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  • Oran, ma ville… Splendeurs et décadences !

    Oran, ma ville… Splendeurs et décadences !

    « La nostalgie revient quand le présent n’est pas à la hauteur du passé. »

    Ce texte est un cri du cœur, une lettre ouverte à ma ville, Oran.
    Une ville qui m’a vu grandir, rire, pleurer et rêver.
    Entre nostalgie et espoir, je partage ici mes souvenirs d’une époque où la vie avait le goût de la simplicité, et ma tristesse face à ce qu’elle est devenue.
    Mais au fond de moi, je garde la certitude qu’Oran retrouvera un jour sa lumière.

    Les années d’insouciance

    Oran… rien que de prononcer son nom, mon cœur se serre et mes souvenirs affluent.
    C’est ma ville, celle de ma jeunesse, de mes premières joies, de mes plus grandes peines aussi. Là où j’ai appris à vivre, à aimer, à rire aux éclats, à pleurer parfois. Oran, c’était plus qu’un lieu c’était une âme, un battement de vie.

    Dans le quartier où j’ai grandi, tout le monde se connaissait. Les voisins étaient comme une famille. On partageait le pain, les soucis et les moments de fête. On se sentait en sécurité, entouré de regards bienveillants. Les gens étaient simples, sincères, et surtout vrais.
    On n’essayait pas d’impressionner, on vivait avec ce qu’on avait, fiers d’être oranais.

    Les familles d’Oran portaient leur ville dans le cœur. Le civisme, le respect et l’éducation étaient des valeurs sacrées. On apprenait très tôt ce que voulait dire la propreté, le respect du bien commun. Malheur à celui qui salissait la rue il recevait une bonne leçon de morale, et parfois plus !
    C’était ça, l’esprit oranais : la fierté, la dignité, la simplicité et la discipline mêlées à une joie de vivre unique.

    Une époque bénie

    Quand on est vrai et authentique, on n’a rien à cacher. À cette époque, les êtres naturels fleurissaient dans leur environnement.
    Oran vibrait d’une énergie pure : la liberté, la camaraderie, les plaisirs simples. On riait sans raison, on profitait du coucher du soleil sur la mer, on se retrouvait entre amis autour d’un café ou d’une partie de cartes.

    Les rues sentaient la menthe et la fleur d’oranger, les soirées d’été résonnaient de musique et de bonne humeur.
    Vivre, c’était simplement être là, ensemble.
    Et moi, j’ai aimé la vie avec ses joies, ses excès, ses éclats de rire et ses amitiés sincères.

    On me disait souvent :
    « Ne cherche pas trop, les plus belles choses arrivent quand on ne les attend pas. »
    Et c’est vrai. La vie m’a appris à savourer chaque instant, à tirer des leçons de mes erreurs sans m’y enfermer. Car certaines fautes, si on les rumine, finissent par nous empêcher d’avancer.

    Le désenchantement

    Mais aujourd’hui… qu’en est-il ?
    Je regarde ma ville et je ne la reconnais plus. On me dit qu’elle moderne, elle n’avait pas besoin de changer, elle était déjà moderne.

    Oran, jadis perle du bassin méditerranéen, est devenue méconnaissable. Une grande partie de ses habitants a perdu le sens du civisme, de la responsabilité et du respect.
    Les rues sont jonchées d’ordures, les façades s’effritent, le patrimoine tombe en ruine. Là où autrefois la vie bouillonnait, je ne vois plus que désordre et abandon.

    Ce qui me blesse le plus, c’est cette indifférence générale.
    Personne ne bouge le petit doigt, comme si tout cela était normal.
    Notre ville, autrefois un rêve oranais, est devenu une ville morte — vidée de son âme, trahie par ceux qui devaient la protéger.

    Pendant des décennies, Oran a été livrée à des élus incompétents, corrompus, plus soucieux de leurs sièges que du bien commun. Ils ont détruit ce qui faisait la fierté oranaise : la beauté, la culture, le respect et la convivialité.
    Mais malgré tout, je veux croire que le changement est possible.

    Un espoir, encore

    Oui, j’espère encore.
    J’espère voir émerger une nouvelle génération d’Oranais fiers, honnêtes et responsables.
    J’espère qu’ils sauront redonner à notre ville son éclat, son âme et son honneur.

    Nous, citoyens d’Oran, devons bannir pour toujours cette mentalité du « takhti rassi wetfout » — ce “tant que ça ne me concerne pas”.
    Notre ville a besoin de vigilance, de civisme, d’amour.
    Nous devons respecter nos rues, nos parcs, notre histoire, pour offrir un avenir meilleur à nos enfants et petits-enfants.

    La transmission

    Moi, je sais que le temps m’est compté. Cela ne m’effraie pas.
    Ce qui me préoccupe, c’est l’avenir de mes petits-enfants, ce monde dans lequel ils grandissent — un monde dur, intolérant, où la curiosité s’éteint et où la liberté se rétrécit.

    Je voudrais qu’un jour, eux aussi puissent dire :
    « J’ai connu Oran, ma belle, ma fière, ma vivante. »
    Qu’ils puissent rire sans crainte, aimer sans honte, rêver sans peur du jugement.

    Aurons-nous su leur laisser ce droit ?
    Je l’espère, de tout cœur.

    Et pour finir… Que Dieu éclaire nos cœurs, qu’Il guide nos pas vers un avenir meilleur.
    Qu’Il protège Oran, notre ville, notre fierté, notre mémoire collective.
    Et qu’Il nous rappelle que rien n’est perdu tant qu’il reste un peu d’amour à offrir.

    Incha’Allah.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Gaza, mémoire du monde et honte de notre siècle

    Gaza, mémoire du monde et honte de notre siècle

    Deux ans après le 7 octobre 2023, Gaza reste le miroir brisé de notre humanité.
    Sous les ruines et la faim, un peuple refuse de disparaître tandis que le monde détourne le regard.
    Ce silence, plus que les bombes, est devenu la honte de notre siècle.

    Deux ans déjà. Deux ans depuis le 7 octobre 2023, ce jour où Gaza a surgi à nouveau dans la conscience du monde, non pas comme un territoire abstrait ou une « zone de conflit », mais comme le lieu d’une tragédie humaine et politique dont nous portons tous la responsabilité. Deux ans depuis qu’un peuple enfermé depuis seize ans a explosé dans un cri que l’Occident a refusé d’entendre.

    Le 7 octobre ne peut être compris sans la mémoire longue du colonialisme. Gaza n’est pas née du Hamas ni du dernier bombardement : elle est le produit de soixante-quinze ans de dépossession, de murs, de blocus, d’humiliations quotidiennes. Ce n’est pas une guerre entre deux armées ; c’est l’affrontement d’une puissance coloniale et d’un peuple occupé. C’est l’histoire, encore une fois, de ceux qui réclament simplement le droit de vivre, et de ceux qui croient pouvoir écraser un peuple pour conserver la terre.

    La prison la plus dense du monde

    Depuis 2007, plus de deux millions de Palestiniens vivent enfermés sur 365 km², sans liberté de circulation, sans port, sans aéroport, sans accès libre à l’eau ou à l’électricité. Gaza, c’est la plus grande prison à ciel ouvert du XXIe siècle.
    Chaque entrée ou sortie y dépend d’une autorisation militaire israélienne. Chaque cargaison de médicaments, chaque litre de carburant, chaque sac de farine traverse le blocus au compte-gouttes. Les enfants y grandissent sans jamais voir autre chose que la mer et les ruines. Les pêcheurs ne peuvent s’éloigner à plus de quelques milles de la côte. Les étudiants, les malades, les familles séparées vivent dans l’attente de permis qui n’arrivent jamais.

    Depuis plus de quinze ans, les bombardements se succèdent avec une régularité mécanique : 2008–2009, 2012, 2014, 2021, 2023… À chaque offensive, des milliers de morts, et à chaque cessez-le-feu, un nouveau cycle d’attente, de reconstruction impossible, d’enfants traumatisés, de promesses brisées. La vie à Gaza n’est pas un accident : c’est une politique.

    L’asymétrie absolue

    La disproportion des forces ne peut plus être dissimulée.
    Face à une puissance nucléaire, dotée de drones, de chars et de satellites, un peuple enfermé tente de survivre sous les bombes. À chaque attaque, des quartiers entiers sont rasés, des hôpitaux ciblés, des journalistes tués, des civils fauchés en pleine fuite.
    Les chiffres parlent : des dizaines de milliers de morts palestiniens, dont une majorité d’enfants et de femmes, pour quelques centaines de victimes israéliennes. Ce rapport d’écrasement n’est pas un hasard ; il traduit une logique coloniale où la vie de l’occupé vaut moins que celle de l’occupant.

    On appelle cela la « guerre ». Ce n’en est pas une. C’est un siège permanent ponctué d’expéditions punitives. C’est la guerre d’un État sur un peuple qu’il administre, contrôle et bombarde à la fois.
    Le droit international humanitaire interdit les châtiments collectifs, la privation de nourriture, la destruction d’infrastructures civiles. Pourtant, à Gaza, tout cela est devenu la norme. Et le monde détourne le regard.

    Le 7 octobre, symptôme d’un enfermement

    L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 ne fut pas un début, mais une explosion d’un désespoir accumulé.
    Depuis des années, les Palestiniens demandent à vivre libres, à lever le blocus, à pouvoir commercer, étudier, respirer. On leur a répondu par des murs, par le mépris et par le feu.
    Quand un peuple est privé de tout horizon, il finit par briser ses chaînes, quel qu’en soit le prix.
    Rappeler cela ne revient pas à justifier la mort de civils israéliens, mais à rappeler la cause de la cause : le refus obstiné de reconnaître les droits fondamentaux du peuple palestinien.

    La tragédie de Gaza est donc le miroir de notre échec collectif : incapables d’imposer le droit, nous avons laissé croître la vengeance.

    La guerre contre les vivants

    Depuis deux ans, Gaza n’est plus seulement bombardée : elle est affamée. Le blocus s’est transformé en instrument de famine, les hôpitaux sont privés de carburant, les champs d’oliviers brûlés, les ambulances visées. Les Palestiniens fuient par les routes que les drones surveillent, avant d’être frappés une seconde fois.
    C’est une guerre contre tout ce qui vit, contre tout ce qui respire encore. Dans ce territoire déjà mutilé, les écoles servent d’abris, les mosquées deviennent des morgues, les tentes remplacent les maisons. Le ciel est un bruit constant de guerre.

    Les Israéliens ont commencé le massacre – des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués, des milliers d’enfants et de nourrissons, des milliers de femmes… Aucune tactique abjecte n’a été épargnés, ils ont forcé les Palestiniens à fuir vers le sud par une route spécifique et les ont bombardés alors qu’ils se retiraient.

    La famine est utilisée comme arme – à Gaza, ancien grenier à blé de la Palestine, des enfants meurent de faim. Il n’y a plus de nourriture – tout a été bombardé. Plus de bombes ont été larguées sur Gaza que sur Dresde et Hambourg, Hiroshima et Nagasaki ensemble. Ils ont transformé Gaza, autrefois camp de concentration, en camp d’extermination. Et ils ont abondamment menti sur le 7 octobre, devenu leur justification favorite du carnage.

    Le style israélien est toujours le même et cela ne change pas. D’abord, ils inventent un fantasme sadique et loufoque : quarante têtes coupées, un bébé cuit au four, des viols et des meurtres en masse. Mais il devient vite évident que tout cela est mensonger. Même l’armée israélienne admet désormais que cela n’a pas eu lieu. Ils n’ont pas trouvé une seule femme ayant porté plainte pour viol. Pas une seule ! Et quant aux bébés, pas quarante, pas même un bébé torturé. L’édifice mensonger s’est vite effondré, mais la propagande sévit toujours. C’est un élément essentiel de la façon juive de faire la guerre. Enfant, on me racontait que les Allemands fabriquaient du savon avec de la graisse juive et leur arrachaient la peau pour en faire des abat-jours. Plus tard, ces légendes ont été dissipées, mais le sombre mythe a perduré.

    Même si les peuples du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique sympathisent avec la Palestine, les autorités de la plupart des pays s’efforcent de ne pas irriter Israël. Le silence ou la complicité des puissances occidentales restera comme une tache indélébile dans l’histoire contemporaine.

    Et pourtant, au milieu des ruines, Gaza résiste. Les médecins opèrent sans anesthésie, les professeurs enseignent sans école, les journalistes filment jusqu’à leur dernier souffle.
    La résistance n’est pas une option, c’est une forme de survie.

    L’Occident et le miroir brisé de ses valeurs

    Le silence ou la complicité des puissances occidentales restera comme une tache indélébile dans l’histoire contemporaine.
    Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne ont choisi le camp de la puissance, pas celui du droit. Ils ont armé Israël, bloqué les résolutions de l’ONU, criminalisé la solidarité avec la Palestine.
    Comment parler de démocratie, de droits humains, de liberté, quand on justifie les bombes sur des enfants affamés ?
    Comment invoquer la mémoire des génocides passés pour fermer les yeux sur celui qui se déroule sous nos yeux ?

    Les sociétés civiles, elles, ont compris. Des millions de personnes manifestent de Londres à Paris, de Johannesburg à Santiago, pour réclamer justice. Des voix juives, arabes, chrétiennes, athées s’élèvent ensemble pour dire : plus jamais ça, pour qu’aucune oppression, d’où qu’elle vienne, ne soit excusée.

    Gaza, mémoire du monde

    Ce qui se joue à Gaza dépasse les frontières d’un conflit.
    C’est le dernier combat du monde contre le colonialisme, la répétition d’un scénario que l’histoire semblait avoir clos : un peuple nié, réduit à la misère, déclaré « terroriste » pour avoir résisté.
    Mais Gaza, comme l’Afrique du Sud hier, révèle la vérité : l’apartheid finit toujours par tomber, parce qu’aucun mur ne peut étouffer éternellement la dignité humaine.

    Les Palestiniens paient aujourd’hui le prix que d’autres ont payé avant eux : celui d’avoir osé dire non. Non à l’effacement, non à la soumission, non à l’oubli.
    Et c’est pour cela que Gaza parle à l’humanité tout entière. Ce n’est pas seulement la cause d’un peuple, mais le test moral de notre époque.

    Un choix historique

    Deux ans après, la question n’est plus de savoir qui a raison.
    La question est : que reste-t-il de notre humanité si nous acceptons l’inacceptable ?
    Ceux qui se taisent aujourd’hui, par peur, par cynisme ou par calcul diplomatique, deviendront demain les témoins honteux de leur propre lâcheté.
    Les peuples, eux, n’oublieront pas. L’histoire finit toujours par juger ceux qui ont préféré la force au droit, le mensonge à la justice, la peur à la vérité.

    La sécurité d’un peuple ne se construira jamais sur la destruction d’un autre.
    La paix ne viendra pas des canons, mais du courage de reconnaître le droit des Palestiniens à vivre libres, égaux et souverains sur leur terre.

    La dignité comme horizon

    Gaza n’est pas morte.
    Sous les décombres, dans le sable, dans les cris et les prières, elle continue de battre.
    Elle nous rappelle que la dignité humaine ne se bombarde pas, qu’elle renaît de chaque pierre brisée, de chaque enfant rescapé, de chaque mère qui refuse d’abandonner.
    Elle nous oblige à regarder le monde autrement, à choisir le camp de la justice, à refuser la hiérarchie des vies.

    Deux ans après le 7 octobre, le combat pour la Palestine est celui de toute l’humanité : celui de la vérité contre la propagande, du droit contre la force, de la mémoire contre l’effacement.
    Car si Gaza venait à disparaître, c’est notre propre conscience qui s’éteindrait avec elle. Il est trop tôt pour parler du plan Trump pour Gaza. Bien que la chose ressemble davantage à un moyen de duper les Palestiniens pour les contraindre à capituler, il existe une chance de parvenir à un accord de paix. Peut-être pas le jour de la «conclusion de 3000 ans d’histoire», mais au moins de quoi mettre un terme aux tirs.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

  • Ahmed Muin Abu Amsha, ou la musique plus forte que la guerre

     

    Sous un ciel traversé par les drones, un homme s’avance, calme, grave : un professeur de musique palestinien nommé Ahmed Muin Abu Amsha. Là où d’autres n’entendent que la peur, lui perçoit la possibilité d’un chant. En transformant la rumeur de la guerre en musique, il offre au monde une leçon d’humanité. Ce texte lui rend hommage.

    La beauté au cœur du fracas

    Il est des instants où la beauté surgit là où l’on ne l’attend plus, au cœur même du vacarme. À Gaza, sous le grondement continu des drones, un homme a choisi de ne pas se taire. Ahmed Muin Abu Amsha, professeur de musique palestinien, s’avance parmi les ruines comme un maître ancien.

    Son instrument n’est pas un piano ni un violon, mais la rumeur métallique qui plane au-dessus des têtes. Cette rumeur, il ne la fuit pas : il l’écoute, l’apprivoise, et en fait la base d’un chant. Ce qui pourrait n’être qu’un geste de survie devient un acte de création.

    Le bourdon des drones, un nouvel orgue

    Le bourdonnement du drone – cet écho de mort – se transforme sous ses doigts en bourdon musical, ce son continu qui, depuis des siècles, soutient les prières des hommes. Autour de lui, les voix d’enfants s’élèvent, fragiles et pures, dessinant une polyphonie d’espérance sur la trame du danger.

    Là où l’on attendait la peur, naît la musique ; là où le ciel résonne de menaces, s’élève un hymne à la vie. En métamorphosant la rumeur guerrière en chant, le professeur accomplit un retournement à la fois esthétique et moral. Il rappelle que l’art n’est pas un refuge hors du monde, mais une manière d’y tenir debout.

    L’art comme acte de résistance

    Son geste dit que la création n’ignore pas la guerre : elle la traverse, la transforme, et en tire la preuve la plus éclatante de la dignité humaine. Le texte des chants qu’il enseigne évoque la mémoire des martyrs, le parfum de la cardamome et la veille sous les étoiles.

    Ce n’est pas un cri de vengeance, mais une prière de fidélité — fidélité aux disparus, à la terre, à l’espérance. Chanter ces mots, c’est maintenir vivante la mémoire collective ; c’est refuser que le vacarme des armes soit la seule voix du monde.

    La leçon d’humanité

    Dans son école, devenue atelier de lumière, Ahmed Abu Amsha enseigne plus que la musique : il enseigne la persistance de l’humain. Ses élèves apprennent qu’un peuple ne meurt pas tant qu’il continue à chanter, que la beauté peut être un abri, et même une forme de résistance.

    Il y a dans sa démarche la gravité d’un prêtre et la douceur d’un père. En mêlant les voix des enfants au souffle des drones, il ne cherche pas l’effet : il cherche la vérité — celle qui dit que la musique n’appartient pas aux temps paisibles, mais aux cœurs qui refusent la défaite.

    La musique, dernier rempart de la dignité

    Ainsi, au milieu de la nuit de Gaza, un homme rappelle au monde que la musique demeure le plus ancien des remparts et le plus simple des miracles. Dans ce fragile équilibre entre le bruit et le chant, entre le métal et la chair, Ahmed Muin Abu Amsha élève un temple invisible : celui de la dignité humaine.

    Car un peuple qui répond au bourdonnement de la mort par la mélodie de la vie, n’offre-t-il pas la plus éclatante des leçons de paix ?

      
    Source
    d’inspiration : vidéo d’Ahmed Muin Abu Amsha et ses élèves, Gaza, 2024
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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  • Le Prix Nobel : Aux candidatures et fausses icones improbables.

    Le Prix Nobel : Aux candidatures et fausses icones improbables.

    Depuis plusieurs années, le comité Nobel est critiqué pour ses choix controversés : Abiy Ahmed, récompensé avant de plonger l’Éthiopie dans la guerre civile, ou Barack Obama, honoré avant même d’avoir agi. La candidature de Boualem Sansal s’inscrit dans cette logique d’un prix trop rapide à couronner les symboles plutôt que les résultats.
    Face à ces dérives, un mot d’ordre s’impose : retrouver la rigueur éthique et la lucidité morale qui faisaient autrefois la grandeur du Nobel de la paix. Quand la notoriété remplace l’action, et la polémique l’engagement.

    Les exemples choisis sont éloquents : Donald Trump, figure de division et de tension internationale, ou encore Teodoro Obiang, autocrate au pouvoir depuis plus de quarante ans ou encore Boualem Sansal écrivain médiocre. Ces cas illustrent la contradiction flagrante entre le discours de paix et les actes politiques des candidats. Une dimension cynique de ces démarches : ces dirigeants cherchent moins à promouvoir la paix qu’à redorer leur image internationale.
    Le prix devient alors un outil de communication politique, une stratégie de « blanchiment » symbolique qui détourne la finalité morale du Nobel en dérive : celle d’un prix prestigieux devenu le théâtre d’ambitions personnelles et géopolitiques. Longtemps présenté comme une voix courageuse de la liberté, Boualem Sansal incarne aujourd’hui la dérive d’un Prix Nobel de la paix de plus en plus attiré par la lumière médiatique. Son nom, souvent cité parmi les candidats, symbolise le glissement d’une récompense morale vers un trophée d’influence

    Un écrivain célébré, mais loin de l’esprit de réconciliation

    Chaque automne, le Prix Nobel de la paix relance les spéculations et les polémiques. Parmi les prétendants, celui de Boualem Sansal surprend autant qu’il interroge.
    Romancier reconnu, auteur d’œuvres marquantes comme Le Village de l’Allemand ou 2084, Sansal s’est forgé une image d’intellectuel libre, refusant le consensus. Mais cette liberté s’est souvent muée en provocation.
    Ses déclarations tranchantes, ses jugements sans nuance sur le monde arabo-musulman, son ton volontiers accusateur font de lui un écrivain de rupture, pas de réconciliation.
    Or, le Nobel de la paix n’est pas une médaille pour esprits rebelles : il devrait consacrer ceux qui rassemblent, apaisent, réparent.

    Car s’il est un écrivain courageux, il n’est pas un artisan de réconciliation. L’homme manie la provocation avec talent, mais la paix ne se nourrit pas de colère. Son discours, volontiers moralisateur et souvent teinté de méfiance envers le monde arabo-musulman, divise bien plus qu’il ne rassemble. On peut saluer son audace littéraire sans pour autant lui prêter des vertus qu’il n’incarne pas.

    Cette candidature symptomatique révèle un glissement du Nobel vers le spectacle médiatique. À une époque où la visibilité tient lieu de mérite, un romancier connu vaut mieux, aux yeux de certains, que des militants anonymes qui œuvrent réellement pour la réconciliation. Pendant qu’on vante la liberté de ton d’un intellectuel parisien, des femmes, des médiateurs, des défenseurs des droits humains risquent leur vie dans l’ombre pour éviter les massacres ou restaurer le dialogue. Ces figures-là n’ont pas d’attaché de presse, mais elles changent le monde.

    Le Nobel dévoyé par le spectacle médiatique

    Non. On ne donne pas le Nobel sous prétexte que le récipiendaire est prisonnier. Il faut le talent. Le talent d’abord et avant tout. Sinon le prix perdra son aura.

    Le Nobel n’est pas fait pour faire de la politique, ça devient n’importe quoi

    La mise en avant de Sansal révèle une dérive inquiétante : celle de la notoriété qui remplace la vertu.
    Le comité Nobel, trop souvent influencé par la visibilité médiatique, semble oublier les véritables artisans de la paix — ces femmes, militants et médiateurs africains qui, dans l’ombre, désarment les conflits au prix de leur sécurité.
    Pendant que les projecteurs se braquent sur des figures intellectuelles connues à Paris ou Oslo, ceux qui agissent réellement n’obtiennent ni tribune ni reconnaissance.
    Récompenser Sansal reviendrait à confondre le talent littéraire avec l’action morale, le verbe avec l’acte, l’indignation avec la construction.

    Un Nobel ne se décerne pas au talent, mais à la décence

    Reconnaissons à Boualem Sansal son courage d’expression. Mais ne confondons pas liberté de ton et travail de paix. Le Nobel n’est pas une médaille de prestige culturel ; c’est une récompense éthique, destinée à celles et ceux qui apaisent le monde, pas à ceux qui en commentent les fractures.
    Couronner Sansal reviendrait à transformer le Nobel de la paix en simple trophée médiatique. Ce serait la victoire du verbe sur l’action, de l’ego sur l’humilité.

    La paix mérite mieux que des provocations

    À l’heure où des millions d’Africains et de Moyen-Orientaux paient chaque jour le prix de la guerre, il serait indécent de récompenser un écrivain qui se complaît dans la polémique.
    Le Nobel de la paix ne doit pas être un prix pour les commentateurs du chaos, mais pour ceux qui essaient vraiment d’y mettre fin.

    La paix n’est pas un concept littéraire mais de rappeler une vérité simple : écrire ne suffit pas à construire la paix.
    La paix demande de l’écoute, de la modestie, du dialogue — autant de vertus éloignées du ton polémique et parfois hautain de Sansal.

    Récompenser Sansal reviendrait à transformer le Nobel de la paix en prix de littérature contestataire. Ce serait confondre la liberté d’écrire avec la responsabilité d’agir. La paix, la vraie, demande patience, écoute, humilité — tout le contraire de la posture d’écrivain solitaire qui juge le monde du haut de sa lucidité.

    Le comité Nobel devrait s’en souvenir : la paix n’est pas un concept de roman, ni un slogan médiatique. C’est une œuvre concrète, faite de mains tendues et de vies risquées. Et dans ce domaine, Boualem Sansal n’à rien d’un modèle
    En faire un symbole du Nobel reviendrait à dénaturer ce prix : un prix né pour récompenser les bâtisseurs, pas les commentateurs du chaos.

    Un appel à la vigilance et au retour à l’éthique du Nobel

    Le monde souverain en appelle à la responsabilité morale du comité Nobel, sommé de « trier avec rigueur » et de résister aux pressions politiques et médiatiques.
    Le texte met en garde contre une dérive fatale : si le Nobel continue à récompenser des dirigeants autoritaires ou des figures controversées, il risque de « perdre ce qui fait sa force », à savoir son statut de symbole universel de la paix et de la justice.
    Cette conclusion réaffirme donc une exigence éthique : le prix Nobel ne doit pas devenir une « médaille d’honneur pour carrières controversées », mais demeurer le sanctuaire de la sincérité, du courage moral et du dialogue véritable.
    L’auteur réinscrit ainsi sa réflexion dans une perspective plus large : celle de la crédibilité des institutions internationales et de la valeur morale des symboles dans un monde saturé de communication et de cynisme.

    Conclusion

    La bonne perception dénonce avec vigueur la perte de sens du Prix Nobel de la paix, détourné de sa vocation originelle par des ambitions politiques et des calculs d’image. En s’appuyant notamment sur les dérives africaines — entre autocraties en quête de respectabilité et héros de la paix ignorés —, il révèle une crise de légitimité qui touche l’ensemble du processus de nomination.
    Ce texte est donc autant une critique des impostures contemporaines qu’un plaidoyer pour la réhabilitation du véritable esprit du Nobel : celui qui récompense la justice, la réconciliation et le courage moral, loin des feux médiatiques et des manipulations politiques.
    L’auteur nous rappelle enfin que la paix ne se proclame pas, elle se construit, et que les institutions chargées de l’honorer doivent rester fidèles à cet idéal.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

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  • L’Italie en ébullition : le réveil d’une conscience populaire

    L’Italie en ébullition : le réveil d’une conscience populaire

    Sous le mot d’ordre « On bloque tout », l’Italie a vu surgir un mouvement d’une ampleur inattendue.
    Grèves générales, manifestations massives, gares bloquées : selon les organisateurs, plus de deux millions d’Italiens ont défilé pour Gaza.
    À Rome, un million de personnes ont réclamé la fin des bombardements, la reconnaissance de la Palestine et des sanctions contre Israël.

    Ce n’était pas une mobilisation de circonstance, mais une révolte morale.
    Les manifestants, de tous horizons, expriment une indignation profonde devant le désastre humanitaire à Gaza : des milliers de morts, des hôpitaux détruits, des civils piégés.
    Ce cri collectif ne demande pas la victoire d’un camp, mais la fin d’une impunité devenue insupportable.

    Dans toute l’Europe, la même colère gronde : à Amsterdam, Paris, Berlin ou Londres, des foules immenses descendent dans la rue pour rappeler que la compassion ne doit pas dépendre de la géopolitique.
    L’émotion devient acte politique.

    La colère et ses ambiguïtés

    Ce mouvement, cependant, n’échappe pas aux tensions.
    Certains slogans — « Du fleuve à la mer », « Nous sommes tous antisionistes » — ont été utilisés pour disqualifier les manifestants, accusés de soutenir le Hamas ou d’attiser l’antisémitisme.

    Or, la plupart d’entre eux ne s’en prennent pas au judaïsme, mais à la politique d’un État.
    Ils dénoncent la punition collective d’un peuple et la négation de son droit à l’existence.
    Mais les mots eux-mêmes sont devenus des champs de bataille : « sionisme », « antisionisme », « génocide ».
    L’absence de nuance nourrit la confusion.
    Il faut donc le dire clairement : critiquer Israël n’est pas nier le droit des Juifs à la sécurité, c’est refuser qu’un État instrumentalise ce droit pour légitimer l’occupation et la mort.

    La colère populaire ne peut être réduite à la haine ; elle est aussi un appel à la cohérence.

    Israël, entre peur existentielle et dérive morale

    En Israël, la société est traversée de contradictions profondes.
    Depuis plusieurs années, des centaines de milliers de citoyens manifestent contre Benjamin Netanyahou, contre la corruption, contre la dérive autoritaire.
    Mais la guerre a refermé cet espace de dissidence : toute critique du gouvernement devient suspecte.

    Les sondages indiquent qu’une majorité d’Israéliens soutient les opérations militaires.
    Ce soutien repose sur une peur existentielle, celle de disparaître dans un environnement perçu comme hostile.
    Pourtant, cette peur — historiquement compréhensible — se transforme en aveuglement moral : les bombardements de civils sont justifiés au nom de la sécurité.

    Critiquer cette dérive n’est pas remettre en cause l’existence d’Israël, mais rappeler une évidence : aucune sécurité ne peut naître de l’injustice.
    La mémoire de la souffrance juive devrait interdire toute politique de domination.
    Or, c’est cette mémoire-là que le gouvernement israélien trahit aujourd’hui.

    L’Occident face à ses contradictions

    La guerre à Gaza agit comme un miroir cruel pour les démocraties occidentales.
    L’Europe invoque les droits humains en Ukraine, mais reste muette face à Gaza.
    Les États-Unis parlent de paix tout en livrant des armes.
    La France condamne les crimes de guerre… mais refuse de nommer ceux commis par son allié.

    Ce double discours mine la crédibilité morale de l’Occident.
    La realpolitik l’emporte sur la justice, et la peur de paraître « partial » devient justification du silence.
    Mais la neutralité, face à l’injustice, n’est pas une vertu : c’est une fuite.

    En Italie, comme ailleurs, la rue rappelle au pouvoir que la diplomatie sans éthique est une forme d’abdication.
    Les citoyens ne croient plus aux mots creux. Ils exigent une politique étrangère cohérente, fondée sur le droit international et non sur la complicité.

    De la colère à la responsabilité

    L’émotion, à elle seule, ne suffit pas.
    La solidarité doit s’incarner dans des actes :

    Appel à un cessez-le-feu immédiat.

    Reconnaissance officielle de l’État de Palestine.

    Suspension des ventes d’armes à tout acteur violant le droit international.

    Soutien renforcé aux ONG humanitaires.

    Réaffirmation du rôle du droit comme socle des relations internationales.

    Ces mesures ne sont pas radicales : elles relèvent du bon sens moral.
    Elles rappellent que la dignité humaine ne peut être conditionnelle.

    Le conflit israélo-palestinien ne trouvera pas d’issue sans égalité politique réelle entre deux peuples condamnés à vivre ensemble.
    Ni apartheid, ni vengeance, mais partage — de la terre, des droits, de la mémoire.

     

    Une question de conscience

    Au fond, la question posée par les manifestations italiennes est simple :
    que vaut encore la conscience européenne ?

    Peut-on se dire défenseur du droit international tout en fermant les yeux sur Gaza ?
    Peut-on parler de justice sans universalisme ?
    La mobilisation italienne n’est pas une haine d’un peuple, mais une exigence : celle de rester humain dans un monde qui s’habitue à l’horreur.

    Conclusion

    L’Italie s’est levée pour Gaza — mais, au-delà, pour elle-même.
    Pour défendre une idée de la justice, pour rappeler que la politique n’est pas qu’une affaire d’intérêts, mais aussi de conscience.
    Ce mouvement populaire n’est ni marginal ni naïf : il témoigne d’un besoin profond de cohérence entre valeurs et actes.

    On peut débattre des slogans, des nuances ou des chiffres.
    Mais il reste une vérité : lorsqu’un peuple meurt sous les bombes, le silence devient complicité, et c’est ce silence que les rues italiennes refusent aujourd’hui.

    Car ce n’est pas seulement Gaza qui brûle. C’est notre humanité tout entière.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

  • Quand la France se regarde encore dans le miroir algérien

    Deux ans. Deux ans de feu, de ruines et de silences. Deux ans que le 7 octobre hante les consciences et structure un récit officiel où les Israéliens ont droit aux visages, aux prénoms, à la compassion et où les Palestiniens n’existent qu’en chiffres. Dans la plupart des tribunes, des discours et des plateaux télé, l’émotion est devenue un outil de sélection morale. On pleure à géométrie variable, on s’indigne selon les frontières. Et ce déséquilibre, plus encore que la guerre elle-même, révèle la faillite éthique d’un monde.

    Deux ans ont passé depuis le 7 octobre 2023. Deux années sans fin. Deux années de sang, de ruines et de mensonges.
    On nous demande de commémorer, de pleurer, d’unir nos voix à celles qui évoquent la barbarie du Hamas, les otages, les morts israéliens et c’est juste.
    Mais qu’on ne nous demande pas d’oublier, dans le même souffle, les dizaines de milliers de civils palestiniens ensevelis sous les bombes, ni de participer à ce grand silence complice qui étouffe la conscience du monde.

    Le discours que je dénonce ici se présente comme un hommage. Il n’est qu’un manifeste de parti pris. Sous couvert de compassion, il réécrit l’histoire, il blanchit la violence d’État, il sacralise la vengeance en la rebaptisant « légitime défense ». Il parle des victimes israéliennes avec émotion, des victimes palestiniennes avec suspicion. Il cite des prénoms israéliens, mais pas un seul palestinien. Il nous raconte l’humanité des uns et le chiffre des autres. Ce déséquilibre n’est pas une maladresse : c’est une idéologie.

    Le tri des larmes

    Depuis deux ans, l’Occident trie ses morts.
    Il a inventé une hiérarchie des larmes : celles qu’on pleure en direct sur les plateaux télé, et celles qu’on ignore, déshumanisées, effacées sous le mot « riposte ».
    À Gaza, des enfants meurent par milliers mais on préfère parler de « boucliers humains ». Des hôpitaux explosent, des familles sont rayées de la carte  mais on nous explique que « c’est complexe ».
    Cette complexité-là est devenue le plus confortable des mensonges.

    Ce que nous vivons n’est pas un « conflit », c’est une destruction méthodique, planifiée, assumée. Appelons les choses par leur nom : colonisation, apartheid, punition collective. Un peuple entier est enfermé dans un territoire coupé du monde, privé d’eau, de soins, d’avenir, pendant que des commentateurs occidentaux continuent de parler de « zones à pacifier ».
    Gaza n’est pas un champ de bataille : c’est une tombe à ciel ouvert.

    Le cynisme du récit dominant

    L’auteur du discours que je critique parle de « nouvelle donne stratégique », comme si le massacre d’un peuple pouvait être un tournant diplomatique.
    Il se réjouit que « le plan Trump » ait affaibli les Palestiniens, comme si la paix pouvait se bâtir sur l’effacement d’un peuple. Il se félicite de la « riposte » israélienne, comme si des milliers de civils morts étaient le prix raisonnable de la sécurité.
    Ce n’est pas de la politique, c’est du cynisme.
    Et le cynisme tue.

    Quand il évoque « le tsunami antisémite » pour désigner toute critique d’Israël, il franchit une ligne morale : celle qui confond antisémitisme et dénonciation de la colonisation.
    Oui, l’antisémitisme existe, et il doit être combattu sans relâche. Mais le réduire à une arme de disqualification politique, c’est trahir sa mémoire. C’est refuser de voir que des milliers de Juifs dans le monde y compris en Israël se battent justement contre ce système d’apartheid, au nom de la justice universelle.

    Deux ans sans fin

    Il devient presque impossible d’être optimiste. Gaza n’est plus une guerre : c’est une punition, un rituel de destruction renouvelé à chaque génération. Ce qui s’y joue dépasse la politique — c’est la faillite d’une civilisation qui s’obstine à regarder ailleurs pendant qu’un peuple entier est broyé dans le silence. Ce n’est pas la haine qui a conduit à ce désastre, mais l’indifférence, plus profonde, plus glaciale, enracinée dans l’histoire et désormais transmise comme une maladie héréditaire. Les enfants qui survivent grandiront au milieu des ruines, avec pour héritage la certitude d’avoir été abandonnés du monde.

    Comment pardonner à un État qui persiste à nier l’existence même de ceux qu’il opprime ? Un État qui parle de morale tout en réduisant à néant une population sans défense ? Comment croire à la paix quand les dirigeants qui prétendent la vouloir continuent de bénir les bombes ? Rien de bon ne peut venir d’un pouvoir qui se nourrit du désespoir, d’un système qui a troqué la justice pour la domination et la compassion pour le calcul. Le langage du pouvoir israélien n’est plus celui de la sécurité : c’est celui de la possession, de la peur et du mépris.

    Le 7 octobre fut une horreur, un basculement, un cri. Mais il fut aussi, tragiquement, la conséquence inévitable de décennies d’enfermement, de colonisation, d’humiliation. Toute force coloniale finit un jour par rencontrer la résistance qu’elle a engendrée. Et si l’histoire a une constante, c’est celle-ci : les colons ne gagnent jamais à la fin. Ils imposent, ils détruisent, ils tuent mais ils ne gagnent pas. Parce qu’aucune domination ne survit éternellement à la vérité qu’elle étouffe.

    Ce n’est pas la “résistance” qui a anéanti Gaza, mais la logique impitoyable d’un État persuadé que tout peut se justifier au nom de sa survie. Ce ne sont pas des terroristes qui ont rasé les hôpitaux, les écoles, les quartiers ; c’est un système politique qui a choisi la vengeance plutôt que la justice, le feu plutôt que la parole. Et le plus effrayant n’est pas ce qui a été détruit : c’est l’acceptation du monde, sa passivité, son confort moral devant les cadavres qu’on ne montre plus.

    En des temps “normaux”, un tel massacre aurait provoqué une onde de honte et de compassion. Mais notre époque n’a plus de “temps normaux”. Elle trie les morts, elle hiérarchise les douleurs, elle explique les crimes au lieu de les condamner. Les Palestiniens, eux, ne demandent pas des larmes : ils réclament qu’on reconnaisse simplement qu’ils existent, qu’ils ont le droit de vivre, d’aimer, d’avoir un avenir.

    Et tant que cette évidence sera niée, tant que le monde acceptera que la souffrance d’un peuple puisse être une variable stratégique, alors oui ! Gaza restera le miroir brisé de notre humanité.

     

    Deux ans après le 7 octobre, rien n’est réglé, rien n’est apaisé.
    Les civils israéliens vivent toujours dans la peur, les Palestiniens dans l’enfer. Les discours officiels parlent de paix, mais ce qu’ils entretiennent, c’est la guerre éternelle.
    Et pendant ce temps, la colonisation continue, méthodique, froide, administrative mètre par mètre, maison par maison, vie par vie.

    Il est difficile d’être optimiste, disais-je.
    Mais le désespoir, lui aussi, est un luxe. Les habitants de Gaza, privés de tout, continuent pourtant de vivre, d’aimer, d’espérer. Ils continuent de rêver de liberté, et c’est cela, le vrai miracle.
    Le 7 octobre n’est pas le début d’une histoire : c’est le symptôme d’un monde malade de sa lâcheté. Un monde qui préfère la géopolitique à la justice, la puissance aux droits, le silence à la honte.

    Pour une mémoire entière

    Le 7 octobre doit être commémoré, mais dans sa totalité humaine.
    Pleurer les victimes israéliennes, oui ! mais pleurer aussi les milliers de Palestiniens.
    Refuser le terrorisme, oui ! Mais refuser aussi l’apartheid et la colonisation.
    Reconnaître le droit à la sécurité d’Israël, oui ! Mais reconnaître surtout le droit à la vie des Palestiniens.
    Sinon, cette mémoire restera mutilée, et nos commémorations ne seront que des rituels de mauvaise conscience.

    Deux ans ont passé.
    Et tant que le monde n’aura pas le courage de regarder Gaza en face, tant qu’il continuera à justifier l’injustifiable, nous serons complices.
    La paix ne se fera pas sur les ruines d’un peuple.
    Elle ne viendra que lorsque la vérité cessera d’être une option.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Deux ans après le 7 octobre : Gaza, le miroir brisé de notre humanité

    Deux ans après le 7 octobre : Gaza, le miroir brisé de notre humanité

    Deux ans. Deux ans de feu, de ruines et de silences. Deux ans que le 7 octobre hante les consciences et structure un récit officiel où les Israéliens ont droit aux visages, aux prénoms, à la compassion et où les Palestiniens n’existent qu’en chiffres. Dans la plupart des tribunes, des discours et des plateaux télé, l’émotion est devenue un outil de sélection morale. On pleure à géométrie variable, on s’indigne selon les frontières. Et ce déséquilibre, plus encore que la guerre elle-même, révèle la faillite éthique d’un monde.

    Deux ans ont passé depuis le 7 octobre 2023. Deux années sans fin. Deux années de sang, de ruines et de mensonges.
    On nous demande de commémorer, de pleurer, d’unir nos voix à celles qui évoquent la barbarie du Hamas, les otages, les morts israéliens et c’est juste.
    Mais qu’on ne nous demande pas d’oublier, dans le même souffle, les dizaines de milliers de civils palestiniens ensevelis sous les bombes, ni de participer à ce grand silence complice qui étouffe la conscience du monde.

    Le discours que je dénonce ici se présente comme un hommage. Il n’est qu’un manifeste de parti pris. Sous couvert de compassion, il réécrit l’histoire, il blanchit la violence d’État, il sacralise la vengeance en la rebaptisant « légitime défense ». Il parle des victimes israéliennes avec émotion, des victimes palestiniennes avec suspicion. Il cite des prénoms israéliens, mais pas un seul palestinien. Il nous raconte l’humanité des uns et le chiffre des autres. Ce déséquilibre n’est pas une maladresse : c’est une idéologie.

    Le tri des larmes

    Depuis deux ans, l’Occident trie ses morts.
    Il a inventé une hiérarchie des larmes : celles qu’on pleure en direct sur les plateaux télé, et celles qu’on ignore, déshumanisées, effacées sous le mot « riposte ».
    À Gaza, des enfants meurent par milliers mais on préfère parler de « boucliers humains ». Des hôpitaux explosent, des familles sont rayées de la carte  mais on nous explique que « c’est complexe ».
    Cette complexité-là est devenue le plus confortable des mensonges.

    Ce que nous vivons n’est pas un « conflit », c’est une destruction méthodique, planifiée, assumée. Appelons les choses par leur nom : colonisation, apartheid, punition collective. Un peuple entier est enfermé dans un territoire coupé du monde, privé d’eau, de soins, d’avenir, pendant que des commentateurs occidentaux continuent de parler de « zones à pacifier ».
    Gaza n’est pas un champ de bataille : c’est une tombe à ciel ouvert.

    Le cynisme du récit dominant

    L’auteur du discours que je critique parle de « nouvelle donne stratégique », comme si le massacre d’un peuple pouvait être un tournant diplomatique.
    Il se réjouit que « le plan Trump » ait affaibli les Palestiniens, comme si la paix pouvait se bâtir sur l’effacement d’un peuple. Il se félicite de la « riposte » israélienne, comme si des milliers de civils morts étaient le prix raisonnable de la sécurité.
    Ce n’est pas de la politique, c’est du cynisme.
    Et le cynisme tue.

    Quand il évoque « le tsunami antisémite » pour désigner toute critique d’Israël, il franchit une ligne morale : celle qui confond antisémitisme et dénonciation de la colonisation.
    Oui, l’antisémitisme existe, et il doit être combattu sans relâche. Mais le réduire à une arme de disqualification politique, c’est trahir sa mémoire. C’est refuser de voir que des milliers de Juifs dans le monde y compris en Israël se battent justement contre ce système d’apartheid, au nom de la justice universelle.

    Deux ans sans fin

    Il devient presque impossible d’être optimiste. Gaza n’est plus une guerre : c’est une punition, un rituel de destruction renouvelé à chaque génération. Ce qui s’y joue dépasse la politique — c’est la faillite d’une civilisation qui s’obstine à regarder ailleurs pendant qu’un peuple entier est broyé dans le silence. Ce n’est pas la haine qui a conduit à ce désastre, mais l’indifférence, plus profonde, plus glaciale, enracinée dans l’histoire et désormais transmise comme une maladie héréditaire. Les enfants qui survivent grandiront au milieu des ruines, avec pour héritage la certitude d’avoir été abandonnés du monde.

    Comment pardonner à un État qui persiste à nier l’existence même de ceux qu’il opprime ? Un État qui parle de morale tout en réduisant à néant une population sans défense ? Comment croire à la paix quand les dirigeants qui prétendent la vouloir continuent de bénir les bombes ? Rien de bon ne peut venir d’un pouvoir qui se nourrit du désespoir, d’un système qui a troqué la justice pour la domination et la compassion pour le calcul. Le langage du pouvoir israélien n’est plus celui de la sécurité : c’est celui de la possession, de la peur et du mépris.

    Le 7 octobre fut une horreur, un basculement, un cri. Mais il fut aussi, tragiquement, la conséquence inévitable de décennies d’enfermement, de colonisation, d’humiliation. Toute force coloniale finit un jour par rencontrer la résistance qu’elle a engendrée. Et si l’histoire a une constante, c’est celle-ci : les colons ne gagnent jamais à la fin. Ils imposent, ils détruisent, ils tuent mais ils ne gagnent pas. Parce qu’aucune domination ne survit éternellement à la vérité qu’elle étouffe.

    Ce n’est pas la “résistance” qui a anéanti Gaza, mais la logique impitoyable d’un État persuadé que tout peut se justifier au nom de sa survie. Ce ne sont pas des terroristes qui ont rasé les hôpitaux, les écoles, les quartiers ; c’est un système politique qui a choisi la vengeance plutôt que la justice, le feu plutôt que la parole. Et le plus effrayant n’est pas ce qui a été détruit : c’est l’acceptation du monde, sa passivité, son confort moral devant les cadavres qu’on ne montre plus.

    En des temps “normaux”, un tel massacre aurait provoqué une onde de honte et de compassion. Mais notre époque n’a plus de “temps normaux”. Elle trie les morts, elle hiérarchise les douleurs, elle explique les crimes au lieu de les condamner. Les Palestiniens, eux, ne demandent pas des larmes : ils réclament qu’on reconnaisse simplement qu’ils existent, qu’ils ont le droit de vivre, d’aimer, d’avoir un avenir.

    Et tant que cette évidence sera niée, tant que le monde acceptera que la souffrance d’un peuple puisse être une variable stratégique, alors oui ! Gaza restera le miroir brisé de notre humanité.

     

    Deux ans après le 7 octobre, rien n’est réglé, rien n’est apaisé.
    Les civils israéliens vivent toujours dans la peur, les Palestiniens dans l’enfer. Les discours officiels parlent de paix, mais ce qu’ils entretiennent, c’est la guerre éternelle.
    Et pendant ce temps, la colonisation continue, méthodique, froide, administrative mètre par mètre, maison par maison, vie par vie.

    Il est difficile d’être optimiste, disais-je.
    Mais le désespoir, lui aussi, est un luxe. Les habitants de Gaza, privés de tout, continuent pourtant de vivre, d’aimer, d’espérer. Ils continuent de rêver de liberté, et c’est cela, le vrai miracle.
    Le 7 octobre n’est pas le début d’une histoire : c’est le symptôme d’un monde malade de sa lâcheté. Un monde qui préfère la géopolitique à la justice, la puissance aux droits, le silence à la honte.

    Pour une mémoire entière

    Le 7 octobre doit être commémoré, mais dans sa totalité humaine.
    Pleurer les victimes israéliennes, oui ! mais pleurer aussi les milliers de Palestiniens.
    Refuser le terrorisme, oui ! Mais refuser aussi l’apartheid et la colonisation.
    Reconnaître le droit à la sécurité d’Israël, oui ! Mais reconnaître surtout le droit à la vie des Palestiniens.
    Sinon, cette mémoire restera mutilée, et nos commémorations ne seront que des rituels de mauvaise conscience.

    Deux ans ont passé.
    Et tant que le monde n’aura pas le courage de regarder Gaza en face, tant qu’il continuera à justifier l’injustifiable, nous serons complices.
    La paix ne se fera pas sur les ruines d’un peuple.
    Elle ne viendra que lorsque la vérité cessera d’être une option.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Quand la défense d’un écrivain devient une attaque contre tout un pays

    Quand la défense d’un écrivain devient une attaque contre tout un pays

    Ce travail propose une analyse critique d’un article de presse présentant Boualem Sansal comme victime emblématique du régime algérien. Sous une apparente défense de la liberté d’expression, le texte étudié véhicule une vision manichéenne et postcoloniale qui réduit l’Algérie à un État oppressif et arriéré. L’étude met en lumière les biais idéologiques, la rhétorique émotionnelle et la fabrication médiatique d’un “symbole Sansal” déconnecté de la réalité culturelle algérienne. En tant qu’Algérien, l’auteur de cette analyse souligne la déformation du discours journalistique qui, sous couvert de compassion, instrumentalise un écrivain pour attaquer tout un pays. L’objectif est de rétablir une lecture nuancée, respectueuse de la complexité historique, sociale et intellectuelle de l’Algérie contemporaine

    Introduction

    Très souvent la presse française prétend défendre la liberté d’expression à travers le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison en Algérie. Sous un ton indigné, le texte dénonce la censure et l’autoritarisme du « régime algérien », qu’il oppose à la figure héroïque d’un intellectuel libre et persécuté. Cependant, une lecture critique révèle un ensemble de partis pris idéologiques, postcoloniaux et médiatiques, qui réduisent la complexité du contexte algérien à une opposition simpliste entre barbarie et modernité.
    En tant qu’Algérien, il apparaît nécessaire de nuancer cette vision binaire et de replacer Boualem Sansal et sa réception dans une perspective historique, culturelle et sociale plus juste.

    Ainsi, cette analyse s’articulera autour de trois axes :

    Dans un premier temps, nous montrerons que l’article adopte une rhétorique manichéenne et militante.

    Dans un second temps, nous analyserons le biais postcolonial et la fabrication médiatique du “symbole Sansal”.

    Enfin, nous proposerons une réponse critique depuis une perspective algérienne, qui met en lumière la déformation du discours médiatique et son instrumentalisation politique.

    Une rhétorique manichéenne et militante

    Dès les premières lignes, le ton de l’article s’inscrit dans une logique de confrontation morale : d’un côté, le « régime » autoritaire et obscurantiste ; de l’autre, l’écrivain libre, victime d’un système répressif. Ce schéma narratif binaire transforme une situation politique complexe en drame moral simplifié. Les formulations répétées — « le régime pardonne les armes mais redoute les idées », « il déchaîne la pensée » — visent à susciter l’émotion plutôt qu’à informer.

    Aucune donnée factuelle, aucune source indépendante n’est mobilisée pour appuyer les accusations de censure ou les détails de la condamnation. Le texte relève davantage du pamphlet militant que de l’analyse journalistique ou politique.
    Cette approche émotionnelle, centrée sur l’indignation, réduit l’Algérie à un espace d’oppression et d’irrationalité, où toute pensée libre serait immédiatement punie. Elle occulte la pluralité du champ intellectuel algérien, où de nombreux écrivains, journalistes et chercheurs s’expriment ouvertement sans contraintes.

    Le biais postcolonial et la fabrication médiatique du “symbole Sansal”

    L’article s’inscrit dans une tradition discursive française postcoloniale qui tend à se réapproprier les “voix dissidentes” du Maghreb comme symboles de liberté face à la tyrannie supposée de leurs pays d’origine. Boualem Sansal, écrivain francophone et laïc, y est présenté comme le “Camus algérien” contemporain, incarnation d’une rationalité héritée de la pensée européenne.
    Ce discours reconduit une forme de paternalisme culturel, où l’Occident s’arroge le droit de définir ce qui est moderne, libre ou éclairé.

    En réalité, Boualem Sansal, avant sa récente arrestation, était très peu connu du grand public, aussi bien en France qu’en Algérie. Son œuvre, dense et exigeante, touche un lectorat limité, souvent universitaire. En Algérie, ses livres sont peu diffusés, et son discours sur la société est parfois perçu comme pessimiste, élitiste ou condescendant. La soudaine “canonisation” médiatique de Sansal comme martyr de la pensée libre apparaît donc comme une construction opportuniste, davantage liée à la volonté de dénoncer l’État algérien qu’à un véritable intérêt pour la littérature ou pour la liberté d’expression.

    Cette récupération médiatique illustre un mécanisme récurrent : la transformation d’une figure individuelle en outil de légitimation d’un discours global contre un pays. L’écrivain devient ainsi un prétexte pour relancer un vieux récit occidental sur l’Algérie — celui d’une nation incapable de se moderniser sans l’influence de la France.

    Une réponse critique depuis une perspective algérienne

    En tant qu’Algérien, je ne peux que constater le décalage entre la réalité perçue de Boualem Sansal dans son pays et l’image construite par certains médias étrangers. Avant son arrestation, Sansal était, pour la majorité des Algériens comme des Français, un illustre inconnu. Sa notoriété actuelle doit beaucoup à la mise en scène médiatique de son “martyre” plutôt qu’à la réception réelle de son œuvre.

    Les “larmes de crocodile” versées aujourd’hui par la presse occidentale témoignent moins d’une empathie sincère que d’un réflexe idéologique ancien : utiliser le cas d’un intellectuel algérien pour condamner l’Algérie tout entière. Cette posture, en prétendant défendre la liberté, occulte les transformations internes du pays, la diversité de ses écrivains, et la vitalité d’une jeunesse critique, connectée et désireuse de changement.

    Mon cri de douleur

    Ce type d’article instrumentalise la figure de Boualem Sansal qui, rappelons-le, n’a pas revendiqué être victime de quoi que ce soit récemment pour faire passer un message anti-algérien globalisant, aux relents parfois néocoloniaux.
    Boualem Sansal, né en Algérie et devenu franco-algérien en 2024, reste justiciable pour des activités pouvant relever de « l’intelligence avec l’ennemi ». Comment peut-on, au nom de la libre pensée, construire un appel public sur une base aussi manifestement fausse ?
    L’indignation ne dispense pas de rigueur, surtout lorsque l’on invoque l’héritage de ceux qui, comme Zola dans l’affaire Dreyfus, ont précisément mis la vérité au-dessus des passions.

    Ce texte, dont l’intention affichée est la défense de la liberté, relève en réalité d’une instrumentalisation politique d’un écrivain que l’on érige, malgré lui, en symbole d’un combat simplifié : celui de la lumière de l’Occident contre l’obscurantisme supposé d’un régime algérien caricaturé. Une vision binaire et surjouée, qui enferme toute pensée critique dans des stéréotypes idéologiques et postcoloniaux.

    Qu’on le veuille ou non, la pensée libre commence par le doute, la prudence et la vérification. Elle n’est ni posture, ni cri vide, ni indignation aveugle. À vouloir brandir à tout prix des symboles, on oublie parfois l’essentiel : la vérité.
    La pensée française s’indigne pour Boualem Sansal emprisonné par l’Algérie, mais ne se gêne pas de poursuivre Alain Soral pour « provocation publique à la commission d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». Le régime de Paris pratique le deux poids, deux mesures avec constance.
    L’“humanisme” ainsi invoqué ne devient plus un idéal, mais une matière première pour justifier l’ingérence et la déstabilisation des pays jugés non conformes.

    Conclusion

    L’article analysé, sous couvert de défendre la liberté d’expression, reproduit en réalité une vision idéologique et postcoloniale de l’Algérie. Sa rhétorique manichéenne, sa glorification hâtive de Boualem Sansal et son absence de contextualisation en font un texte plus militant que journalistique.
    Mon propos, en tant qu’Algérien, n’est pas de nier les difficultés du pays, mais de refuser que celles-ci soient instrumentalisées pour servir des logiques d’ingérence ou de supériorité morale.
    La vraie liberté intellectuelle ne consiste pas à juger de l’extérieur, mais à écouter, comprendre et respecter la complexité des peuples.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

  • Rappeler Gaza à la conscience

    Tandis que la guerre de Gaza s’enlise dans la
    destruction et l’impunité, certains discours prétendument « critiques »
    d’Israël continuent de centrer toute l’analyse sur les états d’âme de Tel-Aviv
    et de Washington. Sous couvert de lucidité politique, ils relèguent les
    Palestiniens au silence, transformant leur agonie en simple décor d’une
    tragédie israélo-américaine.
    Cet article démonte la mécanique rhétorique d’un texte publié sur un site
    israélien, un condensé de mépris, de cynisme et d’aveuglement et dénonce
    l’indécence d’une parole publique qui instrumentalise la douleur des uns pour
    effacer celle des autres.

    Un texte qui parle de Gaza sans jamais parler des
    Gazaouis

    « Il n’y a pas de guerre juste quand la compassion est sélective. Quand les morts de l’un deviennent l’excuse pour ignorer les morts de l’autre, il ne reste plus de morale, seulement le vacarme des bombes et le silence des consciences

    L’article initial se présente comme une analyse
    politique sérieuse sur l’accord de Trump et la fin supposée du conflit. En
    réalité, il ne parle pas de Gaza, mais d’Israël.
    Les Palestiniens n’existent que comme décor ou menace : « le Hamas », « la
    population de Gaza », « les hostilités ». Aucun visage, aucun nom, aucun cri.

    Mais même
    lorsqu’il se veut critique, ce discours ne quitte jamais le centre
    gravitationnel d’Israël.
    Il se regarde parler de lui-même, fasciné par ses propres fractures :
    Netanyahou contre ses ministres, les “faucons” contre les “modérés”, les
    “serfs” du pouvoir contre les “lucides” de la société civile. Tout y est
    question d’Israël, de son âme, de sa survie, de sa morale — jamais des
    Palestiniens comme peuple à part entière, encore moins comme sujet politique
    légitime.
    Les Gazaouis n’existent qu’à travers la lentille de ce narcissisme national :
    objets de sécurité, variables de négociation, menaces démographiques ou
    dommages collatéraux.

    “Israël
    inventera un prétexte pour rompre le cessez-le-feu… Israël pense que les Arabes
    ont suffisamment de territoire.”

    cette
    phrase, apparemment lucide, illustre la contradiction morale du texte : elle
    reconnaît le projet d’expansion coloniale sans jamais le ressentir comme une
    injustice humaine.
    C’est une lucidité sans compassion — un savoir froid, sans responsabilité.
    Le narrateur voit le mal, mais il ne le pleure pas. Il décrit la mécanique du
    pouvoir israélien avec cynisme, sans jamais regarder les visages qu’elle broie.
    Ainsi, même la critique se fait dans le langage du dominant : on dénonce la folie
    stratégique de Netanyahou, mais non la tragédie humaine de Gaza.
    C’est la limite tragique d’une parole qui se veut morale mais qui reste
    enfermée dans le miroir de sa propre nation : une conscience sans altérité.

    La douleur d’un peuple transformée en bouclier moral

    Les
    commentaires publiés sous l’article dévoilent un ressort émotionnel plus
    profond : la monopolisation de la souffrance.
    Les crimes du 7 octobre  supposés réels,
    atroces, inacceptables  deviennent un capital
    moral absolu
    , utilisé pour neutraliser toute critique du massacre de Gaza.

    “Vous
    pensez que le Hamas est une bande de combattants de la liberté
    …”

    La phrase
    résume une logique implacable : qui pleure Gaza est complice du terrorisme.
    Dans cette rhétorique, la compassion devient suspecte. L’empathie se transforme
    en trahison.
    Le deuil israélien, légitime et nécessaire, se mue ainsi en arme discursive. On
    ne le partage plus : on l’impose. Et quiconque rappelle qu’à Gaza aussi, des
    enfants meurent, est accusé d’insensibilité ou d’hostilité.
    C’est le triomphe d’une morale sélective, où l’émotion ne guérit plus,
    mais tue une seconde fois par effacement.

    Quand le cynisme politique remplace la compassion

    Les passages
    sur Trump, Netanyahou et Kushner ajoutent à cette indécence : au milieu du sang
    et des ruines, le texte disserte sur les rivalités d’influence, sur les
    manœuvres immobilières à Gaza, sur les ambitions électorales américaines.
    Cette juxtaposition du drame et du calcul — des morts d’enfants face à des
    spéculations immobilières — révèle le stade ultime de la déshumanisation : le
    commerce de la guerre devient plus concret que ses victimes
    .
    L’émotion est remplacée par la stratégie, la honte par la realpolitik.
    Ce cynisme n’est pas seulement choquant : il est dangereux. Car il prépare
    l’opinion à accepter la barbarie comme une fatalité, et l’injustice comme un
    prix nécessaire.

    Trump va
    doucement comprendre ce que la planète sait déjà depuis longtemps : dans
    la mesure ou l’objectif d’Israël n’est pas de vivre en paix à côté de la Palestine
    mais bien d’effacer la Palestine, toute recherche de paix sincère reviens à
    tordre le bras d’Israël. Bien entendu Bibi n’à que faire des otages mais cela
    tout le monde le sait : on ne bombarde pas ses otages quand on veut les
    récupérer en vie.

    Le silence comme arme : effacer Gaza du langage

    L’une des
    violences les plus profondes de ce texte, et de tant d’autres, réside dans le
    choix des mots
    .
    “Opérations”, “cesser-le-feu”, “accord”, “réaménagement”…
    autant de termes neutres, aseptisés, qui dissimulent des massacres. Ce langage
    bureaucratique de la guerre ne décrit pas : il anesthésie.
    En niant la dimension humaine du désastre, il rend le monde complice du
    silence.
    Chaque mot mal choisi devient un écran entre la réalité et notre conscience.
    C’est ainsi que l’on fabrique l’indifférence : non pas en niant la mort,
    mais en la rendant abstraite
    .

    Conclusion – Pour une morale sans frontières

    Instrumentaliser
    la souffrance israélienne pour effacer celle de Gaza, c’est commettre une
    double trahison : envers les victimes israéliennes, dont la mémoire est
    utilisée comme alibi et envers les victimes palestiniennes, condamnées à mourir
    deux fois sous les bombes, puis dans l’oubli.

    les otages
    ont pu vivre la vie des Palestiniens pendant quelques mois… ils pourront
    témoigner des atrocités qu’ils ont subies de l’armée israélienne qui a essayé
    par tous les moyens de les assassiner et de les supprimer, en ayant aucune
    pitié pour leurs propres ressortissants. Une partie des otages libérés au début
    avaient d’ailleurs commencé à presque tresser des louanges à leurs geôliers,
    les prenant mêmes dans leurs brais en partant!

    On se
    souvient des images qu’Israël ne voulait surtout pas qu’on voie. Comme quoi…

    Game Over pour Israël dans cette guerre: la
    terre entière a pu voir tous les crimes qu’ils commettent, et ils n’ont aucune
    victoire militaire sur 7 fronts où ils se sont pris à chaque fois une défaite,
    avec des milliers de soldats neutralisés facilement. Que des meurtres de civils
    innocents, personne n’écoute plus leurs arguments.

    Aucune paix
    ne peut naître d’une telle asymétrie morale.
    Aucune réconciliation n’est possible tant que la compassion restera sélective.
    Pleurer les uns n’exige pas d’oublier les autres.
    Car si l’humanité doit encore signifier quelque chose, c’est dans la capacité
    de regarder la souffrance sans lui donner de drapeau.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
    comme ça
    . »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

     

     

     

  • Maroc : le peuple n’est pas acteur, mais spectateur d’une marche royale

    Maroc : le peuple n’est pas acteur, mais spectateur d’une marche royale

    Un article royaliste, voulait donner une leçon de loyauté, mais la vraie loyauté, c’est de dire la vérité, même quand elle dérange, publié récemment, s’en est pris violemment au mouvement GenZ 212, accusant ses membres “d’insulter la Nation” pour avoir adressé une lettre ouverte au Roi Mohammed VI. Sous couvert de défendre le respect de la monarchie, ce texte révèle surtout une vérité plus sombre, au ton royaliste et moralisateur, s’est permis de cracher son mépris sur une jeunesse qui ose parler. Ce texte, dégoulinant de condescendance, s’indigne   qu’ils osent tout simplement exister politiquement au Maroc, la jeunesse n’a plus le droit de parler, ni même de rêver à un dialogue avec le pouvoir

    Eh bien, oui : la jeunesse marocaine parle, et elle a raison de le faire.

    Parce que se taire, c’est mourir à petit feu. Parce qu’au Maroc, des milliers de jeunes n’ont plus de voix, plus de travail, plus de place dans la décision publique. Et parce qu’on ne construit pas une Nation sur la peur, le silence et la soumission.
    Et cela, c’est une honte nationale. Qu’on le comprenne une fois pour toutes : le silence n’est pas le respect. La soumission n’est pas la loyauté et la critique n’est pas la trahison. Parce qu’un Maroc qui refuse d’écouter sa jeunesse court à sa perte et parce qu’un Roi fort ne craint jamais la parole libre de son peuple.

    La parole des jeunes n’est pas un crime

    Dans un pays qui se veut “en réforme”, exiger la transparence ou le visage découvert avant d’écouter un message social est une hypocrisie. Quand la parole publique est risquée, l’anonymat n’est pas une fuite, c’est une protection.
    Combien ont été harcelés, arrêtés, voire emprisonnés pour un simple post, un slogan, une pancarte ?

    Alors, qu’on ne vienne pas moraliser une génération qu’on a privée d’espace politique et de perspectives.
    L’anonymat des jeunes de GenZ 212 est une réponse à la peur, une peur créée par un système qui n’aime la jeunesse que lorsqu’elle se tait, applaudit ou sert d’image moderniste à l’étranger.

    Que des jeunes, souvent sans voix, osent rédiger un manifeste, même anonyme, est un acte de courage, pas de trahison.
    Quand les canaux institutionnels sont verrouillés, quand manifester expose à la répression, quand chaque critique devient “atteinte à la stabilité du Royaume”, parler devient un acte de résistance.

    L’article qu’on nous sert voudrait nous faire croire que la légitimité vient du cachet, du tampon, du titre officiel.
    Mais non : la légitimité naît du vécu, de la précarité, de l’exclusion, de cette frustration que vivent des millions de jeunes Marocains oubliés par les politiques publiques.
    Et c’est précisément parce qu’ils aiment ce pays qu’ils refusent de s’y taire.

    Un discours d’un autre siècle

    Le texte royaliste invoque “le respect”, “la loyauté”, “les traditions millénaires”.
    Autant de mots destinés à fermer la bouche à une génération entière.
    Mais derrière ces mots nobles, il y a une logique brutale : interdire toute contestation.
    On ne discute pas, on ne critique pas, on ne propose pas : on “fait confiance”.
    Et si tu ne fais pas confiance, tu es suspect, “infiltré”, “manipulé par l’étranger”.

    Ce réflexe de diabolisation est dangereux. Il infantilise tout un peuple, réduit les citoyens à des sujets, et transforme la critique sociale en crime contre la patrie.
    Aimer son pays, c’est vouloir le changer, pas le regarder s’enliser en silence.

    Parler au Roi ne devrait pas être un privilège réservé à une élite docile.
    C’est un droit citoyen, un droit démocratique.

    Ce discours paternaliste prétend protéger la monarchie, mais en réalité il l’affaiblit, car il la coupe de la jeunesse, de sa vitalité et de son avenir.
    Un État fort ne craint pas la parole de sa jeunesse ; il l’écoute, il la transforme en énergie politique.

    Le paternalisme comme prison politique

    Cette idée que le peuple doit “faire confiance” et “laisser le Roi conduire” traduit une vision profondément infantilisante du citoyen marocain. Cette vision du Maroc, où le Roi guide et le peuple suit, appartient à un autre siècle.
    On parle d’un “Royaume millénaire”, comme si la tradition justifiait la stagnation.
    Mais la jeunesse marocaine, elle, vit dans un monde nouveau : numérique, globalisé, libre dans ses idées, et profondément consciente de ses droits.

    Ce paternalisme, cette manière de parler “pour” les jeunes sans jamais leur parler “avec”, est une violence symbolique.
    Il réduit le citoyen à un enfant qu’on gronde dès qu’il lève la tête.
    Or, le Maroc d’aujourd’hui n’a pas besoin de pères, mais de partenaires dans la construction démocratique.

    On parle comme à des enfants qu’il faut gronder dès qu’ils osent questionner.
    Mais la jeunesse marocaine n’est plus cette génération soumise aux discours officiels : elle s’informe, elle s’organise, elle se réveille.

    La monarchie ne peut pas éternellement se présenter comme un père bienveillant face à des enfants ingrats.
    Le Maroc n’a pas besoin d’un tuteur. Il a besoin de citoyens libres, conscients, et responsables.
    Et cette maturité, c’est précisément ce que GenZ 212 incarne — même à travers l’anonymat.

    Anonymat ne veut pas dire lâcheté

    Dans un contexte où la répression est réelle, l’anonymat est un outil de survie politique, pas un masque de traîtres.
    Les jeunes se cachent parce qu’ils savent que dire la vérité au Maroc coûte cher : la convocation, le procès, l’humiliation médiatique.
    Alors oui, ils signent “GenZ 212”, parce qu’ils savent que le système ne protège pas la parole libre, il la punit.

    Demander justice sociale, emploi, transparence politique, ou respect des libertés n’est pas “insulter la Nation”. C’est l’aimer assez pour vouloir la sauver.
    Quand une génération ose écrire au Roi, ce n’est pas un manque de respect, c’est un cri de détresse, un geste de foi dans la possibilité du dialogue.

    Mais la réponse qu’on lui renvoie, c’est la répression, le dénigrement, la diffamation.
    On traite des jeunes Marocains comme des ennemis, simplement parce qu’ils refusent de rester spectateurs.
    Voilà la vraie imposture : celle d’un système qui se dit réformiste mais méprise la parole populaire.

    Ceux qui dénoncent leur anonymat devraient d’abord dénoncer le climat de peur qui le rend nécessaire.

    Revendiquer, ce n’est pas trahir

    Le texte royaliste accuse les jeunes de “vouloir semer le chaos”.
    Mais le vrai chaos, c’est l’injustice.
    C’est de voir une génération diplômée, compétente, lucide, condamnée au chômage et au mépris politique.
    C’est de transformer des citoyens en spectateurs d’un théâtre où tout est décidé d’avance.

    Demander des comptes au pouvoir, ce n’est pas le renverser, c’est lui rappeler ses promesses.
    Et si la jeunesse écrit au Roi, c’est parce qu’elle croit encore, quelque part, que sa voix peut être entendue.
    Ce n’est pas de la rébellion, c’est de l’espérance.

    Écoutez la jeunesse, pas les courtisans

    La génération GenZ212 ne demande ni privilèges ni médailles.
    Elle demande d’exister, d’être reconnue, d’avoir le droit de participer à la construction du pays.
    Elle ne veut pas casser le Maroc, elle veut le réveiller.

    La jeunesse GenZ212 marocaine n’est ni manipulée ni naïve.
    Elle voit, comprend et exige, parce qu’elle aime ce pays, justement.
    Et si elle doit parler derrière un écran, c’est parce qu’on lui a fermé la rue, les syndicats, les médias, les partis.

    Il n’y a pas de démocratie sans voix multiples.
    Il n’y a pas de stabilité sans justice sociale.
    Et il n’y a pas de Roi fort sans citoyens libres.

    Le Maroc de demain ne se construira pas à coups de sermons royalistes, mais à coups de dialogues sincères, de courage politique et de respect mutuel.

    Que le pouvoir entende ceci clairement :
    On ne sauve pas un pays en faisant taire sa jeunesse.
    On le sauve en l’écoutant.

    Ceux qui traitent ces jeunes de “voyous masqués” ou d’“agents étrangers” devraient se demander :
    qui sont les vrais ennemis du pays ?
    Ceux qui réclament dignité et justice, ou ceux qui veulent que rien ne change ?

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »