Le grand remplacement, une obsession Occidentale !

Écrit par

dans

Le concept du grand remplacement connaît une éclatante réapparition dans le débat public, (En effet ce genre de matraquage arrive toujours avant les élections) longtemps considéré comme un phénomène bien établi que «l’Europe est en train de changer de peuple et de civilisation»,
ou encore que le remplacement à l’œuvre est celui d’un peuple par une
population d’origine mixte. Certainement une vision du spectre simpliste
très étroit qui considère l’Europe comme blanche et qui envisage toutes
les autres populations qui la composent comme non assimilables de par
leur couleur ou leur culture, bien entendu derrière cette formule se
cache une idée complotiste, de quoi faire jacter les plus réfractaires
au multiculturalisme.

Toujours au motif de la suprématie raciale, cet angle diabolisateur
devenue un cri de ralliement pour les identitaires, en répétant les
mêmes vieux poncifs de la bien-pensance     sur l’immigration de masse !
Toujours cette obsession identitaire, cette panique nationaliste et
cette peur d’un métissage qui ruinerait la pureté de je ne sais trop
quelle race.

Les auteurs des attentats de Christchurch, d’El Paso et de Poway en 2019 étaient des adeptes de cette théorie.

Toujours les mêmes choses pleines de haine, de violence et de
clichés, sur l’immigration et sur les étrangers. Le procès d’intention,
de ceux qui incitent à la haine raciale et à l’humiliation de
l’altérité. Quant aux arguments, ils deviennent inutiles avec des
personnes obtus et pleines de leurs certitudes qui ne sont guère plus
argumentées, sinon à répéter les discours de l’extrémisme.

Cependant, si les manipulateurs du concept de grand remplacement
peuvent avoir des postures et des prescriptions très différentes au
point qu’on peut les confondre, il est cependant difficile de nier
qu’ils ont en commun un certain idéal la haine de l’autre.

Il est possible de faire l’historique du concept de  grand
remplacement. On en retrouve déjà des traces à la fin XIXe siècle,selon
certains historiens des textes alarmistes préfigurent le Grand
Remplacement. Ils annoncent la fin de la race et de la civilisation.

En 1893, Maurice Barrès (écrivain et homme politique) cible la présence des étrangers «le sol français est envahi pacifiquement par les étrangers» il met en avant la nécessité de se protéger contre les étrangers notamment les juifs : « Protéger les nationaux contre cet envahissement ».

En 1902, Jules Soury (théoricien et historien) est
obsédé par le déclin de la foi catholique devant la menace que
représentent les juifs, les protestants et la franc-maçonnerie.

Dans son livre  La France juive, Drumont dénonce une conquête raciale une invasion et une substitution de population pour préparer la République juive.

Adolf Hitler en reprendra l’idée dans Mein Kampf
lorsqu’il explique que les juifs utilisent la France pour importer les
Noirs en Europe, et ainsi détruire la race blanche par métissage

En 2005, le Grand Remplacement  fait véritablement surface par le biais de la théorie dite  Eurabia
selon laquelle il existerait un axe secret arabo-musulman-européen. Une
Europe moralement décadente et économiquement fragilisée depuis les
chocs pétrolier des années 70, corrompue et soudoyée par des
pétrodollars des pays arabes en échange de l’ouverture de ses frontières
aux musulmans et à sa complaisance illimitée face à l’islam.

L’église catholique par la voix du cardinal Robert Sarah reprend la théorie du grand remplacement quand il l’écrit : «L’Occident,
décadent, sans enfants, sans familles, disparaitra, noyé et éliminé par
une population d’origine islamique. L’Occident a renié ses racines
chrétiennes. Mais un arbre sans racines meurt.

Ce religieux juge une tranche de population, j’insiste pour dire que
cette vision despotique, hautaine  préconise alors une inintelligence à
discuter d’une relation Occident Islam avec des chrétiens à partir des
principes et des critères de l’Occident.

On parle d’un Occident construit sur les valeurs Judéo-chrétiennes,
mais en quoi cela est-il important, puisque le musulman français est
dans une société ou le droit de la liberté religieuse est largement
reconnu ou le citoyen est tenu par le devoir de respecter les croyances
religieuses des autres?

Est-ce que les valeurs Judéo-chrétiennes sont-elles si éloignés des
valeurs de l’Islam, les différences ne sont-elles plutôt que
théologiques ?

L’étranger c’est l’autre, qui est l’étranger ?

Celui qui n’a pas la nationalité française, ou celui qui est musulman?

On stigmatise une partie des français (musulmans) on les repousse
dans leur retranchement et on laisse faire les discours populistes,
haineux. Peu importe qu’une personne soit née en France de parents
français depuis plusieurs générations, si elle n’est pas blanche, elle
est donc un élément du remplacement. Interrogée, la démographe Pascale Breuil se demande ainsi : « jusqu’où faut-il remonter pour être considéré comme faisant partie du peuple français ».

Elle conclut qu’il est « très difficile de définir qui est ou non d’origine française », invalidant ainsi le fait qu’une population se substitue à une autre.

L’amalgame est voulu et bien orientée, je cite la petite phrase d’un discours officiel des  politiques au pouvoir :

« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français,
c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne
parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers
» (Nadine Morano)

C’est bien un truc de raciste ça : généralisation à partir d’un cas particulier ou à partir des dit-on !!.

La mouvance identitaire (polémistes identitaires, pourfendeurs de
l’immigration) est un agent promotionnel du Grand Remplacement et de la
Remigration c’est-à-dire le retour des immigrés dans leurs pays
respectifs. Ce courant de l’extrême droite est connu pour ses positions
radicales vis-à-vis de l’immigration et de l’islam et pour sa défense de
la civilisation européenne et des Européens.

La théorie fumeuse du grand remplacement avait été conçue uniquement
dans une visée polémique, il s’agit de donner une légitimité au combat
identitaire présenté auprès de l’opinion publique, des médias et des
politiques comme celui de la sauvegarde d’une civilisation en péril,
comme par exemple l’usage des soupes au cochon distribuées au SDF, par
préférence national et que ces repas chauds franco-français ne seraient que charité chrétienne lancées par un pasteur, Jean-Pierre Blanchard proche du front extrémiste en vue de combattre la prétendue islamisation  qu’il présente aisément comme un «scoop». 

Le négationnisme consiste en un déni de faits historiques, malgré la
présence de preuves flagrantes. En France depuis un demi siècle, les
Français musulmans subissent à tous les nivaux du politique le
négationnisme des risques encourus concernant l’intégration de l’Islam
en France et les capacités à « Vivre ensemble ». Les musulmans
d’aujourd’hui sont les juifs de l’époque, a qui on faisait tout un tas
de caricatures sorties du Moyen Age, Par la peur de l’Islam, on affiche à
l’égard des musulmans le même mépris qu’on allongeait il y a trente ans
avec les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Portugais. Etc..

De tous temps, l’étranger a occupé une place dans l’imaginaire
populaire. Par ses manières d’être, par ses comportements, sa culture,
ses repères qui éprouvent une énorme difficulté à apprendre à vivre dans
le respect des normes collectives de la société française.

Le regard que porte cette société sur les étrangers (immigrés qui ont
acquis la nationalité française, et leurs descendants) est
particulièrement choquant.

Selon les statistiques de l’INSEE : Combien y a-t-il d’immigrés ou d’étrangers en France ?

En 2020, 6,8 millions d’immigrés vivent en France, soit 10,2 % de la population totale, soit 36 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française.

La population étrangère vivant en France s’élève à 5,1 millions de personnes, soit 7,6 % de la population totale. Elle se compose de 4,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 0,8 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

Les immigrés venus  du Maghreb, d’Afrique Noir et d’Asie représentent moins de 5 % de la population française. Comment pourraient-ils remplacer cette population toute entière ?

Mais cette société ne sait pas, elle écoute seulement les inepties
racontées par des politiques malveillants qui ne veulent s’attirer que
des voix. Cette xénophobie, récurrente en temps de crise, va souvent de
pair avec l’antisémitisme et se nourrit de racisme et d’islamophobie. La
crise a changé le visage de l’immigration. La génération des enfants
devenus français émerge au début des années 1980. Stigmatisés pour leurs
origines, on les dénonce comme une nouvelle classe dangereuse au
lendemain des violences urbaines qui secouent de temps en temps les
banlieues.

Ces «Français d’Origine» doivent désormais faire face aux nouvelles
stratégies agressives de la politique (en matière d’intégration
théorisé) à l’égard de la population d’origine musulmane. De manière
déterminée, celles-ci visent à stigmatiser davantage certaines
communautés, à instrumentaliser la sécurité, et ce au plus grand mépris
des principes des droits humains fondamentaux.

Par devoir de mémoire collective, ces immigrés n’ont pas seulement
construit ou reconstruit la France, ils sont la France dans toute sa
diversité et sa richesse, sans oublier que la France est le résultat de
ces cultures venues d’ailleurs pour écrire son l’Histoire, surtout en
ces périodes où la légitimité même des immigrations semble être l’objet
d’un débat polémique. Alors il semble nécessaire de dénoncer le fantasme
aussi malhonnête que caricatural du grand remplacement,

La volonté de réduire l’horreur et la condamnation que provoque cette
animosité, le désir de s’innocenter, la tendance à donner un fondement
moral et de jeter l’opprobre sur l’étranger, tous ces facteurs
conduisent à rejeter la faute du ressentiment sur les victimes. Le
raciste est conscient de sa cruauté, mais il en place le blâme sur sa
victime, que ce soit un individu ou un groupe ethnique ou religieux

La barbarie n’a pas de religion, n’a pas de couleur et encore moins
de pays mais la haine de l’autre est donc également en profondeur, c’est
l’expression à la fois d’un déséquilibre entre la défense de l’identité
et le respect de la liberté de religion.

Grand Remplacement, les Palestiniens le subissent depuis fort
longtemps sans que personne en Europe et ailleurs ne semble  s’y porte
un quelconque jugement.

Donc pour les autres (Palestiniens) le grand remplacement : «existe vraiment ! »

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *