Catégorie : Géopolitique

Analyses et décryptages consacrés aux rapports de force internationaux, aux relations entre États et aux grandes évolutions géopolitiques.

  • Génocide à Gaza : tuer le messager ne tuera jamais le message

     

    Depuis le 7 octobre 2023, Gaza est une zone fermée aux
    journalistes internationaux. Les seules voix capables de relater les
    bombardements, les destructions et les famines sont celles des reporters
    palestiniens, enracinés dans leur territoire, travaillant souvent pour de
    grands médias mondiaux comme CNN, l’AFP ou Al Jazeera. Pourtant, ces
    journalistes sont devenus des cibles directes : assassinés, menacés, ou
    décrédibilisés. En les réduisant au silence, c’est la réalité du peuple
    palestinien
    qui disparaît de l’espace médiatique.

    La stratégie de la calomnie et du discrédit

    Comme le disait Francis Bacon : « Calomniez,
    calomniez, il en restera toujours quelque chose. » Cette maxime s’applique
    tragiquement aux journalistes de Gaza.
    Le gouvernement israélien, relayé par certains relais médiatiques complaisants,
    justifie chaque frappe mortelle en accusant les reporters de « liens avec le
    Hamas
    ». Une mécanique bien huilée : des photos issues de téléphones ou de
    réseaux sociaux, fournies par une « cellule de légitimation » du renseignement,
    servent à construire des accusations sans preuve.
    Tous les Palestiniens sont accusés de mentir systématiquement et cette accusation  globale d’être « un terroriste » est
    méthodiquement utilisée pour justifier les massacres à Gaza, comme l’a
    dénoncé à plusieurs reprises RSF. L’armée israélienne affirme toujours, elle
    visait spécifiquement des « terroristes » utilisant
    un drone mais sans jamais étayer ces affirmations

    On
    est tous des terroristes dans les yeux des Israéliens et surtout de l’armée
    d’occupation,
    mais
    tuer le messager ne tuera jamais le message
    , «  a
    martelé le journaliste palestinien francophone, Rami Abou Jamous, depuis
    Gaza.  

    Grâce à des documents inédits issus de plusieurs
    ministères israéliens, montrent la stratégie déployée par le gouvernement
    d’Israël pour organiser son impunité devant les juridictions internationales.
    Et comment certains journalistes palestiniens, ou les ONG qui les défendent,
    sont accusés de terrorisme.

    Cette propagande vise à déshumaniser les journalistes,
    pour mieux légitimer leur élimination. Mais la réalité est claire : ces
    professionnels informent, ils ne militent pas.

    Menaces directes : « On sait où vous êtes »

    Au-delà de la propagande, l’intimidation est directe.
    Nombre de reporters de Gaza ont reçu sur WhatsApp ce message glaçant de l’armée
    israélienne : « On sait où vous êtes, vous vous taisez ou on vous cible.
    »
    Ce n’est plus seulement une guerre militaire, c’est une guerre contre
    l’information. Empêcher les témoins, c’est empêcher la vérité. Empêcher la
    vérité, c’est laisser le champ libre au mensonge.

    La mobilisation des journalistes français

    Face à ces
    assassinats, les syndicats de journalistes français (SNJ-CGT, SNJ, FO, CFDT) et
    une quarantaine de sociétés de journalistes (SDJ) ont pris position.
    Ils dénoncent un « massacre organisé », une volonté délibérée de réduire
    au silence ceux qui témoignent. Ils exigent :

    • des enquêtes internationales
      indépendantes ;
    • la garantie de la sécurité des
      journalistes sur place ;
    • l’exfiltration des reporters
      palestiniens liés à des médias français ;
    • l’ouverture de Gaza à la presse
      internationale.

    Leur message
    est clair : les campagnes de décrédibilisation doivent cesser. Ces
    journalistes, qui risquent leur vie chaque jour, méritent respect et soutien,
    pas suspicion.

    En assassinant des journalistes, on assassine la
    liberté de la presse

    Chaque
    journaliste tué à Gaza n’est pas seulement une victime individuelle. C’est un
    fragment de vérité qu’on enterre, une voix qu’on étouffe, une mémoire
    collective qu’on efface.
    En assassinant les journalistes, on assassine la liberté de la presse. En
    assassinant la liberté de la presse, on assassine la vérité.

    Et sans vérité, l’opinion publique mondiale reste aveugle face au génocide
    en cours
    , aux destructions massives, à la famine imposée.

    Un devoir de solidarité et de vérité

    Je m’associe
    à cette mobilisation. Car défendre les journalistes de Gaza, c’est défendre
    bien plus que des vies. C’est défendre :

    • la liberté d’informer, socle de
      toute démocratie ;
    • la mémoire des victimes
      palestiniennes ;
    • le droit des peuples à la
      vérité, face aux mensonges d’État.

    Il ne s’agit
    pas d’un conflit lointain. C’est un enjeu universel : si nous tolérons qu’on
    exécute des journalistes à Gaza dans l’indifférence, alors demain, partout dans
    le monde, la presse pourra être réduite au silence.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/


     

  • Free Gaza : quand un tag devient une arme d’instrumentalisation

     

     Un tag “Free Gaza” sur une plaque
    commémorative choque, indigne, divise. Mais au-delà du geste, c’est son
    utilisation médiatique et politique qui interroge : comment un graffiti
    devient-il une arme d’instrumentalisation, brouillant mémoire et débat public

    À chaque fois qu’un tag apparaît sur une
    synagogue, une plaque commémorative ou un monument, deux réflexes
    s’entrechoquent : la condamnation immédiate et l’accusation de complotisme.
    D’un côté, certains y voient une preuve renouvelée de la persistance de la
    haine antisémite. De l’autre, certains soupçonnent un “faux drapeau”, une mise
    en scène destinée à choquer l’opinion, provoquer une indignation sélective et
    couper court à toute critique d’Israël.

    C’est une arme rhétorique, pas un argument. il faut sortir de ce piège.

    Car la réalité est double :

    ·        
    Oui, ces tags existent, et
    ils sont une offense réelle, une blessure faite à la mémoire ou à une
    communauté.

    ·        
    Mais oui aussi, certains de
    ces actes peuvent être instrumentalisés. Ils deviennent alors
    non plus seulement un crime isolé, mais un outil rhétorique : ils permettent de
    disqualifier toute voix critique en l’associant à l’antisémitisme, et
    d’interrompre le débat avant même qu’il n’ait lieu.

    C’est cette mécanique qu’il faut dénoncer. Les
    théories du complot ont tort quand elles réduisent chaque événement à une
    manipulation globale et machiavélique. Mais elles posent malgré elles une
    question légitime :

    Qui bénéficie de la diffusion massive d’un slogan haineux ?

    Pourquoi un tag, qui pourrait être effacé en
    quelques secondes, devient-il soudain la une des médias ?

    Le problème n’est pas de condamner l’acte – il
    doit l’être sans ambiguïté. Le problème est de voir comment la
    surmédiatisation transforme une provocation marginale en arme politique
    centrale
    . Le problème est quand une inscription de trois mots sur un
    mur pèse plus lourd dans l’espace public que des centaines de morts civils dans
    une guerre.

    Quel charivari de mensonges
    honteux ! Des milliers de Palestiniens sont massacrés non seulement à
    Gaza, mais aussi en Cisjordanie. Je suppose que les colons ont de bonnes
    intentions pacifiques, n’est-ce pas ? Honte à vous de soutenir ces crimes.

     

    Cela n’a fait que dévaloriser ces
    termes, tout comme le terme antisémite est devenu vide de sens. Hélas. Et
    pourtant, la plupart des Israéliens refusent de voir les preuves qui se
    présentent à eux. Israël et ses citoyens commettent un génocide ! Faut-il
    être aveugle ?

     

    Tous à 86% d’antisémites je présume ?

    Qu’est-ce qui pourrait expliquer cela d’autre, n’est-ce pas ?

     

    Ainsi, parler de “faux drapeau” ne doit pas nous
    enfermer dans une vision complotiste. Il faut plutôt comprendre que, quelle que
    soit l’origine de ces tags, leur impact réel vient de la manière dont ils sont utilisés
    : non pas pour ouvrir un débat, mais pour le verrouiller.

    Au fond, certains “voient des complots partout”.
    Mais d’autres, à l’inverse, refusent de voir la moindre instrumentalisation.
    Ces deux aveuglements se rejoignent dans leur incapacité à penser la
    complexité.

    La voie juste est ailleurs :

    ·        
    condamner fermement tout
    acte antisémite,

    ·        
    mais refuser que cette
    condamnation serve de prétexte pour délégitimer toute critique d’un État ou
    pour hiérarchiser les indignations.

    Ce n’est pas être complotiste que de rappeler
    qu’un tag sur une plaque ne doit pas occulter des crimes de guerre. C’est plus
    manipulateur de dire qu’un hôpital détruit ou une école bombardée méritent
    autant, sinon davantage, d’indignation publique qu’un graffiti, aussi ignoble
    soit-il. On peut pleurer les enfants de Gaza sans banaliser Auschwitz. Refuser
    l’un ne signifie pas nier l’autre. Les vraies luttes de justice ne s’opposent
    pas : elles s’additionnent et surtout refuser de choisir entre les victimes.

    Bref :

    ·        
    Oui, les complots
    imaginaires existent, et ils enferment ceux qui s’y perdent.

    ·        
    Mais oui aussi,
    l’instrumentalisation existe, et la lucidité consiste à la dénoncer sans céder
    au soupçon généralisé.

    Aux indignés sélectionnés, vous êtes
    toujours prompts à vous indigner pour une plaque de marbre taguée, qu’un peu
    d’eau et un chiffon suffiraient à nettoyer mais jamais pour la destruction de
    dizaines d’hôpitaux ou d’écoles, pourtant essentiels à des millions de vies.

    Aux indignés sélectionnés, vous êtes
    toujours prompts à vous émouvoir pour un arbre abattu, qui, lui, repoussera,
    plutôt que pour la mort de dizaines de milliers d’innocents, à commencer par
    des enfants.

    Aux indignés sélectionnés vous êtes
    toujours prompts à dénoncer quelques inscriptions sur des murs encore debout,
    mais pas la destruction entière d’une région, pas la colonisation d’un peuple
    tout entier, jamais pour l’occupation d’un pays.

    Aux indignés sélectionnés vous êtes
    toujours prompts à vous offusquer de quelques paroles déplacées, voire
    blessantes, mais jamais de celles accompagnées d’actes visant à l’éradication
    d’un peuple.

    Aux indignés sélectionnés vous êtes
    toujours prompts à crier au danger face à la destruction hypothétique d’un État
    nucléaire, mais silencieux face aux actes qui visent à effacer jusqu’à l’idée
    même qu’un peuple opprimé puisse un jour obtenir son indépendance sur la terre
    qui est la sienne.

    Aux indignés sélectionnés vous êtes,
    définitivement, une imposture. Des opportunistes qui instrumentalisent la peur
    et la mémoire de la Shoah pour justifier une entreprise coloniale au-delà de vos
    frontières.

    Aux indignés sélectionnés vous vous
    obstinez à associer les juifs à Israël dans vos discours tel des racistes
    voudraient associer tous les allemands aux Nazis

    La dignité humaine exige mieux que
    des slogans. Elle demande d’être capable d’indignation double : pour un mur
    profané ici, pour une école bombardée là-bas. Pour des enfants assassinés hier,
    comme pour des enfants massacrés aujourd’hui.

    Ce n’est qu’à ce prix – en refusant
    les amalgames, en tenant ensemble les mémoires, en refusant la hiérarchie des
    souffrances – que nous serons fidèles à ce que nous prétendons défendre : la
    justice, la vérité et l’humanité.

    Refuser les faux dilemmes, refuser les amalgames,
    refuser les indignations sélectives : c’est la seule manière de rendre justice
    à toutes les victimes, ici comme ailleurs.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/


     

  • Gaza, le nom du génocide

     

    L’Association
    internationale des chercheurs sur le génocide vient de rendre un verdict sans
    appel : Israël commet un génocide à Gaza. 86 % de ses membres, parmi les
    plus grands spécialistes mondiaux, ont adopté une résolution affirmant que les
    critères juridiques sont remplis. Pas une pétition militante. Pas une opinion
    de circonstance. Mais une conclusion scientifique, juridique, documentée, qui
    renvoie à la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de
    génocide.

    Que dit
    cette Convention ? Qu’il y a génocide lorsqu’un groupe national, ethnique,
    racial ou religieux est détruit « en tout ou en partie » par des actes tels que
    : tuer ses membres, infliger des atteintes graves, imposer des conditions
    d’existence menant à leur destruction, empêcher les naissances ou transférer
    les enfants.

    À Gaza, tout
    est réuni. Les morts par dizaines de milliers. Les mutilés, les disparus, les
    familles entières effacées. La famine organisée comme arme de guerre. Les
    déplacements forcés. L’interdiction d’aide humanitaire. Les hôpitaux, les
    écoles, les camps de réfugiés bombardés. Le génocide n’est pas une
    exagération rhétorique : c’est une réalité, et Israël en porte la
    responsabilité.


    Le mensonge permanent

    Face à cela,
    Israël nie. Son ministère des Affaires étrangères dénonce une « honte », accuse
    le Hamas de mensonges. Mais les faits sont implacables : plus de 63 000
    morts palestiniens depuis octobre 2023
    , une bande de terre transformée en
    ruines, une population privée d’eau, de nourriture, de soins, de refuge.

    Chaque
    génocide s’accompagne du déni. Chaque fois, les criminels se parent des mots de
    « sécurité » et de « légitime défense ». Mais ce langage ne résiste pas aux
    images, aux chiffres, aux témoignages.


    Le 7 octobre : résistance et
    déformation

    On nous
    répète sans cesse que tout a commencé le 7 octobre. C’est faux. Le 7 octobre
    n’est pas le point de départ, mais une conséquence : celle de décennies
    d’occupation, d’apartheid et de blocus.

    En droit
    international, un peuple colonisé a le droit de résister, y compris par la
    lutte armée. Assimiler cette résistance à un « crime » équivalent au génocide,
    c’est inverser les rôles : faire de l’occupé le coupable, et de l’occupant le
    juge.

    Les faits,
    de plus, contredisent la propagande : les attaques du Hamas visaient
    principalement des cibles militaires, et les otages étaient pour l’essentiel
    des soldats ou d’anciens militaires. Mais peu importe : dans le récit dominant,
    tout Palestinien qui résiste devient terroriste, quand tout Israélien armé
    devient victime innocente.

    La vérité
    est simple
    :
    criminaliser la résistance d’un peuple colonisé, tout en couvrant la
    destruction systématique de ce peuple, c’est offrir une caution morale au
    génocide.


    Un gouvernement otage de
    l’extrême droite

    Et qui mène
    aujourd’hui cette politique ? Un gouvernement israélien de coalition, dominé
    par une poignée de députés extrémistes. Netanyahou, pour sauver sa carrière, a
    offert un pouvoir démesuré à des figures marginales comme Orit Strook,
    incarnation du sionisme religieux le plus radical. Ces individus, incapables de
    franchir seuls le seuil électoral, imposent désormais à tout un État leur
    projet messianique : effacer Gaza, coûte que coûte.

    Voilà la
    réalité : un gouvernement minoritaire, sans véritable mandat populaire,
    entraîne une nation entière dans la guerre d’anéantissement.


    Le double standard occidental

    Pendant que
    Gaza est écrasée, la Cisjordanie est livrée aux colons, qui multiplient les
    attaques et les spoliations. Et l’Occident, prisonnier de son hypocrisie,
    continue de répéter les slogans dictés par Tel-Aviv.

    « Droit à la
    défense ». « Lutte contre le terrorisme ». Ces formules creuses masquent
    l’évidence : nous assistons à une destruction programmée, méthodique, assumée. Et
    par nos silences, nos armes, nos vetos, nous sommes complices.


    Redonner un sens aux mots

    On dit
    parfois que les mots « génocide » et « antisémitisme » ont perdu leur force à
    force d’être instrumentalisés. Gaza leur rend aujourd’hui leur sens premier. Ce
    n’est plus une métaphore, c’est un constat. Ce n’est plus un abus, c’est une
    vérité.

    Nommer Gaza,
    c’est nommer un génocide. Refuser ce mot, c’est participer au mensonge.


    Le choix devant l’Histoire

    Désormais,
    nul ne pourra dire : « Nous ne savions pas ». Les chercheurs l’ont établi, les
    juristes l’ont écrit, les faits l’ont démontré. Gaza est le théâtre d’un
    génocide.

     

    Alors,
    chacun doit choisir.
    Se taire, et devenir complice.
    Ou parler, et refuser d’être réduit à la honte.

    L’Histoire
    jugera les assassins. Mais elle jugera aussi ceux qui se sont tus.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

    IAGS Resolution on Gaza, August 2025

    https://genocidescholars.org/wp-content/uploads/2025/08/IAGS-Resolution-on-Gaza-FINAL.pdf


  • Apres un flirt avec le sionisme la France accouche les Frères Musulmans :

     

    La fabrication d’un ennemi intérieur au service d’une politique de peur

    Introduction

    La France a toléré
    les activités sociales des associations sionistes sur son sol. Mais elle
    découvre aujourd’hui que nombre d’entre elles ne sont que des façades du
    mouvement des sionistes. C’est un euphémisme : En réalité nombre d’élus, tout
    particulièrement dans les mairies extrémistes 
    ont porté cette alliance et ont financé de soi-disant associations
    culturelles ou sociales en sachant parfaitement que ce n’était que le
    déguisement d’un financement du sionisme  pour le défense des juifs de France et d’Israël..

    La publication d’un rapport
    gouvernemental prétendument « confidentiel » sur l’influence des « Frères
    musulmans » en France marque une nouvelle étape dans une rhétorique dangereuse
    : celle de la fabrication d’un ennemi intérieur. Présenté par le ministre de
    l’Intérieur lors d’un Conseil de défense, ce document est censé alerter sur une
    menace majeure pesant sur la République. Pourtant, à la lecture attentive, il
    ne contient aucune preuve tangible, aucun élément factuel solide, rien qui
    puisse justifier l’alarme diffusée avec solennité au sommet de l’État.

    Ce rapport soi-disant confidentiel ne
    semble apporter aucune preuve du soi-disant complot des “Frères Musulmans”. Il
    ne contiendrait aucune démonstration de l’existence de cette société secrète,
    aucun témoignage sur son organigramme, son programme, ses membres avérés.

    Mais si les auteurs et les divulgateurs
    de ce rapport confidentiel choisis pour leur docilité vis-à-vis du CRIF, ont
    l’échine forcément souple, n’ont
    aucune preuve de ce complot, c’est que leur objectif est seulement d’implanter
    une “narrative” fabriquée dans les esprits afin de les manipuler
    électoralement. Ça se passe à la tête de l’État et dans les médias.

    Ce rapport est symptomatique d’une
    dérive préoccupante. Derrière l’apparence d’une expertise institutionnelle, il
    ne s’agit pas d’un travail de recherche mais d’un texte idéologique, conçu pour
    nourrir la peur et légitimer des positions politiques. Ce qui est présenté
    comme une analyse de sécurité nationale relève en réalité d’un outil de
    communication au service d’intérêts électoraux. Et ce glissement, de la
    recherche objective vers la propagande, a des conséquences lourdes : il
    alimente l’islamophobie, installe une suspicion généralisée envers des millions
    de citoyens musulmans et fragilise la cohésion républicaine.


    Un rapport sans
    preuves : le vide derrière la mise en scène

    Le premier constat,
    implacable, est celui-ci : le rapport ne démontre rien. Il n’expose ni
    organigramme, ni programme, ni témoignages crédibles. Il ne révèle pas
    l’existence d’une structure secrète coordonnant des actions subversives. En
    d’autres termes, il échoue à prouver ce qu’il annonce.

    À défaut de faits,
    les auteurs accumulent des assertions, des citations anciennes, des références
    à des figures disparues depuis près d’un siècle. On retrouve Hassan al-Banna,
    fondateur des Frères musulmans en 1928, comme si l’on pouvait comprendre la
    réalité des musulmans de France en 2025 à travers des textes égyptiens des
    années 1930. Ce recours à des sources obsolètes illustre l’absence de données
    actuelles et confirme le caractère artificiel de la menace décrite.

    Un document sérieux
    sur une prétendue société secrète devrait apporter des éléments précis : noms,
    réseaux financiers, organigrammes, stratégies documentées. Or, rien de tel. On
    est face à un assemblage approximatif, que Raphaël Liogier a résumé d’un mot :
    un « salmigondis d’affirmations ».


    La fabrication
    d’une menace imaginaire

    Le concept central
    de ce rapport est celui de l’« entrisme ». Les musulmans, nous dit-on,
    chercheraient à infiltrer discrètement les institutions françaises afin d’y
    imposer, à terme, leur idéologie. Mais qu’est-ce que l’« entrisme » sinon une
    suspicion érigée en dogme ?

    Dans les faits, ce
    que le rapport appelle « entrisme » correspond à des réalités banales :
    création de mosquées, ouverture d’écoles, développement d’associations
    culturelles et sociales. Autrement dit, les mêmes dynamiques observées dans
    toutes les communautés religieuses ou culturelles. Les catholiques ont leurs
    écoles, les juifs ont leurs établissements communautaires, les protestants ont
    leurs lieux de culte et leurs associations. Chez les musulmans, ces initiatives
    deviennent suspectes.

    Ainsi, l’école Al
    Kindi près de Lyon est pointée comme fer de lance d’une stratégie « frériste ».
    Pourtant, qu’y a-t-il de plus normal qu’une communauté souhaite scolariser ses
    enfants dans un établissement respectant ses valeurs, tout en s’intégrant au
    système éducatif français ? Présenter ce fait comme une preuve de conspiration
    relève de l’interprétation paranoïaque.

    Le rapport part
    d’une thèse idéologique — l’existence d’une infiltration islamiste — puis
    cherche à y faire entrer, de force, tous les éléments disponibles. C’est
    l’illustration parfaite du biais de confirmation.


    L’idéologie au
    lieu de la science

    L’autre faiblesse du
    rapport est son absence totale de rigueur scientifique. On y retrouve des
    amalgames grossiers : niqab, hijab, tchador, charia, écoles privées,
    associations cultuelles… tout est mis dans le même sac. On ne cherche pas à
    comprendre, on associe.

    La « charia » est
    présentée comme un bloc monolithique, alors qu’il s’agit d’un ensemble pluriel
    de traditions juridiques interprétées de manières très différentes selon les
    contextes. Mais pour les auteurs, elle devient un épouvantail, brandi pour
    effrayer.

    Ce manque de
    précision n’est pas accidentel : il sert un objectif politique. En confondant
    pratiques religieuses ordinaires et radicalisme, le rapport fabrique une menace
    globale qui permet de justifier un discours alarmiste.


    Un outil de
    communication politique

    Ce texte n’est pas
    seulement approximatif : il est mis en scène. Sa présentation en Conseil de
    défense, instance réservée aux menaces vitales pour la nation, est hautement
    symbolique. Elle dramatise artificiellement la situation et confère une gravité
    qui ne repose sur rien de concret.

    Le ministre de
    l’Intérieur n’a pas manqué d’accompagner cette publication de déclarations
    alarmistes : la République serait menacée, la société française risquerait de
    basculer dans la charia. Ces formules catastrophistes relèvent moins d’une
    analyse que d’une stratégie de communication.

    Ainsi se configure
    une chasse aux sorcières, c’est un balisage à une politique anti-réligion,
    anti-musulman, anti-immigré de foi musulmane. C’est alors l’état au service
    d’une idéologie exclusivisionniste. C’est une France Juive avec moins de
    mosquées et plus de tribunaux rabbiniques.

    On va combattre qui,
    quoi?

    On va plutôt imposer
    la stigmatisation, le silence aux individus de foi musulmane. La vieille grande
    blague de l’ennemi imaginaire.

    Le politique a
    toujours eu ce besoin de s’inventer une cause nationale sur laquelle surfer.
    Depuis quelques petites décennies, l’exotique islam d’envahissants immigrés, a
    l’avantage de par les dispositions du français lambda de servir de terrain
    d’expérience divertissante, avec l’aide de quelques dévots xénophobes. Ces
    derniers se frottent les mains, les politiques s’emparent de leurs phobies.

    Il ne s’agit pas de
    protéger la République, mais de renforcer une posture politique. En diffusant
    l’idée que les musulmans représenteraient une menace diffuse, on construit un
    récit mobilisateur pour un électorat sensible aux discours sécuritaires et
    identitaires.


    Le parallèle
    historique : quand l’ennemi intérieur change de visage

    Cette rhétorique
    n’est pas nouvelle. Elle rappelle, tragiquement, les discours des années 1930
    visant les juifs. À l’époque déjà, on accusait une minorité de comploter dans
    l’ombre, de s’infiltrer dans les institutions, de menacer l’identité nationale.
    On dénonçait un « faux peuple » qui prétendait s’intégrer mais nourrissait en
    réalité un projet secret.

    La comparaison peut
    sembler brutale, mais elle est nécessaire. Car les mécanismes sont les mêmes :
    créer un ennemi intérieur, homogénéiser une population diverse sous une
    étiquette infamante, fabriquer un danger imaginaire pour mieux rassembler
    autour de leaders autoproclamés sauveurs de la nation.

    Hier, le discours
    antisémite. Aujourd’hui, le discours islamophobe. Les cibles changent, la mécanique
    reste identique.


    Le populisme à
    l’œuvre

    Raphaël Liogier
    l’explique : le populisme se construit autour d’une opposition entre un « vrai
    peuple » et un « faux peuple ». Le vrai peuple, ce sont ici les Français «
    authentiques », catholiques ou laïques, enracinés. Le faux peuple, ce sont les
    musulmans, présentés comme une masse étrangère et menaçante.

    Face à ce faux
    peuple, les leaders politiques se posent en sauveurs. Le ministre de
    l’Intérieur adopte le rôle de Cassandre, annonçant l’apocalypse, tout en
    prétendant protéger la République. Cette mise en scène est typique du populisme
    : créer une peur, puis se présenter comme la seule solution.

    Mais le populisme,
    en désignant un bouc émissaire, fracture la société. Il affaiblit la démocratie
    en substituant la peur au débat rationnel.


    Une islamophobie
    d’État

    Le plus grave est
    sans doute l’effet de ce rapport : il institutionnalise la suspicion envers
    tous les musulmans. En parlant des « Frères musulmans » sans preuves, en
    amalgamant pratiques religieuses et radicalisme, il diffuse un soupçon
    généralisé.

    Il installe dans les
    esprits l’idée que chaque musulman pourrait être un agent d’une organisation
    occulte. Ce mécanisme, déjà dénoncé par des chercheurs comme Franck Frégosi,
    relève de ce qu’on peut appeler une islamophobie d’État.

    Les populations
    arabo-musulmanes vivant en France subissent les conséquences du traitement
    politico-médiatique de la guerre à Gaza. En soutenant la cause palestinienne,
    elles prennent le risque de subir des amalgames orchestrés jusque dans les
    hautes sphères du pouvoir. Sous couvert de défendre la République, on
    stigmatise des millions de citoyens. On leur fait comprendre qu’ils ne seront
    jamais des Français comme les autres, qu’ils resteront toujours suspects.


    Le décalage entre
    chiffres et discours

    L’un des aspects les
    plus révélateurs est le décalage entre les chiffres avancés et l’ampleur de
    l’alarmisme. Le rapport évoque 400 personnes constituant le « noyau dur »
    frériste. 400 personnes, sur une population musulmane estimée à 7,5 millions.
    Soit 0,01 %.

    Comment justifier
    que 0,01 % d’une communauté justifie un Conseil de défense, une rhétorique de
    guerre et des annonces catastrophistes ? Ce n’est pas crédible. Et c’est bien
    la preuve que le but n’est pas l’analyse, mais la communication politique.


    Les effets
    délétères sur la République

    Loin de protéger la
    République, ce type de rapport la fragilise. Car une démocratie ne tient pas
    seulement par ses institutions, mais par la confiance de ses citoyens. En
    stigmatisant une partie de la population, on brise cette confiance.

    En créant un climat
    de suspicion, on nourrit la défiance. En installant l’idée qu’une communauté
    est une menace, on attise les tensions. On alimente le populisme, on légitime
    les discours d’extrême droite, on divise au lieu d’unir.

    À terme, ce sont les
    fondements mêmes de la République — égalité, liberté, fraternité — qui sont
    minés.

    Les Sionistes
    Français ou l’avant-garde d’Israël en France

    Israël attend des
    Juifs du monde entier un soutien sans faille. S’amorce alors la formation
    du franco-sionisme : idéologie totalitaire. Fidélité au pays
    d’appartenance, bien sûr, mais aussi à Israël et à sa politique, quelle qu’elle
    soit.

    C’est ainsi
    qu’aujourd’hui les institutions dominantes du judaïsme français s’efforcent de
    convaincre les Juifs que leur destin est lié non plus au principe d’une
    République juste et exigeante, mais à un « État nation du peuple juif »
    à tendance messianique et qui discrimine les minorités non juives.

    ​Le lobby sioniste
    en France serait donc composé de diverses associations et personnalités
    influentes, qui n’hésitent pas à user de leur pouvoir pour orienter la
    politique française en faveur des juifs et d’Israël.

    Pire encore la loi
    française de 1905 n’a pas empêché les privilèges communautaires accordés aux
    juifs et au Judaïsme comme religion reconnue, génératrice de communautarisme
    juif, et le germe est là. (Ecoles privés juives subventionnées par l’État, la
    cacherout alimentaire, les femmes de religion hébraïque ont bénéficié un temps
    réservés à leur usage aux piscines, les demandes de dispenses à l’examen, pour
    les jeunes accordées le samedi, jour du « shabbat », siège du
    Consistoire « beth din », une cour d’arbitrage rabbinique rendant ses
    jugements conformément à la « halakhah » la Charia juive, un ensemble
    de règles qui régis la vie juive au quotidien.).

    D’ailleurs, on les
    retrouve même à l’Elysée célébrant Hanouka avec le Président de la République.

    Sans compter que le
    chef du Conseil Représentatif des juifs de France, le CRIF, une branche des sionistes
    se permet de brandir le bras du Président comme un vulgaire toutou et pourquoi
    les personnalités politiques et médiatiques se rendent tous les ans au diner
    communautaire organisé par les sionistes français. Un lobby qui dirige
    clandestinement la politique étrangère de la France, le cheval de gloire de
    cette institution vérolée était « l’antisémitisme ». Derrière chacun de
    leurs mensonges se cachent de grands crimes !

    Les médias  et les sionistes français continuent à
    manipuler l’opinion publique avec le voile, l’Islam et maintenant les Frères
    Musulmans qui souhaiteraient « imposer la Charia ».

    Dans quel pays
    musulman est-elle appliquée ?  Nulle part
    !

    Et ces imposteurs
    voudraient faire croire aux Français que la République serait mise en danger
    par des Frères Musulmans invisibles ? Ils nous prennent pour des cons encore
    une fois !


    Conclusion : un
    rapport politique,   la mécanique de
    l’ennemi intérieur

    Ce rapport n’est pas
    un document de sécurité. Ce n’est pas une étude scientifique. C’est une pièce
    de propagande, une arme de communication politique. Il sert à nourrir une
    narrative de peur, à mobiliser un électorat, à détourner l’attention des vrais
    enjeux sociaux et économiques.

    Il faut le dire
    clairement : La machine à mentir n’a pas fini de produire de la
    désinformation,  ce texte ne protège pas la République, il l’affaiblit. Il
    ne renforce pas l’unité nationale, il creuse les divisions. Il ne lutte pas
    contre une menace réelle, il fabrique un ennemi imaginaire.

    En instillant la
    suspicion contre les musulmans, il légitime une islamophobie d’État qui est
    indigne de la France. En recyclant les logiques du bouc émissaire, il fait écho
    aux heures les plus sombres de notre histoire.

    Nous ne pouvons pas
    accepter que la République, censée être le rempart contre les discriminations,
    devienne l’outil d’une stigmatisation institutionnalisée. Nous ne pouvons pas
    tolérer qu’au nom de la sécurité, on fabrique un danger fictif pour servir des
    intérêts électoraux.

    Ce rapport est un
    symptôme. Le symptôme d’une dérive populiste qui préfère désigner des coupables
    imaginaires plutôt que d’affronter les vrais défis de notre temps : l’injustice
    sociale, les fractures économiques, la crise écologique.

    C’est pourquoi il
    faut le dénoncer, avec force. Car ce n’est pas seulement la dignité des
    musulmans de France qui est en jeu, mais l’avenir de la République elle-même.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Gaz de schiste : la souveraineté de l’Algérie en jeu

     

    Allons-nous sacrifier notre eau, notre santé et notre
    avenir pour quelques milliards de mètres3 de gaz ? L’exploitation du gaz de
    schiste, que certains présentent comme une solution miracle, est en réalité une
    bombe écologique et sanitaire à retardement. Partout où la fracturation
    hydraulique a été pratiquée, elle a contaminé les nappes phréatiques, libéré
    des produits chimiques toxiques et provoqué des désastres environnementaux.

    En Algérie, ce choix serait suicidaire. Notre Sahara,
    poumon d’eau souterraine et richesse agricole, risque d’être irréversiblement polluée.
    Des milliards de dollars seront engloutis dans une énergie coûteuse, à faible
    rendement et dépendante de technologies étrangères, au lieu d’être investis
    dans les énergies renouvelables ou la sécurité alimentaire.

    La question est simple : à qui profite le gaz de
    schiste ? Certainement pas au peuple algérien. Il profite aux multinationales
    et à une poignée d’intérêts immédiats, mais il condamne nos enfants à vivre sur
    une terre stérile, sans eau potable ni souveraineté énergétique.

    Nous devons dire non. Non à l’exploitation du
    gaz de schiste, non à la mise en danger de notre pays, oui à un avenir durable
    fondé sur le soleil, l’eau et la terre de l’Algérie. L’urgence est là :
    protéger notre Sahara aujourd’hui, c’est protéger l’Algérie pour toujours.

    On nous présente l’exploitation du gaz de schiste
    comme une nécessité économique. C’est en réalité une impasse. En s’engageant
    dans cette voie, l’Algérie ne ferait que prolonger sa dépendance aux
    hydrocarbures, alors même que le monde entier cherche à en sortir. Dès 2035, le
    marché du pétrole et du gaz sera fortement réduit par la transition énergétique
    et par les taxes carbones qui frapperont les énergies fossiles. Miser
    aujourd’hui sur le schiste, c’est investir des milliards dans une énergie du
    passé, coûteuse, polluante et bientôt obsolète.

    Pire encore : en se lançant dans ce secteur, l’Algérie
    se lierait pieds et poings aux multinationales américaines, devenant un marché
    captif de leurs technologies et de leurs agendas géopolitiques. Cela ne
    garantirait ni souveraineté ni indépendance, mais au contraire une nouvelle
    forme de dépendance, économique et stratégique.

    Allons-nous sacrifier notre eau, notre santé et notre
    avenir pour quelques milliards de mètres cubes de gaz ? L’exploitation du gaz
    de schiste, que certains présentent comme une solution miracle, est en réalité
    une bombe écologique et sanitaire à retardement. Partout où la fracturation
    hydraulique a été pratiquée, elle a contaminé les nappes phréatiques, libéré
    des produits chimiques toxiques et provoqué des désastres environnementaux.

    En Algérie, ce choix serait suicidaire. Notre Sahara,
    poumon d’eau souterraine et richesse agricole, risque d’être irréversiblement
    polluée. Des milliards de dollars seront engloutis dans une énergie coûteuse, à
    faible rendement et dépendante de technologies étrangères, au lieu d’être
    investis dans les énergies renouvelables ou la sécurité alimentaire.

    Pendant ce temps, nos véritables atouts sont négligés
    : le soleil, l’eau et la terre. Le Sahara peut être un grenier nourricier grâce
    à une agriculture moderne et raisonnée. Nos territoires peuvent devenir un pôle
    énergétique mondial à travers le solaire et l’éolien. L’industrie nationale, si
    elle est soutenue, peut créer une valeur ajoutée bien supérieure à celle de la
    rente pétrolière. Ce sont ces choix qui garantissent l’avenir, pas le schiste.

    La question n’est donc pas de savoir avec quelle
    compagnie signer un contrat, mais quel projet de société nous voulons pour
    l’Algérie. L’enjeu n’est pas Chevron ou Exxon, mais la capacité de notre pays à
    sortir de la dépendance, à reconstruire son économie sur des bases saines et
    durables, et à offrir aux générations futures autre chose qu’un désert stérile
    et pollué. L’exploitation du gaz de schiste n’est pas seulement une erreur
    écologique. C’est une faute stratégique.

    La question est simple : à qui profite le gaz de
    schiste ? Certainement pas au peuple algérien. Il profite aux multinationales
    et à une poignée d’intérêts immédiats, mais il condamne nos enfants à vivre sur
    une terre stérile, sans eau potable ni souveraineté énergétique.

    Nous devons dire non. Non à l’exploitation du
    gaz de schiste, non à la mise en danger de notre pays, oui à un avenir durable
    fondé sur le soleil, l’eau et la terre de l’Algérie. L’urgence est là :
    protéger notre Sahara aujourd’hui, c’est protéger l’Algérie pour toujours.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Crise diplomatique Algérie–France : fin de l’exemption de visas pour diplomates et dénonciation de l’accord de 2013

     

    Un durcissement annoncé, mais un contexte occulté

    Dans une lettre adressée à François Bayrou et relayée
    par Le Figaro et Reuters, Emmanuel Macron a demandé la
    suspension de l’accord de 2013 sur les exemptions de visa pour les passeports
    diplomatiques et de service algériens. Le président français appelle à une «
    grande fermeté » face à Alger, invoquant des difficultés « migratoires et sécuritaires
    ». Mais cette lecture unilatérale occulte des éléments essentiels du contexte
    diplomatique.

    Deux notes verbales ont été remises au
    régime français par les voies diplomatiques,  
    L’une a eu pour objet de «notifier formellement la dénonciation par la partie
    algérienne de l’Accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption réciproque
    des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service».

    Une dénonciation qui «va plus loin que la
    simple suspension notifiée par la partie française et met définitivement un
    terme à l’existence même de cet accord», tient-on à préciser. Dans ce contexte,
    le communiqué a souligné qu’»en conséquence, et sans préjudice des délais
    prévus dans l’accord, le gouvernement algérien a décidé de soumettre, avec effet
    immédiat, les titulaires de passeports diplomatiques et de service français à
    l’obligation de visas.

    Il se réserve, par ailleurs, le droit de soumettre
    l’octroi de ces visas aux mêmes conditions que celles que le gouvernement
    français arrêtera pour les ressortissants algériens. Il s’agit là d’une stricte
    application du principe de réciprocité qui exprime, avant tout, le rejet par
    l’Algérie des velléités françaises de provocation, d’intimidation et de
    marchandage». Quant à la seconde note verbale, elle concerne «la décision des
    autorités algériennes de mettre fin à la mise à disposition, à titre gracieux,
    de biens immobiliers appartenant à l’Etat algérien au profit de l’ambassade de
    France en Algérie. Cette note annonce, également, le réexamen des baux, considérablement
    avantageux, contractés par l’ambassade avec les OPGI d’Algérie et invite la
    partie française à dépêcher une délégation à Alger pour entamer les discussions
    à ce sujet», souligne le communiqué

    Le déclencheur : le dossier du Sahara occidental

    En juillet 2024, la France a reconnu le plan
    marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, en rupture avec la
    position traditionnelle de neutralité. Cette décision a été perçue par Alger
    comme une atteinte directe à ses intérêts stratégiques et une ingérence
    dans un dossier soutenu par des résolutions onusiennes. Ce choix politique
    français a provoqué un refroidissement brutal des relations bilatérales.

    L’accord de 2013 : un symbole plus qu’un instrument

    Signé pour faciliter la mobilité des diplomates, l’accord
    de 2013 avait une portée pratique limitée. Sa suspension est surtout un
    signal politique adressé à l’opinion publique française, dans un contexte
    où la question migratoire est instrumentalisée à des fins électorales.

    C’est la France, également, qui a manqué au respect de
    ses engagements au triple titre de l’accord algéro-français de 1968 relatif à
    la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens
    et de leurs familles, de la convention consulaire algéro-française de 1974 et
    de l’accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption des visas pour les
    détenteurs de passeports diplomatiques et de service. C’est la France, en
    outre, qui s’est donné pour seule et unique objet de fixation l’accord
    algéro-français de 1994 relatif à la réadmission des ressortissants algériens
    vivants en situation irrégulière en France, accord dont elle a dénaturé la
    raison d’être et détourné les objectifs véritables. C’est la France, enfin, qui
    s’est affranchie de ses devoirs contractés au titre de la convention européenne
    des droits de l’homme de 1950″.

    A maintes reprises, c’est la France, et elle seule,
    qui a été à l’origine d’une telle demande. En décidant la suspension de cet
    accord, la France offre à l’Algérie l’opportunité idoine d’annoncer, quant à
    elle, la dénonciation pure et simple de ce même accord.

    Des cas individuels utilisés comme levier politique

    Les affaires Boualem
    Sansal et Christophe Gleizes, évoquées comme motifs de durcissement,
    relèvent de décisions judiciaires algériennes. Les instrumentaliser dans le
    champ diplomatique revient à nier la souveraineté judiciaire d’un
    État indépendant et  de faire de la
    France l’arbitre moral des libertés dans le monde arabe, au mépris des
    souverainetés nationales et des réalités politiques locales. C’est
    là l’ombre portée d’un réflexe néocolonial qu’on croyait pourtant
    dépassé dans les milieux progressistes pour s’interroger aussi si la France va
    extrader les délinquants politiques algériens réfugiés chez elle, allusion à
    l’ancien ministre Abdeslam Bouchouareb qui a été condamné plusieurs
    fois pour corruption en Algérie, mais la justice française a rejeté la demande
    d’extradition d’Alger. Une rhétorique post-coloniale persistante

    Les termes choisis par Emmanuel Macron – « respect »,
    « fermeté », « détermination » – s’inscrivent dans une grammaire
    diplomatique verticale, héritée d’une histoire coloniale non soldée. Une
    approche moderne exigerait une relation équilibrée, basée sur des partenariats
    mutuellement bénéfiques dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de la
    coopération culturelle.

    Des accusations de manquements aux accords bilatéraux

    Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires
    étrangères reproche à Paris d’avoir violé plusieurs accords internationaux et
    bilatéraux :

    • Accord algéro-français de 1968 sur la circulation et le séjour des
      ressortissants,
    • Convention consulaire de 1974,
    • Accord de 2013 sur l’exemption de visas diplomatiques,
    • Convention européenne des droits de l’homme de 1950.

    L’Algérie dénonce aussi des entraves à l’acheminement
    de ses valises diplomatiques, le blocage d’accréditations pour ses consuls
    (trois consuls généraux et cinq consuls), ainsi que la politique de réadmission
    des ressortissants algériens jugée contraire aux engagements franco-algériens.

    Une crise diplomatique assumée

    Alger considère que la crise diplomatique avec la
    France est née des « provocations et pressions » françaises, et affirme que ses
    réponses s’inscrivent dans le strict principe de réciprocité diplomatique.
    L’Algérie précise qu’elle n’a jamais été à l’initiative de l’accord de 2013,
    soulignant que la demande venait de Paris, et se réserve le droit d’ouvrir
    d’autres dossiers contentieux à la négociation.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

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  • La guerre Israël–Iran-il y a clairement un problème israélien

     

    Introduction

    La guerre
    ouverte entre Israël et l’Iran, déclenchée depuis plus de deux mois, constitue
    un tournant stratégique au Moyen-Orient. Bien que préparée de longue date par
    Israël, cette confrontation met en lumière la fragilité des équilibres
    régionaux et les contradictions de la diplomatie occidentale. Malgré son
    importance, le conflit tend déjà à disparaître des priorités médiatiques,
    révélant une gestion sélective de l’information et un traitement asymétrique
    des acteurs impliqués.


    1. Israël, l’Iran et l’asymétrie nucléaire

    La question
    nucléaire est au cœur de ce conflit.

    • Israël, puissance nucléaire non
      déclarée, n’a jamais signé le Traité sur la non-prolifération des armes
      nucléaires (TNP).
    • L’Iran, signataire du TNP, a
      accepté des mécanismes de contrôle internationaux avant que les États-Unis
      ne se retirent unilatéralement de l’accord sur le nucléaire en 2018.

    Dès lors,
    présenter l’Iran comme une menace existentielle tout en ignorant l’arsenal
    israélien constitue une contradiction majeure et une source d’instabilité
    durable.


    2. Les limites de la stratégie israélo-américaine

    Les
    bombardements iraniens et israéliens ont révélé les vulnérabilités de chacun.
    Ni Israël ni l’Iran ne disposent des capacités économiques et militaires pour
    soutenir une guerre prolongée, tandis que les États-Unis et leurs alliés
    occidentaux cherchent à éviter un engrenage incontrôlable.

    L’alignement
    stratégique américain sur Israël, loin de favoriser la paix, alimente une
    perception d’injustice. Cette politique entretient l’impunité de Tel-Aviv tout
    en marginalisant les voix en faveur d’un équilibre régional basé sur le droit
    international.


    3. Une impasse morale et politique

    Les conséquences
    humanitaires sont considérables, notamment pour les populations civiles de Gaza
    et de la région, victimes collatérales d’un affrontement géopolitique.
    L’histoire jugera sévèrement une époque où la puissance militaire prime sur la
    dignité humaine.

    Le conflit
    actuel illustre la faillite d’une diplomatie de dissuasion et de domination. Au
    lieu de réduire les tensions, il nourrit un cycle de méfiance et de
    représailles qui éloigne toute perspective de paix.


    4. Perspectives : désarmement et coopération régionale

    La seule
    voie durable passe par :

    1. Une reconnaissance mutuelle des
      obligations juridiques internationales.
    2. Une réduction progressive de
      l’arsenal nucléaire israélien en échange de garanties iraniennes.
    3. Une relance du dialogue
      multilatéral, incluant non seulement les États-Unis et l’Europe, mais
      aussi les puissances régionales (Turquie, Arabie saoudite, Égypte).

    Un
    désarmement partiel, même limité, constituerait un signal fort pour briser le
    cycle de méfiance et restaurer la crédibilité de la diplomatie internationale.


    Conclusion

    La guerre
    Israël–Iran n’est pas seulement une confrontation militaire : elle révèle une
    asymétrie fondamentale entre un État disposant de l’arme nucléaire mais
    échappant aux règles internationales, et un autre qui, malgré ses limites, a
    respecté davantage ses engagements juridiques. Tant que cette contradiction
    perdurera, la paix restera illusoire.

    Plutôt
    qu’une logique d’intimidation et d’exclusion, seule une approche de désarmement
    réciproque et de respect du droit international peut ouvrir une voie vers la
    stabilité régionale.


    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

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  • Frères musulmans : la menace fantôme qui fait trembler la République

     

    Faire peur, un art de gouverner à la française

    La France adore avoir peur. Peur des banlieues, peur des jeunes, peur du
    voile, peur de l’« islamisme rampant ». C’est presque un sport national : quand
    le pouvoir patine sur l’économie, la justice sociale ou la crise démocratique,
    il ressort un épouvantail pratique. Dernier joujou en date ? Les Frères
    musulmans.

    Un rapport classé confidentiel défense, révélé par Le Figaro (évidemment),
    explique que cette organisation transnationale représente une « menace pour la
    cohésion nationale ». Rien que ça. Sauf que, détail cocasse : ce même rapport
    reconnaît que le mouvement est en perte de vitesse, qu’il ne regroupe que 7 %
    des mosquées, et qu’il ne prône pas la violence. Une menace fantôme, donc. Mais
    une menace bien utile.

    Les Frères Musulmans
    sont une création des services secrets britanniques ; après la chute de
    l’Empire Ottoman, les pays musulmans nouvellement créés étaient politiquement
    occupés à devenir économiquement indépendants, dans une équation où la
    modernité qui devait rendre au développement ce qui revenait au développement,
    et à Dieu ce qui revient à Dieu, était l’équivalent de la laïcité, et les
    élites politiques de ces pays étaient imperméables à l’idéologie franc maçonne.

    Les FM ont été des
    mouvements d’opposition utilisés contre les dirigeants arabes modernistes et
    non alignés, tout comme la FM est utilisée pour sélectionner et neutraliser les
    acteurs politiques dans les pays occidentaux.

    Nasser avait été le
    premier à dénoncer l’arnaque, en pointant l’absurdité du fait de centrer le
    débat politique sur des revendications musulmanes pour prôner l’islamisation
    d’un pays musulman, aux dépens des vrais enjeux économiques, industriels,
    éducatifs…


    Islamisme municipal ou peur municipale ?

    L’expression a tout pour
    faire frissonner : « islamisme municipal ». On imagine déjà des mairies
    transformées en califats locaux, des conseils municipaux votant la charia à
    l’unanimité. En réalité ? Rien de tout ça. On parle d’associations locales, de
    mosquées de quartier, d’un réseau militant qui tente d’exister dans le jeu démocratique.

    Mais pour les stratèges
    de la peur, la discrétion devient suspecte : si ça se voit, c’est dangereux ;
    si ça ne se voit pas, c’est encore pire. Autrement dit : les Frères musulmans
    sont coupables par nature, coupables d’exister.


    Le sport national : faire trembler les gens

    Soyons clairs : faire
    trembler les Français est devenu une technique de gouvernance. Le scénario est
    toujours le même :

    Un rapport classifié
    sort par une fuite opportune.

    Un grand quotidien
    relaie l’alerte (souvent le même).

    Un ministre indigné
    promet des mesures fermes.

    L’opinion publique,
    nourrie de peur, applaudit ou s’inquiète.

    Et le problème de fond –
    chômage, inflation, fracture sociale – passe au second plan.


    Une inversion accusatoire bien connue

    Certains observateurs
    rappellent que pendant qu’on nous parle de la « pieuvre islamiste », personne
    ne s’inquiète des réseaux communautaires pro-israéliens qui, eux, influencent
    ouvertement la vie politique et médiatique française. On détourne l’attention
    avec le Hamas pour mieux oublier Gaza. C’est le vieux principe de l’inversion
    accusatoire : accuser l’autre de ce qu’on pratique soi-même.

    Qu’on adhère ou pas à
    cette lecture, elle met en lumière un point : le discours officiel n’est pas
    neutre. Il est instrumentalisé par des rapports de force géopolitiques.


    Une menace utile, pas une menace réelle

    Ce rapport ne démontre
    pas que les Frères musulmans vont instaurer la charia à Marseille ou à Roubaix.
    Ce qu’il démontre, c’est que le pouvoir a besoin d’un ennemi intérieur pour
    justifier son autorité. Peu importe que l’ennemi soit faible ou marginal : il
    doit être présenté comme redoutable.

    Résultat : une peur
    rentable politiquement. Rentable pour détourner l’attention, rentable pour
    serrer les rangs autour de la « République en danger », rentable pour nourrir
    les plateaux télé.


    Conclusion : la République menacée… par sa propre
    propagande

    Au fond, les Frères
    musulmans ne sont pas le problème majeur de la France. Le vrai problème, c’est
    un État qui confond vigilance et paranoïa, analyse et propagande.
    La menace fantôme des Frères musulmans est moins un danger pour la République
    qu’une aubaine pour un pouvoir en quête d’ennemis imaginaires.

    Les acteurs politiques
    s’entendent tous pour capitaliser sur la segmentation par l’islamisme, alors
    que quand il faut déterminer les causes du déclassement de la France, de sa
    vassalisation et de son dépeçage programmé, tous les irresponsables politiques
    sont bien embêtés de ne pouvoir coller ça sur le dos des musulmans, mais bien
    contents que les diversions par l’islamisme neutralisent le temps qui ne sera
    jamais utilisé pour aborder les frais sujets en rapport avec les préoccupations
    de tous les Français.

    La France n’est pas
    menacée par un califat municipal. Elle est menacée par une gouvernance de la
    peur, où l’on brandit sans cesse un danger fantôme pour éviter de parler du
    réel. La véritable question est donc :

    Qui la peur
    protège-t-elle ? La République… ou ses dirigeants ?

    Comme
    toujours, on finit par se demander : la peur, c’est pour protéger les citoyens…
    ou pour protéger les gouvernants ?

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Israël-Palestine : la colonisation sans fin, l’apartheid assumé et l’impunité internationale

     

    Il est temps de cesser les euphémismes. Ce qui se joue aujourd’hui en
    Israël-Palestine n’est pas un “conflit” entre deux peuples égaux en droit et en
    puissance. C’est l’achèvement d’un projet colonial, appuyé par un arsenal
    militaire inégalé, toléré par les grandes puissances, et qui ne recule plus
    devant rien : ni la destruction totale de Gaza, ni l’annexion de facto de la
    Cisjordanie, ni la négation pure et simple du peuple palestinien.

    Dénoncer les turpitudes et l’abjection de divers
    courants de l’idéologie sioniste, dénoncer les exactions d’Israël, est juste et
    nécessaire. Cela ne fera pas faire l’économie d’interrogations quant à la fuite
    en avant à laquelle s’adonnent les membres du 
    gouvernement israélien.

    – Ils ont pratiquement détruit Gaza et revendiquent y
    avoir rendu la vie impossible. Que comptent-ils faire des plus de deux millions
    d’habitants ?

    – Ils ont annexé la Cisjordanie, construisant à toute
    vitesse des colonies de peuplement longtemps interdites pour permettre
    l’établissement d’un état palestinien-croupion. Que comptent-ils faire des
    millions de Palestiniens qui la peuplent ?

    Nous connaissons les réponses de Ben Gvir ou Smotrich
    à ces questions. Elles vont du génocide à la purification ethnique.

    Quelle est la réponse majoritaire du peuple israélien
    ?

    A ce stade, existent peu de possibilités. Pour avoir
    rendu impossible la solution des deux états proclamée par de multiples
    résolutions de l’ONU, ne restent que des options iréniques ou abjectes:

    – On peut, (en réalité, on ne peut pas), revenir au
    rêve de l’état unique, dont tous seraient citoyens, donnant des passeports
    israéliens à tous les Palestiniens. C’était une solution longtemps préconisée
    par les Trotskystes. C’est devenu la seule option honorable. Et elle est
    impossible.

    – Sinon, en évitant les extrémités auxquelles sont
    prêts les ultras du gouvernement actuel, ne reste que l’apartheid.


    L’occupation israélienne déclarée illégale : et après
    ?

    En juillet 2024, la Cour internationale de Justice (CIJ) a tranché :
    l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza est
    illégale. Elle exige son démantèlement immédiat, le retrait des colonies et la
    fin de la ségrégation entre Israéliens et Palestiniens. La CIJ n’a pas
    seulement émis un avis juridique : elle a mis noir sur blanc ce que les
    Palestiniens crient depuis des décennies — ce régime est contraire au droit, au
    principe même d’égalité humaine.

    Mais Israël n’en a cure. Le gouvernement poursuit sa fuite en avant,
    transformant chaque décision internationale en chiffon de papier. Et les
    capitales occidentales, si promptes à brandir le droit international ailleurs,
    se taisent ou détournent le regard. Cette hypocrisie est devenue une forme de
    complicité active.


    Gaza : le laboratoire du châtiment collectif

    Les sionistes messianiques, sont
    tranquilles… Il n’y a pas une once d’humanité en eux, car quiconque ne pense
    pas comme eux à leurs yeux est sous-humain. Ceux qui ont été cités jusqu’ici
    vénèrent deux dieux : la Richesse et le Pouvoir ; c’est ainsi qu’ils
    estiment leur valeur.

    À Gaza, la guerre actuelle ne vise pas seulement le Hamas, mais toute une
    population enfermée depuis 17 ans dans un blocus. Les bombardements massifs, les
    destructions d’hôpitaux, d’écoles et d’infrastructures vitales, l’entrave
    systématique à l’aide humanitaire : tout cela n’est pas un “dommage
    collatéral”, mais une stratégie. Une punition collective destinée à rendre la
    vie invivable pour plus de deux millions d’êtres humains.

    La CIJ, saisie par l’Afrique du Sud, a reconnu en janvier 2024 que le
    risque de génocide à Gaza était “plausible”. Elle a ordonné à Israël d’assurer
    la livraison de nourriture, d’eau et de médicaments. Depuis, qu’a-t-on vu ? Des
    convois bloqués par des milices de colons comme Tzav 9, encouragées par
    l’extrême droite israélienne. Des largages aériens hasardeux, parfois mortels.
    Et des dirigeants, tels Itamar Ben-Gvir ou Bezalel Smotrich, qui appellent
    ouvertement à “encourager la migration” des Gazaouis — un euphémisme pour
    désigner le transfert forcé d’une population entière.

    Quand un État transforme la faim en arme de guerre, quand il
    instrumentalise l’aide pour affamer et briser une population, il franchit la
    ligne rouge du crime contre l’humanité. C’est ce que Gaza subit, sous nos yeux.


    Cisjordanie : l’annexion masquée est devenue réalité

    Et pourtant, nous avons des Palestiniens en
    Cisjordanie, qui n’ont pas construit de tunnels ni constitué une force
    redoutable, et les colons les piétinent, les expulsant de leurs maisons et de
    leurs terres et leur volant tout ce qu’ils possèdent. Combien d’argent les
    Juifs sionistes du monde entier ont-ils dépensé pour acheter suffisamment de
    politiciens dans le monde entier afin de coloniser la Palestine et de protéger
    leur entité coloniale contre toute responsabilité pour crimes contre
    l’humanité 

    En Cisjordanie, le masque est tombé. L’annexion de
    facto avance chaque jour : nouvelles colonies, routes réservées, postes
    militaires. Les colons agissent en milices, souvent sous la protection ou
    l’indifférence de l’armée. Villages incendiés, terres volées, familles
    expulsées. La violence n’est plus un accident : elle est un outil de conquête
    territoriale.

    Lorsque Smotrich appelle à “effacer Huwara”, il ne
    dérape pas : il dit tout haut la logique à l’œuvre. Et lorsque des colons
    saccagent des villages palestiniens sans être inquiétés, c’est l’État lui-même
    qui cautionne la terreur.

    Là encore, la CIJ a été claire : le régime imposé aux
    Palestiniens de Cisjordanie correspond à une ségrégation systématique, une
    violation directe de la Convention contre l’apartheid. Et pourtant,
    l’occupation continue, implacable.


    L’apartheid n’est plus une accusation : c’est un
    constat

    Depuis 2021, Human Rights Watch et Amnesty
    International ont franchi le pas : ce régime est bien un apartheid. Ce terme
    n’est pas une insulte, c’est une qualification juridique précise : un système
    organisé de domination d’un groupe sur un autre, institutionnalisé, perpétué
    par la violence.

    Ce que vivent les Palestiniens —
    restrictions de déplacement, confiscation de terres, absence de droits
    civiques, traitements discriminatoires systématiques — correspond à cette
    définition. La CIJ, Amnesty, HRW : le consensus s’élargit. Il ne manque plus qu’une
    chose : la volonté politique des États pour briser ce système.

    Cette démonstration est imparable et je la
    complète en soulignant que le paroxysme de la monstruosité israélienne
    consiste, depuis plusieurs mois, à organiser l’aide alimentaire comme traquenard
    et piège mortel pour les Palestiniens que le blocus Netanyahou / Ben Gvir /
    Smotrich affame : Tsahal effectue délibérément les largages aériens des
    denrées vitales dans des zones militarisées interdites aux civils de Palestine
    afin que, tenaillés par la désespérance et la faim et n’ayant plus rien à
    perdre, ces derniers aillent récupérer les colis alimentaires à l’endroit même
    où ils sont certains d’être abattus.


    Quelles options restent possibles ?

    La solution
    à deux États
    , répétée comme un mantra par les chancelleries occidentales,
    est morte, enterrée sous les bulldozers des colonies. Un État palestinien
    viable
    est devenu une fiction.

    La seule
    option réellement juste serait un État unique, où Palestiniens et
    Israéliens jouiraient des mêmes droits. Mais cette perspective est rejetée par
    la majorité des Israéliens et par un gouvernement obsédé par la domination
    ethno-religieuse. Dès lors, l’avenir se réduit à deux alternatives :

    • soit un apartheid assumé,
      institutionnalisé, pérennisé ;
    • soit l’effondrement total de
      toute perspective de coexistence, avec la tentation toujours plus
      explicite du nettoyage ethnique.


    La complicité internationale : silence et hypocrisie

    Le plus
    insupportable n’est pas seulement l’acharnement israélien, mais la passivité
    complice
    de la communauté internationale. Les États-Unis continuent de
    livrer des armes. L’Europe se contente de déclarations creuses, tout en
    maintenant des accords économiques avantageux. Quand il s’agit d’Ukraine, le
    droit international est brandi comme un étendard. Quand il s’agit de la
    Palestine, il est relégué au second plan.

    Ce double
    standard
    détruit la crédibilité du droit international et transforme les
    belles paroles en cynisme. Chaque bombe tombée sur Gaza, chaque maison
    palestinienne rasée en Cisjordanie, résonne aussi comme un acte de complicité
    pour les États qui financent, arment ou protègent Israël de toute sanction.


    Briser l’impunité, maintenant

    En ce moment,
    une association de sionistes radicaux dénommée TSAV 9 et fondée par une
    certaine REUT BIN HAIM, s’est donné pour mission de bloquer les points d’entrée
    vers Gaza pour entraver l’aide alimentaire terrestre : cette Israélienne,
    elle-même mère de 8 enfants, a accordé une entrevue au journaliste anglais
    Inigo Gilmore, pour expliquer qu’il est indispensable d’affamer les enfants
    palestiniens.

    Il est temps
    de rompre avec cette logique mortifère. Cela signifie :

    • conditionner toute aide
      militaire et économique
      à Israël au respect strict du droit
      international ;
    • imposer des sanctions
      ciblées
      contre les responsables politiques et les colons violents ;
    • soutenir des enquêtes
      internationales
      sur les crimes commis à Gaza et en Cisjordanie ;
    • et surtout, nommer les choses
      : parler d’apartheid, parler de crimes de guerre, parler de génocide quand
      les faits l’exigent.


    Conclusion : l’égalité ou la barbarie

    Si on applique la grille de l’idéologie selon Anna Arendt aux
    « Sionistes » on tombe très justement sur le principe actif et
    structurant des régimes totalitaires.
    Cette idéologie devenant ainsi un cadre qui organise la société de façon
    totale, visant à remplacer le monde actuel par les masses atomisées
    physiquement, moralement et spirituellement, leur permettant d’imposer une
    cohérence artificielle à l’ensemble de la vie sociale. Une source surhumaine
    comme origine de la pensée (Dieu de la Bible),
    Une prétention à la domination globale,
    L’appel à la violence ou à l’action,
    La désignation d’un ennemi objectif,

    Le rejet de la réalité factuelle. Ce groupe prospère sur l’effondrement des
    structures politiques. L’isolement des individus influençables, fragilisés par
    cet effondrement, fait que les structures sociales démocratiques et tolérantes
    deviennent alors perméables à des idéologies simplificatrices et à des
    promesses de réenchantement du monde.

    L’entrisme des « sionistes » exploite les failles du système
    démocratique et républicain. Notamment la perte de sens partagé et la
    désaffection civique. Ceci leur permet d’avancer un projet de domination
    idéologique sous couvert démocratique, utilisent des organisations de façade et
    des discours adaptés pour masquer la radicalité de leurs objectifs, trompant
    ainsi le monde extérieur sur leur véritable nature, s’appuyant fortement sur
    les médias sous leur influence..
    Ce groupe cherche à imposer une vision unique et à éliminer la dissidence.

    La Palestine
    n’est pas seulement une question “étrangère”. Elle est le test ultime de notre
    capacité à défendre des principes universels. Allons-nous continuer à fermer
    les yeux, à accepter qu’un État démocratique se revendiquant du droit se
    permette ce que nous ne tolérons nulle part ailleurs ?

    L’avenir est
    clair : soit nous imposons l’égalité des droits pour tous, Palestiniens
    et Israéliens, soit nous devenons complices d’un système qui ne peut plus être
    nommé autrement que par son vrai nom : apartheid et épuration ethnique.

    Il n’y a
    plus de neutralité possible. Se taire, c’est choisir le camp de l’oppresseur.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • L’occupation à grande échelle de Gaza par Netanyahou se prépare

     

    Une stratégie militaire controversée

    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou
    présente son plan pour Gaza comme prudent et pragmatique. Pourtant, derrière ce
    discours se cache, selon de nombreux observateurs, une stratégie visant à
    prolonger l’occupation militaire et à consolider le contrôle sur le territoire.

    Depuis des décennies, les politiques menées en
    Cisjordanie ont suivi le même schéma : expansion discrète, négociations gelées,
    justifications sécuritaires répétées. Gaza semble aujourd’hui sur la même
    trajectoire.


    Un dirigeant clivant et contesté

    Benjamin
    Netanyahou est accusé par ses détracteurs d’entretenir un état de guerre
    permanent.
    Les critiques soulignent :

    • Son double langage : un
      discours rassurant à l’international, un autre plus radical en interne.
    • Une absence de
      responsabilité politique
      face aux échecs militaires et diplomatiques.
    • Une stratégie électorale
      basée sur la peur et le nationalisme.

    L’objectif,
    selon ces voix critiques, n’est pas la paix, mais la prolongation du conflit
    pour renforcer sa position politique.


    Des accusations graves : nettoyage ethnique et crimes
    de guerre

    Plusieurs
    organisations de défense des droits humains dénoncent ce qu’elles qualifient de
    politique d’expulsion et de destruction systématique à Gaza et en
    Cisjordanie.
    Les méthodes accusées incluent :

    • Le déplacement forcé de
      populations.
    • Les bombardements massifs en
      zones civiles.
    • Le blocage de l’aide
      humanitaire.

    Ces
    pratiques, largement documentées, suscitent une condamnation internationale
    croissante.


    Conséquences pour la société israélienne

    Si
    Netanyahou est le visage de cette politique, ses opposants estiment qu’une
    partie significative de la société israélienne soutient — ou tolère — ces
    actions.
    Les divisions internes se creusent :

    • Une minorité militante
      anti-occupation.
    • Une majorité silencieuse ou
      favorable aux actions du gouvernement.
    • Des tensions croissantes entre
      impératifs sécuritaires et respect du droit international.


    Quel avenir pour Gaza et la paix au Proche-Orient ?

    La question
    centrale reste : les Israéliens peuvent-ils se libérer de l’occupation et
    reconnaître les droits humains des Palestiniens ?

    Sans changement politique majeur, l’occupation pourrait s’intensifier, rendant
    tout règlement pacifique encore plus lointain.
    La communauté internationale, quant à elle, devra choisir entre la passivité et
    une action diplomatique ferme pour éviter un nouvel épisode tragique dans
    l’histoire de la région.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/