres de l’apartheid. Elle n’a pas bâti une
    nation, elle a tenté d’en étouffer une. Elle n’a pas donné, elle a pris. Et
    ceux qui continuent de parler de « bienfaits » ressemblent à ces pickpockets
    qui, après vous avoir volé votre portefeuille, vous expliquent qu’ils vous ont
    « soulagé du poids ».

    Nostalgie
    coloniale : une maladie française

    À force, on se demande si ce n’est pas
    ça, la fameuse « névrose » : cette incapacité de certains Français à tourner la
    page de leur empire perdu, préférant se bercer de contes pour enfants plutôt
    que d’affronter la vérité. Eh bien non, désolé : l’Algérie n’était pas une page
    blanche. Et la France coloniale n’était pas une institutrice bienveillante,
    mais une armée d’occupation.

    Alors, amis nostalgiques, rangez vos
    violons. La civilisation ne sort pas du canon d’un fusil. L’histoire n’est pas
    un roman de cape et d’épée. Et votre empire, quoi que vous en disiez, n’a pas
    laissé des bienfaits mais des cicatrices.

    Assez de
    nostalgie coloniale

    Messieurs les nostalgiques, cessez de
    travestir l’histoire. La colonisation ne fut pas une mission civilisatrice : ce
    fut une spoliation, un apartheid et une guerre de destruction. Persister à la
    présenter comme un bienfait, c’est insulter la mémoire de millions de victimes
    et prolonger l’arrogance d’un empire disparu.

    La seule attitude digne aujourd’hui
    n’est pas la nostalgie, mais la lucidité. La France ne s’abaisse pas en
    reconnaissant ses crimes : elle s’honore. À continuer de se réfugier dans le
    mythe, elle ne fait que retarder le jour où les mémoires pourront, enfin, se
    réconcilier dans la vérité.

    La vérité est claire : la colonisation
    de l’Algérie fut une entreprise de domination violente, qui a détruit des vies,
    des structures sociales et des cultures entières pour enrichir la France et
    asseoir sa puissance. La présenter encore aujourd’hui comme une œuvre «
    civilisatrice » est une insulte à la mémoire des victimes et un obstacle à
    toute réconciliation sincère.

    Reconnaître cela ne signifie pas
    s’enfermer dans une « guerre mémorielle ». Cela signifie simplement dire la
    vérité. Car sans vérité, il ne peut y avoir ni paix des mémoires, ni avenir
    partagé.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

     

     

  • La colonisation de l’Algérie : la France doit reconnaître sa dette et réparer

     

    Je refuse le
    silence.
    Je refuse l’oubli.
    Je refuse l’hypocrisie d’un discours officiel qui reconnaît du bout des lèvres,
    mais qui se garde bien d’assumer.

    Oui, je le
    dis sans détour : la colonisation fut un crime.
    Un crime contre des peuples qui n’avaient rien demandé. Un crime contre des
    cultures que l’on a méprisées, brisées, parfois effacées. Un crime contre des
    générations entières condamnées à l’humiliation et à la misère au nom de la
    “mission civilisatrice”.


    L’histoire qu’on cache, l’histoire qu’on maquille

    On m’a
    longtemps appris que la colonisation avait “apporté des routes, des écoles, des
    hôpitaux”. Comme si une poignée de routes pouvait effacer les massacres, comme
    si quelques dispensaires pouvaient laver le sang versé.
    On a maquillé la violence derrière des mots technocratiques : “pacification”,
    “progrès”, “évangélisation”. Mais derrière les mots, il y a des réalités :
    pillages, déportations, répressions, exécutions, travail forcé.

    L’histoire
    coloniale de la France n’est pas une parenthèse. C’est un chapitre central de
    modernité. Et tant qu’on le travestira, tant qu’on le minimisera, ils vivent dans
    le mensonge.


    Des excuses claires, pas des formules creuses

    On a entendu
    tout et son contraire :
    – “Ni excuses ni repentance.”
    – “Regard apaisé.”
    – “Devoir de mémoire.”

    Mais la
    vérité, c’est qu’aucune excuse claire n’a été prononcée. Or, comment parler de
    réconciliation sans reconnaissance pleine et entière ?
    Les descendants des victimes n’attendent pas des pirouettes diplomatiques. Ils
    attendent une parole forte : oui, la France coloniale a commis des crimes.
    Oui, nous demandons pardon.


    Réparer, c’est possible

    On me dira :
    “Réparer est impossible, on ne peut pas payer pour l’éternité.”
    C’est un argument de mauvaise foi.

    Réparer, ce
    n’est pas se ruiner. C’est poser des gestes justes et ciblés. Le Royaume-Uni
    l’a fait pour les survivants Mau Mau au Kenya. L’Allemagne l’a fait en Namibie
    pour les Herero et les Nama. La France a commencé à le faire en restituant des
    trésors spoliés au Bénin et au Sénégal.

    Alors
    pourquoi s’arrêter là ?
    Réparer, c’est :
    – Restituer les biens pillés ;
    – Ouvrir complètement les archives ;
    – Indemniser, quand cela est juridiquement possible, les survivants et leurs
    descendants ;
    – Ériger des mémoriaux dignes ;
    – Enseigner, enfin, cette histoire sans fard, dans toutes nos écoles.


    Une dette morale, une dette politique

    La
    colonisation n’est pas un simple héritage abstrait. Ses effets se prolongent :
    inégalités économiques, discriminations, blessures identitaires. Fermer les
    yeux sur cette dette, c’est accepter que les fractures d’hier se reproduisent
    aujourd’hui.

    Je ne
    réclame pas la culpabilisation des générations présentes. Je réclame la
    justice. Je réclame la vérité. Je réclame la dignité rendue à ceux qui l’ont
    perdue par la faute d’un empire aveuglé par sa domination.


    Je dénonce
    la colonisation.
    Je dénonce le déni.
    Je dénonce les discours qui relativisent ou qui renvoient dos à dos toutes les
    violences de l’histoire pour mieux éviter leurs propres responsabilités.

    La France
    doit des excuses. La France doit des réparations.
    C’est la seule voie possible si nous voulons un jour refermer cette plaie
    ouverte.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Réponse au préjugé : « Les Algériens sont des délinquants »

     

    Nature du propos : un préjugé, pas un constat

    Actuellement, on entend encore ces phrases, ils passent avant
    tout le monde, ils remplissent les hôpitaux, les prisons, ce sont des délinquants.
    Ils ne pourront jamais s’intégrer, mais tout ceci n’est pas un constat, mais un
    préjugé.

    Ils n’ont pas d’identité !

    Il n’est pas facile d’afficher son identité, surtout si elle
    est vécue comme une honte, un reproche permanent.

    Les instigateurs d’opinion ne se désolent que les Français
    «aient du mal à se concevoir comme issus
    d’une
    immigration» (Benjamin Stora).

    On veut dire qu’il n’existe pas en France de pur «autochtone»,
    autrement dit de Français «de souche» tel que tous leurs aïeuls gaulois auraient
    vécu sur ce territoire.

    Par
    devoir de mémoire collective, ces immigrés n’ont pas seulement construit ou
    reconstruit la France, ils sont la France dans toute sa diversité et sa
    richesse, sans oublier que la France est le résultat de ces cultures venues
    d’ailleurs pour écrire son l’Histoire, notamment en ces périodes auxquels la
    légitimité même des immigrations semble être l’objet d’un débat polémique

    Qualifier l’ensemble d’une
    population par une étiquette négative relève d’un stéréotype globalisant.
    Un préjugé se définit comme un jugement porté avant d’examiner les faits,
    souvent fondé sur des idées reçues et des expériences partielles.
    Le droit français, à travers l’article 225-1 du Code pénal, qualifie ce type de
    propos de discriminatoire lorsqu’il vise une origine nationale réelle ou
    supposée.


    2. L’histoire
    et la présence des Algériens en F
    rance

    2.1 Une
    immigration ancienne et liée à l’histoire coloniale

    • L’Algérie a été colonisée par la France entre
      1830 et 1962.
    • Dès la Première Guerre mondiale, des travailleurs
      et soldats algériens sont recrutés en masse pour participer à l’effort de
      guerre.
    • Après 1945, la reconstruction de la France
      s’appuie sur une main-d’œuvre immigrée, notamment venue d’Algérie.

    2.2
    Contribution économique et sociale

    • Dans les années 1950-1970, les travailleurs
      algériens participent au développement de l’industrie, du bâtiment et des
      services publics.
    • Leur travail contribue directement à la
      croissance économique française des « Trente Glorieuses » (1945-1975).


    3.
    Les données actuelles sur la population d’origine algérienne

    Selon l’INSEE (2021) :

    • 7,0 millions d’immigrés vivent en France (10,3 %
      de la population totale).
    • Environ 850 000 sont nés en Algérie.
    • 2,5 millions d’immigrés ont acquis la nationalité
      française.
    • 30 % des Français sont issus de l’immigration sur
      trois générations (immigrés, enfants, petits-enfants).

    Ces chiffres montrent que
    les personnes d’origine algérienne sont une composante structurelle de la
    société française.


    4. La
    réalité socio-économique : inégalités mais pas homogénéité

    4.1
    Éducation

    • Le niveau de diplôme varie fortement :
      • 17 % des immigrés algériens arrivés jeunes ont
        un diplôme supérieur au baccalauréat (INSEE, 2020).
      • Les descendants d’immigrés maghrébins obtiennent
        de plus en plus de diplômes, notamment chez les femmes.

    4.2
    Emploi et revenus

    • Taux de chômage : 13 % pour les immigrés
      non-européens, contre 8 % pour l’ensemble de la population (INSEE, 2021).
    • Taux de pauvreté : 32 % chez les immigrés, contre
      15 % pour la population générale.
      Ces écarts reflètent des inégalités structurelles et non une tendance
      comportementale universelle.

    4.3
    Discriminations reconnues

    • Le Défenseur des droits et l’OIT (2017) montrent
      qu’un candidat avec un prénom à consonance maghrébine a 25 % de chances en
      moins d’être rappelé après un entretien téléphonique.
    • Les contrôles au faciès sont statistiquement plus
      fréquents sur les jeunes hommes perçus comme « arabes » ou « noirs »
      (Rapport Défenseur des droits, 2017).


    5.
    Délinquance : données objectives

    Il n’existe pas de
    statistiques officielles par nationalité sur la délinquance, en raison du
    principe républicain d’égalité et de non-discrimination.
    Les études disponibles montrent :

    • La surreprésentation de jeunes hommes dans
      certains délits est liée à l’âge, au contexte socio-économique et à
      l’environnement urbain, pas à l’origine ethnique.
    • Le CNRS (2018) rappelle que la criminalité est
      corrélée aux inégalités sociales, au chômage et à la précarité,
      indépendamment de l’origine.


    6.
    Rôle des médias et perception

    • L’INA (2019) montre que les médias français
      associent plus fréquemment les mots « banlieue » ou « immigration » à des
      faits divers négatifs, renforçant une image biaisée.
    • Cette surmédiatisation crée une perception
      déformée de la réalité statistique.


    7.
    Intégration et réussites

    Malgré les obstacles, de
    nombreux Français d’origine algérienne occupent des postes de responsabilité :

    • Médecins, avocats, entrepreneurs, sportifs de
      haut niveau, artistes.
    • Exemple : Rachid Taha (musique), Karim Benzema
      (sport), Najat Vallaud-Belkacem (politique).

    Ces réussites montrent que
    l’intégration est une réalité, mais qu’elle est freinée par les discriminations
    structurelles.


    8.
    Conclusion factuelle

    L’affirmation « Les
    Algériens sont des délinquants » est fausse pour plusieurs raisons :

    1. Elle repose sur un stéréotype qui généralise à
      partir de cas isolés.
    2. Les données montrent que les difficultés
      rencontrées par une partie de la population d’origine algérienne sont
      d’ordre socio-économique et non culturel ou ethnique.
    3. L’histoire, les statistiques et les exemples de
      réussite démontrent que cette population est indissociable du tissu
      social, économique et culturel français.

    La seule manière de réduire
    les tensions et les inégalités est de s’attaquer aux causes réelles :
    éducation, emploi, logement, lutte contre les discriminations.
    Cibler un groupe entier sur la base de préjugés alimente la division et nuit à
    la cohésion nationale.

    La France avec une bureaucratie obèse, une compétitivité à la
    dérive, une éducation nationale gonflée et négative, un système de santé en
    déroute, une dette abyssale, un pays manœuvré par l’extrême gauche et l’extrême
    droite, sans aucune volonté de réduire l’horreur et la condamnation que
    provoque cette animosité, le désir de s’innocenter et de jeter l’opprobre sur
    l’étranger ici, c’est l’Algérien, tous ces facteurs conduisent à rejeter la
    faute du ressentiment sur les victimes. Le raciste est conscient de sa cruauté,
    mais il en place le blâme sur sa victime.

    Ainsi donc, je dois dire bravo aux Français de souche, ayant
    Vercingétorix comme ancêtre (comme Zemmour), mais presque tous issus de
    l’immigration. Dans les médias, certains se prennent pour Napoléon, mais ils
    sont plus nombreux à se croire de souche, de qui, de quoi et depuis
    quand
     ?

    La haine de l’immigré (qui le plus souvent est la haine de
    so
    i) est diffusée partout en France, à l’école, à l’université, surtout
    dans les médias.

    Il faut y mettre un terme d’une façon ou d’une autre. Sans
    quoi il ne restera plus rien ou presque de ce pays, avec son déclin avéré, un
    pays qui ne croit plus en lui, ne reconnaît pas sa spécificité et a honte de
    son histoire. Un pays au bord de l’implosion, une explosion dans tous les
    domaines, sur tout le territoire, et depuis des dizaines d’années, où tout est
    la faute aux immigrés et aux sans-papiers. À force de ronger l’os, il se
    brise.  Eric le polémiste fomente la guerre civile dans ses meetings.

    Après, on s’étonnera qu’il y ait des français Musulmans en
    colère, un peu trop et très gonflés, les castors pas trop bêtes que ça, mais
    des crapules manifestement.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

  • France/ Algérie : mémoire coloniale Une dérive persistante : du communautarisme à l’exclusion

     

    En 2025, le discours politique français reste marqué
    par une vision biaisée de son passé colonial. Le communautarisme,
    souvent dénoncé comme un danger, est pourtant une conséquence directe d’une
    histoire marquée par l’exclusion ethnique, religieuse et culturelle.
    Cette dérive nourrit encore aujourd’hui des antagonismes artificiels.

    Aussi étrange que cela puisse paraître, le
    communautarisme est une dérive de l’appartenance communautaire, cette dérive
    peut être « ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique»,
    pour engendrer volontairement des confusions et des antagonismes de
    communautés.

    Les français ne voient pas leurs crimes, mais
    charriant leurs lots de propos haineux et de mots dégradants contre des peuples
    qui ont failli être décimés par les aïeuls de ces mêmes castes réactionnaires.

    Affirmer que la nation algérienne ne pouvait pas
    exister avant la colonisation, c’est reprendre le discours xénophobe des années
    1930. La première tradition remonte à Charles Maurras, un traditionaliste
    chauvin et misogyne qui, était très hostile à l’idée de l’origine franque
    germanique de la noblesse française et par la suite il identifiait les «juifs,
    les protestants et les métèques» comme ennemis de la nation. Aujourd’hui, la
    place de l’ennemi revient aux musulmans, Arabes et Noirs.

    Un héritage colonial qui refuse de mourir

    De la rhétorique des années 1930 à celle des cercles
    politiques actuels, l’Algérie reste la cible d’un discours paternaliste. L’idée
    que la nation algérienne n’existait pas avant la colonisation n’est
    rien d’autre qu’une réécriture xénophobe de l’histoire. La France colonial
    restera fidèle à ses idées, et à ses haines pour nous apprendre que les
    Français ont droit à un État, parce qu’ils forment une nation qui existe depuis
    toujours; pas les Algériens qui, par conséquent, doivent être maintenus dans le
    statut d’indigènes, euphémisme désignant un système d’apartheid caractérisé. Au
    mieux peut-on leur offrir une assimilation très sélective.

    Or, l’assimilation, hier comme aujourd’hui, signifie
    l’exclusion et le déni !!!! 

    Ceci dans la mesure où elle exige la négation de soi,
    à l’image de ces figures de l’immigration qu’on complimente dans les médias,
    romanciers, journalistes, chroniqueurs ayant pour point commun de tenir un
    discours de haine contre les Algériens, empaillant tous les clichés racistes. À
    l’image de ce romancier qui ne s’est pas senti humilié par les propos du
    président français, mais par la réaction des Algériens à ces propos, ceci tient
    la part du lion dans le tableau des techniques et manières de procéder qui
    s’inscrivent dans le jeu politique.

    Macron et la rhétorique coloniale

    Les propos récents du président français sur
    l’inexistence de la nation algérienne avant 1830 s’inscrivent dans une longue
    tradition de négation historique. Comme l’explique l’historien Gilles
    Manceron, l’Algérie existait bien avant l’arrivée des Français, même si ses
    frontières modernes n’étaient pas encore fixées. J’ai été choqué ! C’est de
    l’ingérence pure et simple! D’une manière tout à fait décontractée, qui à
    défaut d’être légitime, a eu le mérite de réveiller la véritable nature
    cynique, nauséabonde, d’intellectuels qui s’efforcent de singer à qui mieux au
    mieux, en prêtant à tous les algériens une prétendue haine anti-française qui
    arrange bien leur discours inculte, nourri de abrégés aberrants aux accents
    zemouriens écœurants et permettre en sus, une fois encore, de donner la leçon…

    En parlant des relations conflictuelles entre
    l’Algérie et la France, je préfère revenir à la genèse de l’esprit étatique
    français. Le mensonge que la France impériale et colonialiste a toujours
    véhiculé auprès de son peuple et aussi aux yeux de peuples du monde, est le
    soit disant message universelle des droits de l’homme mais la réalité est toute
    autre. C’est mensonge sur mensonge. Et pour cela et sans se fatiguer,
    l’histoire elle-même nous procure des milliers d’exemples qui le prouvent.

    Exploiter l’immigration comme un présage
    apocalyptique, participé à une vision manichéenne Française Et, mère de toutes
    les batailles communautaristes, prôner la primauté  du groupe colonial et
    le bienfait colonial.

    Mémoire algérienne contre amnésie française

    En Algérie, la mémoire de la guerre de libération reste
    vive, lucide et assumée. En France, au contraire, le souvenir colonial est
    minimisé, fragmenté, et rarement reconnu dans toute son ampleur. C’est
    cette différence d’attentes qui alimente encore les tensions
    diplomatiques. Les français se sont conduits à traverser les siècles et se conduisent
    encore aujourd’hui comme des barbares, cruels, sans pitié qui ont volé les
    territoires de leurs colonisés, les ont réduits en esclavage, ont pillé leurs
    richesses naturelles et ont imposées par la force de leur religion, leurs
    langues, leurs cultures, incapables d’appréhender des réalités ou des concepts
    qui sortent de leur domaine de compétence. C’est assez marrant.

    En Algérie, c’est différent. C’est une mémoire
    collective qui reste vivante avec plus de capacité à regarder ce passé avec
    lucidité. L’Algérie demande uniquement la reconnaissance de ce passé dans son
    entièreté, y compris dans ses zones d’ombres et se moque éperdument des
    histoires pseudo mémorielles. Il sera plus facile de normaliser les rapports
    avec la France sur d’autres sujets.  

    C’est beaucoup de naïveté et d’amateurisme qui conduit
    cette politique qui vise avant tout à faire croire aux français qu’il agit
    d’une politique, témoigne de la faiblesse morale de l’orateur. L’air actuel est
    à l’insulte, le mépris, la haine de tout ce qui vient du sud spécialement
    d’Algérie.

    Si on veut normaliser nos rapports avec la France, il
    faudra en passer par la reconnaissance d’une histoire partagée. L’Algérie est
    plus attachée à cette mémoire qui est pour elle l’âme et l’identité du peuple
    algérien. Pour la France, la guerre d’Algérie n’a pas été autant une tragédie.
    Elle l’a été pour des individus, mais pas pour la France dans son ensemble, ni
    pour sa population.

    Entre reconnaissance et hypocrisie

    Si on veut normaliser nos rapports avec la France, il
    faudra en passer par la reconnaissance d’une histoire partagée. L’Algérie est
    plus attachée à cette mémoire qui est pour elle l’âme et l’identité du peuple
    algérien. Pour la France, la guerre d’Algérie n’a pas été autant une tragédie.
    Elle l’a été pour des individus, mais pas pour la France dans son ensemble, ni
    pour sa population. Normaliser les relations entre Paris et Alger passe
    nécessairement par la reconnaissance des crimes coloniaux. Or, le double
    discours français entre excuses symboliques et inertie politique entretient une
    méfiance profonde.

    Conclusion : solder le passé pour construire l’avenir

    L’histoire partagée entre la France et l’Algérie est
    complexe, douloureuse, mais incontournable. En 2025, persister dans le déni
    colonial ne fait que prolonger les rancunes. Ce n’est pas de repentance qu’il
    s’agit, mais de lucidité. Tant que cette étape ne sera pas franchie, les
    relations franco-algériennes resteront prisonnières du passé.

    C’est dire à quel point le Peuple Algérien n’a jamais
    perdu ses repères en dépit des vicissitudes de l’histoire ce sont là les
    fondements de sa fierté légendaires Quant à la morale bien-pensante sur la
    culture et la civilisation, aucune leçon à recevoir d’un pays qui refuse
    d’assumer ses responsabilités envers sa propre histoire.

    J’ai dit un peu de regret, mais sans trop en faire, en
    fait tout simplement un regard lucide sur notre histoire partagée. C’est la
    meilleure démarche pour entamer une nouvelle page des rapports entre la France
    et l’Algérie. Il ne s’agit pas de faire pénitence, ni de faire fausse
    repentance, mais de solder certains comptes mémoriels, lucidement. C’est encore
    probablement trop tôt. La France est  aujourd’hui un  pays malade et
    une analyse dépassionnée est impossible. Ce sont des polémistes, des
    charlatans, des alchimistes, qui croient dur comme fer à la nation française,
    qui en fait ne se rapporte à aucune substance ; elle est aussi artificielle,
    imaginée, et portée sur l’exclusion que n’importe quelle autre. Elle n’existe
    qu’en tant que biais cognitif dans l’esprit de ceux qui en font l’aiguillon
    d’un projet politique aujourd’hui totalement anachronique.

    Un peu d’histoire, la France fut un produit de plus
    réactionnaire. La réalité est que la France est un État territorial dont la
    population est le fruit de brassages historiques qui empêchent de croire à
    quelque pureté des origines ou à quelque définition substantielle de la nation
    française.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « 
    Il faut dire les choses comme elles sont,
    mais refuser qu’elles soient comme ça
    .
    »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Relations France–Algérie : Réponse aux critiques !

     

    Introduction

    En août
    2025, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ont connu une
    nouvelle phase de tension, marquée par la lettre d’Emmanuel Macron annonçant
    des mesures sur les visas et la réadmission des ressortissants algériens.
    Certains éditorialistes ont interprété la réaction algérienne comme une
    faiblesse. Pourtant, une analyse approfondie montre qu’il s’agit d’un choix
    stratégique assumé.

    H2 : Un contexte diplomatique complexe

    Les relations
    franco-algériennes ne se limitent pas à des échanges verbaux. Elles reposent
    sur :

    • Des décennies d’histoire
      commune.
    • Des accords bilatéraux
      économiques, culturels et sécuritaires.
    • Une coopération continue malgré
      les tensions.

    La
    suspension de l’accord de 2013 sur l’exemption de visa pour les passeports
    officiels et diplomatiques s’inscrit dans un climat tendu, mais n’épuise pas
    les canaux de dialogue.

    H2 : Une diplomatie algérienne institutionnelle et
    mesurée

    Contrairement
    à l’image véhiculée par certains médias, la réponse algérienne via le ministère
    des Affaires étrangères
    reflète :

    • Un respect des usages
      diplomatiques internationaux.
    • La volonté d’éviter l’escalade
      médiatique.
    • Le choix de préserver des
      marges de négociation.

    Ce n’est pas
    la rapidité d’une réponse qui détermine sa pertinence, mais sa capacité à
    maintenir l’équilibre entre fermeté et ouverture.


    H2 : La question migratoire – Une responsabilité
    partagée

    La gestion
    des flux migratoires relève d’accords bilatéraux que les deux pays ont signés.
    Accuser unilatéralement l’Algérie d’« abus » est un raccourci, car la migration
    est un phénomène multi causal, lié :

    • Aux réalités économiques et
      sociales.
    • Aux politiques de visas des
      deux côtés.
    • Aux contextes sécuritaires
      régionaux.


    H2 : L’européanisation de la crise – Un pari risqué

    En cherchant
    à mobiliser ses partenaires européens, Paris élargit le différend au niveau
    Schengen. Cette stratégie pourrait :

    • Bloquer les discussions
      bilatérales.
    • Alimenter la méfiance au
      Maghreb.
    • Réduire la marge de manœuvre
      française dans la région.

    H2 : Conclusion – La fermeté dans la continuité

    L’Algérie
    choisit de répondre par la voie institutionnelle, loin des effets d’annonce,
    pour protéger ses intérêts stratégiques.
    La diplomatie n’est pas un concours de phrases chocs, mais une gestion patiente
    et réfléchie des équilibres.

     Kader Tahri


    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Relations France–Algérie : au-delà des discours, une réponse réfléchie face à l’escalade verbale

     

    Contrairement à l’analyse réductrice présentée par certains éditorialistes,
    la réaction de l’Algérie à la lettre du président français ne traduit pas un
    désarroi, mais un choix stratégique : celui de répondre sur le plan
    institutionnel, dans le respect des canaux diplomatiques, plutôt que par
    surenchère verbale.

    La réaction via le ministère des Affaires
    étrangères est conforme aux pratiques internationales. Dans les relations
    d’État à État, ce sont les canaux diplomatiques officiels qui expriment la
    position du pays, et non les réactions impulsives ou médiatiques.

    La France a adopté des mesures unilatérales, mais la réponse algérienne vise
    à préserver l’espace de négociation future. La fermeté ne s’exprime pas
    uniquement dans les mots, mais aussi dans la continuité d’une position
    souveraine.

    La présentation française de la situation occulte le fait que la question
    migratoire est un sujet complexe, lié à des accords bilatéraux que les deux
    parties doivent respecter. Pointer uniquement l’Algérie comme « abusive » est
    une vision partielle.
    La tentative de porter ce différend au niveau européen risque de politiser des
    relations historiquement sensibles. L’Algérie, en privilégiant un langage
    mesuré, évite l’escalade et préserve ses intérêts stratégiques dans la région.

    Face à la tentation de réduire la diplomatie à un concours de fermeté
    verbale, l’Algérie adopte une posture de continuité et de responsabilité. Les
    véritables avancées se feront dans la discrétion des négociations, non dans la
    surenchère médiatique.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Relations France–Algérie : Réponse aux critiques et analyse de la crise diplomatique 2025

    En août 2025, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ont connu une nouvelle phase de tension, marquée par la lettre d’Emmanuel Macron appelant à des mesures fermes sur les visas et la réadmission des ressortissants algériens. Certains éditorialistes ont présenté la réaction algérienne comme faible et désorganisée. Cette analyse propose une lecture différente, replacée dans son contexte diplomatique et historique.

    Un contexte diplomatique complexe

    L’histoire franco-algérienne et les accords bilatéraux qui la traversent rendent toute lecture simpliste des événements impossible. La suspension de l’accord de 2013 concernant l’exemption de visa pour les passeports officiels s’inscrit dans un débat plus large sur la migration, la sécurité et la coopération économique.

    La position de l’Algérie – Une diplomatie institutionnelle et mesurée

    La réponse du ministère des Affaires étrangères, relayée par les canaux officiels, traduit un choix stratégique. Plutôt que d’entrer dans une surenchère médiatique, l’Algérie privilégie la préservation de marges de négociation et le respect des usages diplomatiques internationaux.

    • Respect des protocoles diplomatiques.
    • Volonté d’éviter l’escalade publique.
    • Préservation de la marge de manœuvre pour des négociations ultérieures.

    La question migratoire – Une responsabilité partagée

    La gestion des flux migratoires est multifactorielle : réalités économiques, politiques de visas et contextes sécuritaires régionaux se combinent. Accuser uniquement l’Algérie d’« abus » ne rend pas compte de cette complexité.

    L’européanisation de la crise – Un pari risqué

    En cherchant à mobiliser ses partenaires européens, la France élargit un différend bilatéral. Ce choix comporte des risques : il peut bloquer les discussions bilatérales et réduire la marge de manœuvre diplomatique de Paris dans la région.

    Conclusion – La fermeté dans la continuité

    La diplomatie n’est pas un concours de rhétorique. L’Algérie adopte une posture de continuité et de responsabilité, privilégiant la discrétion des négociations aux effets d’annonce. Cette stratégie vise à protéger ses intérêts stratégiques tout en laissant ouverte la possibilité d’un règlement apaisé.

    Articles liés :

    Discussion: Que pensez-vous de la stratégie adoptée par l’Algérie ? Commentez et participez au débat.

    © 2025 Ouvrons le Débat — Politique de confidentialité  Contact

  • Crise diplomatique Algérie–France : fin de l’exemption de visas pour diplomates et dénonciation de l’accord de 2013

     

    Un durcissement annoncé, mais un contexte occulté

    Dans une lettre adressée à François Bayrou et relayée
    par Le Figaro et Reuters, Emmanuel Macron a demandé la
    suspension de l’accord de 2013 sur les exemptions de visa pour les passeports
    diplomatiques et de service algériens. Le président français appelle à une «
    grande fermeté » face à Alger, invoquant des difficultés « migratoires et
    sécuritaires ». Mais cette lecture unilatérale occulte des éléments essentiels
    du contexte diplomatique.

    Deux notes verbales ont été remises au régime
    français par les voies diplomatiques,   L’une a eu pour objet de «notifier
    formellement la dénonciation par la partie algérienne de l’Accord
    algéro-français de 2013 relatif à l’exemption réciproque des visas pour les
    titulaires de passeports diplomatiques et de service».

    Une dénonciation qui «va plus loin que la
    simple suspension notifiée par la partie française et met définitivement un
    terme à l’existence même de cet accord», tient-on à préciser. Dans ce contexte,
    le communiqué a souligné qu’»en conséquence, et sans préjudice des délais
    prévus dans l’accord, le gouvernement algérien a décidé de soumettre, avec
    effet immédiat, les titulaires de passeports diplomatiques et de service
    français à l’obligation de visas.

    Il se réserve, par ailleurs, le droit de soumettre
    l’octroi de ces visas aux mêmes conditions que celles que le gouvernement
    français arrêtera pour les ressortissants algériens. Il s’agit là d’une stricte
    application du principe de réciprocité qui exprime, avant tout, le rejet par
    l’Algérie des velléités françaises de provocation, d’intimidation et de
    marchandage». Quant à la seconde note verbale, elle concerne «la décision des
    autorités algériennes de mettre fin à la mise à disposition, à titre gracieux,
    de biens immobiliers appartenant à l’Etat algérien au profit de l’ambassade de
    France en Algérie. Cette note annonce, également, le réexamen des baux,
    considérablement avantageux, contractés par l’ambassade avec les OPGI d’Algérie
    et invite la partie française à dépêcher une délégation à Alger pour entamer
    les discussions à ce sujet», souligne le communiqué

    Le déclencheur : le
    dossier du Sahara occidental

    En juillet 2024, la France a reconnu le plan
    marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, en rupture avec la
    position traditionnelle de neutralité. Cette décision a été perçue par Alger
    comme une atteinte directe à ses intérêts stratégiques et une
    ingérence dans un dossier soutenu par des résolutions onusiennes. Ce choix
    politique français a provoqué un refroidissement brutal des relations
    bilatérales.

    L’accord de 2013 : un symbole plus qu’un instrument

    Signé pour faciliter la mobilité des diplomates,
    l’accord de 2013 avait une portée pratique limitée. Sa suspension est
    surtout un signal politique adressé à l’opinion publique française,
    dans un contexte où la question migratoire est instrumentalisée à des fins
    électorales.

    C’est la France, également, qui a manqué au respect de
    ses engagements au triple titre de l’accord algéro-français de 1968 relatif à
    la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens
    et de leurs familles, de la convention consulaire algéro-française de 1974 et
    de l’accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption des visas pour les
    détenteurs de passeports diplomatiques et de service. C’est la France, en
    outre, qui s’est donné pour seule et unique objet de fixation l’accord
    algéro-français de 1994 relatif à la réadmission des ressortissants algériens
    vivants en situation irrégulière en France, accord dont elle a dénaturé la
    raison d’être et détourné les objectifs véritables. C’est la France, enfin, qui
    s’est affranchie de ses devoirs contractés au titre de la convention européenne
    des droits de l’homme de 1950″.

    A maintes reprises, c’est la France, et elle seule,
    qui a été à l’origine d’une telle demande. En décidant la suspension de cet
    accord, la France offre à l’Algérie l’opportunité idoine d’annoncer, quant à
    elle, la dénonciation pure et simple de ce même accord.

    Des cas individuels utilisés comme levier politique

    Les affaires Boualem
    Sansal et Christophe Gleizes, évoquées comme motifs de durcissement,
    relèvent de décisions judiciaires algériennes. Les instrumentaliser dans le
    champ diplomatique revient à nier la souveraineté judiciaire d’un
    État indépendant et  de faire de la
    France l’arbitre moral des libertés dans le monde arabe, au mépris des
    souverainetés nationales et des réalités politiques locales. C’est là l’ombre
    portée d’un réflexe néocolonial qu’on croyait pourtant dépassé dans les
    milieux progressistes pour s’interroger aussi si la France va extrader les
    délinquants politiques algériens réfugiés chez elle, allusion à l’ancien
    ministre Abdeslam Bouchouareb qui a été condamné plusieurs
    fois pour corruption en Algérie, mais la justice française a rejeté la demande
    d’extradition d’Alger. Une rhétorique post-coloniale persistante

    Les termes choisis par Emmanuel Macron – « respect »,
    « fermeté », « détermination » – s’inscrivent dans une grammaire
    diplomatique verticale, héritée d’une histoire coloniale non soldée. Une
    approche moderne exigerait une relation équilibrée, basée sur des partenariats
    mutuellement bénéfiques dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de la
    coopération culturelle.

    Des accusations de manquements aux accords bilatéraux

    Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires
    étrangères reproche à Paris d’avoir violé plusieurs accords internationaux et
    bilatéraux :

    • Accord algéro-français de 1968 sur la circulation et le séjour des
      ressortissants,
    • Convention consulaire de 1974,
    • Accord de 2013 sur l’exemption de visas diplomatiques,
    • Convention européenne des droits de l’homme de 1950.

    L’Algérie dénonce aussi des entraves à l’acheminement
    de ses valises diplomatiques, le blocage d’accréditations pour ses consuls
    (trois consuls généraux et cinq consuls), ainsi que la politique de réadmission
    des ressortissants algériens jugée contraire aux engagements franco-algériens.

    Une crise diplomatique assumée

    Alger considère que la crise diplomatique avec la
    France est née des « provocations et pressions » françaises, et affirme que ses
    réponses s’inscrivent dans le strict principe de réciprocité diplomatique.
    L’Algérie précise qu’elle n’a jamais été à l’initiative de l’accord de 2013,
    soulignant que la demande venait de Paris, et se réserve le droit d’ouvrir
    d’autres dossiers contentieux à la négociation.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    «
    Il faut dire les choses comme elles sont,
    mais refuser qu’elles soient comme ça
    .
    »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     #Relations algéro-françaises, #crise diplomatique
    Algérie France, #accord bilatéral 2013,