Alors ? Le rapport sur la numérisation a bien été remis à tout le monde ?
– Euh… non, chef ! Il y avait plus de papier ni d’encre dans l’imprimante !
– ???
Sahbi ! Statue et hop ! L’Algérie sens
dessus dessous. Statue de qui ? De l’Émir, h’bibi ! L’Émir Abdelkader.
L’arête qui ne passe pas, qui coince la gorge. L’épine dans le pied qui
fait claudiquer. M’enfin ! Je le dis et le répète, l’Émir, fondateur de
l’État moderne algérien. Mat’sakountich, hadi, bien sûr ? On préfère bavasser sur le coût de ce projet de statue. Crachoter sur les raccourcis immondes qui ont toujours gravité salement autour de la personne de l’Émir, du genre « ouais, mais il s’est rendu aux Roums» ou encore «Ouais, mais il a rendu hommage à la France qui le détenait et l’a exilé ». Foutaises de p’tits scribouillards falsificateurs de l’histoire de l’Algérie. Ceux entre autres qui racontent d’ici, de là et de là-bas que l’«État algérien n’a jamais existé avant l’arrivée de la France et la naissance de l’Algérie française». Ceux encore qui tartinent leurs Craquottes le matin avec le beurre rance de leur critique favorite envers nous : «Vous, les Algériens vous faites dans la rente mémorielle !» La rente mémorielle ? Rouh chouf yemmak ou babek et jdoudek, ils te raconteront peut-être ce que fut l’Émir Abdelkader ! À la vérité, l’Émir est un «mouch’kel» grave pour ces gens parce qu’il resitue à sa juste place le mouvement national au sens originel du terme. Il remet et impose des dates à la guerre de libération, au sens structurée, organisée et centralement commandée, guerre livrée par des Algériens à l’occupant, donnant ainsi, de fait à l’épopée de l’Émir une antériorité qui douche froid certaines autres figures trop souvent emballées dans une tunique de héros précurseurs, tunique flottante, un brin plusieurs tailles au-dessus. Et d’ailleurs, foutaise aussi que ce débat ! Haya ! À la limite, qui peut aujourd’hui venir discuter, même du bout des lèvres de la nécessité d’ériger une statue à la hauteur et à la taille gigantesques de l’Émir Abdelkader ? Qui ? Personne ! Sinon, les chantres du révisionnisme ! Ceux dont le rêve — même plus secret — est de nous rabaisser à des peuplades sans «Açl», sans racines, sans éducation, sans organisation, sans culture et sans courage. Des grappes humaines en errance et qui n’attendaient que le débarquement de 1830 pour enfin commencer à vivre d’«égalité, de fraternité et de liberté». Alors, à ceux-là, à tous ceux-là, d’ici et de là-bas — et d’ailleurs de plus en plus d’ici — toi, tu viens aujourd’hui et tu dis à voix haute et intelligible, parce que tu es chez toi : «Une statue pour l’Émir» ? T’es fou ? Tu veux relever la tête, indigène ? Jamais ! Indigène hier, tu le resteras aujourd’hui. Pas question pour toi d’avoir des référents, des figures tutélaires, des symboles. En un mot, une histoire. Et bien évidemment, les SAS-2023 locales se sont vu remettre les arguments de langage : coût du projet. Argent public dilapidé alors que la santé se meurt. Défiguration du site naturel. Toute la panoplie habituelle qui chlingue les commanditaires. Alors oui ! Oui ! Une statue de l’Émir à sa dimension. Il était temps, h’bibi ! Qu’elle monte vers le ciel. Qu’elle pointe et crève les nuages des envieux ! 5 dans vos yeux comme ce 5 Juillet qui arrive ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
– Euh… non, chef ! Il y avait plus de papier ni d’encre dans l’imprimante !
– ???
Sahbi ! Statue et hop ! L’Algérie sens
dessus dessous. Statue de qui ? De l’Émir, h’bibi ! L’Émir Abdelkader.
L’arête qui ne passe pas, qui coince la gorge. L’épine dans le pied qui
fait claudiquer. M’enfin ! Je le dis et le répète, l’Émir, fondateur de
l’État moderne algérien. Mat’sakountich, hadi, bien sûr ? On préfère bavasser sur le coût de ce projet de statue. Crachoter sur les raccourcis immondes qui ont toujours gravité salement autour de la personne de l’Émir, du genre « ouais, mais il s’est rendu aux Roums» ou encore «Ouais, mais il a rendu hommage à la France qui le détenait et l’a exilé ». Foutaises de p’tits scribouillards falsificateurs de l’histoire de l’Algérie. Ceux entre autres qui racontent d’ici, de là et de là-bas que l’«État algérien n’a jamais existé avant l’arrivée de la France et la naissance de l’Algérie française». Ceux encore qui tartinent leurs Craquottes le matin avec le beurre rance de leur critique favorite envers nous : «Vous, les Algériens vous faites dans la rente mémorielle !» La rente mémorielle ? Rouh chouf yemmak ou babek et jdoudek, ils te raconteront peut-être ce que fut l’Émir Abdelkader ! À la vérité, l’Émir est un «mouch’kel» grave pour ces gens parce qu’il resitue à sa juste place le mouvement national au sens originel du terme. Il remet et impose des dates à la guerre de libération, au sens structurée, organisée et centralement commandée, guerre livrée par des Algériens à l’occupant, donnant ainsi, de fait à l’épopée de l’Émir une antériorité qui douche froid certaines autres figures trop souvent emballées dans une tunique de héros précurseurs, tunique flottante, un brin plusieurs tailles au-dessus. Et d’ailleurs, foutaise aussi que ce débat ! Haya ! À la limite, qui peut aujourd’hui venir discuter, même du bout des lèvres de la nécessité d’ériger une statue à la hauteur et à la taille gigantesques de l’Émir Abdelkader ? Qui ? Personne ! Sinon, les chantres du révisionnisme ! Ceux dont le rêve — même plus secret — est de nous rabaisser à des peuplades sans «Açl», sans racines, sans éducation, sans organisation, sans culture et sans courage. Des grappes humaines en errance et qui n’attendaient que le débarquement de 1830 pour enfin commencer à vivre d’«égalité, de fraternité et de liberté». Alors, à ceux-là, à tous ceux-là, d’ici et de là-bas — et d’ailleurs de plus en plus d’ici — toi, tu viens aujourd’hui et tu dis à voix haute et intelligible, parce que tu es chez toi : «Une statue pour l’Émir» ? T’es fou ? Tu veux relever la tête, indigène ? Jamais ! Indigène hier, tu le resteras aujourd’hui. Pas question pour toi d’avoir des référents, des figures tutélaires, des symboles. En un mot, une histoire. Et bien évidemment, les SAS-2023 locales se sont vu remettre les arguments de langage : coût du projet. Argent public dilapidé alors que la santé se meurt. Défiguration du site naturel. Toute la panoplie habituelle qui chlingue les commanditaires. Alors oui ! Oui ! Une statue de l’Émir à sa dimension. Il était temps, h’bibi ! Qu’elle monte vers le ciel. Qu’elle pointe et crève les nuages des envieux ! 5 dans vos yeux comme ce 5 Juillet qui arrive ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
Laisser un commentaire