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  • La prise de Jérusalem et massacre des musulmans par les croisés !

    Pendant la nuit du 9 au 10 juillet, la tour roulante et les machines furent mises en place devant la partie la plus faible des remparts, celle qui avoisinait la tour des Cigognes et la vallée du Cédron. Le premier assaut fut lancé dans la nuit du 13 au 14 juillet. Il échoua. Les assiégés arrosèrent les croisés de pots de soufre, de flèches et de tisons enflammés.

    Nouvel assaut le 15 juillet, encore plus violent et acharné que le précédent. Vers midi, une passerelle fut abattue de la tour roulante de Godefroy. Lui-même fut des premiers à se ruer sur le rempart. En même temps, des grappes de fantassins s’accrochaient aux échelles. Affolés, les Arabes se sauvèrent vers la mosquée el-Aqsa. Ils tentèrent d’en organiser la défense et furent submergés.

    Rien ne pouvait arrêter la fureur des croisés, ni leur appétit de vengeance. Ils massacrèrent sans pitié les défenseurs d’el-Aqsa, y compris ceux qui s’étaient réfugiés sur le toit. De l’aveu des témoins, « le temple ruisselait de sang ».

    Au sud, Raymond de Saint-Gilles peinait davantage. Il avait dû faire combler le fossé pour approcher sa tour roulante. Il prit enfin pied sur le rempart, envahit le quartier voisin où les mêmes massacres effrénés furent perpétrés. Iftikhar s’était réfugié dans la tour de David avec une poignée de soldats d’élite. Il se rendit au comte de Toulouse contre la promesse d’avoir la vie sauve. Raymond de Saint-Gilles tint ses engagements. Il fit reconduire Iftikhar vers la frontière d’Egypte, il est vrai après versement d’une confortable rançon : tels étaient alors les usages de la guerre !

    La tuerie se prolongea tout l’après-midi du 15 juillet et reprit le lendemain. Les juifs eux-mêmes ne furent pas épargnés, car ils avaient contribué à la défense de la ville, probablement contraints et forcés. Les survivants s’enfermèrent dans la synagogue. On incendia l’édifice

    À tout ce que les soldats du Christ avaient enduré de souffrances morales et physiques se mêlait un désir irrépressible de vengeance. On n’allait pas épargner ces chiens d’infidèles, ces détrousseurs de pèlerins ! On allait les massacrer, en faire une telle hécatombe que l’odeur de leur pourriture monterait vers le ciel comme un encens et serait agréable à Dieu.

    Des vagues de croisés hurlant à la mort balayèrent les derniers défenseurs des lieux saints de l’Islam, dont certains se prosternaient pour implorer leur grâce. La grâce pour ces païens ?

    Jamais, au grand jamais ! Plutôt la mort pour tous. Et qu’on n’aille pas épargner les enfants ! Il faut détruire l’arbre et la graine.

    Les croisés pénétrèrent en masse dans la grande mosquée dont tous les occupants furent passés au fil de l’épée. Un véritable bain de sang ! On y pataugeait, on en était éclaboussé jusqu’aux genoux, et on réclamait des victimes à égorger, encore et encore ! Chacun revendiquait sa part de l’holocauste, le baron comme le simple chevalier, le pèlerin comme le moine. Tous sentaient à leur poing l’épée de Dieu, frémissante, avide de nouvelles hécatombes. On recherchait les traces du Mal jusque dans le ventre des femmes et des enfants, à la pointe des couteaux, des épées et des lances. On ignorait sous quelle forme il en jaillirait, mais on savait qu’il était là, dans ces amas de tripes fumantes.

    Une rumeur courut dans les rangs des envahisseurs : des notables, hommes et femmes, avaient avalé leurs bijoux et leurs perles pour les soustraire à la convoitise de la soldatesque. On en éviscéra une centaine sans rien trouver.

    Les Juifs s’étaient remparés dans leur synagogue, au nord de la ville ; des bandes de croisés et de pèlerins s’y ruèrent en masse, l’arme au poing. En voyant surgir ces hordes assoiffées de sang et d’or, le rabbin alla à leurs devants pour tâcher de se concilier leur indulgence. On l’injuria, on le frappa, on lui arracha la barbe en criant :

    Race de Judas ! mécréants ! vous avez vendu le Christ, vous l’avez livré aux Romains pour trente deniers ! Aucune pitié pour vous!

    Le vieil homme tenta de protester : une lance le cloua au sol. Des soldats ivres de violence firent le tour de la synagogue avec des torches, mirent le feu aux quatre coins de l’édifice et abattirent sans pitié, comme par jeu, les malheureux qui tentaient d’échapper aux flammes.


  • La Traduction du Saint Coran !!!!

     

    Le Coran demeure incontestablement le texte arabe le plus difficile à traduire. Oeuvre d’une  extrême finesse et complexité, elle recèle des propriétés lexicales morphosyntaxiques et même phonologiques qui ne sont nullement l’effet  du hasard, et sans l’élucidation des quelles la compréhension demeurerait incomplète. Il se caractérise à la fois d’une simplicité des mots et d’une complexité du flux verbal. 

    C’est ainsi que, par sa simplicité et sa clarté extrême, le vocabulaire coranique ménage chez tout lecteur du Coran un effet majeur qui, comme le constate très correctement J.Berque (p. 734),               
    Certaines catégories grammaticales peuvent poser des problèmes aux  traducteurs surtout si elles sont absentes dans la langue cible
    C’est le cas, par exemple, de la particule de négation  et
    des conjonctions wa et fa.
    L’on peut imaginer la perplexité  du lecteur francophone devant les deux traductions suivantes du verset 16 de la Sourate 84:
    fa lâ ’uqsimu bi l-chafaq
    Donc non je jure par le crépuscule du soir !
    Montet traduit par
    « je ne jurerai pas par le crépuscule »,
    Tout en ajoutant dans une note explicative en bas de la page: « Il est inutile de jurer tant la  chose est certaine ».
    La traduction de la PGDRSI  s’en tient au mot à mot, puisque  est traduit par « non »:
    « Non!… Je jure par le crépuscule ».
    Il va sans dire que les deux traductions fournissent des informations tout  à fait contradictoires! Le cas échéant, ne serait-il pas plus prudent  d’ignorer complètement l’existence de cette particule problématique,   plutôt que de la traduire de façon erronée! Tel fut le choix de Noureddine Ben Mahmoud qui se contente de traduire le verset comme suit:
    « Je jure par le crépuscule ».
    Quant à Berque, il a traduit la particule par une interjection marquant l’exclamation:
    « Oh! j’en jure par la rougeur du couchant ».
    D’autres ont proposés la traduction suivante:
    (Certes, j’en jure par le crépuscule)
    Un examen attentif des diverses traductions françaises du Coran révèle à quel point de graves erreurs peuvent être commises par le traducteur s’il s’en tient uniquement aux dénotations des unités lexicales et néglige leurs   connotations
    C’est ainsi que le verbe daraba a été complètement pris hors contexte   dans le verset suivant où il fait partie de l’expression idiomatique arabe
    «daraba mathalan »  
    wadrèbe lahum mathala lhaya:ti d-dunya: (sourate 18, verset 45)
    Lorsqu’il a été traduit par «frapper un exemple» (Hamidullah) plutôt que par « donner/citer/évoquer… un exemple ». Il va de soi que «frapper un  exemple» est plutôt risible en français!.
    un exemple de paires de verbes causatifs  Il s’agit notamment de nazzala (faire descendre successivement) et ‘anzala (faire descendre ou révéler), deux verbes causatifs dérivés de nazala, l’un par un  procédé de redoublement de la consonne médiane,
    Ainsi, nazzala signifie ‘révéler à  plusieurs reprises’,
    (litt. ‘faire descendre’ + une valeur répétitive),
    alors  que ‘anzala signifie ‘révéler’ tout court 
    (litt. ‘faire descendre en une  seule fois’).
    Le contexte le  confirme: dans le verset 3 de la sourate de LA FAMILLE DE ‘IMRAN,  ‘anazala est employé pour parler de la révélation de la Torah et de l’Evangile qui s’est produite respectivement en un seul temps   alors que azzala correspond mieux à la révélation du Coran faite à plusieurs  reprises et sur une période de temps bien étendue :
    Nazzala ‘alayka l-kitâba bi l-Haqqi muSaddiqan limâ bayna  yadayhi
    Il a fait descendre sur toi le livre dans le droit confirmant ce qui entre ses mains
    wa ’anzala t-tawrâta wa l-injîla min qablu hudan li l-nâssi
    et a fait descendre la Thora et l’Evangile auparavant guidance aux hommes
    wa ’anzala l-furqâna
    et a fait descendre le Discernement  
    Notons  également le verset suivant (Sourate 97, verset 4) où apparaît  le même verbe tanazzalu doté, comme nazzala de la morphologie causative, et conjugué à l’inaccompli de l’indicatif:
    Tanazzalu l-malâ’ikatu wa rrûHu fîhâ bi ’idhni rabbihem   
    font descente les anges et l’esprit en elle avec la permission de leur Seigneur  
    min kulli ’amr
    (Cette nuit-là, avec la permission de Dieu, les anges descendent sur terre  avec l’esprit qui vivifie toute chose) (trad. de Ben Mahmoud).
    Tout comme nazzala, l’aoriste tanazzalu (faire descente) vise ici une  valeur répétitive.