Quand l’extrême droite tente de nous vendre l’apartheid comme un modèle de « démocratie robuste », la caricature atteint des sommets !
On nous l’avait promis : l’extrême droite française en roue libre ne pouvait plus nous surprendre. Et pourtant, elle réussit l’exploit de ressusciter ses marronniers rances avec la fraîcheur d’un kebab laissé au soleil un 15 août. Dans une prose qui hésite entre le communiqué de la préfecture de Vichy et la rédaction d’un élève de terminale fan de Valeurs Actuelles après trois tasses de café filtre, notre brillant plumitif nous vend son grand frisson géopolitique du mois : l’élection israélienne du 27 octobre 2026.
Accrochez vos ceintures, le « pluralisme robuste » est de sortie !
La « Démocratie » à géométrie variable (et à l’eau de Javel)
Le texte s’extasie : « Seule démocratie du Moyen-Orient, Israël a démontré la robustesse de son pluralisme politique avec 77,7 % de participation ! »
Ah, le grand classique du bingo colonial. Oublier, par un tour de passe-passe digne de Houdini, que de l’autre côté du mur, de l’autre côté des checkpoints, des millions de personnes vivent sous un régime militaire permanent, sans bulletins de vote, sans tribunaux civils et sous la botte de bulldozers obsessionnels. C’est vrai qu’en matière de « pluralisme », un État qui applique deux systèmes juridiques distincts sur un même bout de terre l’un pour les colons en sandales, l’autre pour les indigènes en cage a de quoi faire pâlir d’envie les pires régimes ségrégationnistes. Mais bon, tant que la boîte à urnes brille à Tel-Aviv, le reste du paysage en ruines de Gaza et de Cisjordanie n’est qu’un détail esthétique pour paysagiste cynique.
Netanyahu, l’inoxydable survivant du naufrage
Passons à la star du feuilleton : l’indéboulonnable, l’inusable, l’indestructible Bibi.
Notre scribouillard nous concède, du bout des lèvres, que le bonhomme a quelques petits « déboires judiciaires » et qu’il a un brin de mal à assumer les ratés du 7 octobre 2023. Oups, un simple oubli de gestion ! Un petit couac organisationnel entre deux bombardements d’hôpitaux. Mais qu’importe le passif, puisque l’auteur nous assure que ses « succès militaires » (traduisez : l’art de raser des blocs entiers d’immeubles pour soigner sa cote de popularité) lavent plus blanc que persil. On frôle l’orgasme stratégique : applaudir un pyromane qui vient d’incendier la maison en expliquant qu’il sait admirablement manier le seau d’eau qu’il a lui-même percé.
Le tour de passe-passe des « Arabes israéliens »
C’est le moment magique du texte, celui où l’on frôle la crise de rire jaune. Pour prouver qu’il n’y a pas d’apartheid, notre idéologue nous brandit le taux de participation des citoyens arabes d’Israël, tout en reconnaissant… qu’ils qualifient la guerre à Gaza de « génocide » et qu’ils sont traités par certains de ses petits copains de chambrée comme une « cinquième colonne ».
C’est génial : on les enferme dans le rôle de la menace intérieure, on les regarde de travers dès qu’ils ouvrent la bouche, mais on s’en sert comme alibi démocratique pour dire : « Vous voyez bien qu’on les laisse voter ! ». C’est un peu comme inviter le voisin à l’apéro après avoir incendié son garage, et s’étonner qu’il refuse de trouver la soirée formidable. L’hypocrisie atteint ici des sommets himalayens.
La Palestine imaginaire et l’Europe « hypocrite »
Évidemment, la reconnaissance de la Palestine par la France en septembre 2025 est balayée d’un revers de main souverain : un État « sans territoire, sans capitale ». Drôle de coïncidence : quand on passe son temps à coloniser, grignoter, expulser et détruire les infrastructures pour s’assurer qu’il ne reste rien à souverainiser, c’est un brin facile de venir ensuite déplorer l’absence de contours administratifs ! C’est l’art suprême du pyromane qui se plaint de l’odeur de brûlé chez le voisin.
Quant au poncif sur Chypre et le Tibet pour renvoyer l’Europe dos à dos, il nous rappelle cette grande règle de la rhétorique d’extrême droite : « Puisque les autres font des saloperies, laissez-nous donc faire les nôtres en paix ! ». La boussole morale est tellement tordue qu’elle indique le Sud en permanence.
Le mot de la fin
Ce texte n’est pas seulement un monument de naïveté feinte ; c’est la radiographie d’un esprit recroquevillé sur ses peurs, incapable de regarder la réalité en face sans un filtre idéologique épais comme une brique de béton armé.
Pendant que l’Europe « prêche » (selon leur vocabulaire, c’est-à-dire, tente vaguement de rappeler le droit international entre deux siestes), l’extrême-droite française continue de cirer les pompes bottées de la colonisation. Un classique indémodable, à lire un soir de déprime, un verre de vitriol à la main.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

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