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  • Gaza : le silence des ONG face à la répression et au génocide

     

    Il existe des silences plus accablants que mille calomnies. Celui qui entoure Gaza et son peuple en fait partie. Face à la répression, aux assassinats de journalistes et à la réduction de l’espace civique, certaines ONG internationales choisissent la prudence, voire l’inaction. Ce mutisme n’est pas neutre : c’est un choix politique aux conséquences graves.

    Gaza, une voix libre et indésirable

    À Gaza, on ne récite pas les slogans attendus. On pense, on interroge, on résiste. Et cela suffit à rendre le peuple indésirable aux yeux de certains pouvoirs. Banni, accusé de terrorisme dans son propre pays, Gaza subit une double peine : la répression interne et l’isolement international.

    Le silence complice des ONG

    Les organisations qui se mobilisent habituellement dès que la liberté chancelle ont, pour beaucoup, choisi ici de se retirer. Si la Ligue des droits de l’homme s’est engagée rapidement, d’autres comme Amnesty International, le Pen Club et Reporters sans frontières n’ont réagi qu’après coup. Quant à Front Line Defenders, spécialisée dans la protection des défenseurs des droits, elle est restée muette.

    Un militantisme sélectif

    Ce mutisme révèle une dérive : un militantisme sélectif qui hiérarchise les causes selon une grille idéologique ou géopolitique. Lorsqu’un mouvement correspond aux standards d’un progressisme internationalisé, il est soutenu sans réserve. Lorsqu’il trouble l’ordre établi, on l’abandonne.

    Un angle mort structurel

    À Gaza, l’espace civique se réduit chaque jour :

    • Journalistes assassinés
    • Associations muselées
    • Presse menacée
    • Procès à charge

    Pourtant, la mobilisation des grandes ONG reste frileuse : par peur de froisser, par souci d’équilibre diplomatique, ou parce que le dossier Israël–Palestine ne cadre pas avec une narration binaire simple.

    Défendre sans calcul

    En matière de droits humains, le silence est rarement neutre. Il est presque toujours un choix. Et parfois, il est une faute. Si les ONG veulent retrouver leur légitimité, elles doivent réapprendre à :

    • Parler quand c’est difficile
    • Soutenir les voix libres, même hors des cases établies
    • Défendre sans calcul

    Conclusion

    Le cas de Gaza est un test moral pour la défense des droits humains. Il est un miroir qui renvoie la fragilité de nos principes lorsque les enjeux politiques priment sur l’universalisme. Les ONG doivent choisir : redevenir des boussoles ou accepter d’être des calculatrices d’image.

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  • La presse du Makhzen propagandiste habile au service du faire-valoir intellectuel Français.

     

    Sacré ! vieillarde presse du makhzen, avec son aspect de
    poissonnière, elle met le paquet pour discréditer la politique Algérienne et
    glorifier celle de la monarchie d’un Moyen Âge, qui souhaite s’engouffrer dans
    la déchirure de la victimisation à outrance, non pas pour rester une victime,
    mais pour devenir un gagnant.

    Ah ! Cette
    Algérie, qui n’en finit pas de perturber le sommeil des sujets du Makhzen
    Marocain et sa presse courtisane, en quête de ragots de caniveau et de nouvelles
    diffamatoires. C’est le journalisme des applaudissements au Palais, abreuve
    pour satisfaire ses pulsions dans un bazar de bric et de brac, cela permet au
    moins de faire oublier leur extraordinaire incurie ?

    Une
    monarchie au climat politique ubuesque, d’ailleurs personne ne sait où est le
    Roi, peut-être dans ses couches, le pauvre vieux bougre. Pourtant, il semble
    que les Marocains du Makhzen n’arrivent pas encore à saisir enfin que leurs
    malheurs ne sont pas causés par une Algérie, mais par laxisme, incompétence et
    médiocrité de la classe politique du Palais ou siège d’énormément d’hypocrisie
    et d’intérêts derrière tout ça ; je dirais presque une guerre civile larvée
    dans les rapports humains, avec une armada d’arriérée politique, de bons à
    rien, de fainéants baise main, juste déterminée à rejoindre de manière légale
    les subsides de l’Occident. Le royaume du Maroc, un pays est sclérosé par
    l’Algérie parfaitement souveraine. 

    Les médias
    du Makhzen s’emploient beaucoup à donner du volume aux ennemis de l’Algérie et
    affirment, de manière monolithique maintenant, qu’ils veulent tous venir
    s’attaquer à notre pays. Un vrai cauchemar.

    Un truc très français, peut-être, courageux et célèbre dans
    l’offensive, déplorable et sans honneur dans la défaite qui se transforme très
    vite en déroute…

    «La
    France doit être forte et se faire respecter
    », fait valoir le chef de
    l’État français dans une lettre à son Premier ministre, François Bayrou,
    publiée par Le Figaro.

    Et alors ! Ce
    coq mal égorgé, n’arrête-t-il pas encore sa danse, agonisante mais coriace tout
    de même.
    La France politique
    est dévalorisée aux yeux de l’Algérie, dont la seule manière d’honorer la
    mémoire de tous et celles et ceux qui ont laissé leurs vies dans ce qu’il est
    convenu d’appeler la guerre de Libération, serait de ne pas falsifier les
    faits, si cette guerre a été perdue militairement, par la France, et si honte
    il y a, c’est de refuser d’admettre cette évidence.

    On pourrait élargir le sujet et dire que la diplomatie française
    est un échec universel. Diplomatie coloniale et infantile qui échoue de Bamako
    à la Polynésie en passant par le Liban, c’est une perspective absolument
    déprimante.

    Contrairement
    à l’analyse réductrice présentée par certains éditorialistes, la réaction de
    l’Algérie à la lettre du président français ne traduit pas un désarroi, mais un
    choix stratégique : celui de répondre sur le plan institutionnel, dans le
    respect des canaux diplomatiques, plutôt que par surenchère verbale.

    Cependant,
    ce qui fait le charme au Makhzen du Maroc, de temps en temps, y a une perle
    d’essayiste qui, grâce à sa cécité sélective remarquable, omet l’actualité, à
    savoir la haine cultivée avec acharnement contre les Algériens, pour qui ce
    Makhzen est inséparable du racisme, c’est son mode d’existence et elle croit
    pouvoir tout expliquer.

    J’ai
    comme l’impression que les marionnettistes du Makhzen cherchent à se
    débarrasser du Roi Soleil, ce qui en soit serait une mauvaise nouvelle pour la
    France, tant qu’il a œuvré pour ses intérêts. Mais aussi accessoirement pour
    les youtubeurs marocains qui attendaient comme du pain béni les déclarations du
    Roi Soleil en faisant étalage à chacune de ses sorties d’une verve et d’un
    esprit à faire passer pour des amateurs les plus grands comiques. J’espère que
    c’est juste un mauvais pressentiment, car comme dans les séries on s’habitue à
    l’acteur de talent qui joue le rôle du méchant.

    Décidément
    le Maroc semble bénéficier de traitements de faveur, notre 
    Machiavel,  polémiste, nous apprend que Fès et Marrakech avaient leur
    Roi-Soleil, qui avait développé des empires à travers des dynasties,
    contrepoint médiatique séduisant, simple et digeste, mais un Disque rayé.

    Historiquement,
    le Maroc ne faisait valoir, aucune particularité qui le distinguait des autres
    pays de la zone de l’Afrique du Nord, sauf un prétendu petit empire fermé,
    possédait un caractère particulier, conçut dans une étendue de mythes et de
    clichés, livrant des images approximatives, douteuses, voire extrêmement fantaisistes.
    Le Maroc a connu une succession de dynasties instables et discontinues. Le
    Maroc en tant que nation moderne est apparu après la colonisation française, le
    reste n’est que fiction. C’est là tout le synopsis du Maroc.

    Le Maroc,
    comme tous les royaumes despotiques, reste sujet à de grandes querelles, le
    Sultan peut à chaque instant être renversé par trahison et par la révolte La
    garde royale elle-même est une troupe rebelle et indisciplinée qu’on a vue
    plusieurs fois précipiter le souverain trône pour élever à sa place le prince
    qui lui assure un bon salaire. Cette insécurité a de tout temps rendu les
    souverains inquiets et jaloux, ils ont tous été plus ou moins cruels et
    sanguinaires, sinon par instinct, au moins par nécessité de sauvegarde du Trône.

    Ces
    Souverains étaient des oppresseurs fanatiques convaincus de leur infaillibilité
    qui sans aucune considération suivaient leurs penchants ainsi que leurs
    passions à la satisfaction desquels les poussaient aussi leur entourage. Au
    Maroc, la succession au trône n’est soumise à aucune règle, à aucune loi. C’est
    ordinairement le Sultan qui désigne lui-même d’avance parmi les membres de sa
    famille son héritier affirmé. En général, il a soin de veiller avant sa mort à
    ce que le successeur qu’il s’est choisi puisse s’emparer à temps du trésor
    impérial. Nous aurons pour quelques années encore un Prince héritier Hassan
    III, qui à son tour pourra désigner son héritier, un Mohammed VII, qui à son
    tour désignerait un Hassan IV, etc.

    Pauvre
    Peuple du Maroc.

    Pour l’instant,
    les intellectuels et leaders d’opinion sont tétanisés ou sont dans des combats
    d’arrière-garde. Pathétique le Makhzen Marocain ruminant ses haines et ses
    ressentiments jusqu’à la fureur et parfois au délire qui ne fait que répéter
    son catéchi
    sme de victime
    d’un complot extérieur.

    En final, je dois dire ce qui est rassurant, c’est que le Makhzen
    Marocain est en train de sombrer dans l’obscurantisme, cependant les
    commanditaires et les propagandistes sont toujours là, englués dans l’ignominie
    de leur incapacité congénitale, et qui ne font rien pour s’en sortir, les
    pauvres, qu’ils sombrent ou qu’ils se taisent à jamais !!!!

     Kader
    Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

    #Makhzan, #Presse, #France, #propagandiste habile, 

  • Relations France–Algérie : Réponse aux critiques !

     

    Introduction

    En août
    2025, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ont connu une
    nouvelle phase de tension, marquée par la lettre d’Emmanuel Macron annonçant
    des mesures sur les visas et la réadmission des ressortissants algériens.
    Certains éditorialistes ont interprété la réaction algérienne comme une
    faiblesse. Pourtant, une analyse approfondie montre qu’il s’agit d’un choix
    stratégique assumé.

    H2 : Un contexte diplomatique complexe

    Les relations
    franco-algériennes ne se limitent pas à des échanges verbaux. Elles reposent
    sur :

    • Des décennies d’histoire
      commune.
    • Des accords bilatéraux
      économiques, culturels et sécuritaires.
    • Une coopération continue malgré
      les tensions.

    La
    suspension de l’accord de 2013 sur l’exemption de visa pour les passeports
    officiels et diplomatiques s’inscrit dans un climat tendu, mais n’épuise pas
    les canaux de dialogue.

    H2 : Une diplomatie algérienne institutionnelle et
    mesurée

    Contrairement
    à l’image véhiculée par certains médias, la réponse algérienne via le ministère
    des Affaires étrangères
    reflète :

    • Un respect des usages
      diplomatiques internationaux.
    • La volonté d’éviter l’escalade
      médiatique.
    • Le choix de préserver des
      marges de négociation.

    Ce n’est pas
    la rapidité d’une réponse qui détermine sa pertinence, mais sa capacité à
    maintenir l’équilibre entre fermeté et ouverture.


    H2 : La question migratoire – Une responsabilité
    partagée

    La gestion
    des flux migratoires relève d’accords bilatéraux que les deux pays ont signés.
    Accuser unilatéralement l’Algérie d’« abus » est un raccourci, car la migration
    est un phénomène multi causal, lié :

    • Aux réalités économiques et
      sociales.
    • Aux politiques de visas des
      deux côtés.
    • Aux contextes sécuritaires
      régionaux.


    H2 : L’européanisation de la crise – Un pari risqué

    En cherchant
    à mobiliser ses partenaires européens, Paris élargit le différend au niveau
    Schengen. Cette stratégie pourrait :

    • Bloquer les discussions
      bilatérales.
    • Alimenter la méfiance au
      Maghreb.
    • Réduire la marge de manœuvre
      française dans la région.

    H2 : Conclusion – La fermeté dans la continuité

    L’Algérie
    choisit de répondre par la voie institutionnelle, loin des effets d’annonce,
    pour protéger ses intérêts stratégiques.
    La diplomatie n’est pas un concours de phrases chocs, mais une gestion patiente
    et réfléchie des équilibres.

     Kader Tahri


    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Relations France–Algérie : au-delà des discours, une réponse réfléchie face à l’escalade verbale

     

    Contrairement à l’analyse réductrice présentée par certains éditorialistes,
    la réaction de l’Algérie à la lettre du président français ne traduit pas un
    désarroi, mais un choix stratégique : celui de répondre sur le plan
    institutionnel, dans le respect des canaux diplomatiques, plutôt que par
    surenchère verbale.

    La réaction via le ministère des Affaires
    étrangères est conforme aux pratiques internationales. Dans les relations
    d’État à État, ce sont les canaux diplomatiques officiels qui expriment la
    position du pays, et non les réactions impulsives ou médiatiques.

    La France a adopté des mesures unilatérales, mais la réponse algérienne vise
    à préserver l’espace de négociation future. La fermeté ne s’exprime pas
    uniquement dans les mots, mais aussi dans la continuité d’une position
    souveraine.

    La présentation française de la situation occulte le fait que la question
    migratoire est un sujet complexe, lié à des accords bilatéraux que les deux
    parties doivent respecter. Pointer uniquement l’Algérie comme « abusive » est
    une vision partielle.
    La tentative de porter ce différend au niveau européen risque de politiser des
    relations historiquement sensibles. L’Algérie, en privilégiant un langage
    mesuré, évite l’escalade et préserve ses intérêts stratégiques dans la région.

    Face à la tentation de réduire la diplomatie à un concours de fermeté
    verbale, l’Algérie adopte une posture de continuité et de responsabilité. Les
    véritables avancées se feront dans la discrétion des négociations, non dans la
    surenchère médiatique.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

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  • Relations France–Algérie : Réponse aux critiques et analyse de la crise diplomatique 2025

    En août 2025, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ont connu une nouvelle phase de tension, marquée par la lettre d’Emmanuel Macron appelant à des mesures fermes sur les visas et la réadmission des ressortissants algériens. Certains éditorialistes ont présenté la réaction algérienne comme faible et désorganisée. Cette analyse propose une lecture différente, replacée dans son contexte diplomatique et historique.

    Un contexte diplomatique complexe

    L’histoire franco-algérienne et les accords bilatéraux qui la traversent rendent toute lecture simpliste des événements impossible. La suspension de l’accord de 2013 concernant l’exemption de visa pour les passeports officiels s’inscrit dans un débat plus large sur la migration, la sécurité et la coopération économique.

    La position de l’Algérie – Une diplomatie institutionnelle et mesurée

    La réponse du ministère des Affaires étrangères, relayée par les canaux officiels, traduit un choix stratégique. Plutôt que d’entrer dans une surenchère médiatique, l’Algérie privilégie la préservation de marges de négociation et le respect des usages diplomatiques internationaux.

    • Respect des protocoles diplomatiques.
    • Volonté d’éviter l’escalade publique.
    • Préservation de la marge de manœuvre pour des négociations ultérieures.

    La question migratoire – Une responsabilité partagée

    La gestion des flux migratoires est multifactorielle : réalités économiques, politiques de visas et contextes sécuritaires régionaux se combinent. Accuser uniquement l’Algérie d’« abus » ne rend pas compte de cette complexité.

    L’européanisation de la crise – Un pari risqué

    En cherchant à mobiliser ses partenaires européens, la France élargit un différend bilatéral. Ce choix comporte des risques : il peut bloquer les discussions bilatérales et réduire la marge de manœuvre diplomatique de Paris dans la région.

    Conclusion – La fermeté dans la continuité

    La diplomatie n’est pas un concours de rhétorique. L’Algérie adopte une posture de continuité et de responsabilité, privilégiant la discrétion des négociations aux effets d’annonce. Cette stratégie vise à protéger ses intérêts stratégiques tout en laissant ouverte la possibilité d’un règlement apaisé.

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  • Crise diplomatique Algérie–France : fin de l’exemption de visas pour diplomates et dénonciation de l’accord de 2013

     

    Un durcissement annoncé, mais un contexte occulté

    Dans une lettre adressée à François Bayrou et relayée
    par Le Figaro et Reuters, Emmanuel Macron a demandé la
    suspension de l’accord de 2013 sur les exemptions de visa pour les passeports
    diplomatiques et de service algériens. Le président français appelle à une «
    grande fermeté » face à Alger, invoquant des difficultés « migratoires et
    sécuritaires ». Mais cette lecture unilatérale occulte des éléments essentiels
    du contexte diplomatique.

    Deux notes verbales ont été remises au régime
    français par les voies diplomatiques,   L’une a eu pour objet de «notifier
    formellement la dénonciation par la partie algérienne de l’Accord
    algéro-français de 2013 relatif à l’exemption réciproque des visas pour les
    titulaires de passeports diplomatiques et de service».

    Une dénonciation qui «va plus loin que la
    simple suspension notifiée par la partie française et met définitivement un
    terme à l’existence même de cet accord», tient-on à préciser. Dans ce contexte,
    le communiqué a souligné qu’»en conséquence, et sans préjudice des délais
    prévus dans l’accord, le gouvernement algérien a décidé de soumettre, avec
    effet immédiat, les titulaires de passeports diplomatiques et de service
    français à l’obligation de visas.

    Il se réserve, par ailleurs, le droit de soumettre
    l’octroi de ces visas aux mêmes conditions que celles que le gouvernement
    français arrêtera pour les ressortissants algériens. Il s’agit là d’une stricte
    application du principe de réciprocité qui exprime, avant tout, le rejet par
    l’Algérie des velléités françaises de provocation, d’intimidation et de
    marchandage». Quant à la seconde note verbale, elle concerne «la décision des
    autorités algériennes de mettre fin à la mise à disposition, à titre gracieux,
    de biens immobiliers appartenant à l’Etat algérien au profit de l’ambassade de
    France en Algérie. Cette note annonce, également, le réexamen des baux,
    considérablement avantageux, contractés par l’ambassade avec les OPGI d’Algérie
    et invite la partie française à dépêcher une délégation à Alger pour entamer
    les discussions à ce sujet», souligne le communiqué

    Le déclencheur : le
    dossier du Sahara occidental

    En juillet 2024, la France a reconnu le plan
    marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, en rupture avec la
    position traditionnelle de neutralité. Cette décision a été perçue par Alger
    comme une atteinte directe à ses intérêts stratégiques et une
    ingérence dans un dossier soutenu par des résolutions onusiennes. Ce choix
    politique français a provoqué un refroidissement brutal des relations
    bilatérales.

    L’accord de 2013 : un symbole plus qu’un instrument

    Signé pour faciliter la mobilité des diplomates,
    l’accord de 2013 avait une portée pratique limitée. Sa suspension est
    surtout un signal politique adressé à l’opinion publique française,
    dans un contexte où la question migratoire est instrumentalisée à des fins
    électorales.

    C’est la France, également, qui a manqué au respect de
    ses engagements au triple titre de l’accord algéro-français de 1968 relatif à
    la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens
    et de leurs familles, de la convention consulaire algéro-française de 1974 et
    de l’accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption des visas pour les
    détenteurs de passeports diplomatiques et de service. C’est la France, en
    outre, qui s’est donné pour seule et unique objet de fixation l’accord
    algéro-français de 1994 relatif à la réadmission des ressortissants algériens
    vivants en situation irrégulière en France, accord dont elle a dénaturé la
    raison d’être et détourné les objectifs véritables. C’est la France, enfin, qui
    s’est affranchie de ses devoirs contractés au titre de la convention européenne
    des droits de l’homme de 1950″.

    A maintes reprises, c’est la France, et elle seule,
    qui a été à l’origine d’une telle demande. En décidant la suspension de cet
    accord, la France offre à l’Algérie l’opportunité idoine d’annoncer, quant à
    elle, la dénonciation pure et simple de ce même accord.

    Des cas individuels utilisés comme levier politique

    Les affaires Boualem
    Sansal et Christophe Gleizes, évoquées comme motifs de durcissement,
    relèvent de décisions judiciaires algériennes. Les instrumentaliser dans le
    champ diplomatique revient à nier la souveraineté judiciaire d’un
    État indépendant et  de faire de la
    France l’arbitre moral des libertés dans le monde arabe, au mépris des
    souverainetés nationales et des réalités politiques locales. C’est là l’ombre
    portée d’un réflexe néocolonial qu’on croyait pourtant dépassé dans les
    milieux progressistes pour s’interroger aussi si la France va extrader les
    délinquants politiques algériens réfugiés chez elle, allusion à l’ancien
    ministre Abdeslam Bouchouareb qui a été condamné plusieurs
    fois pour corruption en Algérie, mais la justice française a rejeté la demande
    d’extradition d’Alger. Une rhétorique post-coloniale persistante

    Les termes choisis par Emmanuel Macron – « respect »,
    « fermeté », « détermination » – s’inscrivent dans une grammaire
    diplomatique verticale, héritée d’une histoire coloniale non soldée. Une
    approche moderne exigerait une relation équilibrée, basée sur des partenariats
    mutuellement bénéfiques dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de la
    coopération culturelle.

    Des accusations de manquements aux accords bilatéraux

    Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires
    étrangères reproche à Paris d’avoir violé plusieurs accords internationaux et
    bilatéraux :

    • Accord algéro-français de 1968 sur la circulation et le séjour des
      ressortissants,
    • Convention consulaire de 1974,
    • Accord de 2013 sur l’exemption de visas diplomatiques,
    • Convention européenne des droits de l’homme de 1950.

    L’Algérie dénonce aussi des entraves à l’acheminement
    de ses valises diplomatiques, le blocage d’accréditations pour ses consuls
    (trois consuls généraux et cinq consuls), ainsi que la politique de réadmission
    des ressortissants algériens jugée contraire aux engagements franco-algériens.

    Une crise diplomatique assumée

    Alger considère que la crise diplomatique avec la
    France est née des « provocations et pressions » françaises, et affirme que ses
    réponses s’inscrivent dans le strict principe de réciprocité diplomatique.
    L’Algérie précise qu’elle n’a jamais été à l’initiative de l’accord de 2013,
    soulignant que la demande venait de Paris, et se réserve le droit d’ouvrir
    d’autres dossiers contentieux à la négociation.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    «
    Il faut dire les choses comme elles sont,
    mais refuser qu’elles soient comme ça
    .
    »

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     #Relations algéro-françaises, #crise diplomatique
    Algérie France, #accord bilatéral 2013,

     

     

  • Israël et la famine à Gaza : quand la victimisation devient un outil pour fuir la responsabilité

     

    La mentalité de victime comme stratégie politique

    Dans l’histoire contemporaine, peu de nations ont
    autant ancré leur identité sur la mémoire d’un traumatisme que l’État d’Israël.
    La Shoah, drame absolu du XXe siècle, est devenue une composante indélébile de
    la conscience nationale. Mais cette mémoire, lorsqu’elle se transforme en posture
    de victime permanente
    , peut servir à protéger l’État de toute critique
    morale, même lorsqu’il commet l’inacceptable.

    Dans ce mécanisme, la culpabilité historique est
    mobilisée pour inverser les rôles : ceux qui dénoncent les crimes commis à Gaza
    sont accusés d’antisémitisme, détournant le débat et neutralisant la remise en
    question.

    La culpabilité et la mentalité de
    victime sont fondamentalement des mécanismes d’évasion. Tant que vous vous
    sentez coupable, vous pouvez vous accrocher à l’idée que votre conscience vous
    permet de ressentir la culpabilité. Mais si vous n’agissez pas pour éliminer la
    cause de votre culpabilité et ne pas répéter votre erreur à l’avenir (c’est ce
    qu’on appelle l’apprentissage), vous ne faites qu’échapper à la réalité.

    Jouer la victime a un objectif
    similaire : éviter la réalité et les responsabilités personnelles qui y
    sont inévitablement liées. Rien n’est plus irritant que d’avoir affaire à des
    victimes accros à la mentalité de victime. Elles se maintiennent dans un état
    infantile, attendant que les autres règlent leurs problèmes. Lorsque des
    individus, ou une nation, tombent dans ce piège, ils se tournent vers le
    chantage affectif et la fourberie pour exercer un certain contrôle sur leur
    environnement – un spectacle peu réjouissant et très dangereux pour tous

    A l’indifférence face à la famine à
    Gaza  un sondage israélien récent, près
    de 79 % des citoyens se déclarent indifférents à la famine qui frappe la
    population de Gaza. Ce chiffre, glaçant, révèle une déconnexion morale
    profonde.

    Cette indifférence n’est pas le fruit du hasard. Elle
    est alimentée par :

    • La
      déshumanisation
      des
      Palestiniens dans le discours politique et médiatique israélien.
    • Le
      récit sécuritaire
      qui présente chaque geste humanitaire comme une
      faiblesse exploitable par “l’ennemi”.
    • L’autosuffisance
      morale
      , où
      l’histoire passée d’Israël devient un bouclier contre toute critique
      présente.

    Lorsqu’une majorité reste insensible à la souffrance
    qu’elle contribue à engendrer, il ne s’agit plus seulement de passivité. C’est une
    forme de complicité
    .

    La famine imposée à Gaza, qualifiée par des juristes
    internationaux de crime de guerre et potentiellement de crime contre
    l’humanité
    , ne se déroule pas dans le secret. Les images, les rapports
    d’ONG, les alertes de l’ONU circulent largement. Le choix de détourner le
    regard est donc un acte politique, même lorsqu’il se veut apolitique.

    En fermant les yeux, la société israélienne se place
    face à un risque historique : celui d’être perçue, dans les décennies à venir,
    comme complice d’un crime de masse. Ce basculement moral ne se mesure pas
    seulement en termes juridiques, mais aussi en termes de mémoire collective.

    Les sentiments ne comptent pas. Seuls
    les actes comptent. le peuple juif s’en fiche !

    Mais attention, un jour, la situation
    changera !

    Les Israéliens juifs s’inquiètent le
    moins du monde de la famine massive qui frappe les Gazaouis. Or, un récent
    sondage indique que 79 % d’entre eux n’en sont absolument pas préoccupés. En
    Israël, on ressent très peu de culpabilité face à cette famine massive. La
    plupart des Israéliens se réjouissent de la souffrance des Palestiniens et ne
    souhaitent rien d’autre que son aggravation

    L’histoire jugera non seulement les décideurs, mais
    aussi la société civile qui aura choisi le confort du déni.

    Sortir de cette spirale suppose une double rupture :

    1. Reconnaître
      la réalité des crimes en cours
      et leur impact humain.
    2. Dissocier
      la mémoire des tragédies passées
      de l’usage politique qui en est fait pour
      justifier l’injustifiable.

    Des analyses
    théoriques comme celle-ci sont utiles pour comprendre la situation, mais elles
    n’auront aucun effet sur les dirigeants ni sur la majorité de la population
    juive. Ils sont protégés par leur déni et ne changeront pas, à moins d’être
    profondément secoués. Et peut-être même pas.

    Le droit international est clair : provoquer intentionnellement
    une famine est un crime
    . La morale l’est tout autant : rester indifférent,
    c’est s’en rendre complice.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

    Appel à
    l’action
    :
    Partagez cet article pour briser le silence, informez-vous auprès de sources
    indépendantes et soutenez les organisations humanitaires œuvrant à Gaza.

     

     

  • Gaza : trahison internationale et silence complice face au génocide.

    Le texte percutant de Ramy Abdul, La
    justice manquante : comment la communauté internationale a trahi Gaza, expose
    avec force ce que beaucoup refusent de nommer : un génocide en direct, protégé
    par la complicité active des puissances mondiales.


    Depuis plus de deux ans, la population de Gaza subit bombardements, famine
    organisée, destructions massives – et le monde, au lieu d’intervenir, offre au
    régime occupant une couverture diplomatique et militaire ininterrompue.

    Sur la scène internationale, aucune
    lutte de libération moderne n’a connu une trahison aussi profonde que celle
    subie par Gaza. Aucun génocide récent n’a non plus été accueilli avec une
    complicité aussi flagrante et un silence aussi assourdissant. Pendant plus de
    deux ans, le monde a adhéré au discours de la puissance occupante, lui
    fournissant une couverture politique et morale qui a permis aux atrocités de se
    poursuivre sans relâche. Pendant ce temps, ses chaînes d’approvisionnement
    militaire n’ont rencontré aucune entrave, bien au contraire.

    La complicité active de la
    communauté internationale et surtout ce n’est pas seulement l’inaction qui
    scandalise : c’est l’obstruction délibérée aux mécanismes de justice.

    ONU, CIJ, CPI : incapables ou non
    désireuses d’imposer des sanctions ou d’obtenir des comptes.

    Union européenne : incapable de
    suspendre ne serait-ce qu’un programme scientifique marginal, tout en
    maintenant des accords commerciaux avec l’occupant.

    Chaînes d’approvisionnement
    militaires : intactes, voire renforcées.

    Cet Même dans le domaine juridique,
    les États qui prétendent défendre la justice et les droits de l’homme ont
    activement entravé tous les efforts visant à obtenir des comptes, que ce soit
    devant la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale.

     Après deux années de villes entières réduites
    en ruines, de dizaines de milliers de morts en direct à la télévision et de
    civils délibérément affamés, l’Union européenne n’a guère fait plus
    qu’envisager de revoir son partenariat avec le régime génocidaire. Même l’idée
    symbolique de suspendre un programme marginal de coopération scientifique comme
    Horizon Europe n’a reçu le soutien que de 10 des 27 États membres.

    Au niveau local, la mobilisation
    mondiale a été faible – un échec moral de la conscience mondiale, qui s’est
    limitée à des manifestations tièdes et à des déclarations creuses, sans aucune
    grève sérieuse, mouvement de masse ou campagne de pression soutenue.

    Aujourd’hui, depuis plus de deux
    mois, la même communauté internationale s’est montrée incapable de contraindre
    le régime génocidaire à autoriser l’entrée humaine de nourriture, à protéger
    les agences humanitaires de l’ONU, ni même à garantir la survie de l’UNRWA – un
    démantèlement envisagé de longue date par le projet sioniste. L’occupation a
    bien compris cette situation ; elle alimente la poursuite et l’escalade du
    génocide, l’encourageant à explorer des scénarios encore plus brutaux,
    notamment la restitution des colonies, l’annexion des territoires de Gaza et la
    domination totale sur la Cisjordanie et Jérusalem.

    Après deux années d’annihilation
    systématique, le maximum que la communauté internationale ait réussi à offrir
    sont de faibles propositions pour un État palestinien dépouillé de
    souveraineté, de dignité et de sens, conditionnées au désarmement, à
    l’obéissance et à la renonciation complète aux droits historiques, politiques
    et moraux. Bien que la cause palestinienne ait retrouvé une partie de son
    importance en tant que lutte de libération mondiale, le régime occupant a
    largement réussi à dépeindre la résistance palestinienne – et le peuple
    palestinien dans son ensemble – comme violents et terroristes, en inscrivant
    son récit fabriqué dans le discours mondial. Comprendre la dynamique de
    l’opinion publique mondiale révèle une dure réalité : la solidarité, aussi
    large soit-elle, est éphémère si elle n’est pas canalisée stratégiquement et
    immédiatement.

    Cette complicité institutionnelle
    est le carburant qui alimente la poursuite du massacre et une mémoire
    collective menacée d’effacement, la solidarité mondiale est éphémère si elle
    n’est pas canalisée.
    L’histoire l’a montré :

    1982 : Sabra et Chatila –
    indignation mondiale, puis oubli et normalisation.

    2008 : offensive contre Gaza –
    soutien initial, puis silence médiatique.

    2018 : Rohingyas – indignation
    massive, puis disparition de la cause des gros titres.

    Aujourd’hui, le mot “génocide”
    s’impose davantage, mais le risque est grand que Gaza rejoigne la liste des
    injustices abandonnées à la poussière de l’oubli.

     

    Briser le cycle de l’oubli : de la
    colère à l’action

    Les causes justes ne triomphent pas
    par leur seule légitimité. Elles gagnent par la constance, la stratégie et la
    pression organisée.

    Cela signifie :

    Lancer et maintenir des campagnes
    internationales coordonnées.

    Construire des réseaux de solidarité
    transnationaux capables de contourner les blocages institutionnels.

    Documenter, archiver, diffuser
    inlassablement la réalité du terrain.

    Gaza ne peut se contenter de
    hashtags ou de marches symboliques. Il faut une action persistante qui dépasse
    l’émotion passagère. Sans campagnes organisées pour maintenir la visibilité et
    la pression, même les causes les plus justes risquent de disparaître des
    mémoires une fois les gros titres passés. En 1982, l’indignation mondiale a
    atteint son paroxysme après l’invasion du Liban par Israël et le massacre de
    Sabra et Chatila, mais elle s’est rapidement dissipée et Israël a rétabli des
    relations normalisées en toute impunité. En 2008, Gaza a bénéficié d’un élan de
    soutien international, qui s’est ensuite dissipé dès la fin de l’assaut.
    Aujourd’hui, même si le mot « génocide » est plus fréquemment associé à Gaza,
    le danger d’un oubli mondial plane – tout comme ce fut le cas pour les
    Rohingyas au Myanmar en 2018, ou pour la Namibie en 1971, lorsque la CIJ a
    déclaré illégale l’occupation de l’Afrique du Sud, une décision restée lettre
    morte pendant deux décennies.

    Conclusion : l’heure du choix

    Les causes justes ne triomphent pas
    uniquement en raison de leur justice, ni par le nombre de hashtags ou de
    sympathisants en ligne, mais par la capacité de leurs membres à maintenir leur
    élan, à faire pression et à saisir l’instant présent. Le monde n’a pas de
    mémoire ; il évolue au gré de l’instant. Et si cet instant n’est pas saisi
    avec sagesse et force, il s’estompera, telle une vague perdue dans le vaste
    océan de l’oubli.

    Ce texte est une gifle nécessaire à notre conscience collective. Gaza n’est
    pas seulement victime d’un génocide ; elle est aussi victime d’un abandon moral
    orchestré. Les États, les grandes institutions et même une partie de la société
    civile mondiale ont échoué, non par ignorance, mais par choix.

    Là où la justice devait s’imposer, nous avons vu l’obstruction volontaire.
    Là où la solidarité devait s’organiser, nous avons vu l’indifférence. Ce n’est
    pas seulement un échec politique — c’est un effondrement de l’humanité face à
    l’évidence.

    L’histoire récente nous avertit : les vagues
    de soutien s’écrasent vite si elles ne sont pas canalisées en campagnes
    organisées, persistantes et massives. La Palestine ne peut se contenter de
    hashtags et de marches symboliques. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement
    sa survie physique, mais la préservation de sa mémoire, de ses droits et de son
    existence politique.

    Gaza nous met au défi de choisir :
    laisserons-nous cette cause rejoindre la longue liste des injustices oubliées,
    ou la transformerons-nous en une lutte victorieuse grâce à notre constance et
    notre action ? Ce choix ne peut plus attendre.

    Si cet instant n’est pas saisi avec
    détermination, Gaza sera effacée des écrans et des consciences, comme tant
    d’autres peuples avant elle. Nous avons un choix : Laisser cette cause
    disparaître dans l’océan de l’oubli, ou en faire une lutte victorieuse grâce à
    notre constance et notre action.

    Gaza nous met face à ce choix. Et ce
    choix ne peut plus attendre.

     Kader Tahri


    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/





  • L’antisémitisme, cache-misère d’un génocide télévisé

    C’est à
    cause du génocide qu’Israël se coupe de l’humanité car la majorité de ses
    habitants valide le massacre des Palestiniens.

    Il y a deux sortes de gens :
    ceux qui voient le génocide, et ceux qui voient l’antisémitisme pour ne pas
    voir le génocide.

    Pour les
    génocidaires, le camp d’en face est forcément judéocentré. C’est sûr que de
    voir jour après jour des femmes et des enfants assassinés, un pays entier
    écrasé sous les bombes, ça interroge, ça obsède. Ce qui obsède les êtres humains,
    ce n’est pas les juifs, mais une armée moderne qui procède à un génocide.

     Le conflit
    israélo-palestinien se traduit chez nous en un conflit verbal assez dérisoire,
    mais qui a le mérite de montrer deux choses : qu’il y a une présence
    médiatique israéliste complètement disproportionnée, avec des valeurs
    antirépublicaines et antifrançaises, et une résistance croissante à cette
    occupation

    Alors que les opérations militaires israéliennes ont
    provoqué une destruction massive à Gaza, une partie significative du débat
    public en France se focalise sur l’antisémitisme supposément croissant. Cette
    focalisation fonctionne comme une stratégie d’évitement face aux réalités d’un
    conflit asymétrique, et révèle une crise profonde du discours moral et
    médiatique français.

    Depuis plusieurs mois, les faits sont documentés :
    frappes ciblant des hôpitaux, infrastructures civiles anéanties, famine
    organisée, morts massives parmi les femmes et les enfants. Des centaines
    d’organisations internationales alertent sur ce qui pourrait constituer un
    génocide. Pourtant, en France, le cœur du débat public semble porter ailleurs :
    sur le prétendu regain d’antisémitisme.

    Cette inversion des priorités ne repose pas sur une
    analyse rigoureuse de la situation, mais sur une instrumentalisation
    rhétorique. Elle permet d’éluder la responsabilité politique de l’État
    israélien, de délégitimer la solidarité avec les Palestiniens, et de recadrer
    le débat autour d’un prisme moral unique : la protection d’Israël, quel qu’en
    soit le coût humanitaire.

    Dans ce cadre, toute critique de l’intervention
    militaire israélienne est rapidement soupçonnée d’antisémitisme. Cette
    confusion volontaire entre critique politique du sionisme et haine des juifs
    rend toute discussion sereine impossible. Elle permet surtout d’étouffer toute
    remise en cause du projet colonial israélien et de sa mise en œuvre actuelle à
    Gaza.

    La France, en particulier, souffre d’un climat
    intellectuel dégradé où le soupçon prime sur l’analyse. Un discours critique,
    même modéré, est immédiatement suspecté de complicité avec des idéologies
    extrémistes. Ce réflexe produit un effet paralysant sur les milieux
    universitaires, les rédactions, et les institutions religieuses.

    La disproportion de traitement médiatique est
    évidente. Très peu de médias généralistes français donnent la parole à des
    chercheurs, intellectuels ou témoins palestiniens. À l’inverse, les
    représentants institutionnels pro-israéliens jouissent d’un accès régulier aux
    plateaux télévisés, aux tribunes de grands quotidiens et aux relais politiques.

    Ce déséquilibre n’est pas une simple question
    d’orientation éditoriale. Il révèle un verrouillage idéologique, où la défense
    de la ligne israélienne devient un impératif moral, et toute déviation est
    considérée comme une faute. Il ne s’agit plus d’informer, mais de faire taire.
    Et cette asymétrie contribue à la perte de crédibilité progressive des médias
    dominants.

    Le journal La Croix, historiquement ancré dans
    une tradition catholique, offre un exemple particulièrement révélateur de cette
    difficulté à nommer l’injustice. Dans un article publié récemment, le quotidien
    évoque la « proximité religieuse et historique avec Israël » comme facteur de malaise
    parmi les catholiques, face à la situation dramatique à Gaza.

    Cette formulation, sous couvert de nuance, traduit en
    réalité une difficulté à affronter les contradictions morales. Comment une foi
    fondée sur l’Évangile peut-elle rester neutre face à des crimes contre
    l’humanité ? Comment une proximité historique justifie-t-elle le silence ou la
    prudence, lorsqu’un peuple est broyé sous les bombes ? Ce malaise n’est pas
    moral. Il est politique.

    Le soutien massif de la population israélienne à
    l’offensive militaire actuelle, tel que révélé par plusieurs sondages, pose une
    question de fond : un État peut-il rester moralement légitime lorsqu’il
    cautionne, à grande échelle, l’écrasement d’un autre peuple ? La réponse
    universelle devrait être négative. Or, c’est précisément cette question que
    l’on refuse d’aborder en France.

    En se
    coupant de toute exigence universaliste, Israël adopte une logique de
    séparation radicale : entre ses intérêts et ceux du reste du monde, entre sa
    mémoire et celle des autres, entre son droit à la sécurité et les droits
    fondamentaux des Palestiniens. Il ne s’agit plus de sécurité, mais
    d’effacement.  
    Ils sont
    aujourd’hui littéralement en train de se suicider, ce qui constitue un
    spectacle à la fois gratuit et moral assez réjouissant.

    Mon Dieu, youpi ! 
    Tu peux bien prendre Gaza, la raser pierre après pierre, croire
    qu’en effaçant la carte, tu redessineras l’histoire. Mais c’est une illusion
    pour enfants mal sevrés. Ce chemin-là, une fois emprunté, transforme le
    conquérant en créature de poussière : ce n’est pas la terre qui change,
    c’est la mentalité. Et elle ne connaît que deux issues : la fureur ou la
    folie.

    On t’a vendu l’idée d’un paradis à reconquérir. Un
    mirage. Car si c’était vraiment l’Eden, tu n’attendrais pas un messie pour y
    poser ton trône. Il n’y a pas de paix là où le sol est pavé de mensonges et
    d’exils. Et ceux que tu accuses de voler ta lumière ? Ce ne sont pas des
    ombres étrangères, mais les reflets de ta propre trahison. Des fils perdus,
    grimés en ennemis, que tu préfères haïr plutôt que reconnaître.

    Alors, pour ne pas sombrer, tu t’accroches à une
    vieille promesse, à l’idée qu’un jour viendra un sauveur, un type sans prépuce,
    selon la tradition, surgissant dans les cendres comme une mauvaise fable
    biblique version Disney. On attend la magie, on ferme les yeux sur la
    boucherie, et on continue le conte, en espérant que cette fois, il finira bie
    n.

    Mais les contes ne mentent qu’à ceux qui les écoutent.
    Les autres voient la main derrière le rideau, le sang sous le vernis, et
    comprennent que le royaume n’est pas en danger. Il est déjà tombé.

    L’idée d’un Israël porteur d’un destin exceptionnel,
    moralement inattaquable, est aujourd’hui fragilisée. La destruction de Gaza
    n’est pas seulement une tragédie humaine. Elle marque aussi la faillite d’un
    récit fondateur, celui d’un État-victime devenu à son tour État-perpétrateur.
    Ce basculement historique est encore nié par certains, mais il est visible pour
    quiconque regarde les faits.

    Ce ne sont pas les ennemis d’Israël qui ternissent son
    image. Ce sont ses propres actes, documentés, diffusés, archivés. Aucun
    contrôle médiatique ne pourra à long terme masquer ce que les satellites, les
    ONG, les rapports d’experts, les témoignages locaux ont déjà établi.

    La période que nous vivons n’appelle pas à la
    vengeance, mais à la lucidité. Comme après 1945, lorsque les médias français
    ont dû rendre des comptes sur leur collaboration, un moment de refondation
    morale s’imposera. Pas forcément sous forme de procès ou de sanctions, mais par
    une reconquête de la parole publique, libre, argumentée, courageuse.

    Le discours anti Palestinien n’est pas un simple
    désaccord idéologique. Il est devenu un dispositif d’occultation, de
    disqualification, d’aveuglement. À l’inverse, la défense des Palestiniens ne
    relève pas d’un projet identitaire, mais d’un réflexe éthique élémentaire. Il
    ne s’agit pas d’être pro-musulman, ni anti-juif, mais simplement humain.

    La priorité du moment n’est pas de dénoncer une vague
    d’antisémitisme souvent fantasmée, mais de nommer un génocide en cours. De
    refuser la neutralité face à une destruction planifiée. Et d’assumer que la
    défense du droit international, de la dignité humaine, de la vérité, ne peut
    être subordonnée à aucune loyauté géopolitique ou religieuse.

    Ce n’est pas Israël qui est en danger. C’est notre
    capacité collective à voir, nommer, juger.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

  • Le désarmement du Hamas : un prétexte pour une guerre sans fin

     

    Alors que les appels internationaux à la fin des
    hostilités à Gaza se multiplient, une exigence revient avec insistance : que le
    Hamas se désarme. Ce mot d’ordre, présenté comme une condition préalable à tout
    cessez-le-feu, révèle en réalité une logique perverse, celle d’une guerre
    conçue pour ne jamais s’arrêter. Car pourquoi le Hamas devrait-il déposer les
    armes, alors qu’Israël, puissance occupante et colonisatrice, continue de mener
    une politique d’agression systématique contre les Palestiniens, où qu’ils
    soient ?

    Une paix juste, pas une reddition
    avec un désarmement à sens unique

    Depuis des décennies, les gouvernements israéliens
    successifs ont refusé toute reconnaissance sérieuse de leur responsabilité
    historique : l’expulsion des Palestiniens en 1948, l’occupation de 1967, la
    colonisation effrénée des terres cisjordaniennes, le siège inhumain de Gaza.
    Jamais Israël n’a reconnu ses crimes ni indemnisé ses victimes. Le désarmement
    des groupes de résistance, dans ce contexte, n’est pas un pas vers la paix :
    c’est une capitulation unilatérale exigée d’un peuple occupé, sous menace
    constante.

    Loin d’être un accident ou une dérive, la guerre
    actuelle est le prolongement logique d’un projet colonial. Le gouvernement
    Netanyahou, soutenu par une coalition kahaniste d’extrême droite, ne veut ni de
    l’Autorité palestinienne à Gaza, ni de souveraineté palestinienne à quelque
    niveau que ce soit. Sa stratégie ? Gagner du territoire, détruire
    l’infrastructure sociale palestinienne, étendre la colonisation, et perpétuer
    la domination juive exclusive sur toute la terre entre le Jourdain et la mer.

    Cette politique n’est pas seulement meurtrière. Elle
    est suicidaire, comme le rappellent 600 anciens responsables de la sécurité
    israélienne qui ont récemment averti que la poursuite de la guerre mènerait
    Israël à la ruine. Ils dénoncent un cabinet de guerre qui, au mépris même des
    avis militaires de Tsahal, impose une logique maximaliste, où le nettoyage
    ethnique est envisagé comme solution stratégique.

    Ceux qui réclament aujourd’hui la reddition du Hamas
    oublient (ou feignent d’oublier) le précédent d’Arafat et de l’OLP. En 1982,
    après avoir accepté l’exil à Tunis, les combattants palestiniens laissaient
    derrière eux leurs familles dans les camps libanais. Quelques semaines plus
    tard, à Sabra et Chatila, sous les yeux de l’armée israélienne, les milices
    phalangistes ont massacré 2 000 civils palestiniens. Ce n’est pas une opinion :
    une commission israélienne a reconnu la responsabilité indirecte d’Ariel Sharon
    dans ce crime. Comment demander à un peuple de se désarmer quand son passé lui
    rappelle que même la reddition ne garantit rien, si ce n’est le massacre ?

    La guerre ne se joue pas seulement à Gaza. Elle secoue
    aussi l’intérieur d’Israël, où les fractures s’aggravent entre familles
    d’otages, opposition pacifiste, conscrits ultra-orthodoxes, et partisans
    messianiques de la colonisation. Le rêve d’un « État juif démocratique » se
    disloque sous le poids de ses contradictions. Israël est peut-être
    militairement dominant, mais il perd sur les fronts politiques, moraux,
    économiques et internationaux.

    Dès le début de
    cette campagne génocidaire, de nombreux personnels médicaux juifs israéliens
    ont salué le bombardement des hôpitaux de Gaza. Ce qui est écrit ici ne devrait
    pas surprendre. Le déni de l’entreprise sioniste, perçue comme une entreprise
    raciste, est profondément ancré, même parmi ceux qui apportent une aide
    humanitaire – à l’exception des rivaux palestiniens. La responsabilité des citoyens
    de protester et d’agir est d’autant plus lourde lorsque c’est leur propre pays
    qui commet ou aide ou encourage un génocide.

     

    Comme l’écrivait G.
    Levy il y a de nombreuses années, « les Israéliens
    sont des spécialistes de l’aide humanitaire dans des zones éloignées, mais pas
    dans leur propre arrière-cour
    ».

     

    C’est simplement que
    le cerveau humain est fragile et préfère les histoires aux faits, que tant de
    gens s’emballent et se vantent de vertu à propos de Gaza, alors qu’ils ignorent
    ou ne reconnaissent même pas que le 7 octobre a eu lieu, ni que le Hamas existe
    principalement pour répéter ces violences contre les Israéliens et les Juifs.

    Il est important de
    reconnaître et même de protester contre le fait que le gouvernement israélien
    soit odieux, mais le temps d’antenne dont il bénéficie est encore largement
    disproportionné par rapport aux autres conflits et catastrophes humanitaires
    mentionnés, sans parler de la dystonie qui se déroule aux États-Unis, qui n’est
    pas encore aussi grave au niveau national, mais qui explique en grande partie
    pourquoi il est si difficile pour l’humanité de corriger le tir aujourd’hui.

    Il est vrai
    qu’Israël fait une mauvaise chose et qu’il est également utilisé comme bouc
    émissaire.

    Les médecins israéliens, comme la majorité des Juifs
    israéliens, sont d’accord avec Netanyahou pour faire disparaître les
    Palestiniens. Ils peuvent encore se considérer comme des personnes morales, la
    morale juive, l’armée morale, mais ils sont complices d’un génocide. Après
    avoir tué près de 20 000 enfants palestiniens, la place d’Israël est
    bannie des nations.

    Résister n’est pas un crime, c’est
    une nécessité

    Accuser les Palestiniens de violence sans jamais
    interroger l’origine de cette violence, l’occupation, l’humiliation, le blocus
    – relève d’un renversement obscène. Il n’y a aucune rationalité à demander à un
    peuple d’abandonner ses moyens de défense tant que la violence coloniale, elle,
    demeure intacte et impunie.
     Le Hamas est-il
    responsable de ce qu’il appelle « le massacre de la farine » ?
    Vraiment ?

    Il y a eu quelques signes avant-coureurs,  

    Le sort des Gazaouis et des Palestiniens au cours des
    décennies sous la botte sioniste, et ensuite, plus important encore, son récit
    de ce que serait l’avenir des Gazaouis et des Palestiniens sous le statu quo
    régnant avant l’incursion du déluge d’Al-Aqsa.

    Le Hamas a
    peut-être mal évalué le degré de cruauté et de violence de la réponse de la colonie
    sioniste à l’incursion, mais qualifier cette erreur de « trahison » est une
    expression qui, si elle est facile à prononcer pour un sioniste refusant de
    reconnaître que le sort des Palestiniens a été une brutalité et une humiliation
    écrasantes, et que leur destin est un effacement progressif et implacable, n’en
    est pas moins une manifestation d’une obtusité symptomatique. Trahison non génocide.
    Et les dés ne sont pas encore tombés.

    Ce qui est en jeu n’est pas seulement la survie du
    Hamas, mais la possibilité pour les Palestiniens d’exister, de résister, de
    refuser l’effacement. À Gaza aujourd’hui, l’alternative n’est pas entre la
    guerre et la paix, mais entre la soumission et la dignité.

    Le cessez-le-feu ne doit pas être conditionné à une
    reddition unilatérale. Il doit permettre :

    • La
      levée immédiate du blocus de Gaza.
    • L’arrêt
      des bombardements et du nettoyage ethnique en cours.
    • Le
      retour des otages et la libération des prisonniers politiques.
    • Une
      reconnaissance claire de la cause palestinienne dans sa dimension
      historique et politique.

     .
    La communauté internationale, les
    opinions publiques, les journalistes, les élus, doivent cesser de faire
    semblant : il n’y a pas de paix possible sans justice, pas de justice sans
    mémoire, et pas de mémoire sans vérité.

    Kader Tahri
    Chroniqueur engagé, observateur inquiet
    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
    ça. »

    https://kadertahri.blogspot.com/

     

    La paix
    n’est possible que si le droit à la dignité et à la souveraineté est reconnu.

    Résister, ce n’est pas refuser la paix. C’est refuser l’humiliation.