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  • Ma grand-mère a survécu à la Nakba, vais-je survivre à celle-ci ?

     

    Dans la pénombre de sa chambre détruite, la voix de ma
    grand-mère résonne encore à mes oreilles. Elle me rappelle que je dois
    survivre, pour raconter notre histoire comme elle l’a fait
    .

    Je survis
    pour ma grand-mère.

    Ma
    grand-mère, Mansoura — ce qui signifie « victorieuse » en arabe — a été forcée
    de quitter sa maison pendant la Nakba en 1948. Elle croyait qu’elle rentrerait
    bientôt. Ma grand-mère n’a jamais pu revenir. Moi, sa plus jeune petite-fille,
    j’ai été contrainte de quitter la maison il y a vingt et un mois, en pensant
    que je rentrerais bientôt. Ce « bientôt » a pris quinze mois. D’une certaine
    façon, je suis peut-être plus chanceuse que ma grand-mère : je suis de retour
    dans ce qu’il reste de chez moi.

    « Un matin,
    je me suis réveillée au son ininterrompu des bombardements », m’a-t-elle dit
    d’une voix faible. Elle n’était qu’une fillette de 11 ans en 1948. Soignée et
    brillante, elle excellait à l’école. « J’étais la meilleure à l’école, et c’est
    mon père qui m’aimait le plus. Il était dans le bâtiment, et je l’aidais
    toujours quand il travaillait. J’étais son unique enfant et sa préférée. »

    Par un matin
    d’été sombre et morose, ma grand-mère s’est réveillée dans une ambiance
    chaotique. La nouvelle que des soldats israéliens atteignaient les villages
    alentours, les détruisaient et tuaient des gens s’était répandue. Voyant cela,
    son père décida à la hâte de quitter le village, comme tous les autres
    habitants. Ainsi avait commencé notre course pour la survie.

    Al-Muharraqa
    est la ville d’origine de ma grand-mère et la mienne. Elle n’est qu’à 14 km de
    Gaza, mais nous n’avons pas le droit d’y aller.

    Ce jour
    terrible de 1948, les rues d’Al-Muharraqa étaient pleines de gens courant dans
    tous les sens, sans destination claire, à la recherche de la survie. Ma
    grand-mère s’en souvenait : « Mon père avait un âne, et il m’a fait monter
    dessus pour quitter le village. » Ils pensaient partir pour quelques jours, le
    temps que cessent les attaques israéliennes — mais les attaques ne se sont
    jamais arrêtées. Ils ont fui d’abord sans direction précise, puis vers
    Al-Nuseirat, au centre de Gaza, où une famille qu’ils connaissaient les a
    accueillis dans leur cour. La première nuit, dit-elle, « nous dormions sous une
    bâche en nylon, à même la terre, mais l’intensité des bombardements nous a
    forcés à entrer dans la maison de nos hôtes, laissant derrière nous l’âne de
    mon père et le cheval de mon oncle ».

    Les chevaux
    comptent énormément pour les Palestiniens. Ce cheval appartenait au cousin de
    ma grand-mère, tué par les forces israéliennes parce qu’il avait refusé de
    quitter le village. « Quelques heures à peine après avoir laissé les animaux
    dans la cour, une frappe israélienne a touché l’endroit. L’âne a été tué et le
    cheval grièvement blessé », m’a-t-elle raconté, les yeux pleins de larmes.
    Aucun vétérinaire ne put sauver le cheval. Il est mort quelques jours plus tard.

    Quand ils
    ont compris qu’ils ne retourneraient jamais à Al-Muharraqa, une nouvelle vie à
    Gaza a semblé commencer pour ma toute jeune grand-mère et sa famille. Elle
    s’est mariée et a élevé ses cinq enfants, dont mon père.

    Le 7 mars
    2023, je me suis réveillée, je me suis préparée pour aller au travail, je suis
    passée dans la chambre de ma grand-mère pour lui dire au revoir, sans me douter
    que ce serait notre dernier adieu.

    Je n’aurais
    jamais pensé que je remercierais un jour le ciel de la savoir morte. Je lui
    suis reconnaissante qu’elle soit partie avant d’être forcée de revivre la Nakba
    et d’abandonner sa maison.

    Survivre

    À peine sept
    mois après sa disparition, le 7 octobre 2023, nos vies se sont arrêtées. Ce
    jour-là, la Nakba a recommencé à Gaza. Les rues étaient pleines de gens qui
    marchaient sans savoir où aller. Tous les bâtiments s’effondraient sous leurs
    yeux, et il n’y avait aucun refuge passablement sûr.

    « Évacuez
    vers des zones sûres au sud.
    » : les forces israéliennes étaient
    arrivées jusqu’à notre maison. Où pouvions-nous aller ? Nous n’avions d’autre
    choix, si nous voulions survivre, que de partir à Rafah

    Ma première
    perte après ma grand-mère a été mon chat. Avec le vacarme des bombardements
    autour de nous, je n’ai pas eu la possibilité d’emmener mon chat, Basbous. J’ai
    ainsi perdu un autre morceau de ma vie.

    Le manque de
    nourriture et d’eau, le manque de tout ce qui nous faisait vivre : voilà ce
    qu’est devenue notre nouvelle vie à Rafah. Presque 500 personnes vivaient à
    l’étage où ma famille et moi nous nous sommes installés. Faute d’intimité et
    d’articles d’hygiène, j’ai attrapé la varicelle, transmise par d’autres
    enfants. Je pensais que la souffrance s’arrêterait là. Ce ne fut pas le cas.
    Nous avons été obligés d’évacuer à nouveau, vers Khan Younès.

    Pour la
    première fois de ma vie, j’ai voyagé sur un âne en allant vers Al-Mawasi, à
    Khan Younès. Le pire, c’est qu’en arrivant, notre tente n’était pas encore
    montée et qu’il n’y avait pas de quoi répondre aux besoins humains de base,
    comme des toilettes.

    Nous y avons
    passé neuf mois, sous une bâche en nylon qui ne nous protégeait ni de la
    chaleur de l’été ni du froid de l’hiver. Mais la maigre intimité de cette
    petite tente, partagée seulement entre membres de la famille, était pour moi
    une aubaine.

    Puis, après
    des dizaines de cessez-le-feu avortés, un cessez-le-feu fragile a été conclu,
    et nous avons pu rentrer chez nous.

    Encore une
    fois, nous avons dû parcourir un trajet infernal en essayant de regagner notre
    maison à pied, la nuit. Une nuit douce-amère à vrai dire : nous étions
    heureux d’être de retour et tristes parce que ce n’était plus vraiment chez
    nous. Notre maison était devenue une ruine, aux murs, fenêtres et portes
    brisés. Mais nous faisons tout pour qu’elle ressemble de nouveau à un foyer.
    Avec des rideaux et des bâches en nylon, nous essayons de rapiécer notre maison
    et nos vies.

    Je me tiens
    juste devant la chambre de ma grand-mère, me souvenant de son parfum
    merveilleux et familier, de sa tendresse et ses prières chaleureuses. Je l’imagine
    allongée paisiblement sur son lit, et je remercie Dieu qu’elle n’ait pas eu à
    vivre tout cela.

    L’agression
    n’est pas terminée. Les ordres d’évacuation tombent à nouveau. Dire adieu,
    chaque jour, à chaque fragment de ma ville bien-aimée, Gaza, et de ma vie :
    voilà ce que je ne cesse de faire. Il m’est presque impossible de retrouver ma
    vie d’avant. Tout ce qui nous offrait autrefois une existence à peu près stable
    n’existe plus. Nous avons accroché nos espoirs à chaque promesse de
    cessez-le-feu, pour n’en récolter que des déceptions.

    Je pleure
    dans une langue que personne ne comprend, pour tout ce que j’ai perdu. Mais je
    garde l’espoir, et je le maintiendrai vivant. Pour ma grand-mère et pour la
    Palestine. Je survis.

    Source :Areej Almashharawi  journaliste de
    Gaza

    Publiés par Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

  • Mon sac est prêt, mais je refuse de quitter ma maison : (Témoignage d’un journaliste de Gaza)

    Face aux bombardements, un
    journaliste de Gaza raconte son choix de rester chez lui. Derrière les ruines,
    c’est l’histoire d’un peuple qu’on tente d’effacer.

    Mon sac est prêt. Dedans, une cuillère, une assiette, une petite couverture
    et une feuille avec les numéros de téléphone de ma famille. Je pourrais partir
    — courir vers le sud comme des milliers d’autres — mais je refuse. Car partir,
    c’est perdre plus qu’un toit. C’est abandonner l’idée même d’avoir un chez-soi.

    Depuis la mi-août, Gaza subit une nouvelle offensive.
    Dans mon quartier, Al-Sabra, et à Zeitoun, les frappes aériennes et les tirs
    d’artillerie ont rasé des pâtés de maisons entiers. Les ordres d’évacuation
    s’enchaînent, au nom de la « sécurité », mais chacun sait qu’il n’existe plus
    d’endroit sûr. Chaque déplacement forcé ressemble à une dépossession
    programmée.

    L’ombre d’une nouvelle Nakba

    Ma grand-mère conservait la clé de sa maison perdue en
    1948. Elle n’y est jamais retournée, mais cette clé représentait une attente et
    une promesse. Aujourd’hui, je n’ai pas de clé. Seulement un sac. Et je me
    demande : mes enfants porteront-ils ce sac comme elle a porté sa clé ?

    Beaucoup d’entre nous refusent de fuir parce que nous
    savons ce que signifie un « déplacement temporaire ». En 1948, il s’est
    transformé en exil définitif. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est une nouvelle
    Nakba : non pas seulement la destruction de bâtiments, mais l’effacement d’une
    mémoire et d’une identité.

    Survivre au quotidien

    La survie est devenue un apprentissage. Marcher en
    zigzag pour éviter les snipers, garder les mains vides pour montrer qu’on n’est
    pas armé, ne jamais revenir par le même chemin. Chaque sortie est un risque,
    chaque retour un miracle.

    La nuit, le bruit des drones empêche de dormir. Le
    jour, les bulldozers effacent des pans entiers de la ville. Les cadavres
    laissés dans la rue témoignent de l’impossibilité même d’enterrer nos morts.

    Je regarde mes voisins partir. Peut-être que je ne les
    reverrai jamais. Peut-être seront-ils tués en route. Peut-être moi.

    Une crise humanitaire totale

    Partir vers le sud n’apporte pas davantage de
    sécurité. Les familles y trouvent des loyers hors de prix, une aide humanitaire
    insuffisante, et toujours les bombardements. Le système de santé s’est effondré
    ; les blessés n’ont plus accès aux soins. Même l’essentiel — eau, nourriture,
    médicaments — est rare.

    Les passages frontaliers restent verrouillés. Mon père
    a pu quitter Gaza avec ma mère malade, mais il vit désormais dans l’angoisse,
    son téléphone rivé aux nouvelles, sa voix tremblante à chaque appel.

    L’appel au monde

    Ce que nous vivons ne concerne pas seulement Gaza.
    C’est une question de droit international, de protection des civils, de dignité
    humaine. Détruire systématiquement les maisons et contraindre les habitants à
    l’exil, ce n’est pas une stratégie militaire : c’est un effacement.

    Il est urgent d’obtenir un cessez-le-feu immédiat,
    l’ouverture des points de passage pour l’aide humanitaire et les soins, et une
    enquête indépendante sur les frappes visant des zones résidentielles. Sans cela,
    le silence de la communauté internationale pèsera comme une complicité.

    Refuser de disparaître

    Je n’écris pas seulement pour raconter ma peur. J’écris parce que, chaque
    fois qu’une maison est détruite, c’est une mémoire qui est effacée. Quand les
    murs tombent, les voix qui riaient dans les ruelles, les petits métiers de
    quartier, les plats partagés et les prières du soir — tout cela disparaît avec
    les pierres. Si la communauté internationale veut encore prétendre agir, elle
    doit cesser de traiter ces pertes comme des dommages collatéraux et commencer à
    protéger les vies, les maisons et la dignité qui subsistent derrière elles.

    Je garderai mon sac près de moi. Peut-être me trompe-je. Peut-être je serai
    forcé de partir demain. Mais si je dois partir, je veux partir en sachant que
    mon refus d’aujourd’hui a signifié quelque chose : que quelqu’un, quelque part,
    a entendu que ce qui se joue ici n’est pas seulement une stratégie militaire,
    mais l’anéantissement progressif d’un peuple et de sa mémoire. Quand une maison
    tombe, ce ne sont pas seulement des pierres qui s’écroulent. Ce sont les voix
    qui riaient dans ses ruelles, les repas partagés, les métiers transmis, les
    bénédictions offertes par les anciens.

    Tant que ces maisons seront traitées comme des cibles, leur disparition ne
    sera pas seulement matérielle. Elle marquera le futur de générations entières..

    Je sais que je peux mourir demain. Mais mon refus de
    partir a un sens : résister à l’idée que notre existence puisse être effacée
    comme on rase un immeuble.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    En hommage
    au combat quotidien de : Ahmed Ahmed (pseudonyme), journaliste de Gaza.  

      

     

  • Demandons pardon à la population de Gaza.

     

    Alors que Gaza subit bombardements, famine et siège,
    les institutions internationales échouent à protéger les civils. Le silence et
    l’inaction des gouvernements occidentaux deviennent une complicité. Nous devons
    demander pardon à la population de Gaza et transformer ce pardon en engagement
    pour la justice et la vie.

    Pardon pour
    notre silence trop long, pour notre indifférence parfois complice, pour nos
    institutions incapables de protéger les plus vulnérables. Pardon d’avoir laissé
    se répéter, sous nos yeux, l’histoire tragique d’un peuple soumis à
    l’occupation, au siège, à la destruction méthodique de ses maisons, de ses
    écoles, de ses hôpitaux, de ses vies.

    Chaque jour,
    les images nous parviennent : immeubles effondrés, enfants blessés, familles
    décimées, hôpitaux bombardés. Et chaque jour, nous restons collectivement
    impuissants, prisonniers d’un système international qui se révèle incapable
    d’arrêter ce carnage. Il ne s’agit plus de politique étrangère ou de « conflits
    lointains » : il s’agit d’humanité, de droit, de justice

    C’est à
    nous, peuples et citoyens, de prendre le relais. Notre responsabilité n’est pas
    seulement morale, elle est politique. Les dirigeants continuent d’armer et de
    soutenir l’offensive parce qu’ils estiment que l’opinion publique ne leur
    coûtera pas cher. C’est là que nous intervenons : par nos voix, nos votes, nos
    mobilisations. Nous devons exiger de nos gouvernements des positions claires,
    des sanctions ciblées, la suspension des ventes d’armes, la reconnaissance de
    l’État de Palestine, et l’appui aux enquêtes judiciaires internationales.

    Certains
    disent : « c’est trop compliqué ». Non. Le droit humanitaire est simple : on
    n’attaque pas les civils, on n’affame pas une population, on ne détruit pas les
    infrastructures vitales. Ce sont des règles universelles, les mêmes partout. Et
    quand elles sont violées, il faut le dire sans trembler, quel que soit
    l’auteur.

    D’autres
    disent : « mais critiquer Israël, n’est-ce pas prendre parti ? » Oui,
    c’est prendre parti : celui du droit, celui des victimes, celui de la justice.
    Être du côté des opprimés n’a jamais été une faute. L’erreur, c’est de se
    réfugier dans un silence prudent ou dans un « équilibre » qui n’est que la
    justification de l’injustice.

    Car ce qui
    se passe à Gaza n’est pas une « opération militaire », ce n’est pas une guerre
    entre deux armées. C’est la mise à mort d’une population enfermée, privée de
    tout, bombardée sans relâche. Les chiffres ne sont pas abstraits : ce sont des
    enfants aux yeux immenses, des mères endeuillées, des médecins qui opèrent à la
    lueur des téléphones, des journalistes assassinés pour avoir témoigné. Chaque
    jour, Gaza crie, et le monde détourne le regard.

    Demandons
    pardon à la population de Gaza
    , car nos institutions internationales ont échoué. L’ONU,
    prisonnière des vetos des grandes puissances, s’avère incapable d’imposer un
    cessez-le-feu. La Cour internationale de Justice a pourtant reconnu le risque
    plausible de génocide. Mais les décisions de justice restent lettre morte quand
    elles ne sont pas accompagnées de courage politique. Cet échec n’est pas neutre
    : il dit au peuple palestinien que sa vie vaut moins que d’autres.

    Demandons
    pardon à la population de Gaza
    , parce que des gouvernements continuent d’armer ceux
    qui bombardent. Parce qu’ils osent parler de « droit à se défendre »
    alors que ce droit ne peut jamais justifier l’extermination de civils
    innocents. Parce qu’ils répètent les mêmes phrases creuses — « retenue »,
    « désescalade », « solution à deux États » — pendant que les
    bulldozers détruisent, que les bombes tombent, que les enfants meurent.

    Demandons pardon à la population de Gaza, car nous savons tous que la
    résistance à la colonisation, reste d’actualité et ceci depuis deux années écoulées,
    et par la voix d’Abou Ubaidah,  la résistance
     demeure vivant, porté par l’écho de sa
    détermination. Sa marche a traversé le pays, éveillant les consciences,
    appelant au sursaut et rappelant à chacun la noblesse du combat. Aujourd’hui,
    la nation entière le cherche et le suit. Pour certains, il est un motif de
    fierté : il a relevé son peuple, ravivé en lui la flamme de la résistance et
    réaffirmé son honneur. Pour d’autres, il est une ombre dérangeante : ils
    espèrent son silence, car sa voix dévoile leur échec et leur faiblesse.

    Israël a voulu frapper l’âme d’une communauté Palestinienne d’hommes et de
    femmes, et pensait la réduire à la résignation. Mais lorsque l’âme demeure
    vivante, le corps retrouve sens et la bataille retrouve sa valeur. Si l’assassinat
    suffisait à éteindre la résistance, elle se serait éteinte depuis près d’un
    siècle, avec le martyre d’Izz ad-Din al-Qassam.

    Demandons pardon à la population de Gaza pour les deux années de massacres. Deux années de bombes
    déversées sur une bande de terre de 40 kilomètres, pour les deux années qui ne
    sont pas un accident de l’histoire, mais l’accomplissement méthodique d’un
    projet criminel et sanguinaire d’une armée super-militarisés
    , qui n’a jamais caché son ambition, faire un nettoyage
    ethnique.Gaza est devenu le laboratoire de cette obsession.

    Demandons pardon à la population de Gaza, avoir permis à cette armée
    fasciste d’occupation est entrée à Gaza, armée du matériel de guerre le plus moderne :

    – Les drones de reconnaissance qui transmettent des images thermiques
    haute résolution en temps réel.

    – Des chiens électroniques (robots) qui pénètrent dans
    les bâtiments et les tunnels détruits et filment chaque angle avec des caméras
    avancées, et sont même équipés de mitrailleuses et de petites bombes. –

    -Des robots terrestres blindés télécommandés capables
    de détecter les explosifs et les embuscades avant l’arrivée des soldats.

    – Des systèmes de communication et de brouillage
    reliés à des salles de commandement connectées à des satellites, surveillant
    chaque murmure et chaque mouvement, aussi simple soit-il.

    Et
    aujourd’hui, cette armée la plus criminel au monde, continue, à se bercer
    d’illusions, à croire que bombarder des civils affamés est synonyme de
    victoire. Quelle victoire, au juste ? Celle d’une armée qui, armée jusqu’aux
    dents, s’acharne contre des enfants, contre des hôpitaux, contre un peuple
    piégé ?

    Bande de
    ratés, oui.

    Demandons Pardon à la population de Gaza pour une
    résilience incomparable de ce petit peuple de Gaza. Depuis vingt-trois
    mois d’une guerre implacable, sans répit ni rémission, ils continuent de tenir
    debout là où toute force humaine semblait devoir s’effondrer. Ni la puissance
    des armes, ni l’étouffement économique, ni les ruines accumulées n’ont pu
    briser leur volonté. Cependant, au milieu de cette forêt de fer, quelque chose
    d’incroyable se produit : Les embuscades leur explosent au visage et les soldats
    tombent morts et blessés. Pire encore : certains d’entre eux sont extraits
    vivants du cœur de la bataille, devant leurs drones, leurs robots et leurs
    satellites !

    Comment cela se produit-il ?

    D’après tous les témoignages militaires et techniques, ce que la résistance
    a accompli est proche d’un miracle. Perturber les systèmes électroniques,
    Cachant des combattants dans les décombres, En utilisant des tactiques de
    tromperie et de camouflage, Traînez les soldats jusqu’à un point mort hors de
    vue, Alors bondissez. Ce n’est pas seulement une tactique.

    Demandons
    pardon à la population de
    Gaza pour ce miracle observé jour et nuit. Une armée équipée des outils les
    plus modernes du monde échoue face à des esprits fidèles et à des pieds nus, et
    s’en sort avec des pertes catastrophiques, laissant derrière elle un mystère
    militaire que ses dirigeants sont incapables d’expliquer. Je ne trouve d’autre
    explication que la parole du Tout-Puissant : « Nous avons placé
    devant eux une barrière et derrière eux une barrière, et nous les avons couverts
    afin qu’ils ne voient pas. 

    Demandons
    pardon à la population de Gaza
    , car nos voix ne se sont pas élevées assez fort.
    Certes, il y a eu des manifestations, des tribunes, des pétitions. Mais combien
    d’entre nous ont préféré se taire par peur de choquer, par crainte d’être mal
    compris ? Combien ont choisi le confort du silence plutôt que le risque de
    l’indignation ?

    Et pourtant,
    l’histoire nous enseigne que les peuples ne sont jamais condamnés à
    l’impuissance. L’Afrique du Sud a montré la voie en portant plainte devant la
    CIJ. L’Irlande, l’Espagne, la Slovénie et d’autres ont reconnu l’État de
    Palestine malgré les pressions. Des diplomates, Algériens, défendent
    inlassablement la justice au sein d’institutions hostiles. Ces gestes ne
    suffisent pas, mais ils montrent que l’honneur n’est pas mort.

    Alors, que
    faire ? Ne pas détourner les yeux. Ne pas céder à la résignation. Exiger de nos
    gouvernements qu’ils cessent de livrer des armes, qu’ils appuient les enquêtes
    judiciaires internationales, qu’ils reconnaissent la souveraineté du peuple
    palestinien. Soutenir les ONG qui risquent leur vie pour acheminer l’aide
    humanitaire. Relayer la voix des médecins, des journalistes, des habitants de
    Gaza.

    Mais au-delà
    du politique, il nous faut un sursaut moral. Car ce qui se joue à Gaza n’est
    pas seulement une question géopolitique : c’est un test pour notre humanité. Si
    nous acceptons que des milliers d’innocents soient sacrifiés au nom d’alliances
    stratégiques, alors le mot « droit » n’a plus de sens. Si nous tolérons qu’un
    peuple entier soit affamé, déplacé, détruit, alors nous ne valons guère mieux
    que ceux que nous accusons.

    Demandons
    pardon à la population de Gaza
    , mais faisons en sorte que ce pardon ne soit pas un
    mot vide. Qu’il se traduise en actes, en solidarité, en mobilisation. Qu’il
    soit un engagement à ne plus jamais fermer les yeux.

    Car un jour,
    les enfants de Gaza liront dans nos livres d’histoire ce que nous avons fait —
    ou pas fait. Ils sauront qui a gardé le silence et qui a eu le courage de dire
    « assez ». À eux, nous devons au moins cette promesse : ne pas laisser leur
    souffrance disparaître dans l’oubli.

    Alors,
    aujourd’hui, répétons-le ensemble : Ce qui se joue à Gaza dépasse Gaza. C’est
    la crédibilité même de notre idée de justice universelle qui est en cause. Si
    nous acceptons que des milliers d’innocents soient sacrifiés au nom des
    équilibres géopolitiques, alors le mot « droit » n’a plus de sens. Mais
    si nous transformons notre indignation en action, alors, peut-être, les enfants
    de Gaza sauront que nous n’avons pas tous gardé le silence.

    Ne
    détournons plus le regard. Exigeons la justice, exigeons la vie.
    Demandons pardon à la population de Gaza. Mais faisons de ce pardon une
    force pour la justice et pour la vie.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

  • Nous sommes « Super Sparte » : Netanyahou affirme qu’Israël est confronté à l’isolement et doit devenir autonome

     

    En se rêvant en chef de « Super Sparte »,
    Netanyahou propulse Israël sur la voie d’un isolement volontaire, d’une
    militarisation stérile et d’un autoritarisme dangereux. L’histoire, de Sparte à
    l’apartheid sud-africain, nous rappelle pourtant que cette stratégie ne mène
    qu’à l’effondrement.

    La forteresse assiégée ou le fantasme paranoïaque

    J’ai toujours tendance à confondre les discours de
    Netanyahou avec ceux de Goebbels. Je ne comprends vraiment pas pourquoi et
    encore Netanyahou martèle que l’immigration musulmane en Europe et les
    réseaux sociaux isoleraient Israël. Une vision commode : transformer les
    critiques légitimes contre les crimes de guerre en complot mondial.

    Oui, malheureusement, cet homme ne sait que semer la haine
    et la division. Il est le plus grand responsable de la mort de plus d’un
    million d’Irakiens, avec tous les faux renseignements qu’il a fournis aux
    États-Unis. Il tente activement d’inciter à des guerres ethniques et
    religieuses en Europe, croyant qu’elles profiteront à son pays politiquement et
    financièrement. N’oublions pas que toute la technologie qu’ils ont
    perfectionnée dans des endroits comme Gaza est ce qu’ils espèrent vendre dans
    le monde entier, et pour cela, ils ont besoin de conflits.

    Ce n’est pas l’Europe qui isole Israël, c’est Israël qui
    s’exclut en choisissant la brutalité comme politique d’État. Ce n’est pas de
    l’« isolement », c’est de l’exclusion. Le monde rejette Israël pour une raison
    très différente.

    « Super Sparte » : une prophétie d’échec

    Se réclamer de Sparte, c’est glorifier un modèle qui a fini
    dans la ruine. Hyper-militarisée, démographiquement exsangue, dépendante de ses
    esclaves, Sparte a disparu. Incroyablement délirant. Israël serait-il en train
    de devenir trop grand pour ses petits pieds ?

    « Super Sparte » signifie que ceux qui vivent par
    l’épée peuvent aussi mourir par l’épée.

    Netanyahou reproduit la même recette : guerres incessantes,
    fracture interne, dépendance chronique aux États-Unis. Appeler cela « autosuffisance
    » est une farce.

    L’autonomie sous perfusion américaine

    Le discours de Netanyahou sur l’indépendance sonne creux.
    Israël vit sous perfusion, se proclamer autonome tout en survivant grâce aux
    impôts américains relève moins de la stratégie que de l’imposture de
    l’autonomie et des milliards et des milliards de dollars d’aide provenant des
    impôts américains.

    Israël n’est pas indépendant sur le plan alimentaire.
    L’agriculture serait peut-être un bon point de départ, plutôt que la production
    d’armes.

    Les Israéliens ont détruit une grande partie de
    l’agriculture, fait exploser des puits, détourné l’eau des rivières, les laissant
    arides…

    Donc Israël sera Sparte, avec des Hilotes, je suppose

    Le masque du « sauveur » : la loi sacrifiée

    « La vie est plus importante que la loi », dit Netanyahou.
    En réalité : sa vie politique est plus importante que toute règle.
    Derrière cette formule se cache une dérive inquiétante : l’idée qu’Israël
    pourrait s’exonérer du droit international, qu’un dirigeant autoproclamé «
    sauveur » n’aurait de comptes à ne rendre à personne. C’est le langage des
    régimes autoritaires, pas celui d’une démocratie. Le monde entier est
    présumé avoir toujours été hostile aux Juifs et le sera toujours. Les Juifs
    doivent donc réagir de la même manière, créer leur propre État et le rendre
    aussi odieux que possible afin qu’aucun autre État ne veuille s’y associer, à l’exception
    d’États tout aussi odieux et hyper militarisés.

    Les Juifs pourront alors se prélasser dans un splendide
    isolement en tant que peuple élu de Dieu. Netanyahou ne crois probablement pas
    plus en Dieu qu’en la Grande Citrouille, mais sa paranoïa, sa mégalomanie et
    son environnement culturel l’ont conduit directement aux mains des sionistes
    religieux purs et durs et des Hardalim.

    Le poison interne : fracture religieuse et exode des
    laïcs

    Le mythe de l’unité israélienne s’effrite. Les ultra-orthodoxes
    refusent de servir dans l’armée qu’on érige en totem. Les laïcs, moteurs
    économiques, se lassent d’un État qui s’enfonce dans la théocratie. La diaspora
    juive, surtout progressiste, se détache déjà d’un Israël devenu méconnaissable.

    Quand l’histoire se répète : apartheid, kahanisme,
    autocratie

    Le discours de Netanyahou rappelle dangereusement l’apartheid
    sud-africain de Botha, enfermé dans son isolement, le kahanisme, paranoïa
    ultranationaliste qui voit le monde entier comme ennemi les régimes
    autocratiques qui se nourrissent de peur et finissent étouffés par leur propre
    propagande.

    La fuite en avant vers le néant

    En érigeant Israël en « Super Sparte »,
    Netanyahou ne promet pas la survie, mais l’asphyxie. L’histoire a tranché :
    Sparte, l’Afrique du Sud de l’apartheid, tous ces systèmes ont fini par
    s’écrouler sous le poids de leur militarisme et de leur isolement.

    C’est vraiment impressionnant d’observer ce menteur invétéré
    et intrigant. Chaque phrase est un mensonge sournois et rusé.

    Vraiment. Chacune.

    Il faut aussi s’émerveiller de l’hypocrisie et de la
    mauvaise foi d’un dirigeant israélien qui se plaint d’être « une minorité
    importante, très bruyante et combative, qui fait plier les gouvernements
    ».
    Waouh ! Il met les bouchées doubles, évidemment. Il se met en mode dictateur
    déclaré. Comme toujours, les menaces que perçoivent le Sauveur autoproclamé du
    peuple juif, le petit-fils de Moïse, sont éternelles, et la violence
    israélienne est la solution éternelle. (« Même lorsqu’on fait tomber une grande
    puissance, d’autres forces surgissent… Les risques ne disparaissent pas ; ils
    changent seulement. »)

    Il garde une longueur d’avance sur la combinaison orange de
    prisonnier qui l’attend s’il se comporte honorablement et démissionne. Et
    l’opinion publique israélienne adhère à ses idées, refusant de s’y opposer
    sérieusement. Une société de crapule, qui cherche à rabaisser l’humanité,
    n’annonce rien de bon, pour personne.

    Cette entité criminelle terroriste voyou appelée Israël, qui
    en dépit d’une guerre de plus de 24 mois de bombardement continu jours et
    nuits, des agressions de l’Armée sur terrain et surtout l’exploit des tireurs d’élites,
    toute cette force mise en place, Israël n’arrive toujours pas à libérer un seul
    otage.

    Israël ne sera pas sauvé par plus de tanks, mais par plus de
    coexistence. Plus tôt ce constat sera fait, moins le prix à payer sera lourd.

    Quand les Juifs se poseront ils la bonne question ?

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Israël dicte, Washington obéit : la dépendance mortelle des USA

     

    Jamais dans l’histoire on n’a vu un petit
    État, peu peuplé et dépourvu de grandes ressources naturelles, imposer sa
    volonté à une superpuissance mondiale comme le fait Israël avec les États-Unis.
    Washington obéit, Tel-Aviv décide. C’est la réalité derrière l’expression
    devenue célèbre: «la queue remue le chien».
    Le rôle du lobby pro-israélien
    Cette influence ne repose pas sur la force
    militaire seule, mais sur un réseau d’organisations et de donateurs qui
    s’assurent que la classe politique américaine reste docile. L’AIPAC, les
    milliardaires donateurs et les groupes de pression « pro-Israël » pèsent de
    tout leur poids dans les campagnes électorales et verrouillent le débat public.
    Résultat : aucun président, aucun Congrès n’ose contrarier Israël, de peur d’être
    écrasé politiquement.
    Des guerres pour Israël, pas pour
    l’Amérique
    La guerre d’Irak en 2003 illustre
    parfaitement ce déséquilibre. Justifiée par des mensonges sur les « armes de
    destruction massive », elle fut promue par les cercles néoconservateurs proches
    d’Israël. Le résultat ? Plus de 600 000 morts irakiens, des milliers de soldats
    américains tués ou mutilés, des milliers de milliards dépensés. Qu’y ont gagné
    les États-Unis ? Rien. Mais Israël, lui, a vu un ennemi régional affaibli pour
    des décennies.
    Et ce schéma se répète : confrontation avec
    l’Iran, soutien aveugle aux frappes israéliennes en Syrie ou à Gaza, blocage
    diplomatique à l’ONU… Dans chaque dossier, Washington agit comme le
    prolongement militaire et diplomatique de Tel-Aviv.
    Une diplomatie américaine confisquée
    Les États-Unis utilisent leur droit de veto
    au Conseil de sécurité de l’ONU pour protéger Israël de toute condamnation, y
    compris pour des violations flagrantes du droit international. Cette complicité
    isole Washington du reste du monde et réduit à néant son autorité morale.
    Comment l’Amérique peut-elle parler de « droits de l’homme » en Chine, en
    Russie ou ailleurs, alors qu’elle arme et finance la destruction de Gaza ?
    La liberté d’expression sous surveillance
    Aux États-Unis, critiquer Israël reste
    quasiment tabou. Toute voix dissidente est vite accusée d’« antisémitisme ».
    Résultat : le premier amendement, pourtant censé protéger la liberté
    d’expression, est amputé dès qu’il s’agit du sujet israélien. Les
    universitaires, journalistes et responsables politiques qui osent poser des
    questions dérangeantes en paient souvent le prix.
    Gaza : le point de rupture moral
    Le massacre en cours à Gaza illustre
    jusqu’où peut aller cette complicité. Washington finance, arme et couvre
    diplomatiquement les opérations militaires israéliennes qui tuent des milliers
    de civils. Les images font le tour du monde, mais au lieu de faire pression
    pour un cessez-le-feu, les États-Unis bloquent toute initiative internationale
    et continuent d’envoyer des cargaisons d’armes. Pour les Palestiniens, c’est un
    cauchemar ; pour l’Amérique, c’est un suicide moral et diplomatique.
    Le coût pour les Américains
    Pendant que les impôts des Américains
    financent l’armée israélienne, leurs propres citoyens peinent à se soigner ou à
    envoyer leurs enfants à l’université. Israël offre l’éducation et les soins
    gratuits à ses citoyens juifs grâce à une partie de cette aide. Où est
    l’intérêt du peuple américain ? Nulle part. Tout cela est le prix de
    l’allégeance forcée à Tel-Aviv.
    Une opinion publique en éveil
    La bonne nouvelle, c’est que les Américains
    commencent à ouvrir les yeux. Les sondages montrent que la majorité désapprouve
    l’occupation et les violences contre les Palestiniens. La fracture entre
    l’opinion et les élites politiques est désormais béante. Le temps viendra où il
    ne sera plus possible
    d’ignorer cette colère.
    Conclusion
    La plus grande menace pour la sécurité
    nationale des États-Unis n’est ni la Chine ni la Russie, ni l’Iran ni le
    Venezuela. C’est la dépendance aveugle à Israël. Tant que Washington agira
    comme le vassal de Tel-Aviv, l’Amérique s’appauvrira, perdra sa crédibilité et
    s’exposera à des guerres qui ne sont pas les siennes.
    Rompre avec cette relation toxique n’est
    pas seulement une question de stratégie : c’est une question de survie.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

  • Impuissance arabe : Qatar fragilisé, normalisation et l’urgence d’une vigilance algérienne

     

    Primo — Méfiance
    face au piège du « grand plan »

    La question n’est pas tant de
    savoir à quoi s’attendre d’un sommet arabe,  mais d’espérer que nos représentants Algériens
    ne se laissent pas entraîner dans le guet-apens dont certains parlent : la
    formation précipitée d’une « coalition militaire arabe » calquée sur un
    modèle de type OTAN. Une telle machine, lancée sans vision commune ni intérêts
    partagés, risquerait d’enfermer les pays arabes dans des logiques d’alignement
    qui servent d’abord des puissances extérieures.

    Secundo — La
    division, arme maîtresse

    Tout observateur averti sait que
    la diversion est la première étape de la division, et que la division mène au
    KO. Depuis l’élection de Donald Trump, des recompositions idéologiques et
    politiques ont surgi en Europe et au Proche-Orient ; certaines mouvances
    d’extrême droite se sont rassemblées autour d’un discours populiste et
    identitaire qui favorise l’éclatement des cadres traditionnels. Les médias
    jouent un rôle central dans ce façonnage de l’opinion : ils trient, dissimulent
    et valorisent ce qui sert des agendas. Face à cela, des acteurs comme l’Iran ou
    des mouvements régionaux ont répondu par des actes qui, pour leurs part,
    évitent la grand-parole et misent sur l’action directe.

    N’oublions pas que c’est au cours
    du premier mandat de Trump qu’a été signé l’accord des Abraham, une rupture qui
    a reconfiguré les alliances régionales et accentué la polarisation. Ces
    décisions n’ont pas été prises dans le vide : elles ont des conséquences
    stratégiques lourdes pour la cohésion arabe.

    Tertio — Sur la
    question des responsabilités et de l’information

    Imaginer que les dirigeants
    qataris n’étaient pas au courant d’un événement majeur sur leur territoire, ou
    que le Hamas ait pu totalement surprendre ses adversaires sans complicités ni
    failles dans le système de renseignement adverse, c’est choisir la facilité.
    Chacun est libre de tirer ses conclusions ; mais pour garder la crédibilité
    d’un discours politique, il faut distinguer faits établis, hypothèses
    plausibles et théories invérifiables.

    Quarto — La montée
    des extrêmes et le climat international

    Le début du véritable chaos
    global s’inscrit aussi dans la montée d’un climat d’extrémisme et de
    polarisation : manifestations violentes, couleurs politiques exacerbées,
    discours publics qui appellent à la rapidité et à la riposte plutôt qu’à la
    mesure. Les prises de position provocatrices de certaines personnalités
    publiques ont alimenté des tensions et révélé combien le débat politique
    international peut basculer en terrain miné. Là encore, ce ne sont pas des
    incidents isolés : ils s’inscrivent dans une recomposition plus vaste des
    rapports de force.

    Un Qatar rattrapé
    par son propre jeu

    Que peut-on attendre d’un sommet
    arabe organisé dans la foulée d’une attaque contre le Qatar ? Pas grand-chose,
    si ce sommet n’est pas précédé d’un vrai travail de clarification politique.
    Doha, qui a investi massivement dans des médias, des réseaux et des acteurs
    régionaux pendant le « Printemps arabe », se retrouve aujourd’hui rattrapé par
    ses choix. Jadis maître d’œuvre ou mécène de diverses opérations politiques et
    médiatiques, le Qatar est aujourd’hui obligé de solliciter des soutiens de ceux
    qu’il avait affaiblis — image humiliante d’un petit État pris au piège de ses
    propres stratégies.

    Le monde arabe en
    ruines

    Le bilan régional est accablant :

    • Syrie : dévastée après une décennie d’affrontements, morcelée entre
      influences étrangères et groupes armés.
    • Égypte : frappée par une dette importante et une économie en souffrance,
      avec une armée dont la projection stratégique est aujourd’hui limitée plus
      verser dans la répression de la population, qui ne peut même plus déplacer
      ses chars sur quelques dizaines de kilomètres faute de logistique. Une
      armée sans moyens, un pays à bout de souffle.
    • Golfe : des pétromonarchies qui, malgré leurs moyens, restent dépendantes
      d’alliances externes et n’ont pas acquis l’autonomie stratégique qu’elles
      pensaient acheter avec des contrats et des largesses. Le Qatar, qui a
      financé et encouragé les ingérences et les guerres civiles à travers le
      monde arabe, se retrouve humilié, forcé de mendier un secours qu’il a
      contribué à rendre impossible. Ce théâtre de dupes révèle l’échec cuisant
      d’un système arabe corrompu, divisé, incapable de s’unir même face à une
      agression extérieure.

    Des palais fragiles
    et des alliances trompeuses

    Les monarchies du Golfe ont
    dépensé des milliards pour garantir leur sécurité ; elles ont cru acheter une
    protection durable. Pourtant, lorsqu’un État du Golfe est menacé, les réactions
    internationales restent mesurées et souvent calculées : les bases étrangères ne
    sont pas forcément l’assurance d’une intervention automatique. Le mirage de la
    « puissance achetée » s’effondre.

    La normalisation comme
    trahison perçue

    Au Maghreb, des accords récents
    ont été vécus par une partie de la population comme une abdication morale. La
    signature des accords d’Abraham par certains États a introduit de nouvelles
    coopérations militaires et économiques avec Israël ; ces actes sont perçus par
    des segments importants de l’opinion comme une trahison, surtout lorsque la
    normalisation donne lieu à des présences technologiques ou militaires visibles
    sur le sol national.

    Les sommets arabes
    : théâtre de dupes ?

    Dans ces conditions, que peut un
    sommet arabe ? S’il ne sert qu’à égrener des slogans et signer des communiqués,
    il ne sert à rien. L’unité ne se décrète pas derrière des portes closes ou à
    grand renfort de photos officielles : elle se construit sur un projet partagé,
    une indépendance stratégique et un choix de priorités crédibles. Or
    aujourd’hui, la plupart des capitales agissent selon leurs intérêts immédiats
    et sous contraintes extérieures.

    Conclusion —
    L’Algérie d’abord

    Rien n’est définitivement conclu,
    mais une chose doit être claire : pour nous, Algériens, l’essentiel, c’est
    nous. Nous avons traversé la décennie noire seuls et nous en sommes sortis
    grâce à notre résilience, pas grâce à des alliances achetées. Restons donc
    lucides et vigilants. Face aux sirènes étrangères et aux prétendus plans de
    grandeur — coalitions militaires, normalisations opportunistes, spectacles
    diplomatiques — l’Algérie doit privilégier l’unité nationale, réparer ses
    faiblesses internes et se préparer, unie, à faire face à toutes les
    éventualités.

    Ce sommet ? Il ressemble à la
    Ligue arabe d’hier : beaucoup de bruit, peu d’effet. Ne tombons pas dans leur
    piège ; refusons d’être salis par des agendas qui ne servent ni nos intérêts ni
    notre souveraineté.

    Que peut-on attendre d’un sommet
    arabe organisé dans la foulée d’une attaque israélienne contre le Qatar ?

    Ainsi, nous devrons bien
    comprendre que le rôle régulateur de la Ligue arabe est bien clair, il s’agit
    de faire croire que les pays arabes font quelque chose pour les palestiniens, tout
    en continuant à fermer les yeux sur les exactions d’Israël et le genocide de
    Gaza. En fait, chaque fois qu’il s’agit de dégager une position commune, les «Arabes
    se mettent d’accord pour ne pas se mettre d’accord
    !».

    C’est une vieille rengaine.

    Enfin  Je suis accable de
    voir ce genre  de décisions, j’observe, nonchalant mon etat voué à
    l’inquiétude, mon arabité vouée à subir des humiliations, ma faiblesse vouée à
    se taire, ma honte vouée à supporter la traîtrise des frères Arabes, je reste
    perplexe et profondément ému,  

    Ainsi chaque soir avec les miens
    au vue des images du génocide de Gaza, on raconte nos misères, nos tourmentes,
    nos endurances et la vie tumultueuse de mon arabité condamnée à l’inquiétude et
    au silence.

    J’observe, notre position promis
    à l’humiliation.

    Ce soir encore je peux pleurer
    sur cette ligue qui une fois de plus à frapper très fort dans l’humiliation !!!!
    !!   

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

  • Du droit trahi à la monstruosité : Israël, Nuremberg et l’apartheid

    Le droit international
    humanitaire est né des cendres de la Seconde Guerre mondiale. Après Nuremberg,
    l’humanité a juré : plus jamais. On ne pourrait plus tuer en se réfugiant
    derrière l’excuse d’« obéir aux ordres ». On a inventé le concept d’« ordre
    manifestement illégal
    » pour que chaque soldat, chaque officier, sache
    qu’il porte une responsabilité personnelle lorsqu’il participe à un crime. Ce
    principe devait être un rempart contre la répétition de l’horreur.

    Et pourtant, que
    voyons-nous aujourd’hui ?

     

    Israël, qui se proclame
    démocratie et État de droit, a perfectionné une mécanique de contournement. Ses
    services juridiques militaires ont érigé un véritable laboratoire de perversion
    juridique : ils ne limitent pas la violence, ils la rationalisent. Ils ne
    protègent pas le droit, ils le tordent jusqu’à le rendre méconnaissable. À
    Gaza, en Cisjordanie, la légalité est devenue un masque derrière lequel
    s’exerce la brutalité nue.

    Les gens
    voient comment Israël traite les Palestiniens comme des animaux. L’oppression,
    la violence et l’humiliation sont inhumaines. Mais par cette cruauté, Israël
    lui-même est devenu un monstre – un système qui a perdu son humanité.

    Cela
    ressemble à une abondance d’excuses juridiques, dissimulées derrière la
    « complexité ». Transformer des crimes de guerre manifestement
    brutaux en une discussion académique pleine de nuances et d’aléas. Lorsqu’un
    soldat israélien lève son fusil d’assaut et tire de sang-froid sur un homme,
    une femme ou un enfant affamé attendant de la nourriture, il sait pertinemment
    qu’il commet un crime de guerre. Lorsqu’un officier ou un technicien de l’armée
    de l’air israélienne prépare une bombe de 900 kg sur un camp, un immeuble ou un
    hôpital surpeuplés dans une zone de sécurité civile, il sait pertinemment qu’il
    commet un crime de guerre. C’est de la hasbara sophistiquée et une auto-illusion
    bien commode.

    Les soldats
    israéliens ont perdu toute morale et sont devenus des monstres. Ce n’est pas si
    compliqué.

     

    La mascarade du «
    contrôle juridique »

    Les responsables
    militaires israéliens aiment répéter que chaque frappe aérienne est « validée
    par des juristes
    ». Mais qu’est-ce que cela signifie, sinon une usine à
    justifications ? Lors de l’opération Plomb durci en 2008, l’un des
    premiers bombardements a visé une cérémonie de remise de diplômes de cadets de
    police à Gaza. Quarante, cinquante, peut-être plus de jeunes recrues sont morts
    en quelques secondes.

    Quelle logique tordue
    permet de qualifier des policiers municipaux, futurs agents de circulation, de
    « cibles légitimes » ?

    Celle des juristes
    militaires israéliens, qui transforment des civils en combattants par un tour
    de passe-passe.

    Autre exemple glaçant :
    en 2004, Iman al-Hams, fillette de treize ans, est abattue à Rafah.
    L’officier vide son chargeur sur elle pour « confirmer le kill ».

    Traduction : s’assurer
    qu’un enfant agonisant ne survivra pas. Jugé, il est acquitté. La justice
    militaire a requalifié l’exécution d’une enfant blessée était simplement une
    violation de la loi sur l’usage d’armes.

     

    Et chaque fois qu’un soldat
    israélien appuie sur la gâchette ou largue une bombe, il sait qu’il sera
    couvert. Parce qu’en amont, un juriste militaire aura déjà écrit que ce n’était
    pas un crime. C’est ainsi que l’impunité devient système, que l’État tout
    entier bascule dans la monstruosité. Voilà la fonction réelle de ce système :
    produire de l’impunité, faire disparaître le crime derrière un rideau de
    procédure.

     

    La colonisation
    comme matrice du crime

    C’est la
    colonisation, Elle transforme les Israéliens en monstres suprémacistes
    incapables d’envisager les Palestiniens comme des êtres humains à part entière.
    Ils en sont incapables, car si les Palestiniens sont des êtres humains à part
    entière, alors la colonisation, le régime martial et l’oppression
    transgénérationnelle sont monstrueusement injustes, et les Israéliens ne veulent
    pas être des monstres, alors ils s’enfoncent dans la déshumanisation, comme
    toutes les autres tribus génocidaires de l’histoire.

    Traitez les
    gens comme des animaux assez longtemps et certains d’entre eux finiront par se
    comporter comme tel : rendez-vous le 7 octobre.

    Traitez les
    gens comme des animaux pendant assez longtemps et Israël finira par se comporter
    comme tel..

     

    Il ne faut pas s’y
    tromper : ce n’est pas une succession de « bavures ». C’est la logique même de
    la colonisation. Depuis 1948, depuis la Nakba, Israël a avancé maison après
    maison, champ après champ, colonie après colonie. Pour maintenir cette
    expansion, il faut déshumaniser ceux qui sont déplacés, enfermés, bombardés. On
    leur nie leur humanité pour justifier l’injustifiable. Et plus le temps passe,
    plus Israël se perd lui-même dans ce processus : en traitant les Palestiniens
    comme des bêtes, il devient lui-même un monstre.

     

    Cette dynamique est
    celle de tous les régimes coloniaux. Les États-Unis ont réduit les peuples
    autochtones à des « sauvages », l’Afrique du Sud a inventé l’apartheid.
    Israël, à son tour, s’est englué dans un système d’ethnocratie où
    l’appartenance ethnique détermine l’accès à la terre, aux droits, à la vie
    même. Amnesty, Human Rights Watch, B’Tselem : toutes ces organisations parlent
    désormais d’apartheid. Israël rejette ce mot, mais il colle à sa peau comme une
    évidence.

     

    Le droit retourné
    contre lui-même

    Le seul «
    droit
    » dont disposait Israël après l’incursion était de mettre fin à l’occupation,
    de dissoudre son ethnocratie d’apartheid et de garantir à tous les Palestiniens
    exactement les mêmes droits que ceux accordés aux Juifs israéliens. La
    prétention de l’article à découvrir quelque chose de nouveau et d’intéressant
    (que les signatures légales ne feraient qu’accroître le nombre de crimes commis
    par Israël) est une tromperie.

    Je n’ai
    aucun droit de qualifier cet article de mensonge. Je suppose que l’auteur l’a
    écrit de bonne foi. Mais il se trompe lui-même au point de croire que n’importe
    laquelle des actions menées pendant la campagne d’extermination israélienne à
    Gaza pourrait être considérée comme juste, justifiable et moralement saine…

    L’horreur ici est
    double. D’un côté, il y a la violence matérielle : les bombes, les
    check-points, les démolitions de maisons, les colons armés, les enfants morts
    sous les gravats. De l’autre, il y a la violence symbolique : des juristes,
    censés protéger le droit, qui l’utilisent comme une arme. Ils écrivent des
    mémos, ils peaufinent des doctrines, ils « repoussent les limites » pour
    élargir la liste des cibles. Ce qu’ils produisent n’est pas du droit, c’est un
    manuel de génocide au compte-gouttes.

     

    Et chaque fois qu’un soldat
    israélien appuie sur la gâchette ou largue une bombe, il sait qu’il sera
    couvert. Parce qu’en amont, un juriste militaire aura déjà écrit que ce n’était
    pas un crime. C’est ainsi que l’impunité devient système, que l’État tout
    entier bascule dans la monstruosité.

     

    Une impasse morale
    et historique

    Israël aime se
    présenter comme un refuge pour les Juifs persécutés. Mais quel refuge se
    construit sur l’expulsion d’un autre peuple ? Quel refuge bombarde des hôpitaux
    et affame des enfants ? En prétendant se défendre, Israël s’est condamné à
    devenir bourreau. Il s’est enfoncé dans un apartheid armé qui ne peut produire
    que deux issues : l’effondrement moral ou l’effondrement politique.

     

    Le monde doit cesser
    d’accepter les contes juridiques que lui sert Israël. Le droit international
    n’est pas une boîte à outils pour coloniser en toute impunité. Le droit
    humanitaire n’est pas un menu dans lequel on pioche pour justifier
    l’injustifiable. Le droit fut créé pour protéger les plus faibles. En le
    retournant, Israël en fait un instrument de domination.

     

    Briser l’illusion

    Il est temps de
    regarder le monstre en face. Israël n’a pas le « droit de se défendre »
    en occupant, en colonisant, en enfermant. Le seul droit qu’il ait est celui de
    mettre fin à l’occupation, de démanteler l’apartheid, et de reconnaître aux
    Palestiniens la pleine égalité.

    Jusqu’à ce jour, toutes
    les fictions juridiques produites par Tsahal ne sont que des mensonges
    raffinés, des illusions de papier qui ne cachent pas les cris des enfants, la
    poussière des maisons effondrées, les charniers improvisés. Israël est devenu
    un monstre parce qu’il a choisi de l’être. Et tant que la communauté
    internationale continuera à se laisser hypnotiser par la pseudo-légalité de ses
    crimes, ce monstre continuera de dévorer des vies.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Attaque de Qatar : entre faits établis, scénarios militaires et zones d’ombre.

    Une frappe israélienne à Doha contre des dirigeants du
    Hamas a provoqué un séisme diplomatique. Si les faits  victimes et violation
    de souveraineté sont confirmés, le mode opératoire reste enveloppé
    d’incertitudes. Analyses militaires, hypothèses techniques et absence de preuves
    forensiques ouvertes dessinent un récit contrasté, où transparence et
    vérification demeurent cruciales

    L’attaque
    ayant visé à Doha plusieurs dirigeants du Hamas a marqué une étape nouvelle
    dans la guerre régionale. Elle a provoqué une vive condamnation du Qatar et de
    nombreux acteurs internationaux, dénonçant une atteinte à la souveraineté d’un
    État tiers. Les faits établis sont clairs : une frappe aérienne a eu lieu sur
    le sol qatari, les victimes ont été confirmées, et la réaction diplomatique a
    été immédiate. En revanche, les modalités précises de l’opération demeurent
    entourées d’incertitude technique.

    Analyses militaires et scénarios plausibles

    Plusieurs
    experts en aviation et analystes militaires occidentaux et arabes convergent
    vers l’idée d’une opération réalisée à longue distance. Le scénario le plus
    évoqué combine l’emploi de chasseurs furtifs (type F-35), ravitaillés en vol,
    avec des munitions de précision de type « stand-off » ou missiles de croisière
    lancés depuis une zone maritime, notamment la mer Rouge. Cette méthode
    permettrait de réduire au minimum la durée de pénétration dans les espaces
    aériens tiers et expliquerait le court laps de temps dont auraient disposé les
    alliés américains pour réagir. L’observation des dégâts sur site, relativement
    localisés, suggère également l’usage d’ogives de précision plutôt que de
    charges balistiques massives.

    Limites de la preuve publique

    Ces
    hypothèses, bien que techniquement cohérentes, ne reposent pas sur des données
    ouvertes vérifiables. À ce jour, aucun dump ADS-B ou MLAT n’a révélé de
    trajectoire suspecte. Les radars militaires qataris ou américains n’ont pas
    publié de traces, et aucun fragment de munition n’a été rendu public par une
    expertise indépendante. Les seules images disponibles, issues de satellites
    commerciaux, confirment l’existence et la localisation de l’impact, mais ne
    permettent pas d’en déduire la provenance exacte des vecteurs. L’absence de
    données ouvertes s’explique en partie par le fait que les avions militaires peuvent
    couper leurs transpondeurs et que les missiles de croisière ne génèrent aucune
    trace civile exploitable.

    Un besoin de transparence

    La tentation
    est grande, dans le débat public, de transformer ces hypothèses plausibles en
    certitudes politiques. Mais l’attribution technique d’une frappe aérienne
    repose sur des éléments matériels précis : logs radar, images satellite en
    série temporelle, identification de fragments de munitions. Tant que ces
    preuves n’auront pas été publiées et analysées par des acteurs indépendants —
    ONG spécialisées dans l’OSINT comme Bellingcat, laboratoires forensiques ou
    services de contrôle aérien — les récits doivent être formulés avec prudence.

    Conclusion

    L’attaque de
    Doha illustre à quel point les opérations militaires de longue portée
    brouillent les pistes et nourrissent les récits politiques concurrents. Les
    faits établis concernent les victimes et la violation de souveraineté. Les
    analyses techniques, cohérentes, pointent vers l’usage de moyens sophistiqués
    de projection de puissance à distance. Mais l’absence de preuves ouvertes
    empêche pour l’instant de confirmer de façon définitive le mode opératoire
    exact et la trajectoire employée. Une exigence de transparence technique
    demeure donc la condition première pour que le débat dépasse le champ des
    hypothèses et permette d’établir des responsabilités claires.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
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  • Israël : l’illusion suicidaire d’un État devenu gangrène

     

     Trente ans de frappes, d’assassinats ciblés, de
    massacres. Trente ans d’illusion : croire que tuer des chefs brisera la
    résistance. Netanyahu entraîne Israël et la région dans une impasse suicidaire.
    L’État hébreu est devenu une gangrène pour le monde : il faut l’arrêter.

    Auto-illusion,
    toujours. Israël croit frapper fort, croit décapiter ses ennemis, croit
    protéger son avenir. Mais la vérité est implacable : chaque frappe renforce la
    haine, chaque assassinat de chef fait surgir un autre chef, chaque escalade
    creuse sa propre tombe.

    Depuis
    trente ans, Israël répète la même erreur : tuer les dirigeants du Hamas, du
    Hezbollah, du Jihad islamique, en jurant chaque fois que « cette fois-ci »
    l’organisation ne se relèvera pas. Et pourtant elles se relèvent, encore et
    encore. Parce qu’un mouvement enraciné dans l’oppression ne s’effondre pas par
    la mort de ses cadres, mais s’alimente du sang versé.

    La Maison
    Blanche, confuse, choquée, a voulu faire croire que cette frappe contre Doha
    n’était ni coordonnée ni planifiée. Mais qui peut croire que des avions
    traversent l’espace aérien, que des missiles tombent sur une capitale, sans
    complicités tacites ? Mensonge de plus, dans un récit usé, éculé, vendu à des
    opinions lassées.

    Et le
    résultat ? Israël a raté ses cibles. Peut-être que le Qatar a prévenu,
    peut-être que les négociateurs du Hamas ont fui. Mais le message est clair :
    l’État hébreu ne vise pas la paix, il vise l’éternelle guerre.

    Israël n’est
    plus l’État juif démocratique qu’il prétendait être : il est devenu une entité
    suprémaciste, expansionniste, génocidaire. Une entité qui ronge le corps du
    monde comme une gangrène. Et face à la gangrène, il n’existe qu’un remède :
    stopper l’infection avant qu’elle ne détruise tout l’organisme. Cet État, dans
    sa forme actuelle, est un danger pour la région, un danger pour ses voisins, un
    danger pour la stabilité mondiale.

    Il faut
    cesser de croire à l’illusion : non, on ne fera pas disparaître la résistance
    palestinienne en éliminant des chefs ; non, on ne bâtira pas la paix en
    affamant Gaza ; non, on ne détruira pas l’idée de liberté par les bombes.

    Le régime
    Netanyahu est une impasse. Une impasse guerrière, une impasse politique, une
    impasse morale. Il entraîne Israël et toute la région vers l’abîme. Car les
    psychopathes, toujours, finissent dans l’autodestruction.

    Alors oui,
    il est temps d’ouvrir les yeux. Ce régime n’apporte pas la sécurité : il
    apporte la terreur. Ce régime n’apporte pas la paix : il alimente la guerre. Ce
    régime ne protège pas les Juifs : il les expose à un cycle infini de violence.

    Trente ans
    d’assassinats ciblés, trente ans de bombardements, trente ans de massacres — et
    toujours le même résultat : plus de haine, plus de résistance, plus de morts.
    C’est cela, la vérité nue. C’est cela, la faillite totale.

    ⚡ Ce texte est maintenant plus direct, plus tranchant, moins dispersé. Il
    garde le souffle pamphlétaire, mais structure le propos autour de trois
    idées-forces :

    1. L’illusion d’Israël (les frappes ne marchent pas).
    2. Le danger systémique (gangrène, menace pour la
      région et au-delà).
    3. L’impasse suicidaire du régime
      Netanyahu
      .

    Voulez-vous
    que je vous propose une version très courte style tract/réseaux sociaux
    (slogans martelés, hashtags, phrases-chocs), qui condenserait cette analyse en
    une série de formules mobilisatrices ?

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

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  • Doha bombardée : Israël frappe, le monde se tait, une frappe de trop

     

    Une frappe israélienne sur Doha,
    allié stratégique des États-Unis, montre une fois de plus l’arrogance de
    l’impunité. Gaza détruite, le Qatar humilié, le droit international bafoué :
    jusqu’où Netanyahu ira-t-il, et jusqu’où le silence complice de Washington
    l’accompagnera-t-il ?

    Une fois
    encore, Israël a frappé. Cette fois-ci, non pas à Gaza, non pas en Cisjordanie,
    mais à Doha, sur le sol d’un pays allié de Washington, médiateur dans le
    dossier des otages.
    Une frappe « unilatérale », dit Netanyahu. Mais qui peut croire encore à ce
    conte ? Rien, dans le ciel sur militarisé du Golfe, ne se fait sans que les
    radars américains et leurs alliés en soient informés.

    Une frappe israélienne, au cœur de Doha, capitale d’un allié stratégique des
    États-Unis. Une frappe « unilatérale », disent-ils. Unilatérale ? Quel mensonge
    éhonté ! Aucun avion, aucun missile ne traverse impunément les radars sans
    complicités. Aucun massacre ne s’accomplit sans silences. Netanyahu savait.
    Washington savait. Le Qatar savait peut-être. Et nous, spectateurs, on nous
    balance l’habituelle pièce de théâtre : l’un joue l’étonné, l’autre joue le
    ferme, et derrière, le sang coule.

    Tout est
    répétition. Toujours la même mascarade. Toujours les mêmes mensonges. Toujours
    les mêmes rôles : Trump bafouille, Netanyahu ricane, les porte-paroles débitent
    leurs communiqués comme des automates, et les médias relaient sans honte. Vous
    vous souvenez ? Le « plan Trump » pour Gaza, soi-disant né d’une illumination
    de l’ex-président ? Mensonge ! C’était le script de Netanyahu, vendu comme une
    invention américaine. Déjà vu avec l’Iran. Déjà vu avec les accords trafiqués.
    Déjà vu avec les faux récits de paix.
    Et que s’est-il passé à Washington ? Rien. Un silence. Des phrases vides. Des
    yeux baissés
    Alors ? Complicité tacite ? Silence gêné ? L’administration américaine,
    d’ordinaire si bavarde, a choisi de bredouiller, avant de se taire.

    Une impunité qui dépasse les frontières

    Israël vient
    de franchir une nouvelle ligne rouge : attaquer un partenaire stratégique de
    Washington, au mépris du droit international, des négociations en cours et de
    la sécurité des otages.

    Chaque fois
    qu’Israël bombarde, la même scène se répète : condamnations timides,
    indignation feutrée, puis… l’oubli.
    Chaque fois, l’impunité grandit, la loi internationale recule, et la guerre
    devient la seule langue qui reste.
    À Gaza, des milliers de morts. En Cisjordanie, la colonisation rampante. À Doha
    désormais, la frappe extraterritoriale.
    Où est la limite ? Où est le frein ? Où est la justice ?
    Et quelle a été la réponse ? Rien. Un silence, quelques communiqués
    ternes, comme si cette violation flagrante de la souveraineté qatarie n’était
    qu’un banal incident.
    C’est bien là le cœur du problème : l’impunité totale dont bénéficie Israël.
    Une impunité garantie par des décennies de soutien américain, par la complicité
    feutrée de l’Europe, par la paralysie volontaire des instances internationales.

    Et
    l’impunité ? Voilà le vrai crime. Israël bombarde un pays allié des États-Unis,
    et que dit la Maison-Blanche ? Silence. Étonnement feint. Distance calculée.
    Pas de rupture, pas de sanction, pas même une gifle diplomatique. Trump,
    l’homme qui ne parle que d’argent, qui voit chaque pays comme une tirelire,
    continue de caresser Netanyahu dans le sens du manche. Netanyahu, lui, proclame
    son « unilatéralisme » pour mieux dire : « Je n’ai besoin de personne, je
    méprise vos règles, vos traités, vos résolutions. »

     Une
    frappe israélienne « unilatérale »

    Unilatéral,
    vraiment ? Non. Planifié, coordonné, assumé. Les avions ne sont pas magiques.
    Les missiles ne sont pas invisibles. Tout cela a été préparé. Tout cela a été
    toléré. Tout cela a été validé. Et maintenant, on nous joue la surprise. Quelle
    farce !

    Netanyahu, la guerre comme plan de carrière

    Benjamin
    Netanyahu ne gouverne pas : il survit politiquement en alimentant la guerre.
    Chaque attaque, chaque opération, chaque bombardement nourrit son récit de chef
    assiégé.
    Gaza rasée, la Cisjordanie étranglée, le Liban, la Syrie et maintenant le Qatar
    menacés : l’expansion continue, sous prétexte de sécurité, cache un projet
    messianique et cynique, celui d’un « Grand Israël » construit sur les
    ruines des peuples voisins.

    Netanyahu
    n’a pas de plan de paix. Netanyahu n’a pas de vision d’avenir.
    Il a un plan de survie politique : alimenter le feu, toujours plus fort,
    toujours plus loin.

    Chaque bombe larguée, c’est un jour de plus au pouvoir.
    Chaque frappe, c’est un sondage remonté, une coalition soudée, une opposition
    divisée.
    Et tant que la guerre dure, Netanyahu reste.

    Oui,
    Netanyahu rêve d’un « Grand Israël », messianique, construit sur les ruines de
    Gaza, de la Cisjordanie, du Liban, de la Syrie, de l’Iran. Il le dit, il le
    montre, il le fait. Et chaque bombe larguée le rapproche de ce rêve macabre. Un
    rêve de sang, un rêve de feu, un rêve de domination.

    Le droit
    international ?

    Balayé. Les
    résolutions de l’ONU ?

    Méprisées.
    Même les enquêtes de la Cour pénale internationale, qui l’accusent déjà de
    famine comme arme de guerre et de crimes contre l’humanité, ne l’arrêtent pas.

    Les États-Unis : protecteurs ou otages ?

    On nous
    répète que l’Amérique soutient Israël pour garantir sa sécurité. Mais qui
    protège qui ?
    Israël frappe un pays allié de Washington, et Washington se tait.
    Israël utilise des armes américaines pour détruire Gaza, et Washington se tait.
    Israël foule aux pieds le droit international, et Washington se tait.
    Ce silence est une complicité. Cette complicité est une honte.

    On nous dit
    : Israël et l’Amérique sont liés. Faux ! Ce n’est pas une alliance, c’est une
    dépendance obscène. Les États-Unis, loin de tenir Israël, s’y agrippent avec
    servilité. Et Netanyahu le sait, il joue de cette faiblesse, il piétine ses
    alliés, il les insulte, il les méprise, et ils l’applaudissent encore.

    Washington
    s’est retrouvé nu face à cette frappe. Comment concilier son alliance
    stratégique avec le Qatar, hôte de sa principale base régionale, avec son
    soutien indéfectible à Israël ?
    La vérité est brutale : ce n’est pas Israël qui dépend des États-Unis, mais
    bien l’inverse.
    Les milliards d’aide militaire, la protection diplomatique au Conseil de
    sécurité, les vetos répétés — tout cela a créé un monstre politique persuadé
    d’être intouchable. Et chaque fois que Netanyahu frappe, les États-Unis paient
    le prix politique de son impunité.

    L’illusion de la « sécurité »

    Les otages ?
    Sacrifiés.
    Les civils ? Affamés.
    Le droit international ? Piétiné.
    La paix ? Enterrée sous les gravats de Gaza.
    Et demain ? Demain ce sera Beyrouth, Damas, peut-être Téhéran, peut-être Doha
    encore. Quand on bombarde sans limite, quand on tue sans frein, où
    s’arrête-t-on ?

    On nous
    répète qu’il s’agit de « neutraliser le Hamas », de protéger Israël. Mais
    frapper un pays médiateur, réduire Gaza en cendres, affamer des populations
    entières, cela ne construit aucune sécurité. Cela ne fait que nourrir la haine,
    alimenter les extrémismes, et préparer les guerres de demain.
    Les otages ? Sacrifiés sur l’autel de la surenchère militaire. La paix ?
    Repoussée à un horizon toujours plus lointain.

    Briser le cycle de l’exception

    Assez
    d’exceptions, assez d’immunité « spéciale » pour Israël. Les crimes commis à
    Gaza, en Cisjordanie, et désormais à Doha doivent être jugés avec les mêmes
    critères que pour tout autre État.

    Il faut le
    dire sans détour : Israël bénéficie d’une exception criminelle.
    Un droit de tuer, de détruire, de bombarder, accordé par le silence des grandes
    puissances.
    Tant que cette exception dure, tant que cette impunité règne, aucune paix n’est
    possible.
    On ne bâtit pas la sécurité sur les cadavres des enfants.
    On ne construit pas un État sur la famine organisée.
    On n’impose pas la justice avec des missiles.

    Et la
    population israélienne ? Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand supportera-t-elle ce
    criminel de masse qui l’entraîne dans l’abîme ? Jusqu’à quand acceptera-t-elle
    que son nom soit associé aux crimes les plus odieux : famine comme arme de
    guerre, bombardement des civils, persécution systématique ? L’acte d’accusation
    de la Cour pénale internationale est là, noir sur blanc, et pourtant il reste
    en poste, il gouverne, il frappe encore.

    Alors, il
    faut le dire sans détour : ce n’est pas seulement Netanyahu qu’il faut juger,
    c’est tout un système d’impunité qu’il faut abattre. L’impunité américaine.
    L’impunité européenne. L’impunité médiatique. Chaque silence est une
    complicité. Chaque demi-mot est une approbation. Chaque nuance est un abandon.

    Les
    bombardements de populations civiles, la famine organisée, les frappes
    extraterritoriales sont des crimes de guerre. Et les auteurs doivent
    être traités comme tels — qu’ils s’appellent Netanyahu, ses ministres ou ses
    généraux.
    La communauté internationale a le choix : soit elle continue de fermer les
    yeux, laissant prospérer ce régime d’impunité, soit elle agit, au nom de ce
    qu’il reste de droit et de justice.

    Conclusion

    Cette frappe
    à Doha n’est pas une simple opération militaire. Elle est le symbole d’une arrogance
    sans limite
    , d’un mépris du droit international, et d’une complicité
    occidentale qui n’ose pas dire son nom.

    Doha est un
    avertissement.
    Un avertissement à ceux qui croient encore que l’occupation, le siège, la
    guerre peuvent rester confinés à Gaza.
    Un avertissement à ceux qui pensent qu’Israël s’arrêtera de lui-même.
    Non. Netanyahu ira plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’on l’arrête.
    Et si le monde continue à se taire, alors nous aurons tous signé le contrat de
    son impunité
    Chaque silence, chaque demi-mot de Washington ou de Bruxelles, est un chèque en
    blanc donné à Netanyahu pour poursuivre la destruction.
    Et tant que cette impunité ne sera pas brisée, tant que les responsables ne
    seront pas traduits devant la justice, le Moyen-Orient restera prisonnier de la
    guerre permanente — et l’idée même de droit international réduite à un théâtre
    creux.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/