Catégorie : Géopolitique

Analyses et décryptages consacrés aux rapports de force internationaux, aux relations entre États et aux grandes évolutions géopolitiques.

  • Doha bombardée : Israël frappe, le monde se tait, une frappe de trop

     

    Une frappe israélienne sur Doha,
    allié stratégique des États-Unis, montre une fois de plus l’arrogance de
    l’impunité. Gaza détruite, le Qatar humilié, le droit international bafoué :
    jusqu’où Netanyahu ira-t-il, et jusqu’où le silence complice de Washington
    l’accompagnera-t-il ?

    Une fois
    encore, Israël a frappé. Cette fois-ci, non pas à Gaza, non pas en Cisjordanie,
    mais à Doha, sur le sol d’un pays allié de Washington, médiateur dans le
    dossier des otages.
    Une frappe « unilatérale », dit Netanyahu. Mais qui peut croire encore à ce
    conte ? Rien, dans le ciel sur militarisé du Golfe, ne se fait sans que les
    radars américains et leurs alliés en soient informés.

    Une frappe israélienne, au cœur de Doha, capitale d’un allié stratégique des
    États-Unis. Une frappe « unilatérale », disent-ils. Unilatérale ? Quel mensonge
    éhonté ! Aucun avion, aucun missile ne traverse impunément les radars sans
    complicités. Aucun massacre ne s’accomplit sans silences. Netanyahu savait.
    Washington savait. Le Qatar savait peut-être. Et nous, spectateurs, on nous
    balance l’habituelle pièce de théâtre : l’un joue l’étonné, l’autre joue le
    ferme, et derrière, le sang coule.

    Tout est
    répétition. Toujours la même mascarade. Toujours les mêmes mensonges. Toujours
    les mêmes rôles : Trump bafouille, Netanyahu ricane, les porte-paroles débitent
    leurs communiqués comme des automates, et les médias relaient sans honte. Vous
    vous souvenez ? Le « plan Trump » pour Gaza, soi-disant né d’une illumination
    de l’ex-président ? Mensonge ! C’était le script de Netanyahu, vendu comme une
    invention américaine. Déjà vu avec l’Iran. Déjà vu avec les accords trafiqués.
    Déjà vu avec les faux récits de paix.
    Et que s’est-il passé à Washington ? Rien. Un silence. Des phrases vides. Des
    yeux baissés
    Alors ? Complicité tacite ? Silence gêné ? L’administration américaine,
    d’ordinaire si bavarde, a choisi de bredouiller, avant de se taire.

    Une impunité qui dépasse les frontières

    Israël vient
    de franchir une nouvelle ligne rouge : attaquer un partenaire stratégique de
    Washington, au mépris du droit international, des négociations en cours et de
    la sécurité des otages.

    Chaque fois
    qu’Israël bombarde, la même scène se répète : condamnations timides,
    indignation feutrée, puis… l’oubli.
    Chaque fois, l’impunité grandit, la loi internationale recule, et la guerre
    devient la seule langue qui reste.
    À Gaza, des milliers de morts. En Cisjordanie, la colonisation rampante. À Doha
    désormais, la frappe extraterritoriale.
    Où est la limite ? Où est le frein ? Où est la justice ?
    Et quelle a été la réponse ? Rien. Un silence, quelques communiqués
    ternes, comme si cette violation flagrante de la souveraineté qatarie n’était
    qu’un banal incident.
    C’est bien là le cœur du problème : l’impunité totale dont bénéficie Israël.
    Une impunité garantie par des décennies de soutien américain, par la complicité
    feutrée de l’Europe, par la paralysie volontaire des instances internationales.

    Et
    l’impunité ? Voilà le vrai crime. Israël bombarde un pays allié des États-Unis,
    et que dit la Maison-Blanche ? Silence. Étonnement feint. Distance calculée.
    Pas de rupture, pas de sanction, pas même une gifle diplomatique. Trump,
    l’homme qui ne parle que d’argent, qui voit chaque pays comme une tirelire,
    continue de caresser Netanyahu dans le sens du manche. Netanyahu, lui, proclame
    son « unilatéralisme » pour mieux dire : « Je n’ai besoin de personne, je
    méprise vos règles, vos traités, vos résolutions. »

     Une
    frappe israélienne « unilatérale »

    Unilatéral,
    vraiment ? Non. Planifié, coordonné, assumé. Les avions ne sont pas magiques.
    Les missiles ne sont pas invisibles. Tout cela a été préparé. Tout cela a été
    toléré. Tout cela a été validé. Et maintenant, on nous joue la surprise. Quelle
    farce !

    Netanyahu, la guerre comme plan de carrière

    Benjamin
    Netanyahu ne gouverne pas : il survit politiquement en alimentant la guerre.
    Chaque attaque, chaque opération, chaque bombardement nourrit son récit de chef
    assiégé.
    Gaza rasée, la Cisjordanie étranglée, le Liban, la Syrie et maintenant le Qatar
    menacés : l’expansion continue, sous prétexte de sécurité, cache un projet
    messianique et cynique, celui d’un « Grand Israël » construit sur les
    ruines des peuples voisins.

    Netanyahu
    n’a pas de plan de paix. Netanyahu n’a pas de vision d’avenir.
    Il a un plan de survie politique : alimenter le feu, toujours plus fort,
    toujours plus loin.

    Chaque bombe larguée, c’est un jour de plus au pouvoir.
    Chaque frappe, c’est un sondage remonté, une coalition soudée, une opposition
    divisée.
    Et tant que la guerre dure, Netanyahu reste.

    Oui,
    Netanyahu rêve d’un « Grand Israël », messianique, construit sur les ruines de
    Gaza, de la Cisjordanie, du Liban, de la Syrie, de l’Iran. Il le dit, il le
    montre, il le fait. Et chaque bombe larguée le rapproche de ce rêve macabre. Un
    rêve de sang, un rêve de feu, un rêve de domination.

    Le droit
    international ?

    Balayé. Les
    résolutions de l’ONU ?

    Méprisées.
    Même les enquêtes de la Cour pénale internationale, qui l’accusent déjà de
    famine comme arme de guerre et de crimes contre l’humanité, ne l’arrêtent pas.

    Les États-Unis : protecteurs ou otages ?

    On nous
    répète que l’Amérique soutient Israël pour garantir sa sécurité. Mais qui
    protège qui ?
    Israël frappe un pays allié de Washington, et Washington se tait.
    Israël utilise des armes américaines pour détruire Gaza, et Washington se tait.
    Israël foule aux pieds le droit international, et Washington se tait.
    Ce silence est une complicité. Cette complicité est une honte.

    On nous dit
    : Israël et l’Amérique sont liés. Faux ! Ce n’est pas une alliance, c’est une
    dépendance obscène. Les États-Unis, loin de tenir Israël, s’y agrippent avec
    servilité. Et Netanyahu le sait, il joue de cette faiblesse, il piétine ses
    alliés, il les insulte, il les méprise, et ils l’applaudissent encore.

    Washington
    s’est retrouvé nu face à cette frappe. Comment concilier son alliance
    stratégique avec le Qatar, hôte de sa principale base régionale, avec son
    soutien indéfectible à Israël ?
    La vérité est brutale : ce n’est pas Israël qui dépend des États-Unis, mais
    bien l’inverse.
    Les milliards d’aide militaire, la protection diplomatique au Conseil de
    sécurité, les vetos répétés — tout cela a créé un monstre politique persuadé
    d’être intouchable. Et chaque fois que Netanyahu frappe, les États-Unis paient
    le prix politique de son impunité.

    L’illusion de la « sécurité »

    Les otages ?
    Sacrifiés.
    Les civils ? Affamés.
    Le droit international ? Piétiné.
    La paix ? Enterrée sous les gravats de Gaza.
    Et demain ? Demain ce sera Beyrouth, Damas, peut-être Téhéran, peut-être Doha
    encore. Quand on bombarde sans limite, quand on tue sans frein, où
    s’arrête-t-on ?

    On nous
    répète qu’il s’agit de « neutraliser le Hamas », de protéger Israël. Mais
    frapper un pays médiateur, réduire Gaza en cendres, affamer des populations
    entières, cela ne construit aucune sécurité. Cela ne fait que nourrir la haine,
    alimenter les extrémismes, et préparer les guerres de demain.
    Les otages ? Sacrifiés sur l’autel de la surenchère militaire. La paix ?
    Repoussée à un horizon toujours plus lointain.

    Briser le cycle de l’exception

    Assez
    d’exceptions, assez d’immunité « spéciale » pour Israël. Les crimes commis à
    Gaza, en Cisjordanie, et désormais à Doha doivent être jugés avec les mêmes
    critères que pour tout autre État.

    Il faut le
    dire sans détour : Israël bénéficie d’une exception criminelle.
    Un droit de tuer, de détruire, de bombarder, accordé par le silence des grandes
    puissances.
    Tant que cette exception dure, tant que cette impunité règne, aucune paix n’est
    possible.
    On ne bâtit pas la sécurité sur les cadavres des enfants.
    On ne construit pas un État sur la famine organisée.
    On n’impose pas la justice avec des missiles.

    Et la
    population israélienne ? Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand supportera-t-elle ce
    criminel de masse qui l’entraîne dans l’abîme ? Jusqu’à quand acceptera-t-elle
    que son nom soit associé aux crimes les plus odieux : famine comme arme de
    guerre, bombardement des civils, persécution systématique ? L’acte d’accusation
    de la Cour pénale internationale est là, noir sur blanc, et pourtant il reste
    en poste, il gouverne, il frappe encore.

    Alors, il
    faut le dire sans détour : ce n’est pas seulement Netanyahu qu’il faut juger,
    c’est tout un système d’impunité qu’il faut abattre. L’impunité américaine.
    L’impunité européenne. L’impunité médiatique. Chaque silence est une
    complicité. Chaque demi-mot est une approbation. Chaque nuance est un abandon.

    Les
    bombardements de populations civiles, la famine organisée, les frappes
    extraterritoriales sont des crimes de guerre. Et les auteurs doivent
    être traités comme tels — qu’ils s’appellent Netanyahu, ses ministres ou ses
    généraux.
    La communauté internationale a le choix : soit elle continue de fermer les
    yeux, laissant prospérer ce régime d’impunité, soit elle agit, au nom de ce
    qu’il reste de droit et de justice.

    Conclusion

    Cette frappe
    à Doha n’est pas une simple opération militaire. Elle est le symbole d’une arrogance
    sans limite
    , d’un mépris du droit international, et d’une complicité
    occidentale qui n’ose pas dire son nom.

    Doha est un
    avertissement.
    Un avertissement à ceux qui croient encore que l’occupation, le siège, la
    guerre peuvent rester confinés à Gaza.
    Un avertissement à ceux qui pensent qu’Israël s’arrêtera de lui-même.
    Non. Netanyahu ira plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’on l’arrête.
    Et si le monde continue à se taire, alors nous aurons tous signé le contrat de
    son impunité
    Chaque silence, chaque demi-mot de Washington ou de Bruxelles, est un chèque en
    blanc donné à Netanyahu pour poursuivre la destruction.
    Et tant que cette impunité ne sera pas brisée, tant que les responsables ne
    seront pas traduits devant la justice, le Moyen-Orient restera prisonnier de la
    guerre permanente — et l’idée même de droit international réduite à un théâtre
    creux.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Gaza n’est pas à vendre : contre la guerre sans fin et les promesses vides de Trump et Netanyahou

     

    Cette tribune dénonce l’illusion d’un accord entre
    Trump, Netanyahou et le Hamas, présenté comme une solution au conflit, mais qui
    n’est en réalité qu’une façade pour prolonger la guerre et achever la
    destruction de Gaza. Elle met en lumière l’hypocrisie des puissances
    occidentales, l’instrumentalisation cynique des otages, et la complicité
    internationale dans ce qui s’apparente à un processus de nettoyage ethnique
    .

     

    Introduction : La paix comme tromperie

    Loin de se
    limiter à un constat, cette tribune appelle à une mobilisation citoyenne et
    politique mondiale pour imposer un cessez-le-feu immédiat, lever le blocus,
    protéger la population palestinienne et instaurer des mécanismes internationaux
    contraignants. Gaza n’a pas besoin de promesses creuses ou de projets
    immobiliers grotesques, mais d’une justice effective et de la reconnaissance de
    son droit à exister.

    Depuis des
    mois, Gaza vit sous le feu incessant des bombardements, dans un climat où la
    survie quotidienne se réduit à chercher de l’eau, du pain et un abri. Dans ce
    chaos, Trump et Netanyahou osent présenter un « plan » de libération des otages
    comme une voie vers la paix. Mais il faut regarder derrière les mots : ce plan
    n’est pas une solution, il est la continuité de la guerre par d’autres moyens.
    Derrière la façade diplomatique, il n’y a ni cessez-le-feu durable, ni fin du
    siège, ni respect des droits fondamentaux des Palestiniens. Il y a seulement
    une promesse : celle de prolonger l’injustice.

    La stratégie de la guerre sans fin

    Israël n’a pas
    besoin de victoire définitive pour prolonger son entreprise : il lui suffit de
    maintenir Gaza dans un état de destruction permanente. Netanyahou l’a compris,
    et sa survie politique en dépend. La guerre, pour lui, n’est pas un malheur
    accidentel : c’est une stratégie calculée. Elle alimente son pouvoir intérieur
    et maintient l’opinion israélienne sous l’emprise de la peur.

    Quant à
    Trump, il a transformé Gaza en terrain de jeu cynique. Les projets délirants
    évoqués — hôtels, clubs de golf, zones industrielles brandies comme trophées —
    ne sont pas des solutions, mais des insultes à la mémoire des morts et aux
    survivants. Parler de reconstruction alors que les bombes continuent de tomber,
    c’est comme proposer un nouveau plan d’urbanisme à une ville encore en flammes.

    Les otages comme monnaie d’échange

    Il ne s’agit
    pas ici de minimiser la souffrance des familles israéliennes dont les proches
    sont retenus par le Hamas. Mais il faut dénoncer l’usage cynique que font Trump
    et Netanyahou de ces vies humaines. Chaque promesse de libération s’accompagne
    de conditions irréalistes et d’un refus obstiné d’aborder la racine du problème
    : l’occupation, le blocus, la négation des droits palestiniens.

    En réalité,
    même si le Hamas rendait demain tous les otages, rien n’indique qu’Israël
    mettrait fin à la guerre. L’expérience prouve le contraire : après chaque trêve
    temporaire, les bombardements reprennent avec plus de violence encore. La
    logique est implacable : Gaza n’est pas seulement bombardée pour punir le
    Hamas, mais pour briser la société palestinienne tout entière.

    L’hypocrisie occidentale et la complicité
    internationale

    Les
    États-Unis, loin de jouer le rôle de médiateur, se sont rangés corps et âme du
    côté de l’occupant. Leurs appels à la retenue sonnent creux face aux cargaisons
    d’armes qu’ils livrent. Quant à l’Union européenne, elle se contente de «
    regrets » et de « préoccupations » qui ne sauvent aucune vie.

    Cette
    hypocrisie n’est pas seulement politique, elle est morale. Car si les crimes
    commis à Gaza avaient lieu ailleurs, les chancelleries parleraient de génocide,
    exigeraient des sanctions, convoqueraient le Tribunal pénal international. Mais
    ici, le droit est suspendu, comme si la vie palestinienne valait moins.

    Gaza comme miroir de nos hypocrisies

    Gaza révèle
    ce que nos sociétés refusent d’admettre : que la communauté internationale est
    prête à tolérer l’inacceptable, pourvu qu’il serve ses intérêts stratégiques et
    économiques. Chaque immeuble détruit, chaque hôpital ciblé, chaque enfant
    mutilé révèle la faillite d’un système mondial où la diplomatie performative
    remplace l’action réelle.

    On ne peut
    pas demander aux Palestiniens de se taire, de se soumettre, d’attendre
    indéfiniment que les « négociations » leur rendent leurs droits. Ils savent que
    ces négociations sont biaisées dès le départ, qu’elles masquent la poursuite
    d’un projet de dépossession.

    Le droit à
    résister, la nécessité de la justice

    Il n’est pas
    question ici de glorifier la violence. Mais rappelons une évidence : aucun
    peuple soumis à l’occupation, bombardé depuis des décennies, privé de liberté
    et de dignité, n’accepterait de tendre l’autre joue indéfiniment. Qualifier
    systématiquement de « terroristes » ceux qui résistent revient à nier le droit
    fondamental d’un peuple à exister.

    La véritable
    question n’est pas : « Les Palestiniens ont-ils le droit de se défendre ? »
    mais : « Jusqu’à quand leur refusera-t-on ce droit ? »

    Ce que nous devons exiger

    Face à cette
    guerre sans fin, la communauté internationale et les citoyens du monde ne
    peuvent plus rester spectateurs. Nous devons imposer :

    –         
    Un cessez-le-feu immédiat et permanent, placé sous
    contrôle international.

    –         
    La levée du blocus de Gaza, qui transforme deux
    millions de personnes en prisonniers à ciel ouvert.

    –         
    La libération de tous les prisonniers palestiniens
    détenus sans procès équitable.

    –         
    Une enquête internationale indépendante et
    contraignante sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    –         
    La reconnaissance du droit des Palestiniens à
    l’autodétermination, seule base possible d’une paix véritable.

    Conclusion : Gaza n’est pas à vendre

    Tout accord
    conclu doit inclure la fin du génocide et du nettoyage ethnique, ainsi qu’une
    garantie. Netanyahou ne s’arrêtera pas délibérément. N’oubliez pas que seule la
    guerre continue lui offre une chance de survie politique. Il trouvera toujours
    une raison de poursuivre sa sale guerre contre des innocents. C’est pourquoi
    les forces internationales doivent intervenir au plus vite afin de protéger la
    population palestinienne.

    Il y a bien
    sûr le plan infâme décrit par le Washington Post : les hôtels et les clubs
    de golf Trump, un centre industriel portant le nom d’Elon Musk, une rue portant
    le nom de MBS…

    Gaza n’est
    pas un terrain vague que l’on peut raser puis reconstruire au goût des
    puissants. Gaza est le cœur battant d’un peuple qui refuse d’être effacé. Les
    promesses de Trump, les calculs de Netanyahou, les illusions diplomatiques de
    Washington ou de Bruxelles n’y changeront rien : une paix qui ignore la justice
    est une paix morte-née.

    Nous ne
    devons pas accepter que les générations futures nous jugent complices par notre
    silence. Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de défendre Gaza, mais de
    défendre l’idée même d’humanité.

    Gaza n’a pas
    besoin de promesses creuses. Gaza a besoin de justice. Et la justice ne se
    négocie pas.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

     

     

  • 7 Octobre : propagande, mensonges et guerre des récits

     

    Le récit officiel du 7 octobre s’est imposé comme une
    vérité incontestable : horreurs inimaginables, “victimes innocentes”, barbarie
    palestinienne. Mais derrière cette narration se cache une réalité plus complexe
    : exagérations, fabrications, omissions. Entre la censure militaire, le rôle
    ambigu de Zaka et l’amplification médiatique, l’histoire du 7 octobre apparaît
    moins comme un fait brut que comme une arme de guerre de l’information. Ce
    texte démonte les contradictions, dénonce les manipulations et rappelle que la
    vérité, en temps de guerre, est toujours la première victime.

    On nous les a servis comme un spectacle. Vidéos, images, récits
    insoutenables. Mais derrière le rideau, que reste-t-il ? Beaucoup d’horreur,
    certes, mais aussi beaucoup d’exagérations, de silences, et de mensonges.

    On a parlé de bébés décapités, de femmes enceintes éventrées, de viols de
    masse. Autant d’histoires répétées en boucle puis abandonnées faute de preuves.
    Mais dans l’intervalle, elles ont fait leur travail : imprimer dans les esprits
    l’image d’un Palestinien barbare, inhumain, irrécupérable.

    On nous a montré des maisons en flammes, symboles de la sauvagerie
    palestinienne. Sauf que plusieurs d’entre elles ont été pulvérisées par les
    tanks israéliens. Détail gênant. Mais peu importe, il fallait nourrir la
    dramaturgie nationale.

    Au centre de ce théâtre macabre : Zaka, organisation religieuse israélienne,
    chargée par l’armée de “gérer” les corps et de raconter l’histoire. Et quelle
    histoire ! Celle que Netanyahu a saluée pour sa capacité à galvaniser les
    foules et à convaincre le monde que le Hamas est l’incarnation même du Mal.

    Le nœud central de la guerre de l’information

    Un récit verrouillé

    • L’armée israélienne a eu le
      monopole de la communication officielle.
    • Zaka, organisation religieuse,
      a produit des témoignages émotionnels relayés sans vérification.
    • Le Dinah Project,
      habillé d’un vernis académique et juridique, a poursuivi la même logique
      nationale : documenter dans un cadre favorable aux intérêts diplomatiques
      d’Israël.

    Les atrocités
    réelles du 7 octobre ont été immédiatement utilisées comme levier diplomatique
    pour rallier l’Occident. Les récits spectaculaires mais invérifiables (bébés
    décapités, viols systématiques) ont servi de multiplicateur émotionnel. Le
    refus d’accès aux experts indépendants (ONU, ONG) a renforcé l’impression que
    l’État israélien voulait verrouiller son narratif.

    • Zaka : partialité religieuse et
      communautaire, sa mission étant de “sacraliser” la mémoire des victimes
      juives, pas d’enquêter avec neutralité.
    • Dinah Project : partialité académique et
      politique, dirigé par une juriste israélienne engagée, plaidant aussi la
      cause d’Israël devant les instances internationales.

    Nécessité de
    distinguer faits établis (exécutions, otages, incendies) et récits amplifiés
    (atrocités jamais prouvées). Une Importance de croiser les sources israéliennes
    avec la presse critique (Haaretz, Yedioth), les enquêtes
    internationales (AP, HRW, ONU), et les contre-enquêtes
    palestiniennes mais comme  le 11
    septembre ou Sabra et Chatila, le 7 octobre restera un événement saturé de
    récits concurrents, où la bataille des interprétations pèsera plus lourd que
    les faits

    Oui, tous
    les récits du 7 octobre s’inscrivent dans une guerre de l’information. Zaka et
    le Dinah Project ne sont pas neutres : leur documentation est
    systématiquement alignée avec les intérêts d’Israël. Cela ne signifie pas
    qu’ils inventent tout, mais que leur sélection et leur présentation des faits
    sont orientées.

    Et les médias occidentaux ? Disciplinés, dociles, muets. Tandis que des
    journaux israéliens comme Haaretz ou Yedioth Ahronoth
    mettaient en lumière les tirs de Tsahal sur ses propres civils, nos rédactions
    se contentaient de répéter la formule magique : “1200 victimes israéliennes”.
    Un chiffre gravé dans le marbre, même s’il inclut plus de 400 soldats tombés au
    combat, des dizaines de colons armés, et même des morts causés par l’armée
    israélienne. Nuancer ce récit ? Sacrilège.

    Soyons clairs : oui, des crimes ont été commis par les combattants
    palestiniens. Mais Israël a brouillé toutes les lignes : soldats transformés en
    “civils”, colons armés présentés comme “victimes innocentes”, morts israéliens
    imputés au Hamas quand ils étaient causés par Tsahal. La propagande est devenue
    vérité d’État.

    Et la prise d’otages ? Crime de guerre, nous répète-t-on. Certes. Mais que
    dire alors des milliers de Palestiniens — dont des enfants — entassés depuis
    des années dans les prisons israéliennes, sans procès, dans des conditions
    indignes ? Silence médiatique. Deux poids, deux mesures. Quand le Hamas capture
    des militaires, ce sont des “otages”. Quand Israël enferme des civils
    palestiniens, ce sont de simples “mesures de sécurité”.

    Mais peut-on
    vraiment considérer comme des “civils” des soldats en uniforme ou des colons
    armés qui se battaient ce jour-là ? Certainement pas. Pourtant, dans le
    décompte officiel des “1200 victimes israéliennes”, tout est mélangé :
    militaires tombés au combat, gardes de sécurité, et même des civils tués… par
    l’armée israélienne elle-même. Tsahal l’a reconnu : certains morts sont le fait
    de ses propres tirs, mais les chiffres exacts ne seront publiés — tenez-vous
    bien — qu’“après la fin des combats à Gaza”. En clair : l’unanimité nationale
    d’abord, la vérité ensuite.

    Et malgré
    ces zones d’ombre, ce chiffre de 1200 victimes reste répété, martelé, sanctifié
    dans la presse occidentale. Un chiffre manipulatoire, biaisé, jamais nuancé,
    mais répété jusqu’à devenir intouchable.

    Oui, des
    crimes ont été commis le 7 octobre, et certains l’ont été par les combattants
    palestiniens. Mais faire passer des soldats en armes ou des gardes professionnels
    pour des “victimes civiles”, c’est travestir la réalité. Quant aux récits
    atroces qui ont saturé l’opinion — bébés égorgés, viols systématiques,
    massacres ritualisés — ils relèvent moins du témoignage que de la propagande
    pure, fabriquée pour délégitimer toute idée de résistance.

    Et puisqu’on
    parle de “massacre”, un rappel s’impose : une partie des morts israéliens ce
    jour-là n’a pas été causée par le Hamas mais… par l’armée israélienne
    elle-même, appliquant la directive Hannibal, ce protocole qui autorise à tirer
    sur ses propres citoyens pour éviter des prises d’otages. Des chiffres
    existent, mais ils dorment encore dans les tiroirs du haut commandement. En
    attendant, chaque mort imputable à Tsahal continue d’être ajouté à la colonne
    “victimes du Hamas”. Mensonge par addition.

    Le Hamas n’a pas revendiqué directement les massacres de civils, mais dans
    ses communiqués, il a présenté les victimes comme des colons armés ou des
    réservistes mobilisables. Les kibboutzim autour de Gaza sont décrits comme des
    “bases avancées” de l’occupation, donc pas de simples villages civils. Le Hamas
    applique en pratique une logique de guerre totale, où toute la société
    israélienne est perçue comme impliquée dans l’occupation.

    · 
    Cela rappelle d’autres luttes de libération :

    • le FLN en Algérie
      assimilait les colons européens à des cibles légitimes,
    • l’ANC en Afrique du Sud a
      parfois mené des attentats contre des infrastructures “civiles” liées à
      l’apartheid.

    Voilà la grande opération d’illusionnisme. Israël se présente comme victime
    éternelle, miroir moral de l’Occident. On l’écoute répéter ses fables comme on
    applaudit un prestidigitateur. Des enfants bombardés ? Ce sont des terroristes.
    Des villages rasés ? Des “zones sécurisées”. Des Palestiniens expulsés ? Des
    “mouvements nécessaires de population”. Et ce peuple, ce peuple qu’on prétend
    ne pas voir, ce peuple palestinien ? Officiellement, il n’existe pas.

    Israël, ce
    pays qui se présente comme une “terre sans peuple pour un peuple sans terre”.
    Un miracle, paraît-il. Un mensonge, surtout.

    On nous vend
    une “armée la plus morale du monde” — celle qui bombarde des hôpitaux, des
    écoles et des camps de réfugiés. On nous chante la résilience et la démocratie
    modèle, pendant que les check-points, les murs et les prisons s’étendent.

    Dieu comme
    agent immobilier, distribuant des titres de propriété depuis les nuages : voilà
    le récit fondateur. Et il faudrait y croire, encore et toujours, au nom du
    respect éternel et inconditionnel.

    Résultat :
    on écoute, on se tait, même quand on sait qu’on nous ment. Même quand un État
    manipule l’information, piétine les traités, vide les mots de tout sens. La
    diplomatie devient prestidigitation : “terroristes” au lieu d’enfants,
    “sécurité” au lieu d’expropriations, “paix” au milieu des bulldozers.

    Vous voyez
    un génocide ? On l’appelle “opération militaire”. Vous voyez un apartheid ? On
    dit “zones A, B, C”. Vous voyez des familles déportées ? On répond “sécurité
    nationale”. Vous voyez un peuple sous occupation ? On vous assure qu’il n’a
    jamais existé..

    Et pendant ce temps, Tel Aviv brille de ses vitrines : la gay pride la plus
    colorée du monde, les pistes cyclables les plus modernes. Une carte postale
    progressiste qui masque les check-points, les murs, les barbelés, les camps de
    réfugiés et les fosses communes.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

  • Attentat sous Faux drapeau ou stratégie d’État à Jérusalem : (la machine de mort de Netanyahou)

     

    Un attentat sanglant à Jérusalem, présenté comme une
    attaque terroriste, soulève de lourds soupçons. Et si ce drame n’était pas
    seulement un crime, mais un outil politique ? Derrière chaque mort, une même
    logique : prolonger l’occupation, étouffer la résistance, justifier la guerre.
    Cette réaction dénonce la stratégie cynique d’un pouvoir qui fait de la
    violence sa seule politique, avec la complicité silencieuse de l’Occident

    Qu’on ne s’y
    trompe pas : ce qui se joue aujourd’hui à Jérusalem n’est pas un accident, mais
    la conséquence logique d’un système qui se nourrit du sang. On peut bien
    appeler cela « attentat », « riposte », « sécurité » ou « droit
    à se défendre
    » : le résultat est toujours le même, un cycle entretenu, une
    machine à tuer qui profite aux dirigeants israéliens.
    Face à cette
    levée de boucliers Netanyahou a trouvé la solution : faire taire tout le
    monde, et criminaliser toute critique, toute résistance.

    L’attentat
    de Jérusalem tombe, comme par hasard, le jour même où Netanyahou devait
    répondre de sa corruption devant les juges. Doit-on croire à la coïncidence ?
    On nous répète que deux Palestiniens armés auraient franchi les innombrables
    checkpoints pour ouvrir le feu… mais cette version officielle, reprise en
    boucle, mérite plus qu’un simple acquiescement. Car chaque fois que le pouvoir
    est fragilisé, la peur resurgit comme par miracle, offrant au Premier ministre
    une tribune sanglante pour se poser en protecteur d’Israël.

    Il faut le
    dire clairement : le soupçon de « faux drapeau » n’est pas une lubie
    complotiste, c’est le produit direct d’un État qui a fait de la manipulation,
    de la guerre permanente et de l’occupation sa raison d’être
    . Quand un
    gouvernement exploite chaque mort pour prolonger sa domination, quand il
    transforme ses propres citoyens en otages d’une stratégie du chaos, pourquoi
    s’étonner que certains doutent de la version officielle ?

    Cela va
    permettre à Netanyahou et ses acolytes de déclencher une nouvelle guerre contre
    la Cisjordanie et son occupation totale, puisque les deux présumés terroristes
    viennent de Ramallah, supposés armés et traversant tous les postes de contrôle
    de l’armée israélienne. Dieu seul sait combien ces checkpoints sont nombreux,
    oppressants, et pourtant présentés comme infranchissables.

    Netanyahou
    n’est pas seulement un dirigeant cynique : il est l’architecte d’une politique
    qui a institutionnalisé la brutalité. Gaza rasée, la Cisjordanie étranglée, les
    colons enhardis, les civils humiliés et bombardés, les enfants affamés… Voilà
    son bilan. Voilà sa méthode. Et tant que cette machine continuera de tourner,
    aucun attentat, aucune fusillade, aucune guerre ne prendra fin. Parce que la
    violence est devenue un instrument de pouvoir.

    Le plus
    insupportable, c’est la duplicité de l’Occident. À chaque bombe israélienne qui
    tombe sur un immeuble, à chaque famine organisée, à chaque massacre de civils,
    les chancelleries répètent comme un chœur bien dressé : « Israël a le droit
    de se défendre
    ». Mais qu’un Palestinien lève la main, qu’un Palestinien
    tire une balle, et le monde entier crie au terrorisme absolu. Quand les
    palestiniens qui ripostent par des actes de ripostes, ce sont des
    Terroristes,  des barbares. Deux
    poids, deux mesures qui tuent toute crédibilité morale et qui nourrissent le
    crime

    Le 7 octobre
    justifie tout : les bombes, la famine, des millions de personnes dont la vie
    est complètement détruite, des dizaines de milliers de morts, des nourrissons
    mourant de faim, tout. Mais bien sûr, ce qui arrive aux Palestiniens ne
    justifie jamais rien. Peu importe à quel point ils sont bombardés, affamés,
    malmenés, tués, détruits, rasés, volés ou violés, rien, absolument rien, ne
    justifie jamais une quelconque réaction.

    C’est
    ridicule, bien sûr. En réalité, la violence engendre la violence, et la
    violence qu’Israël inflige aux Palestiniens depuis 1967 est vouée à dégénérer
    en davantage de violence, qui fera encore plus de victimes, tant juives que
    palestiniennes. Eh bien, si la vie des Palestiniens est bon marché, pourquoi
    les gens qui ne sont ni Israéliens ni Palestiniens devraient-ils considérer la
    vie des Israéliens comme chère ? Ne sont-ils pas extensibles aussi ? Pourquoi ?

    Mais la
    seule violence punie est la violence palestinienne, tandis que la violence
    israélienne (généralement mille fois plus meurtrière) est légitimée et soutenue
    par l’Occident. « La violence ne peut justifier la violence » ? Et jeter une
    pierre du haut d’un précipice ne peut justifier sa chute ?

    Que
    recommandez-vous ?

    Que les
    Palestiniens écrivent au Premier ministre israélien pour lui dire : « S’il vous plaît, arrêtez de nous exterminer et de nous
    voler nos terres. Soyons tous amis,  prenez tout simplement
    » ?

    La violence
    « ne peut justifier la violence », Mais dans la réalité, on nous sert
    des répétitions incessantes des bêlements israéliens selon lesquels ils peuvent
    faire tout ce qu’ils veulent aux Palestiniens à cause du 7 octobre. C’est
    partout, dans chaque article, chaque commentaire, partout : les Israéliens et
    les commentateurs pro-israéliens justifient sans cesse la violence, qu’ils
    appellent aisément « guerre de légitime défense ».

    J’ai
    tendance à croire que cette tragédie est une spécialité « maison »
    concoctée par un Premier ministre compétent et venimeux. Lui seul mérite
    d’être blâmé.
    Il refuse l’accord vital avec le Hamas. Il a donné l’ordre du
    génocide. Il a donné l’ordre de la guerre d’extermination contre les
    Palestiniens. Il a donné l’ordre de massacrer sans relâche les Palestiniens à
    Gaza. Il a donné l’ordre du nettoyage ethnique en Cisjordanie. J’espère que
    quelqu’un parviendra très bientôt à lui botter les fesses… pour le bien des
    Palestiniens et pour le bien des Israéliens qui ont toujours soutenu un terrible
    SS.

    Alors oui,
    qu’on le répète sans détour : l’occupation est le cœur du problème. Tant
    qu’Israël volera des terres, détruira des maisons, privera un peuple entier de
    dignité, la violence répondra à la violence. Croire que l’on peut exterminer ou
    déporter un peuple est une folie. Croire que l’on peut maintenir une
    colonisation sans fin est une illusion. Et chaque attentat, chaque bombe,
    chaque mort, israélienne ou palestinienne, en est la preuve sanglante.

    Ceux qui
    aujourd’hui se pavanent devant les caméras, ceux qui transforment les cadavres
    en arguments électoraux, portent une responsabilité écrasante. Netanyahou et
    ses alliés ne défendent pas Israël : ils l’enferment dans une spirale mortifère
    où la haine est devenue une politique, et où la guerre n’est plus une menace
    mais un horizon permanent.

    Il faut le
    dire avec force : cette tragédie est fabriquée. Elle n’est pas une fatalité,
    mais une stratégie.
    Tant que l’impunité sera garantie par Washington et par
    les capitales européennes, tant que l’opinion publique acceptera que des
    milliers de Palestiniens soient tués sans que cela ait le moindre poids
    médiatique, cette spirale continuera.

    Et qu’on ne
    vienne pas nous parler de morale. Car il n’y a rien de moral dans un État qui
    largue des bombes sur des enfants, qui affame des familles, qui nie à un peuple
    le droit même d’exister. Il n’y a rien de moral dans une communauté
    internationale qui ferme les yeux au nom d’intérêts géopolitiques.

    La seule
    vérité, c’est celle-ci : l’occupation est la racine du mal. Tant qu’elle
    perdurera, il y aura des drames, des massacres, des attentats. Pas parce que
    les Palestiniens seraient condamnés à la violence, mais parce qu’aucun peuple
    ne peut vivre indéfiniment sous le joug de l’oppression.

    Alors, face
    aux morts de Jérusalem comme face aux morts de Gaza, cessons de répéter les
    récits officiels qui blanchissent les bourreaux. Regardons en face la réalité :
    ce n’est pas la sécurité qui guide cette politique, mais le pouvoir, la
    domination, et l’obsession de détruire l’autre. Et tant que Netanyahou et ses
    semblables continueront à gouverner en banalisant le mal, la tragédie se
    répétera jusqu’à ce qu’on dise enfin : assez.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Le royaume du Makhzen : Derrière la vitrine, l’amère réalité.

     

    Makhzen, propagande, fracture sociale, misère cachée, image internationale, touriste américaine, accusation absurde, expulsion, inégalités, jeunesse désabusée La pauvreté, la
    répression et l’obsession de l’image finissent toujours par éclater au grand
    jour. Le Maroc se rêve vitrine moderne, mais ses fissures crient plus fort que
    ses façades repeintes. La pauvreté, la répression et l’obsession de l’image
    finissent toujours par éclater au grand jour. 
    Voilà la réalité que la vitrine ne peut plus masquer.

    La vitrine et l’arrière-boutique

    On nous
    vante un royaume modèle, vitrine de l’Afrique : TGV à grande vitesse, tramways
    ultramodernes, stations balnéaires scintillantes et zones industrielles «
    intégrées ». Tout cela existe, sans doute. Mais ce décor, si soigné, ne reflète
    qu’une infime partie du pays. L’autre, la plus vaste, reste reléguée derrière
    les murs invisibles de la communication officielle : pauvreté endémique,
    analphabétisme massif, santé publique exsangue, chômage d’une jeunesse
    abandonnée.

    Les médinas
    en sont l’illustration parfaite. Présentées aux touristes comme des joyaux
    d’authenticité, elles abritent une économie de survie. Derrière les ruelles
    pittoresques se déploient les logiques de la débrouille : mendicité, petits
    trafics, exploitation sexuelle, artisanat sous-payé. Un décor qui séduit l’œil
    étranger mais qui, pour ses habitants, est un espace d’enfermement social.

    L’obsession
    du contrôle

    Le pouvoir,
    incarné par le Makhzen, consacre des moyens colossaux à contrôler le récit.
    Campagnes publicitaires, storytelling médiatique, communication
    institutionnelle : tout est orchestré pour entretenir l’illusion d’un pays en
    marche. Mais l’ère numérique rend ce contrôle fragile. Une simple vidéo peut
    fissurer le vernis

    Le cas de la touriste américaine : symbole d’une peur
    panique

    Venue en simple voyageuse, En filmant un espace où des ânes servaient de
    moyen de transport dans une grande ville, elle pensait partager une curiosité
    exotique avec ses compatriotes. Elle l’a même surnommée, avec une pointe d’humour,
    « donkey parking ».». Son geste, banal, aurait dû passer inaperçu. Mais
    il déclenche une tempête : accusée d’être un « agent de l’Algérie », prise pour
    cible d’une campagne de diffamation, elle est finalement expulsée. Comme si
    pointer du doigt une scène ordinaire constituait un acte d’espionnage.

    C’est
    exactement ce qui s’est produit avec l’affaire de la touriste américaine. Un
    épisode illustre à lui seul cette crispation : celui d’une touriste américaine.

    • Accusée d’être un agent de
      l’Algérie
      ;
    • Ciblée par une campagne
      d’insultes et de dénigrement
      ;
    • Expulsée du pays, comme si une simple vidéo
      pouvait constituer une menace nationale
      .

    Ce
    traitement disproportionné a mis en lumière une vérité dérangeante : derrière
    la façade, le régime redoute que le monde voie le Maroc tel qu’il est, et non
    tel qu’il veut apparaître
    .

    Un pays
    fracturé

    Pendant ce
    temps, la jeunesse marocaine regarde ailleurs.
    Entre chômage endémique, système éducatif défaillant et absence de
    perspectives
    . Elle ne
    croit plus aux slogans. Elle rêve d’exil, faute de perspectives. Elle vit le
    paradoxe d’un pays où l’on construit des autoroutes pour quelques-uns mais où
    des millions restent coincés dans les embouteillages du quotidien : écoles
    sinistrées, hôpitaux démunis, corruption rampante.

    La réalité
    est implacable :

    • Des millions de citoyens
      marginalisés
      par la
      croissance ;
    • Une jeunesse désabusée,
      rêvant d’exil plus que d’avenir ;
    • Un système éducatif et
      sanitaire en crise
      ;
    • Une corruption persistante
      qui mine la confiance
      .

    Ni les
    slogans, ni les grands projets, ni la propagande ne peuvent occulter ces
    fractures. Car chaque image échappée, chaque témoignage étranger, chaque
    scandale médiatique agit comme un miroir brisé, renvoyant au monde le visage
    qu’on veut cacher.

    Conclusion

    Il est temps
    d’affronter la réalité : on ne bâtit pas un avenir sur des mirages. Tant que le
    Maroc continuera à investir plus dans sa vitrine que dans ses citoyens, il
    restera prisonnier de sa contradiction. Et tôt ou tard, les fissures de l’image
    deviendront des fractures irréversibles

    Le Maroc est
    pris dans une contradiction insoutenable : investir dans la vitrine plutôt que
    dans la réalité. Mais une façade finit toujours par se fissurer, et lorsque
    cela arrive, c’est tout le bâtiment qui menace de s’effondrer.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

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  • L’Algérie n’existait pas ? Quand la France falsifie son propre passé.

     

    Derrière la
    formule-choc, une manipulation historique. Bien avant 1830, des royaumes
    numides à la Régence d’Alger, le territoire algérien avait déjà des
    institutions, une diplomatie et une identité politique. Ni invention française,
    ni simple prolongement ottoman : l’Algérie a une profondeur historique que les
    polémiques politiques occultent.  Quand l’histoire devient un champ de bataille idéologique, les faits
    doivent rappeler leur droit. Pourquoi alors entretenir le mythe d’une «
    création française 

     Une polémique
    récurrente
     : « L’Algérie n’existait pas avant la
    colonisation française » : la phrase, prononcée ou insinuée par divers
    responsables et polémistes, revient avec une régularité qui en dit long sur
    l’état du débat franco-algérien. Loin d’être un simple rappel académique, cette
    affirmation condense à elle seule un ensemble de contradictions : elle nie une
    histoire plurimillénaire, elle entretient un récit colonial édulcoré, et elle
    instrumentalise la mémoire à des fins politiques.

    Derrière ces
    mots, ce n’est pas seulement l’Algérie qui est visée, mais aussi la capacité de
    nos sociétés à regarder leur passé en face. Or, le déni, qu’il soit français ou
    algérien, n’apporte rien : il enferme deux nations dans un face-à-face stérile,
    nourri de malentendus, d’amertume et de manipulations.

    Cet essai
    propose de revisiter la question : qu’y avait-il avant 1830 ? Que révèle le
    retour obsessionnel de ce débat ? Et comment l’instrumentalisation mémorielle
    paralyse aujourd’hui toute relation sereine entre les deux rives de la
    Méditerranée ?

    L’Algérie
    avant 1830 : une réalité historique
     : Contrairement à ce que laisse entendre la formule choc, l’Algérie n’est pas
    née de la conquête française. Le territoire a connu plusieurs formes d’organisation
    politique, attestées par des sources numismatiques, diplomatiques et
    institutionnelles.

    • L’époque numide (IIIᵉ – Iᵉ
      siècle av. J.-C.)
      : Sous Massinissa et Jugurtha, les royaumes
      numides constituent de véritables États. Ils frappent leur propre monnaie,
      mènent des guerres reconnues par Rome, et signent des traités d’alliance.
      La monnaie à l’effigie des souverains est une preuve irréfutable d’un
      pouvoir souverain.
    • La Régence d’Alger (XVIᵉ – XIXᵉ
      siècles)
      : Sous
      tutelle ottomane mais largement autonome, la Régence disposait de sa
      propre administration, de sa flotte, et surtout d’une diplomatie active.
      En 1795, elle signe un traité avec les États-Unis, puissance naissante.
      Elle entretient des relations avec la France et la Grande-Bretagne. Sa monnaie
      (le Mazouna) circule dans la région.

    Ces éléments
    attestent que l’Algérie, bien avant 1830, possédait les caractéristiques d’une
    entité politique souveraine. Certes, la forme moderne de l’État-nation
    n’existait pas encore — mais c’était aussi le cas de la France avant la
    Révolution.

    La
    colonisation : rupture et dépossession
     : La conquête française ne crée pas l’Algérie, elle la brise. Alors que la
    Régence aurait pu, à l’instar d’autres provinces ottomanes, évoluer vers une
    autonomie accrue, le processus est stoppé net.

    • Les élites locales sont
      expropriées ou contraintes à l’exil.
    • Les grandes terres agricoles,
      souvent détenues par des tribus berbères, sont confisquées et
      redistribuées aux colons.
    • Ces colons, souvent d’origine
      modeste — Espagnols, Italiens, parfois repris de justice —, bénéficient
      d’un système qui les hisse au-dessus de la population indigène.

    La
    colonisation française ne se contente pas de dominer : elle déstructure. Elle
    remplace un système politique par un autre, importé et imposé, au prix de 132
    ans de domination, de révoltes étouffées dans le sang, et d’une mémoire
    durablement traumatisée.

    Le double
    déni : la France et l’Algérie face à leur mémoire :
    Si la polémique revient si souvent, c’est qu’elle
    arrange les deux pays.

    • En France, le récit officiel minimise la
      brutalité coloniale. Les massacres, les pillages et les spoliations sont
      souvent passés sous silence au profit d’un mythe républicain qui aurait «
      apporté l’école et les routes ». Parler d’une Algérie « créée » par la
      France permet de transformer une entreprise de domination en geste de
      générosité.
    • En Algérie, le pouvoir instrumentalise le
      traumatisme colonial pour étouffer toute critique interne. Le nationalisme
      rigide se nourrit d’un récit où la France incarne le mal absolu, ce qui
      évite de poser des questions gênantes sur la gouvernance actuelle, la
      corruption ou l’autoritarisme.

    Ce double
    déni enferme les deux nations dans une relation toxique : la France refuse
    d’assumer son passé, l’Algérie refuse de dépasser le sien
    .

    Quand les
    dirigeants confondent histoire et politique
     : Le problème est aggravé par l’attitude des
    responsables politiques français. Comment accorder du crédit à un président qui
    multiplie maladresses et contradictions ? L’affaire Pegasus, où son téléphone
    est espionné par le Maroc, n’a donné lieu à aucune réaction diplomatique à la
    hauteur. Ses approximations sur l’Europe — se proclamant « président de
    l’Europe » au lieu du Conseil européen — témoignent d’une méconnaissance
    inquiétante.

    Dans ce
    contexte, ses déclarations sur l’Algérie ne relèvent pas de la recherche
    historique, mais d’un calcul électoral : flatter une partie de l’opinion en
    exploitant les blessures coloniales. C’est une instrumentalisation de plus, qui
    ne fait qu’aggraver les tensions.

    Le rôle délétère
    des médias et du populisme
     : Les médias participent à cette mécanique. L’Algérie est un sujet commode :
    il fait vendre. Les titres racoleurs attirent l’audience, les commentaires
    haineux génèrent des clics, et l’algorithme récompense la polémique.

    Résultat :
    les voix modérées disparaissent, les discours extrêmes dominent. Les Algériens
    et les musulmans servent de miroir grossissant aux obsessions françaises. La
    haine devient un produit médiatique, une matière première exploitable.

    Mais cette
    logique détourne aussi l’attention. Pendant que les plateaux télé s’écharpent
    sur « l’Algérie qui n’existait pas », les vrais problèmes — pouvoir d’achat,
    hôpital public, climat social — passent au second plan. La polémique coloniale
    devient un écran de fumée.

    Une question
    universelle : qu’est-ce qu’une nation ?

    La formule
    sur l’Algérie soulève une question plus vaste : qu’est-ce qu’une nation, et
    quand commence-t-elle ?

    Appliquée à
    la France, la même logique montre ses limites. Avant la Révolution, existait-il
    une « nation française » ? Les habitants se définissaient par leur
    paroisse ou leur région, parlaient des langues diverses, refusaient parfois de
    mourir pour la patrie. L’identité nationale s’est construite progressivement,
    dans le conflit, parfois dans le sang.

    Pourquoi ce
    qui vaut pour la France ne s’appliquerait-il pas à l’Algérie ?

    Pour une
    histoire apaisée
     : La vérité est simple : l’Algérie existait avant la
    colonisation. Elle n’était pas une nation au sens moderne, mais elle était une
    entité politique organisée, comme la plupart des pays avant le XIXᵉ siècle.

    Nier cette
    réalité n’a rien d’innocent : c’est un geste politique, un acte de mépris qui
    alimente la xénophobie. Les comparaisons avec d’autres entreprises de
    déshumanisation (nazisme, occupations coloniales) rappellent que réduire un
    peuple à l’insignifiance est toujours dangereux.

    La solution
    n’est pas de substituer un récit à un autre, mais de rendre la parole aux
    historiens. L’histoire doit se construire sur des preuves, non sur des slogans.

    Conclusion :
    sortir du piège mémoriel
     : Tant que la France continuera à
    minimiser la colonisation et tant que l’Algérie s’abritera derrière son
    traumatisme, les deux nations resteront prisonnières de leur passé. La
    polémique autour de « l’Algérie inventée » n’est pas un débat d’historiens :
    c’est une arme politique, un miroir des angoisses et des manipulations.

    Il est temps
    de changer de registre. Plutôt que d’utiliser l’histoire pour diviser, il faut
    l’accepter dans toute sa complexité, avec ses zones d’ombre et ses
    contradictions. Ce n’est qu’à cette condition que pourra s’ouvrir un dialogue
    sincère, où la mémoire ne serait plus un champ de bataille, mais un espace
    partagé de vérité.

    Car au fond,
    en niant l’histoire de l’Algérie, c’est aussi l’histoire de la France que l’on
    falsifie.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

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  • Abou Ubaidah : l’éternité d’un combat, la victoire d’une âme

     

    Deux ans
    après, la voix d’Abou Ubaidah continue de résonner comme un appel à la dignité
    et à la résistance. Symbole de courage et de fidélité à la patrie, il incarne
    la chaîne ininterrompue des martyrs et des combattants palestiniens. Qu’il
    poursuive son combat ou qu’il s’élève vers son Seigneur, son héritage demeure
    immortel : une flamme qui traverse les générations, enracinée dans la terre
    bénie de Palestine et tournée vers la promesse du Paradis

    Deux années se sont écoulées, et le nom d’Abou Ubaidah demeure vivant, porté
    par l’écho de sa détermination. Sa marche a traversé le pays, éveillant les
    consciences, appelant au sursaut et rappelant à chacun la noblesse du combat.
    Aujourd’hui, la nation entière le cherche et le suit. Pour certains, il est un
    motif de fierté : il a relevé son peuple, ravivé en lui la flamme de la
    résistance et réaffirmé son honneur. Pour d’autres, il est une ombre
    dérangeante : ils espèrent son silence, car sa voix dévoile leur échec et leur
    faiblesse.

    Israël a voulu frapper l’âme d’une communauté d’un milliard d’hommes et de
    femmes, et pensait la réduire à la résignation. Mais lorsque l’âme demeure
    vivante, le corps retrouve sens et la bataille retrouve sa valeur. Si l’assassinat
    suffisait à éteindre la résistance, elle se serait éteinte depuis près d’un
    siècle, avec le martyre d’Izz ad-Din al-Qassam.

    En Palestine, la chaîne ne se brise pas. Chaque leader appelle d’autres
    leaders, chaque combattant en fait naître dix, et la mémoire d’un martyr
    engendre mille résistants. Comme l’olivier dont les rameaux repoussent sans
    fin, la résistance s’enracine dans cette terre bénie, nourrie par la foi et la
    détermination.

    Quant à Abou Ubaidah, qu’il poursuive son combat ou qu’il rejoigne le rang
    des martyrs, son destin est déjà scellé : il est victorieux. Vivant, il
    continue la lutte ; tombé, il atteint l’éternité. Dans les deux cas, il demeure
    parmi nous, immortel dans les cœurs, élevé par l’amour de la patrie et
    d’Al-Aqsa, et guidé vers la satisfaction de Dieu et la promesse du Paradis.


    Voici l’intégralité du
    discours d’Abu Obeida, traduit en français (18/07/2025) :

    « Ô
    notre peuple patient, enraciné et croyant dans la grande Gaza, Ô fils de notre
    peuple partout dans le monde, Ô masses de notre nation islamique et arabe, Et à
    tous les Hommes libres de ce monde : Que la paix, la miséricorde et les
    bénédictions de Dieu soient sur vous. Quatre mois se sont écoulés depuis que
    l’ennemi sioniste a repris son agression barbare et nazie contre notre peuple
    dans la bande de Gaza, trahissant ses engagements et rompant l’accord conclu
    avec la résistance en janvier de cette année. Après avoir menti aux médiateurs
    et au monde, il est revenu, en quête d’une victoire illusoire, poursuivant son sadisme
    contre les civils et les enfants, et exerçant le passe-temps de ses gangs : la
    destruction méthodique des quartiers, des villes et des rassemblements civils.
    Cette guerre brutale, qui dure depuis 21 mois, est le récit de la fermeté des
    montagnes que sont nos combattants, de la patience des prophètes que manifeste
    notre peuple généreux et digne, et de la honte des oppresseurs usurpateurs,
    sans oublier l’abandon honteux de certains frères de sang, d’arabité et
    d’islam, sauf ceux que Dieu a épargnés parmi les sincères, les combattants et
    les peuples opprimés. L’ennemi a baptisé ces derniers mois son opération du nom
    de « Chariots de Gédéon », tentant d’habiller son affrontement raciste et nazi
    d’un vernis pseudo-biblique. Mais nous lui avons opposé, par la grâce de Dieu,
    une série d’opérations baptisées « Pierres de David », en s’inspirant du
    soutien divin apporté à David face à Goliath l’oppresseur

    . Et
    Dieu a ouvert la voie à nos combattants, a guidé leurs tirs et a été avec eux à
    chaque frappe, car : « Ce n’est pas toi qui as tiré, mais c’est Dieu qui a
    tiré. » Nos combattants, côte à côte avec leurs frères des autres factions, et
    en particulier nos frères des Brigades Al-Quds, mènent un combat inégal
    avec une foi inébranlable, une volonté ferme, une force incroyable, et ont
    infligé des centaines de morts et de blessés dans les rangs de l’ennemi, sans
    compter les milliers souffrant de troubles psychologiques et de stress
    post-traumatique. Le nombre de suicides dans les rangs ennemis ne cesse
    d’augmenter, tant la résistance qu’ils affrontent est féroce et enveloppée du
    soutien divin. Nos combattants surprennent l’ennemi avec de nouvelles tactiques
    et approches, tirant les leçons de la guerre la plus longue de notre histoire.
    Ils mènent des opérations héroïques sans précédent : Des attaques ciblées
    contre les blindés, des combats rapprochés, des tirs de snipers, des explosions
    de bâtiments, de tunnels, des embuscades complexes et des assauts sur les
    forces ennemies.

    Le
    monde entier a vu nos héros grimper sur les véhicules blindés de l’ennemi à
    Khan Younès, atteindre les soldats sionistes à bout portant, neutraliser un
    criminel responsable de la démolition de maisons civiles, et saisir ses armes.
    Ces dernières semaines, nos combattants ont tenté plusieurs enlèvements de
    soldats, dont certains ont failli réussir, n’eût été la volonté divine, puis
    les exécutions collectives opérées par l’ennemi (dans le cadre de la procédure
    Hannibal) dès qu’il soupçonnait une tentative de capture. Les opérations de nos
    combattants se sont étendues du nord et de l’est de Beit Hanoun et Jabalia, en
    passant par Tuffah, Shujaiya et Zeitoun, jusqu’à Khan Younès et Rafah, faisant
    de la résistance de Gaza la plus grande école militaire de résistance d’un
    peuple sous occupation dans l’histoire contemporaine.

    Ô
    notre peuple, ô notre nation, Nous, dans les Brigades Ezzedine Al-Qassam, après
    vingt-et-un mois de la bataille Déluge d’Al-Aqsa et de la guerre sioniste nazie
    contre notre peuple, affirmons ce qui suit:

    Premièrement
    :

    Nos
    combattants et frères de la résistance sont pleinement prêts à poursuivre une
    guerre d’usure longue contre l’occupant, quelle que soit la forme de son
    agression. Nos combattants ont juré fidélité, fermeté et intensification des
    coups jusqu’à la fin de l’agression ou le martyre. Notre combat est un
    principe, un droit incontestable, un devoir religieux et national sacré. Nous
    n’avons d’autre choix que de combattre avec force, résolution et une foi
    indomptable. Nous combattrons avec les pierres de la terre, avec ce que nous
    avons, avec des Hommes qui accomplissent des miracles avec peu d’armes, par la
    grâce de Dieu. La stratégie actuelle de la direction des Brigades Al-Qassam est
    de causer un maximum de pertes dans les rangs ennemis, par des opérations à
    bout portant, et d’œuvrer à la capture de soldats sionistes.

    Si le
    gouvernement terroriste de l’ennemi choisit de poursuivre sa guerre
    d’extermination, il choisit en même temps de continuer à accueillir les
    cercueils de ses soldats et officiers. Leurs chars ne les sauveront pas, et ils
    ne seront pas protégés des feux de la mort forgés par des mains croyantes et
    lancés
    par la main de Dieu : « Ils pensaient que leurs forteresses les
    mettraient à l’abri de Dieu, mais Dieu les a atteints d’où ils ne s’y
    attendaient pas, et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. »

    Deuxièmement
    :

    Bien
    que nous soyons fiers de la fermeté et des exploits de nos combattants, nous
    sommes pleinement conscients de l’ampleur de la douleur et de la souffrance
    vécues par notre peuple meurtri et nos familles patientes, dont nous partageons
    les souffrances jour après jour. Et le fait que nous accomplissions notre
    devoir, que notre Seigneur nous a confié dans la défense et le combat contre
    cet ennemi, ne dispense pas la nation des deux milliards [de musulmans] de son
    devoir, qu’elle a malheureusement négligé.

    Notre
    ennemi est soutenu par les puissances les plus injustes au monde, qui lui
    fournissent un flux ininterrompu d’armes et de munitions, tandis que les forces
    de notre nation regardent passivement leurs frères sur la terre du front se
    faire massacrer par dizaines de milliers, affamés, privés d’eau et de
    médicaments.

    Et
    nous disons à l’Histoire, avec toute l’amertume et la douleur, et devant tous
    les enfants de notre nation : Ô dirigeants, élites, partis, savants de la
    nation islamique et arabe : Vous êtes nos adversaires devant Dieu. Vous êtes
    les adversaires de chaque enfant orphelin, de chaque femme endeuillée, de
    chaque déplacé, exilé, blessé ou affamé. Vous avez le sang de dizaines de
    milliers d’innocents sur les mains, trahis par votre silence. Et cet ennemi
    criminel et nazi n’aurait pu commettre ce génocide en votre présence sans être
    assuré de votre impunité, de votre silence, et d’avoir acheté votre abandon.
    Nous ne disculpons personne de la responsabilité de ce sang qui coule. Et nous
    n’exemptons personne qui a la capacité d’agir, chacun selon ses moyens et son
    influence.

    Par
    Dieu, nous voyons l’humiliation, le mépris de l’ennemi pour notre nation, sa
    transgression et sa tyrannie, et nos cœurs saignent de douleur car nous
    connaissons la lâcheté, la faiblesse et l’humiliation de cet ennemi, ainsi que
    sa vraie nature. Et nous savons, avant tout, cette vérité divine : « Vous leur
    inspirez plus de crainte que Dieu lui-même. » S’il avait été confronté à la
    fierté de l’islam et à la noblesse arabe, il aurait été défait. Mais c’est la
    décadence… « Dieu nous suffit, Il est le meilleur garant. » Une nation aussi
    grande, aussi noble, aussi glorieuse n’est-elle pas capable de faire parvenir
    nourriture, eau et médicaments à ceux qui meurent de faim et sont assiégés à
    Gaza ? N’est-elle pas capable d’arrêter le torrent de sang qui coule et qui
    vise à terroriser notre Oumma et à la briser pour établir un empire sioniste
    sur les terres de l’arabité et de l’islam, avec pour capitale votre première
    Qibla et le lieu d’ascension de votre Prophète
    ﷺ ou peut-être sur ses ruines ? Que les yeux des lâches ne
    connaissent pas le sommeil. En face, nous saluons avec fierté notre peuple
    bien-aimé et béni du Yémen de la foi et de la sagesse, ses forces armées et nos
    frères sincères d’Ansar Allah, qui ont stupéfié le monde par leur fermeté et
    leur position constante envers la Palestine, Gaza, son peuple et ses
    combattants.

    Ils
    ont imposé à l’ennemi un nouveau front actif, preuve irréfutable contre ceux
    qui se taisent parmi les grands régimes, partis et forces arabes et islamiques,
    dont certains ne sont plus que des façades de l’oppression et des calmants pour
    les peuples et leur jeunesse libre. Leur crédibilité et leurs grands slogans
    sont désormais mis à l’épreuve face à leur abandon et leur incapacité à
    soutenir la cause la plus pure et la plus sacrée des Arabes et des musulmans.
    Quant aux Hommes libres du monde, nous les remercions pour leurs initiatives de
    solidarité, leurs tentatives de briser le blocus et de soulager l’injustice
    faite à notre peuple, malgré les risques, l’abandon, et les tentatives de
    diffamation menées par les hypocrites de la nation, qui se sentent visés par
    chaque cri. Nous appelons à renforcer ces initiatives, à les poursuivre, et à
    exposer l’ennemi par tous les moyens, dans tous les domaines.

    Troisièmement
    :

    Nous
    soutenons avec force la position de la délégation de négociation de la
    résistance palestinienne dans les négociations indirectes avec l’ennemi. Et
    nous avons proposé à plusieurs reprises, au cours des derniers mois, de
    conclure un accord global dans lequel nous remettrions tous les captifs ennemis
    d’un seul coup. Mais le criminel de guerre Netanyahu et ses ministres issus du
    mouvement nazi ont refusé cette offre. Il est apparu pour nous qu’ils ne
    s’intéressaient pas aux prisonniers, puisqu’il s’agit de soldats, et que leur
    dossier n’est pas une priorité pour eux. Ils ont préparé l’opinion publique à
    accepter l’idée de leur mort collective.

    Quant
    à nous, nous nous sommes engagés à les garder vivants autant que possible
    jusqu’à maintenant, tout en suivant de près ce qui se passe dans les
    négociations. Nous espérons qu’elles aboutiront à un accord garantissant
    l’arrêt de la guerre contre notre peuple, le retrait des forces d’occupation,
    et la fourniture d’aide à nos familles. Mais si l’ennemi persiste dans son
    entêtement et se dérobe à ce cycle de négociation, comme il l’a fait à chaque
    fois, alors nous ne garantissons pas de revenir à la formule des échanges
    partiels, ni à la proposition des dix prisonniers.

    Quatrièmement
    :

    Parmi
    les signes de l’échec sioniste dans l’affrontement avec la résistance et dans
    sa tentative de briser notre peuple, il y a son recours à des solutions viles,
    qui constituent des crimes de guerre, des punitions collectives, un génocide et
    un nettoyage ethnique, soutenus malheureusement de manière évidente par
    l’administration américaine. Il rivalise d’ingéniosité pour torturer les
    innocents, déclare publiquement son intention de déporter les gens, se vante de
    sa destruction méthodique comme s’il s’agissait d’un exploit militaire, et
    présente au monde des plans pour établir des camps de détention nazis sous des
    appellations humanitaires fictives et mensongères.

    Cet
    ennemi veut reproduire des expériences survenues il y a plusieurs décennies et
    les projeter sur ses adversaires, avec une cruauté et un sadisme qui feraient
    paraître le nazisme modéré. Ceci appelle au refus de l’ensemble du monde de ces
    camps. Sinon, le mensonge de l’antisémitisme, dont nos ennemis se nourrissent
    depuis des décennies, deviendra une mascarade et une honte. Ce n’est pas la
    faute de notre peuple s’il doit payer le prix des complexes psychologiques du
    sionisme criminel. Les sionistes doivent savoir que la haine naturelle que les
    nations leur portent ne vient pas de leur origine, mais de leurs actes et de
    leurs crimes contre l’humanité.

    Cinquièmement
    :

    Les
    tentatives de recruter des mercenaires et des agents de l’occupation sous des
    noms arabes sont le signe de l’échec, et une recette certaine de la défaite.
    Ces agents ne seront que des cartes brûlées, balayées par la conscience de
    notre peuple, sa dignité, et son rejet de la trahison. Ce que l’ennemi dépense
    sur eux ne lui vaudra que regret, ruine, et perte manifeste, à lui et à ses
    collaborateurs, par la permission de Dieu. Nous appelons ces agents à se repentir
    immédiatement et à revenir dans les bras de leur peuple avant qu’il ne soit
    trop tard, quand le regret ne sera plus d’aucune utilité. Sinon, leur fin sera
    tragique, et une leçon pour chaque traître et lâche. Nous n’oublions pas
    d’exprimer notre immense reconnaissance et notre fierté envers les familles et
    les tribus honorables de notre peuple, qui se sont dissociés de cette poignée
    d’agents isolés, qui ne représentent qu’eux-mêmes. Enfin, à toi, ô peuple
    patient et résilient, Ô source de révolution, Ô forgeron d’Hommes, Vous qui,
    chaque jour, accompagnez une caravane lumineuse de martyrs,

    Ô
    frères de Moïse, l’interlocuteur de Dieu, que les pires ennemis de Dieu ont
    persécuté, et qui ne répondit que par : « Non ! Mon Seigneur est avec moi, Il
    me guidera. » Ô descendants de Joseph, trahi par ses frères et jeté au fond du
    puits, puis à qui la victoire et la puissance furent données, Ô bien-aimés de
    Muhammad
    ﷺ,
    qui fut assiégé dans la vallée, poursuivi dans la grotte, acculé à Uhud, et
    secouru par son Seigneur : « Dieu te suffira contre eux. » Ô frères de la
    famille de Yassir, lorsqu’ils furent torturés dans le sentier de Dieu, et il
    leur fut annoncé : « Patience, ô famille de Yassir, votre rendez-vous est le
    Paradis. »

    Votre
    fermeté malgré l’abandon, votre patience, votre sacrifice, votre défi à
    l’oppression et à la privation, c’est cela même qui exaspère vos ennemis. Et
    cette nuit connaîtra une fin, sans aucun doute. La victoire vient avec la
    patience. Le soulagement avec la détresse. Et avec la difficulté vient la
    facilité. Nous embrassons la tête de chacun de nos fils patients, enracinés,
    victorieux, par la permission de Dieu. Nous leur adressons le plus grand des
    saluts. Et nous leur annonçons la bonne nouvelle de notre Seigneur, Gloire à
    Lui : « À Dieu appartient le commandement avant et après. Et ce jour-là, les
    croyants se réjouiront de la victoire de Dieu. Il donne la victoire à qui Il
    veut, et Il est le Tout-Puissant, le Très Miséricordieux. » C’est la promesse de
    Dieu. Dieu ne manque jamais à Sa promesse. Mais la plupart des gens ne savent
    pas. C’est un combat : victoire ou martyre. Et que la paix, la miséricorde et
    les bénédictions de Dieu soient sur vous. »

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

  • Occupation, famine, destruction : le cri de Gaza

     

    Sous les bombes et le blocus, l’anéantissement
    et la punition collective un peuple réclame justice, dignité et reconnaissance

    Dans un
    entretien récent accordé au podcast du quotidien israélien Haaretz,   ancien
    ministre israélien, a dressé un constat sévère de la guerre menée par Israël
    dans la bande de Gaza. Selon lui, ce conflit a commencé comme une guerre de
    légitime défense après les attaques du Hamas, mais il a rapidement dérivé vers
    ce qu’il qualifie de « vengeance cruelle et impitoyable ».

    L’intervention
    de cet ancien responsable, figure respectée et longtemps artisan de la solution
    à deux États, mérite attention. Mais elle présente également de profondes
    limites. Car si l’ancien ministre met le doigt sur la spirale de violence dans
    laquelle Israël s’est engagé, il passe sous silence la dimension la plus
    dramatique : la guerre ne se limite pas à des représailles militaires. Elle
    prend aujourd’hui les contours d’un génocide
    .

    La lecture réaliste et désabusée ; Cet ancien ministre n’est pas un
    idéologue. Son analyse s’inscrit dans une perspective réaliste et stratégique.
    Il rappelle que la solution à deux États, qu’il a défendu une grande partie de
    sa carrière, est désormais une « cause perdue ». Les appels récents d’Emmanuel
    Macron ou d’autres dirigeants occidentaux en faveur de cette formule lui
    semblent relever du « désespoir », faute d’alternative diplomatique crédible.

    Il ajoute
    qu’une « victoire totale » sur le Hamas est illusoire. Même si Israël parvient
    à infliger de lourdes pertes militaires, le Hamas sortira renforcer
    symboliquement et politiquement : il aura replacé la question palestinienne au
    centre des débats internationaux, perturbé la normalisation israélo-saoudienne
    et montré à la nation palestinienne qu’une résistance était possible.

    En somme,
    selon cet ancien ministre, Israël ne peut pas gagner cette guerre comme il
    l’entend, car le Hamas a déjà imposé son récit dans la mémoire collective
    palestinienne
    .

    Les angles morts de son discours : Aussi pertinente soit-elle,
    l’analyse de l’ancien ministre présente des lacunes graves. L’ancien ministre
    se concentre sur les aspects militaires et diplomatiques, mais il néglige les
    dimensions humanitaires et juridiques.

    La famine
    organisée qui touche Gaza, l’entrave systématique à l’acheminement de l’aide
    humanitaire, la destruction des infrastructures civiles essentielles : tous ces
    éléments définissent un tableau qui va bien au-delà d’une « vengeance ».

    Aryeh Neier,
    ancien directeur de Human Rights Watch, écrivait en 2024 dans la New York
    Review of Books
    que si l’offensive militaire israélienne ne constituait
    pas, en elle-même, un génocide, le blocus de l’aide humanitaire, lui, entrait
    pleinement dans cette définition. Cet ancien ministre ne se confronte pas à
    cette réalité : il ne parle que des combats, comme si la guerre ne se jouait
    que sur le terrain militaire, alors qu’elle se joue aussi – et surtout – sur le
    terrain de la survie quotidienne d’une population assiégée.

    Le cœur du débat : le droit de se défendre et le droit
    de résister
     ; La réflexion de cet ancien ministre
    invite à poser une question essentielle en droit international : peut-on nier à
    un pays, à un groupe ou à un individu, le droit de se défendre ?

    La réponse
    est évidemment non ?

    Le droit à
    l’autodéfense est reconnu par la Charte des Nations Unies et constitue un
    principe fondamental de la souveraineté des États.

    Mais il
    existe une seconde vérité, tout aussi incontournable : les peuples sous
    occupation ont eux aussi un droit à la résistance. Ce principe, reconnu par le
    droit international humanitaire et rappelé dans diverses résolutions
    onusiennes, fonde la légitimité des luttes anticoloniales et des mouvements de
    libération nationale au XXᵉ siècle.

    Limiter la
    question au seul droit d’Israël à se défendre, sans reconnaître celui des
    Palestiniens à résister à une occupation militaire prolongée et à des décennies
    de dépossession, revient à instaurer une asymétrie insoutenable. C’est cette
    asymétrie qui nourrit l’impasse actuelle
    .

    Des solutions politiques en panne ; Face à l’échec de la solution à deux États, certains
    proposent des scénarios radicaux : rattacher Gaza à l’Égypte, la Cisjordanie à
    la Jordanie, et ainsi préserver Israël comme État à majorité juive. Mais ces
    propositions ne sont que des palliatifs. Elles déplacent le problème sans le
    résoudre. Elles ignorent surtout la réalité fondamentale : aucun peuple ne
    disparaît par décret géopolitique.

    De plus,
    elles révèlent les contradictions internes à Israël lui-même. L’obsession démographique
    pour préserver une majorité juive cache mal les fractures internes – notamment
    la discrimination des Juifs séfarades par les élites ashkénazes – qui
    resurgiraient même si la « distraction palestinienne » venait à disparaître. La
    paix ne peut pas être construite sur l’exclusion, ni sur la négation des
    identités
    .

    Plus qu’une vengeance : un génocide en cours : Qualifier la guerre en cours de « vengeance cruelle et
    impitoyable » est insuffisant. Ce qui se déroule à Gaza dépasse le registre de
    la riposte militaire. La destruction massive d’habitations, l’effondrement des
    services de santé, la privation organisée de nourriture et d’eau potable,
    l’obstruction à l’aide humanitaire : tout cela correspond aux critères
    juridiques du génocide tels que définis par la Convention de 1948.

    Reconnaître
    cette réalité ne revient pas à nier le droit d’Israël à exister ou à se
    défendre. Cela revient à constater que ce droit est exercé aujourd’hui de
    manière disproportionnée, au prix de la survie même d’un peuple. Il s’agit
    d’une ligne rouge que le droit international impose de ne pas franchir.

    Conclusion : sortir de l’impasse : L’ancien ministre a raison de dire que cette guerre
    est une impasse pour Israël. Mais il se trompe en pensant que le problème se
    limite à une « vengeance ». La réalité est plus sombre : c’est un génocide en
    cours, dont la communauté internationale ne peut se contenter d’être le témoin
    impuissant.

    La lecture de l’ancien ministre éclaire une partie du drame : la guerre de
    Gaza, au lieu de renforcer Israël, a renforcé le Hamas et affaibli les
    perspectives de paix. Mais son analyse reste incomplète. En évitant d’aborder
    la famine, le blocus et la dimension génocidaire du conflit, il minimise la
    gravité de la catastrophe humanitaire en cours.

    La communauté internationale ne peut se contenter de recycler de vieilles
    solutions comme celle des deux États, sans feuille de route crédible. Elle doit
    reconnaître la nature du désastre, affronter la question de la responsabilité
    et poser les bases d’une paix qui prenne en compte, enfin, les droits et la
    dignité du peuple palestinien.

    Le débat
    central reste celui-ci : le droit de se défendre doit-il primer sur le droit
    des peuples à résister à l’occupation ? Ou bien le droit international doit-il
    reconnaître que ces deux droits coexistent, et que seule leur articulation peut
    ouvrir la voie à une paix juste ?

    Répondre à
    cette question n’est pas seulement une nécessité pour les Palestiniens ou pour
    Israël : c’est une obligation pour l’ensemble de la communauté internationale,
    si elle veut rester fidèle aux principes qu’elle proclame depuis 1945.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

  • Après 700 jours de guerre, Israël : un État criminel et une société complice Israël, l’État criminel et le silence complice »

    Après 700
    jours de guerre, il ne sert plus à rien de tourner autour du pot : Israël s’est
    enfoncé dans la criminalité d’État, et sa société, dans son immense majorité,
    s’est rendue complice par son silence, son vote ou son indifférence. Les bombes
    pleuvent sur Gaza avec une intensité qui rivalise avec les pires massacres du
    XXᵉ siècle. Les images d’enfants décharnés par la faim, de familles pulvérisées
    par les frappes, devraient suffire à réveiller n’importe quelle conscience.
    Mais en Israël, la majorité ferme les yeux et préfère répéter les mantras
    éculés de la « sécurité » et de « l’autodéfense ».

    Ce n’est pas
    seulement Netanyahou, Ben-Gvir ou Smotrich qui portent le sang sur les mains.
    C’est un peuple qui, élection après élection, a donné mandat à ces hommes de
    poursuivre le rêve démentiel d’un Grand Israël purgé de ses Palestiniens. La
    société israélienne s’est habituée à vivre dans le déni, à justifier
    l’injustifiable, à diaboliser les victimes de son expansionnisme colonial. Le
    confort matériel et l’illusion d’une forteresse assiégée valent, semble-t-il,
    plus que la justice ou l’humanité.

    On nous
    parle de divisions internes, de manifestations massives, de fractures sociales.
    Mais la vérité, brutale, est que même ces mouvements de protestation restent
    centrés sur les otages, sur la réputation d’Israël, sur son avenir interne. Les
    Palestiniens, eux, sont réduits au silence, effacés des slogans, absents des
    revendications. Leur humanité reste niée, comme si leur souffrance n’avait pas
    de valeur intrinsèque.

    C’est là le
    cœur du problème : l’effacement systématique du peuple palestinien. On peut
    changer de Premier ministre, remplacer Netanyahou par Bennett, Lieberman ou un
    autre gestionnaire de l’occupation, mais tant que l’opinion israélienne ne
    reconnaîtra pas aux Palestiniens le droit fondamental d’exister en tant
    qu’êtres humains libres et égaux, rien ne changera. Le carnage continuera, sous
    d’autres formes, avec d’autres justifications.

    Oui, Israël
    est devenu un État criminel. Oui, sa société est majoritairement complice. Et
    tant que cette vérité ne sera pas dite sans détour, nous continuerons à tourner
    en rond dans le cercle vicieux de l’impunité. La seule voie d’avenir passe par
    la reconnaissance pleine et entière des droits palestiniens, et par une rupture
    radicale avec le projet colonial qui étouffe la région depuis plus de 75 ans.
    Sans cela, il n’y aura ni paix, ni sécurité, ni avenir pour quiconque entre le
    fleuve et la mer.

    Israël, État criminel – et un peuple complice

    Assez
    d’euphémismes. Assez de détours. Après deux ans de guerre totale contre Gaza,
    il faut dire les choses crûment : Israël est aujourd’hui un État criminel, et
    sa société, dans sa majorité, en est complice.

    Ce n’est pas
    seulement Netanyahou, ce n’est pas seulement Ben-Gvir ou Smotrich, ces visages
    grotesques du fascisme israélien. C’est un système entier, une idéologie de
    domination, un projet colonial nourri par le mythe de l’éternelle
    victimisation. C’est un peuple qui, scrutin après scrutin, a choisi
    l’occupation, la colonisation et l’écrasement de l’autre.

    À Gaza,
    c’est l’apocalypse : des quartiers rayés de la carte, des hôpitaux transformés
    en cimetières, des enfants mourant de faim sous les caméras du monde entier. Et
    que fait Israël ? Il applaudit ses pilotes. Il relativise ses crimes. Il ose
    appeler « défense » ce qui n’est rien d’autre qu’un massacre méthodique.

    On nous
    parle de « divisions internes », de manifestations massives. Hypocrisie. Ces
    foules ne descendent pas dans la rue pour la liberté des Palestiniens, mais
    pour sauver l’image d’Israël, pour rapatrier les otages, pour protéger leur
    propre avenir. Les Palestiniens, eux, sont invisibles, effacés, réduits à des
    ombres. Même la contestation israélienne ne parvient pas à les voir comme des
    êtres humains.

    Voilà la
    vérité : Israël ne veut pas la paix. Israël ne veut pas d’égalité. Israël veut
    la terre, toute la terre, sans ses habitants. C’est un projet de nettoyage, une
    machine coloniale huilée, qui se dissimule derrière le mot « sécurité » comme
    on cache un couteau derrière un sourire.

    La société
    israélienne ne pourra pas se dérober à sa responsabilité. Elle a nourri ce
    monstre, elle l’a réélu, elle a fermé les yeux. Elle a choisi la supériorité,
    l’apartheid et la négation de l’autre. Oui, Netanyahou est coupable. Mais ce
    n’est pas un accident. C’est le reflet d’un peuple qui a fait de l’occupation
    et de la force brute son horizon politique.

    Le monde n’a
    plus d’excuse. Il faut dire stop à cette impunité. Sanctions, isolement,
    procès. Israël doit répondre de ses crimes, et son peuple doit être confronté à
    ce qu’il a laissé commettre en son nom.

    Il n’y aura
    pas de futur sans reconnaissance des droits palestiniens. Il n’y aura pas de
    paix tant qu’on continuera à effacer leur humanité. Et il n’y aura pas de
    sécurité pour Israël tant qu’il persistera dans ce rôle d’État criminel.

    C’est cela,
    la vérité nue. Tout le reste n’est que mensonge.

    Pourquoi les Israéliens ne se lèvent-ils pas ?

    Jour après
    jour, les bombes israéliennes s’abattent sur Gaza, transformant une terre
    exsangue en cimetière. Soixante-neuf morts hier. Trois autres, morts de faim,
    aujourd’hui. Et demain ? Combien encore ? L’horreur s’accumule, monotone,
    insoutenable – et pourtant, Israël continue.

    Alors la
    question se pose, brûlante : pourquoi les Israéliens ne se lèvent-ils pas ?
    Pourquoi ne chassent-ils pas, par une action massive et irrépressible,
    Netanyahou et ses complices fanatiques, Smotrich et Ben-Gvir, ces fossoyeurs de
    toute dignité humaine ?

    Il est
    commode de tout mettre sur le dos de Netanyahou. Mais la vérité, c’est que sa
    responsabilité est aussi celle de son peuple. Car que vaut une opposition qui
    se soulève à coups de centaines de milliers de manifestants, mais qui ne crie
    jamais le nom des Palestiniens ? Que valent ces foules qui descendent dans les
    rues non pas pour dire stop au massacre, mais pour réclamer le retour
    des otages et sauver l’image d’Israël ?

    La vérité
    est brutale : même la contestation israélienne est centrée sur elle-même. Les
    morts palestiniens n’existent pas. Les enfants décharnés, les hôpitaux
    détruits, les familles enterrées sous les gravats – invisibles, effacés. Comme
    si l’humanité s’arrêtait aux frontières de la souffrance israélienne.

    Et demain ?
    Supposons que Netanyahou tombe. Croyez-vous qu’un Bennett, qu’un Lieberman,
    qu’un autre gestionnaire cynique de l’occupation interrompra ce projet de
    colonisation et de nettoyage ? Non. Il suffira de quelques roquettes, de
    quelques tirs, pour que les extrémistes reprennent le flambeau du massacre,
    toujours au nom de la sécurité. Car dans l’imaginaire israélien dominant, la
    force brute est devenue une doctrine, une religion.

    Oui,
    Netanyahou est coupable. Mais le peuple israélien, dans sa majorité, est
    complice. Par son vote. Par son silence. Par son incapacité à reconnaître
    l’existence et les droits d’un autre peuple. Voilà la tragédie : Israël ne se
    bat pas seulement contre le Hamas. Il se bat contre l’idée même que les
    Palestiniens sont des êtres humains.

    Et tant que cette vérité n’explosera pas à la face du monde, tant que la
    société israélienne ne se regardera pas dans son miroir, il n’y aura pas de fin
    au massacre. Ni avec Netanyahou, ni sans lui.

    700 jours de guerre : le projet criminel de Netanyahou
    mis à nu

    Sept cents
    jours de massacres. Sept cents jours de bombes déversées sur une bande de terre
    de 40 kilomètres par 8. Sept cents jours qui ne sont pas un accident de
    l’histoire, mais l’accomplissement méthodique d’un projet : celui de Benjamin
    Netanyahou.

    Cet homme
    n’a jamais caché son ambition : enterrer toute idée d’un État palestinien,
    réaliser son rêve fiévreux d’un Grand Israël. Le nettoyage ethnique n’est pas
    une dérive de sa politique, il en est le cœur. Gaza est devenu le laboratoire
    de cette obsession.

    L’attaque du
    Hamas du 7 octobre n’a pas été seulement une tragédie, elle a été, pour
    Netanyahou, l’occasion rêvée de mettre en marche son plan. Adossé au silence
    complice de Biden et au soutien aveugle de Trump, il a transformé la vengeance
    en stratégie. Et maintenant, ivre de pouvoir et couvert d’impunité, il poursuit
    son œuvre criminelle.

    Mais que
    fait la société israélienne ? Elle a voté pour lui, encore et encore. Elle a
    donné mandat à ce gouvernement fanatique. Et aujourd’hui, elle continue, pour
    une large part, à fermer les yeux, à se bercer d’illusions, à croire que
    bombarder des civils affamés est synonyme de victoire. Quelle victoire, au
    juste ? Celle d’une armée qui, armée jusqu’aux dents, s’acharne contre des
    enfants, contre des hôpitaux, contre un peuple piégé ? Bande de ratés, oui.

    Il n’y a pas
    d’issue militaire. La seule solution, c’est un cessez-le-feu immédiat, total,
    irréversible. Mais cela ne viendra pas de Netanyahou. Cela ne viendra pas de
    cette coalition messianique. Cela ne viendra pas d’un État devenu criminel.

    Alors, que
    reste-t-il ?

    1. L’UE doit enfin cesser ses
      hypocrisies et frapper Israël de sanctions sévères.
    2. Les soldats israéliens doivent
      refuser de servir un pouvoir criminel et mettre à l’arrêt la machine de
      guerre.
    3. Les dirigeants israéliens
      doivent se préparer à répondre de leurs crimes devant les tribunaux
      internationaux.

    Car le monde
    a vu. Le monde s’est réveillé. Et le monde n’oubliera pas ces images d’enfants
    mourant de faim, de familles massacrées, de villes rasées.

    Israël peut
    continuer à invoquer ses « démons » sécuritaires. Mais, comme le disait Goethe
    : « Les esprits que j’ai invoqués, je ne peux plus m’en débarrasser. »

    Israël : quand les crimes deviennent système

    On nous a
    longtemps répété le même refrain : « Ce que la violence n’a pas résolu,
    davantage de violence le résoudra. » Et Israël, fidèle à cette logique
    mortifère, s’enfonce jour après jour dans la spirale des crimes de guerre. Gaza
    en est la preuve vivante – ou plutôt, la preuve agonisante.

    Netanyahou,
    Ben Gvir, Smotrich : ces noms doivent entrer dans l’Histoire comme ceux de
    criminels de guerre. Ils dirigent un gouvernement qui a institutionnalisé le
    meurtre de masse, la famine organisée, le déplacement forcé. Et pourtant, ils
    continuent de parler de « sécurité », de « défense », comme si l’extermination
    d’un peuple pouvait être rhabillée de légitimité.

    Ce n’est pas
    seulement un drame politique, c’est une dérive civilisationnelle. Le sionisme,
    dans sa version triomphante et coloniale, a remplacé le judaïsme. Une terre a
    pris la place de Dieu. Un État humain, avec ses chars et ses F-35, s’est arrogé
    la toute-puissance. Mais aucun avion de chasse, aucune bombe, aucun lobby à
    Washington ne pourra effacer une vérité simple : Dieu n’a pas besoin de
    complices humains pour imposer sa loi. Et Hachem rappellera aux arrogants ce
    qu’ils ont fait en Son nom.

    Ce qui se
    joue aujourd’hui est obscène. Les otages ? Les familles d’otages ? Netanyahou
    les traite de fascistes. Les opposants ? Des traîtres. Et pendant ce temps, les
    Palestiniens – ceux qui ne sont ni Hamas, ni combattants – meurent en silence.
    Femmes, enfants, vieillards, affamés, amputés, déplacés encore et encore. Même
    les soldats israéliens brisés, amputés, suicidés, sont jetés dans l’oubli,
    sacrifiés sur l’autel d’une idéologie qui se nourrit du sang de tous, amis
    comme ennemis.

    Et que
    lit-on encore dans les grands journaux ? Des débats interminables sur l’avenir
    d’Israël, sur son image ternie, sur les risques pour son économie. Mais pas un
    mot, ou si peu, sur les horreurs palestiniennes. Pas un mot sur les milliers
    d’enfants tués, sur les hôpitaux anéantis, sur la faim organisée comme arme de
    guerre. Voilà comment nous en sommes arrivés ici : en effaçant systématiquement
    le peuple palestinien de l’équation, en le privant même du droit élémentaire
    d’être reconnu comme humain.

    Israël n’est
    pas seulement coupable de crimes de guerre. Il est coupable d’un crime plus
    profond encore : avoir nié l’existence même d’un peuple. Et tant que cette
    vérité ne sera pas dite haut et fort, tant que les Palestiniens resteront
    invisibles aux yeux du monde, la machine de mort continuera de tourner.

    Israël face à sa propre responsabilité

    La société
    israélienne est aujourd’hui fracturée, minée par l’occupation. Elle s’est
    divisée au point de perdre toute cohésion, et cela seul devrait suffire à
    exiger la démission immédiate de Netanyahou. Car c’est lui, plus que quiconque,
    qui a orchestré cette politique de haine, qui a offert une tribune aux Smotrich
    et aux Ben-Gvir, ces pyromanes qui, sous couvert de patriotisme, nourrissent
    l’antisémitisme et détruisent toute prétention morale du sionisme.

    Mais soyons
    clairs : ce n’est pas seulement Netanyahou. C’est une société entière qui, dans
    sa majorité, continue à se taire. Comment expliquer que, malgré 69 morts
    supplémentaires en une seule journée à Gaza, malgré trois êtres humains de plus
    morts de faim, malgré l’hécatombe de vingt mille enfants, il n’y ait pas eu de
    soulèvement populaire massif, irrépressible, pour dire assez ?

    Oui, il y a
    eu des manifestations. Oui, il y a eu près d’un million de personnes dans la
    rue. Mais pourquoi ? Pour sauver l’image d’Israël. Pour ramener les otages.
    Pour préserver l’avenir d’un État devenu criminel. Jamais, ou si rarement, pour
    reconnaître la souffrance palestinienne comme centrale, comme égale en dignité
    à la souffrance israélienne.

    Voilà la
    tragédie : les Gazaouis n’existent pas aux yeux de la majorité israélienne. Ils
    ne sont qu’une ombre, un bruit de fond, une abstraction. Et tant que les
    Israéliens continueront à fermer les yeux sur ce peuple, tant qu’ils répéteront
    que seules leurs propres souffrances comptent, ils resteront complices du
    massacre.

    Netanyahou
    est coupable, oui. Mais sa responsabilité est aussi celle des citoyens
    israéliens qui l’ont porté au pouvoir, qui l’ont toléré, qui l’ont laissé
    transformer Gaza en charnier. La vérité est insoutenable, mais il faut la dire
    : la majorité du peuple israélien n’a pas voulu arrêter cette guerre. Et tant
    que cette complicité ne sera pas reconnue, tant que les Palestiniens ne seront
    pas vus comme des êtres humains à part entière, il n’y aura pas de fin au
    carnage.

    Israël, État criminel – et un peuple complice

    Assez
    d’euphémismes. Assez de détours. Après deux ans de guerre totale contre Gaza,
    il faut dire les choses crûment : Israël est aujourd’hui un État criminel, et
    sa société, dans sa majorité, en est complice.

    Ce n’est pas
    seulement Netanyahou, ce n’est pas seulement Ben-Gvir ou Smotrich, ces visages
    grotesques du fascisme israélien. C’est un système entier, une idéologie de
    domination, un projet colonial nourri par le mythe de l’éternelle
    victimisation. C’est un peuple qui, scrutin après scrutin, a choisi
    l’occupation, la colonisation et l’écrasement de l’autre.

    À Gaza,
    c’est l’apocalypse : des quartiers rayés de la carte, des hôpitaux transformés
    en cimetières, des enfants mourant de faim sous les caméras du monde entier. Et
    que fait Israël ? Il applaudit ses pilotes. Il relativise ses crimes. Il ose
    appeler « défense » ce qui n’est rien d’autre qu’un massacre méthodique.

    On nous
    parle de « divisions internes », de manifestations massives. Hypocrisie. Ces
    foules ne descendent pas dans la rue pour la liberté des Palestiniens, mais
    pour sauver l’image d’Israël, pour rapatrier les otages, pour protéger leur
    propre avenir. Les Palestiniens, eux, sont invisibles, effacés, réduits à des
    ombres. Même la contestation israélienne ne parvient pas à les voir comme des
    êtres humains.

    Voilà la
    vérité : Israël ne veut pas la paix. Israël ne veut pas d’égalité. Israël veut
    la terre, toute la terre, sans ses habitants. C’est un projet de nettoyage, une
    machine coloniale huilée, qui se dissimule derrière le mot « sécurité » comme
    on cache un couteau derrière un sourire.

    La société
    israélienne ne pourra pas se dérober à sa responsabilité. Elle a nourri ce
    monstre, elle l’a réélu, elle a fermé les yeux. Elle a choisi la supériorité,
    l’apartheid et la négation de l’autre. Oui, Netanyahou est coupable. Mais ce
    n’est pas un accident. C’est le reflet d’un peuple qui a fait de l’occupation
    et de la force brute son horizon politique.

    Le monde n’a
    plus d’excuse. Il faut dire stop à cette impunité. Sanctions, isolement,
    procès. Israël doit répondre de ses crimes, et son peuple doit être confronté à
    ce qu’il a laissé commettre en son nom.

    Il n’y aura
    pas de futur sans reconnaissance des droits palestiniens. Il n’y aura pas de
    paix tant qu’on continuera à effacer leur humanité. Et il n’y aura pas de
    sécurité pour Israël tant qu’il persistera dans ce rôle d’État criminel.

    C’est cela,
    la vérité nue. Tout le reste n’est que mensonge.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Les cagoules noires de l’armée israélienne ne peuvent pas masquer ses crimes de guerre à Gaza

     

    Israël
    se couvre le visage : Par
    honte, peut-être, ou par culpabilité, ou par peur, et sans
    doute pour les trois raisons à la fois. La nouvelle tendance consiste pour les
    officiers interrogés à la télévision à cacher leur visage sous des cagoules
    noires. L’armée du peuple est devenue l’armée des cagoules.

    Le
    lieutenant-colonel T., commandant de bataillon dans la réserve, affirme que le
    taux de mobilisation des réservistes est «impressionnant» ; le
    commandant en second du bataillon de réserve, le major S., déclare : «J’ai
    laissé une épouse courageuse seule à la maison avec trois enfants qui ont
    retrouvé leur routine et une entreprise mise en pause. Néanmoins, nous
    comprenons que nous sommes en mission importante
    ».

    Tous
    deux apparaissent cagoulés de noir. Ils ressemblent à deux braqueurs de banque
    prêts pour un coup ; seuls leurs yeux sont visibles. Les cagoules fournies par
    l’armée ont remplacé le bas nylon classique des cambrioleurs. Il y a sans doute
    quelqu’un, et quelque chose, à dissimuler.

    Les
    premiers, comme toujours, furent les pilotes de l’armée de l’air. Dans chaque
    interview, ils portaient le casque impressionnant ainsi que des lunettes
    noires, de peur d’être reconnus. Au départ, la crainte était que si un pilote
    s’éjectait en pleine nuit, ses ravisseurs ne l’identifient grâce à une
    apparition télévisée. Grâce au casque et aux lunettes, il pourrait prétendre
    n’être qu’un simple sergent de bureau, ou être opposé aux primes militaires.
    Mais avec l’augmentation des crimes commis par les pilotes à Gaza, le
    déguisement a pris une fonction supplémentaire cruciale : éviter que nos
    «héros» soient identifiés à La Haye, où l’on sait très bien ce que font ces
    pilotes.

    Les gardes du corps
    du Premier ministre et de quelques ministres se sont récemment joints à cette
    mascarade de mystère, de dissimulation et d’auto-magnification. Ils portent des
    masques chirurgicaux noirs, ajoutant une dimension supplémentaire à un
    spectacle déjà grotesque : celui de dizaines de gardes du corps se pressant
    avec agressivité autour d’un seul individu, avec un sérieux solennel.
    Désormais, ce ne sont plus seulement les protégés, mais aussi les gardes
    eux-mêmes qui deviennent des cibles sensibles. Ajoutez les gardes masqués aux
    sirènes hurlantes et aux cortèges interminables, et nous avons une république
    bananière certifiée. Les masques chirurgicaux noirs en sont la cerise sur le
    gâteau. Si, auparavant, ces gardes semblaient être nos meilleurs éléments,
    affublés de noir ils ressemblent eux aussi à des hommes de main de la mafia.
    Peut-être est-ce le but recherché.

    Mais les nouvelles
    cagoules militaires et les accoutrements des gardes du corps ne sont pas
    seulement une caricature d’importance déplacée ; ils reflètent aussi une
    réalité plus large. Au moins certains officiers de réserve qui entrent cette
    semaine dans Gaza le font en sachant qu’ils sont censés commettre d’horribles
    crimes de guerre. Et pourtant, ils se présentent au service. La cagoule est
    censée leur faciliter la tâche. Elle dit qu’ils ont quelque chose à cacher et
    quelque chose à craindre.

    Le braqueur armé qui
    part pour son plus gros coup sait que ce qu’il fait est illégal, immoral et
    dangereux ; c’est pourquoi il enfile un bas nylon. Il en va de même pour les
    officiers pénétrant dans la bande de Gaza. Peut-être que quelques-uns éprouvent
    de la honte pour leurs actes. C’est très douteux – les braqueurs, eux non plus,
    n’ont pas honte : la plupart ont juste peur d’être attrapés. La peur de La Haye
    s’est abattue sur l’armée, et à juste titre.

    Non pas que cette
    crainte soit pleinement fondée. Les rouages de la justice à La Haye tournent
    avec une lenteur insupportable. Le temps qu’ils déterminent si un génocide est
    en cours à Gaza, il n’y aura plus personne là-bas. Et Benjamin Netanyahou ne
    sera pas extradé, malgré le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
    Pourtant, le simple fait que les officiers portent des cagoules suggère qu’il
    existe, au sein de l’armée, une compréhension implicite que quelque chose ne va
    pas et qu’il faut se montrer prudent. Non pas prudent dans leurs actes, mais
    prudent afin de ne pas être pris à cause de ces actes.

    Une armée qui
    affuble ses officiers de cagoules noires est une armée qui sait qu’elle commet
    des crimes, même si elle ne l’admet pas. Finalement, même ceux qui regardent
    ces officiers déguisés finiront par le reconnaître.

    Source : Gideon Levy /Haaretz via Tlaxcala