Quelle histoire aussi attachante que celle de la source d’Aïn
El-Mahboula qui a pris légende dans le récit qu’une femme
Française qui a perdu son enfant noyé dans le lac qui fut par la suite
asséché lors des épidémies des années 1940. Elle perdit la raison en
cherchant son enfant tous les jours, alors elle vient se reposer prés de
la fontaine. Elle aimait et se réconfortait à voir les enfants venir
courir et jouer près de la source. Sa principale habitude était de voir
les enfants jouer. Tous les gens qui venaient boire ou passaient à côté
de cette source, voyaient cette Dame assise là. Ainsi est né le nom de «Aïn El-Mahboula»
composée d’un bassin rectangulaire d’une dizaine de mètres construite
en pierre, avec un mur le séparant de deux bassins carrés couvert d’un
préau avec poutres et tuiles, habituellement a ces deux bassins lavoir,
les femmes pouvaient laver le linge et la laine à volonté. Les filles en
âge de mariage profitaient de ces moments de sortie vers ce lieu, pour
se mettre en valeur et suscitaient un intérêt à une éventuelle demande
en mariage.
La source se faisant ensuite valoir par son eau tiède, dégageant même
de la vapeur lors des hivers rigoureux et fraîche en été, d’où cette
appellation, c’est-à-dire la source de la folle une source d’eau réputée
dans les mœurs des habitants pour la guérison de tout enfant atteint
d’une inflammation de la conjonctive, ce qui nécessite qu’au petit matin
l’enfant plonge le visage, trempe ses yeux grands ouverts dans cette
eau et la guérison divine serait effective…
Par ailleurs, il serait bien utile de noter que pour l’ensemble des
gens de Géryville en diaspora «Aïn El-Mahboula» représente un symbole
identitaire, un repère nostalgique qui dans leurs ensembles évoquent
avec un sourire le souvenir de Ain El Mahboula avec toute la tendresse
de l’enfance.
Personnellement cette source a balisé toute mon enfance et symbolise
pour moi comme, je pense, pour de nombreux natifs de la région, le
cordon ombilical qui relie le passé et le présent, s’abreuver d’eau
fraîche à volonté, plonger son visage tôt le matin dans cette eau
limpide, homogène et transparente en un corps pur, tiède en hiver et
froide en été, en guise de remède contre la maladie des yeux, remplir
chaque jour des récipients entiers pour ravitailler la famille, cette
fontaine apprenais aux enfants à connaître un nouveau jour et une
immense joie en jouant pleinement sur son site, rencontrer les amis et
voisins autour d’une source d’eau naturelle, voilà les premiers
souvenirs qui se bousculent dans l’esprit encore vif de tout natif d’El
Bayadh lorsqu’il évoque la fontaine Ain el Mahboula.,
Préserver le patrimoine : un travail d’orfèvre
Sans aucun doute rénover le patrimoine ancien, c’est retrouver
l’essence même d’une structure érodée par le temps ou détruit par les
mains humaines, pour la mettre en valeur, la protéger et faire
ressortir par ce renouveau son caractère exceptionnel et intemporel. Dès
lors que le patrimoine de cette fontaine constitue un héritage à
transmettre aux générations futures la restitution est une étape de
l’opération de restauration à valoriser le site en prenant soin de ne
pas le dénaturer, à respecter l’aspect initial de l’édifice. Il s’agit
surtout de respecter la morphologie du lieu,
Entre nostalgie et esthétique El Mahboula interpelle les
regards, fait oublier, le temps d’une visite, sa destruction durant de
longues années et redonne l’espoir de revoir un jour ce site symbolique
renaître.
Pourquoi faut-il préserver le patrimoine de cette fontaine ?
Parce qu’elle fait l’âme de la ville et c’est bien cela que les Sahâb el Bayadh ont regretté d’avoir perdu.
Il sera bon de savoir qu’il n’y a aucune difficulté technique à
restaurer une fontaine même si cela nécessite un vrai travail d’artisan
tout en jugeant utile d’identifier d’abord « très clairement » la valeur
historique ainsi que la toponymie de la fontaine, afin d’établir un
diagnostic des dégradations de l’édifice en vue d’une restauration plus
efficace d’un héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que
nous transmettons aux générations à venir, nous sommes des êtres vivants
avec une culture et une mémoire.
Vivants, nous sommes dans le mouvement.
Évolués, nous nous plaisons à être et évoluer dans un milieu qui soit
le fruit de nos origines, et auquel nous apportons le meilleur de ce
que pourra faire notre génération par la valorisation de la notion de
mémoire collective,
Heureusement nous avons pu hériter de la génération précédente ce
patrimoine formidable qui fascine les résidents et les visiteurs.
Les récentes décisions prises par les responsables locaux, sont de
nature à mettre en évidence le travail de restauration qui doit avant
tout faire preuve de prudence en respectant la préservation de
l’authenticité et la réversibilité des interventions, mais aussi
accepter de garantir la conservation matérielle de l’objet sans affecter
son intégrité ni effacer les marques du passé.
Les travaux de réhabilitation devront ressusciter cette source et la sortir de dessous des dégâts,
Le projet de restauration consiste à assurer :
- la remise en état à l’identique d’une partie des 3 bassins traditionnels et presque centenaire.
- sa visibilité au public par une espace plus large et aéré.
- Usage de matériel d’origine destiné à protéger, du fait de son
intérêt historique, artistique ou architectural pour assurer une
longévité des structures.
Or il est fortement triste de constater que les travaux entrepris
dans la réhabilitation de la source d’Ain El Mahboula n’on pas fait
l’objet d’un travail artistique, tout juste un travail de maçonnerie
sans art ni manière, avec des produits qui ne pourront en aucune cas
permettre à cette source de traverser quelques hivers rigoureux.
Il semblerait que ce soit un octogénaire volontaire qui ait accompli
« l’œuvre », mais helas le résultat est loin d’être satisfaisant. La
couleur, quant à elle, s’en ressent fortement, ni ne s’y prêt mais se
perd dans des tonalités absolument étrangères aux styles de l’édifice.
L’eau de la source d’El Mahboula coule, elle coule aujourd’hui
lentement entre l’authenticité du passé et la modernité du présent si ce
n’est là que l’essentiel. Mais pas de cette manière…….. !
Ain El Mahboula entre celle de Géryville et celle d’El Bayadh ?









