Les hyènes de la plume se découvrent une passion pour la justice

les hyénes de la plume

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Ah, qu’il est savoureux le spectacle de la vertu outragée ! Lisez cette prose dégoulinante de fausse gravité, pondue sur mesure par ces fins connaisseurs de l’extrême droite. Prenez un verre, installez-vous confortablement : nous assistons ici à un chef-d’œuvre d’hypocrisie en trois actes, où la pirouette intellectuelle dispute la vedette au ridicule le plus achevé.

Le pitch ? Ayoub Aissiou est devenu un sujet de tension entre Alger et Madrid, décrit soudainement un homme d’affaires pur produit du système Bouteflika devenu « opposant » du dimanche se fait cueillir à Barcelone. Et voilà que des gazettes réactionnaires soudainement prises d’un élan d’amour fou pour la jurisprudence internationale se mettent à faire la leçon, à peser les « manquements » avec une balance d’épicier tout en feignant l’impartialité.

Le double standard à haute dose

Observons la malice de la démonstration : d’un côté, on nous explique avec un sérieux de pape qu’il ne faut pas confondre « politique » et « droit commun ». De l’autre, la même presse qui accuse d’ordinaire le monde entier d’ingérence s’improvise procureur pour blanchir les intentions d’un système ou diaboliser les uns pour mieux dédouanera d’autres. C’est l’hôpital qui se moque de la charité, mais sur grand écran et avec effets spéciaux !

On s’étrangle de rire devant ces pirouettes : les voilà devenus experts en « montages financiers », spécialistes du « trafic international », découvrant soudain que l’argent sale, c’est mal à condition bien sûr que cela serve le narratif du jour. Quand la ficelle est aussi grosse qu’un câble de remorqueur, ce n’est plus de l’analyse, c’est de la prestidigitation pour idiots utiles.

L’art de la bavette idéologique

Le procédé est aussi vieux que le monde, mais toujours aussi vilain :

Un bouillon de culture opportuniste : On mélange les soupçons de corruption sous Bouteflika, un soupçon de chèque d’aciérie au FLN, et, cerise sur le gâteau de drogue, des histoires de narcotrafic portugais dénichées dans un torchon espagnol.

La vertu en peau de lapin : Ce sont les mêmes qui ferment les yeux sur les génocides réels, niaient ou édulcorent l’Histoire, mais qui s’étouffent aujourd’hui de pudeur devant un bilan comptable ambigu ou une chaire d’opposant tardif.

Le parti pris puise dans un registre usé jusqu’à la corde : faire passer la haine d’un pays et le mépris d’un peuple pour un souci d’éthique diplomatique. C’est le triomphe des esprits tordus, pervers et viscéralement aigris, incapables de voir le monde autrement qu’à travers le filtre de leur ressentiment.

Bilan des courses : Derrière le vernis neutre de l’article de presse (« Casse-tête », « Reste à savoir… »), la manœuvre est grossière. On cherche à salir, à semer le doute, à utiliser les failles des uns pour légitimer les obsessions des autres. Que la justice espagnole tranchera sur les faits réels d’un individu, c’est son rôle. Mais que la meute de la réaction vienne nous donner des leçons de morale, voilà la véritable imposture.

Gardons le rire jaune pour nous : face à cette mascarade où l’ignorance rivale avec la mauvaise foi, la meilleure réponse reste le sarcasme le plus corrosif. Parce qu’au fond, quand le masque de la rigueur tombe, il ne reste qu’une bande de falsificateurs pris au piège de leurs propres contradictions.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   

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